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Revue de presse du lundi 14 janvier 2019

Violences scolaires et allocations supprimées - #StylosRouges - Les expatriés rapatriés - Valeurs de la République

Blanquer propose de supprimer les allocations des parents d’enfants violents. Mais cela ne calme pas la colère des professeurs regroupés sous le nom de stylos rouges. Pour faire face à la pénurie de professeurs, la France limite la durée des détachements à l’étranger. On terminera par des outils pour réfléchir avec les élèves.


Jean-Michel Blanquer : « Plus besoin de ces manifestations, mais besoin de débattre de manière républicaine ». À écouter sur France Inter Replay. Il évoquait les thèmes suivants : l’orientation, les profs en colère et les violences scolaires.

Violences scolaires

Partons d’un énième fait divers, opportunément présenté par Marie-Estelle Pech dans Le Figaro : Quand la violence des bandes déborde dans un lycée.
« Une quinzaine de jeunes sont venus tabasser un élève au sein même d’un établissement de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne).
Ces groupes de garçons, le plus souvent mineurs et déscolarisés, sont en “guerre” pour des questions d’honneur, de territoire et de réputation. La plupart sont déjà connus des services sociaux.
 »

Pour justifier ce qui suit ?

Blanquer veut sanctionner les parents d’élèves violents
« Parmi la trentaine de pistes envisagées pour le moment : l’ouverture d’internats-relais pour élèves difficiles, la présence des policiers aux abords des établissements, le renforcement des sanctions-réparations. Est également évoquée la possibilité de prononcer des “amendes administratives” pour responsabiliser les parents et les élèves. »

Violences scolaires. Un rapport préconise de couper les allocations des parents des élèves concernés
« Le groupe de travail sur la lutte contre les violences scolaires va proposer que les établissements scolaires signalent les cas de violence à l’inspection académique, laquelle serait chargée de demander à la Caisse d’allocations familiales de cesser le versement des allocations, reprend Ouest-France. Le rapport doit être remis au ministre de l’Éducation nationale la semaine prochaine. »

Olivier Chartrain dans l’Humanité rappelle qu’en matière de « Violences scolaires : Blanquer (marche) dans les pas de la droite »
« Le ministre s’apprêterait à exhumer la suppression des allocations familiales aux familles des élèves perturbateurs. Selon le Parisien d’hier, la plupart des mesures sont déjà arrêtées.
La principale d’entre elles se situe dans le droit fil des déclarations du ministre sur la nécessité de “responsabiliser les familles”, et rappelle de vieux souvenirs : ceux de la loi Ciotti, du nom de celui qui était alors député UMP des Alpes-Maritimes. Votée en 2011 (et abrogée en 2013), elle permettait aux recteurs de sanctionner des familles en supprimant leur droit aux allocations familiales.
Ajoutons le caractère socialement stigmatisant d’une mesure qui ne serait guère dissuasive pour les familles à revenus élevés – et son inefficacité globale : le site le Café pédagogique fait ainsi remarquer qu’au Royaume-Uni, où des sanctions similaires (amendes et même peines de prison !) existent depuis plusieurs années pour lutter contre l’absentéisme, celui-ci aurait augmenté de… 67 % depuis 2011.
 »


#StylosRouges

« Avec un devoir de réserve pour les enseignants, c’est l’opinion publique qui est visée »
« L’inscription dans la loi du devoir de réserve n’entraînerait pas de sanctions supplémentaires mais a pour but d’intimider les enseignants, estime Claude Lelièvre. » interrogé par Politis.
« D’un point de vue juridique, ce serait toujours la jurisprudence qui s’appliquerait. Les enseignants ne seraient donc pas plus passibles de poursuites. En revanche, d’un point de vue symbolique et politique, le ministre vise une certaine opinion publique en adressant comme message extérieur “je vais maîtriser l’expression des enseignants” et comme message intérieur “je vais en intimider un certain nombre” »

Cette polémique s’ajoute à la colère qui a explosé en novembre sous le hashtag #PasdeVague. Aux professeurs en colère, le site officiel du gouvernement annonçait le 8 janvier :
#StylosRouges : le Gouvernement travaille depuis 18 mois pour améliorer le pouvoir d’achat et les conditions de travail des enseignants
En attendant une revalorisation salariale, une prime de REP+ ou deux heures supplémentaires défiscalisées, le mouvement des Stylos rouges prend de l’ampleur. Lancé en décembre sur Facebook, il rassemble, au 11 janvier, plus de 60 000 enseignants « en colère », ce qui correspondrait à 7% des enseignants.

Stylos rouges, gilets jaunes, même combat ?
On aimerait en savoir plus avec La Croix. Dans un article réservé aux abonnés, Denis Peiron interroge l’historien de l’éducation Claude Lelièvre, qui contextualise le mouvement des « stylos rouges ».

