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Revue de presse du lundi 15 février

Parler - Classe inversée, renversée, retournée ? - Ecoles en péril - Pour en finir


On parle beaucoup dans la presse aujourd’hui de langues et de voix. La classe inversée fait toujours parler d’elle, entre description de pratiques et critiques constructives. Enfin, l’on espère en finir avec la pseudo polémique sur la réforme de l’orthographe.


Parler

La nouvelle carte des langues continue de faire parler d’elle, notamment le maintien des bilangues à Paris. C’est Le Monde qui évoque une "petite cuisine" qui ne convainc pas, notamment les collègues de province qui éprouvent "le sentiment d’un traitement inéquitable. « C’est vrai que nous maintenons à Paris une offre forte, mais avec les ambassades, les services culturels, les sièges des grandes entreprises et des organismes internationaux, c’est plus une obligation qu’un privilège », affirme Claude Michellet. Pas sûr que la réponse suffise à ceux qui persistent à dénoncer, dans la réforme du collège, le renforcement des inégalités." Mais l’on apprend que 100% de ces bilangues ne sont pas des bilangues de continuité et que certaines devraient fermer, notamment la bilangue anglais-russe du collège Henri-IV.

Bouleversement aussi du côté des ELCO, ces enseignement de la langue et culture d’origine. "Régis par des conventions signées entre 1973 et 1986 entre la France et huit pays partenaires, ces enseignements visaient au départ à permettre aux enfants de migrants de maintenir un lien avec leur pays d’origine et à faciliter leur éventuel retour. Les pays d’origine recrutent les maîtres et les paient. Aujourd’hui, ils sont 850 professeurs en exercice – algériens, croates, espagnols, italiens, marocains, portugais, serbes, tunisiens et turcs. Près de 80 000 élèves suivent des ELCO à l’école primaire – 5 000 au collège –, à raison d’une à trois heures par semaine, le plus souvent hors temps scolaire." Cet enseignement devrait disparaître en primaire au profit de sections internationales. Il s’agit d’abandonner son aspect "communautaire" pour en faire un enseignement au même titre que l’anglais ou l’allemand. "Mais pour que ce projet aboutisse, une étape diplomatique est nécessaire : la renégociation des accords."

Et puisqu’il s’agit de parler, remarquons Le Figaro santé qui souligne combien le métier d’enseignant est un métier à risque pour la voix. "Quand la voix est un outil de travail, le risque augmente de la malmener. C’est notamment vrai chez les enseignants. Selon une enquête de 2013 de la MGEN et de l’Éducation nationale, 13 % d’entre eux se plaignent d’un handicap vocal modéré à sévère, 16 % ont été dans l’incapacité de faire cours au moins une fois dans l’année, et 23 % ont déjà consulté un professionnel de santé pour la même raison."

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Sauvez les cordes vocales des profs ! par JiMo

Classe inversée, renversée, retournée ?

Il est assez compliqué de s’y retrouver dans cette affaire de classe inversée, tant cette pédagogie recouvre en fait des pratiques extrêmement diverses. En tout cas, elle fait couler beaucoup d’encre numérique !

Paul Devin, dans son blog, s’oppose au fait qu’on en parle comme d’une "révolution pédagogique". "Des enseignants, depuis longtemps, cherchent à faire naître motivation et intérêt, mettent en œuvre des situations où les élèves sont amenés à résoudre des problèmes dans l’échange et se préoccupent des difficultés d’apprentissage. Les enseignants n’ont pas attendu l’engouement pour la pédagogie inversée pour interroger leurs pratiques et les effets de leurs pratiques sur les apprentissages." Ce qui est bon à lire. Il expose ensuite les pourquoi de ses réserves à l’égard de cette pratique, mais il s’interroge surtout sur l’engouement ministériel sur cette pédagogie qui devrait rester libre et personnelle. "Que nous puissions constater que les enseignants ne sont pas toujours en capacité de répondre aux exigences de la démocratisation du savoir relève d’une évidence, celle de la grande complexité des mises en œuvre nécessaires. Cela ne peut être confondu avec une explication causale méthodologique. La responsabilité de l’État ne pourra se dissoudre dans la valorisation d’un modèle pédagogique quel qu’il soit. Elle doit se centrer sur la mise à disposition des moyens nécessaires pour que le projet politique d’un accès de toutes et tous à une culture commune dispose des moyens nécessaires pour devenir effectif."