Les « stylos rouges » cherchent leur mode d’action
Selon Marlène Thomas qui les a suivi pour Libération.
« À la suite d’un rassemblement à Créteil, noyés au sein d’autres organisations syndicales et politiques, les stylos rouges de l’académie de Créteil se sont rassemblés pour la première fois pour prévoir les prochaines initiatives. »

Stylos rouges : « Leurs revendications sont les mêmes que celles des syndicats d’enseignants »
Pour Le Parisien, Joffrey Vovos interroge Bruno Poucet, professeur à l’université Jules-Verne de Picardie, spécialiste de l’histoire du syndicalisme enseignant. Au lendemain de la première assemblée générale des Stylos rouges, mouvement de profs en colère créé en marge des Gilets jaunes, il analyse leurs revendications qui, pour lui, « ont peu de chance d’aboutir ».
« - L’apparition des Stylos rouges est-il le signe d’un affaiblissement des syndicats ?
- Leur mouvement ne s’inscrit pas contre les syndicats, qui ne peuvent que le soutenir : ils ont les mêmes revendications. L’émergence des Stylos rouge est plutôt le signe d’un échec des organisations traditionnelles à se faire entendre.
- Pensez-vous qu’ils pourront obtenir des avancées salariales aussi facilement que les policiers ?
- Bien que tout le monde convienne qu’une partie des enseignants ne sont pas payés comme ils le devraient, ce sera difficile car ils sont beaucoup plus nombreux que les policiers. »

Stylos rouges : un révélateur, aussi, de la forme scolaire ?
Sur son Blog, Jean-Pierre Véran nous explique :
« Par la symbolique dans laquelle il s’inscrit, le mouvement des stylos rouges révèle la prégnance d’une forme scolaire qu’il permet de revisiter et de repenser. (...) La particularité, en effet, de la forme scolaire, c’est d’être tellement prégnante dans les esprits qu’elle semble aller de soi : quoi de plus naturel, semble-t-il, que la succession des heures de cours mettant face à face dans une salle une classe et un professeur de discipline, que l’organisation standardisée des salles (modèle de l’autobus) comme des établissements scolaires (modèle de la boîte d’œufs) ? Rien en fait n’est plus culturellement et historiquement daté que l’organisation de l’enseignement. La forme scolaire, selon Guy Vincent, “est une forme socio-historique de transmission[1]”. »


En vrac

La France limite la durée des détachements d’enseignants à l’étranger
Alexis Buisson nous apprend que « la France aime envoyer des enseignants à l’étranger, mais elle veut aussi qu’ils reviennent. C’est l’objectif d’une circulaire publiée au Bulletin officiel de l’Éducation nationale le 13 septembre.
Le texte, qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2019, limite à six années consécutives la durée pour laquelle un.e enseignant.e peut être détaché.e dans un établissement français à l’étranger. But de cette mesure : favoriser la mobilité des personnels et s’assurer que les enseignants ne restent pas à l’étranger alors que certaines académies en France font face à une pénurie. »

Pourquoi Céline Alvarez divise-t-elle tant les profs ?
Un article complet de Lucien Marboeuf.

Orientation : la voie du cœur ou celle de la raison ? Cet excellent article de Marine Miller dans Le Monde est à mettre entre toutes les mains des parents et des éducateurs.
« L’orientation est un moment crucial dans l’histoire des familles. Un moment qui catalyse des craintes irrationnelles : peur de voir son enfant “rater sa vie”, qui se conjugue à une peur du déclassement social, dans un contexte économique où le chômage des moins de 25 ans dépasse toujours les 20%, et où 8,8% des diplômés de bac +2 et plus sont en recherche d’emploi, selon les chiffres 2017 de l’Insee. »

Un formulaire en ligne « Valeurs de la République » réservé à tous les personnels de l’Éducation nationale
« Les personnels de l’Éducation nationale se sentent parfois seuls face à une manifestation de racisme ou d’antisémitisme. Avec le formulaire en ligne “Valeurs de la République”, ils ont désormais la possibilité de faire part d’une situation dont ils ont été témoins ou dont ils s’estiment être victimes, comme le prévoit le Plan national de lutte contre le racisme et l’antisémitisme (2018-2020). »

Catherine Rossignol


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 550 - Former l’esprit critique
Dossier coordonné par Aurélie Guillaume-Le Guével et Jean-Michel Zakhartchouk janvier 2019
“La formation à l’esprit critique, c’est bon pour tous les âges et toutes les disciplines : le dossier en propose de nombreux exemples concrets. Mais il ne s’agit pas d’amener à tout relativiser, plutôt de défendre un effort de rationalité et d’intelligibilité.”

Hors-série numérique n° 50 - Le bac, hier et aujourd’hui
septembre 2018
Dans le contexte de la réforme du baccalauréat et de la mise en place des nouvelles procédures d’accès aux études supérieures, ce hors-série revient sur de nombreuses tentatives de réformes plus ou moins fructueuses. Bac + 3, bac - 3, orientation, bac pro… quels leviers pour offrir une école plus démocratique ?

N° 532 - Justice et injustices à l’école
Dossier coordonné par Marie-Christine Chycki et Émilie Pradel
novembre 2016
L’école est traversée par tous les débats qui agitent la société. La question de la justice y est particulièrement vive et le sentiment d’injustice très prégnant chez tous les acteurs aux prises avec l’institution. Entre la subjectivité du sentiment et les conditions objectives des injustices vécues à l’école, quelles réponses pouvons-nous apporter ?

N° 504 Le sens de l’orientation
Dossier coordonné par Florence Daniaud et Dominique Brosseau
mars 2013
Comment adapter l’éducation à l’orientation aux besoins de chaque élève, en prenant en considération les plus fragiles ? Comment concilier les compétences et le rôle de chaque acteur ? Comment éduquer à l’autonomie, développer l’estime de soi dans un système qui aiguille le plus souvent uniquement en fonction des résultats scolaires ?