Dans un entretien diffusé sur Agoravox, Marcel Lebrun souhaite que l’on arrête d’opposer « les cours traditionnels et la classe inversée. ». D’après lui "le moment de la classe est essentiel : « il faut réserver cet espace-temps de l’enseignement, lieu de rencontre et de fraternité d’humains qui apprennent ensemble, à des activités de vrai apprentissage, de plus haut niveaux taxinomique, au-delà de mémorisation-compréhension-application pour aller vers analyse-synthèse-évaluation-création » en développant des études de cas, des situations-problèmes qui permettent de mettre en activité des élèves pour la construction des savoirs..."

VousNousIls publie une expérience de classe inversée en primaire. La professeure des écoles est directe : “Passer à la classe inversée, concevoir des vidéos, c’est un choix, qui n’est possible que si l’enseignement est une passion. Si des collègues sont intéressés, il faut qu’ils sachent que pendant un an, ils ne feront que cela… mais une fois ce passage traversé, ils pourront vraiment s’éclater dans ce qu’ils font !”

Liberté pédagogique, quand tu nous tiens...


Ecoles en péril

C’est une école en grand péril que celle du camp de Calais, menacée de destruction avec toute la partie sud de ce bidonville. Une pétition est à signer. Allez lire aussi ce reportage de Solidarité Laïque sur cette école pas comme les autres.

Vous avez certainement lu les appels de détresse des écoles de Marseille en piètre état. Le Monde revient sur Charlotte Magri qui a lancé la polémique avec sa lettre ouverte "adressée le 30 novembre 2015 à la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, son autorité de tutelle. Un « Je nous accuse » de trois pages qui, relayé par la presse et une pétition en ligne signée par plus de 17 000 personnes, a mis le délabrement, matériel et humain, de certaines écoles primaires de Marseille sur la place publique."


Pour en finir....

Claude Lelièvre taille un nouveau costume d’immortelle à Hélène Carrère d’Encausse. "Hélène Carrère d’Encausse s’étant enferrée dans le déni de l’approbation par l’Académie française de certaines « rectifications orthographiques » en 1990, tente une fuite en avant en proférant des contre-vérités patentes. Peut-on tolérer cela de la part de la secrétaire perpétuelle d’une institution considérée comme vénérable ?"
Et d’expliquer les erreurs de la secrétaire perpétuelle. "Bon, si on sifflait la fin de la partie et d’une semaine de bruits qui n’ont pas grandi leurs auteurs ? A moins que ce ne soit une vraie campagne de désinformation et de manipulation, délibérément provoquée et dûment orchestrée ? Mais que ferait là une secrétaire perpétuelle de l’Académie française ? Ce serait vraiment inadmissible !"
Et comme le disait Michel Lussault cet après-midi sur Twitter, "Il n’y a pas d’obligation, c’est le principe de la rectification de 1990. Chacun peut ou non l’appliquer, éditeur ou auteur ou prof.." "Donc on peut "ne pas", mais l’appliquer et le dire n’est pas plus un crime. Et si cette pluralité des usages était positive ?"

Géraldine Duboz


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Pédagogie : des utopies à la réalité

Revue n°525 - décembre 2015
Qu’est-ce qui fait qu’un enseignant, un éducateur, sort des sentiers battus et s’avance sur les chemins de l’expérimentation et de l’innovation ? Qu’est-ce qui le met, l’a mis en mouvement ? Quels sont les utopies, les projets, les rêves, les modèles peut-être qui font entrer dans un collectif, un mouvement pédagogique ?

Neurosciences et pédagogie

Coordonné par Nicole Bouin et Jean-Michel Zakhartchouk
11 février 2016
Les neurosciences et la pédagogie, voilà un sujet délicat à traiter, parce que polémique. Délicat mais important, parce que les résultats des chercheurs en neurosciences, lorsqu’ils ne sont pas instrumentalisés par les neurocharlatans, peuvent apporter beaucoup aux enseignants qui veulent comprendre comment fonctionne le cerveau de leurs élèves et comment ils apprennent. Entretien avec les coordonnateurs du dossier.