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Revue de presse du lundi 12 mai 2014

Le futur socle commun dans les starting blocks - L’École comme elle va


Le futur socle commun dans les starting blocks

Dans sa version de 2006, le socle commun de connaissances et de compétences comptait sept compétences. Le Conseil Supérieur des Programmes (CSP) planche depuis six mois et doit rendre avant la fin du mois de mai un texte décrivant les contenus du « socle commun de connaissances, de compétences et de culture » ainsi que sur les modalités de validation de l’acquisition de ce socle. Ce projet qui doit encore être affiné est d’ores et déjà disponible.
Mais "cette proposition est loin de faire l’unanimité. Pour caricaturer, ceux qui veulent garder un collège calqué sur le lycée sont satisfaits ; ceux qui veulent une scolarité obligatoire plus cohérente de la maternelle à la classe de 3e sont déçus. " peut-on lire dans Le Monde dans un article intitulé "Que doivent savoir tous les élèves ? Le nouveau défi de Benoît Hamon". Au final, "c’est un socle frileux qui y est présenté. Le terme « connaissances » y écrase les « compétences », alors que le président du CSP [Alain Boissinot] avait promis que la version définitive dépasserait le débat entre ces deux termes et inclurait un versant évaluation."
On reste donc sur sa faim et les syndicats fourbissent leurs derniers textes.
Dans Le Monde on peut donc découvrir les Les cinq domaines du nouveau socle qui se proposent de décrire ce que l’École de la République souhaite donner comme culture commune à ses enfants. Cette ambitieuse volonté d’offrir à tous une formation initiale qui soit la même pour tous et qui permette de se former ensuite tout au long de la vie se déclinera dont en cinq axes : "Les langages fondamentaux" (qui concernent le français, les langues vivantes, les mathématiques, les arts, l’éducation physique et sportive aussi bien que la technologie), "Apprendre à apprendre" (c’est à dire un apprentissage programmé et explicite, pendant la scolarité obligatoire de ce que l’on attend des élèves), "Former la personne et le citoyen" (développer chez l’élève l’estime de soi et les moyens d’une autonomie respectueuse des autres et des règles de la vie en société sur la base de valeurs comprises et partagées), "L’homme et le monde : les sciences et les techniques" (construire une première représentation cohérente du monde) et "L’activité humaine dans un monde en évolution" (acquérir les repères indispensables pour se situer dans l’espace et dans le temps).
À lire les réactions sur les forums et les réseaux sociaux, il n’est pas certain que le "Socle 2014" soit mieux accueilli que le précédent par les réfractaires.

Et pourtant, François Dubet, Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) le rappelle dans une interview qu’il a donné à Maryline Baumard dans Le Monde : « Ce n’est pas parce qu’une culture est commune qu’elle est de faible niveau »
La journaliste se fait l’avocat du diable et demande : "Certains enseignants pensent en toute bonne foi que le niveau va baisser si le socle de connaissances fait vraiment loi au collège et à l’école…". La réponse est claire :
"Je pense que c’est un argument fallacieux. Si tous les enfants de France maîtrisaient le socle commun tel qu’il est défini aujourd’hui, la France dépasserait la Finlande et le Japon dans les classements internationaux. Il faut en finir avec cette vision misérabiliste. Ce n’est pas parce qu’une culture est commune qu’elle est de faible niveau. Sortons de notre élitisme mortifère !"
À la question "Un autre argument circule pour discréditer le socle : celui qu’il dévalorise le métier d’enseignant. Qu’en pensez-vous ?", François Dubet ne mâche pas non plus ses mots : "Certaines organisations représentant les enseignants portent effectivement cette vision. En faisant cela, elles défendent très habilement un imaginaire qui veut que l’enseignant appartienne au monde des « savants ». C’est séduisant, mais tellement loin de la réalité des cours d’un professeur de collège qui se bat chaque jour pour faire acquérir des connaissances de base à ses élèves… "

Pour rester dans le sujet, Claude Lelièvre rappelle dans son blog que Le Conseil supérieur des programmes va rendre sa copie : "(...) c’est un rendez-vous historique à ne pas louper, car il est douteux qu’il puisse en exister un autre de sitôt."
Espérons qu’il ne s’agira pas d’un rendez vous manqué.


L’École comme elle va

Les problèmes à l’école ? C’est marrant !
"Mon enfant est un cancre !" "Mon ado sèche les cours !" La rubrique "Éducation" du site de France Télévisions (qui par ailleurs est une mine !) propose le Psychomaton. Ces courtes vidéo se veulent un défouloir pour les parents qui craquent. Une minute à savourer sans vergogne.

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Le dessin de Fabien Crégut

il n’y a pas de crise des vocations"
Au risque de décevoir ceux qui voyaient dans le faible nombre de reçus au CAPES de mathématiques un signe du déclin de l’École, Bernard Egger, pré­sident de l’association des pro­fes­seurs de mathé­ma­tiques de l’enseignement public (APMEP), souligne que "Ce pro­blème n’est pas récent, il a com­mencé à appa­raître il y a quatre ou cinq ans", en lien avec la masterisation et le recrutement à bac +5. "(...) Ce qui rend les choses encore un peu plus dif­fi­ciles en maths, c’est qu’à bac +5, l’offre de métiers est très large."
Charles Centofanti, pour VousNousIls, pose alors la question : "Comment don­ner envie de deve­nir prof de maths ?" Bernard Egger a la réponse. " Cela passe à mon avis par un recru­te­ment anti­cipé, avec un concours à bac +2 ou +3, comme c’était le cas avant, et sans concours de sor­tie à la fin du mas­ter. Comme en méde­cine, une fois que vous avez réussi le concours, il faut que cha­cun puisse se dire que l’essentiel est fait. Cela ras­su­re­rait beau­coup d’aspirants pro­fes­seurs. Aujourd’hui, beau­coup de can­di­dats sont écar­tés du métier de pro­fes­seurs car ils ne peuvent se per­mettre de res­ter dans l’incertitude juqu’à bac +5."

Autre clé pour susciter des vocations, un meilleur niveau de rémunération. C’est en particulier pour s’opposer au gel du point d’indice de la fonction publique que les syndicats appellent à la grève ce jeudi 15 mai.

"Nous naissons tous créatifs." C’est ce qui a inspiré une équipe de pédagogues pour cet article intitulé Design Thinking & Pédagogie, publié par Educavox. Quand des enseignants s’emparent d’outils numériques créer ou faire créer à leurs élèves des petits films explicatifs, le résultat est alléchant.

Enfin, parce que je ne résiste pas à la qualité (et à l’originalité) des articles qui y sont publiés, un petit rappel pour le blog Edukactus, qui est en train de devenir un incontournable de l’information éducative. La publication apériodique mais frénétique ne permet pas de citer un article en particulier.

Bonnes lectures et bonne semaine avec l’équipe de la revue de presse !

Mila Saint Anne


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Quel socle commun ?
Revue n°439 - janvier 2006
Réfléchir sur le socle commun, c’est prendre au sérieux les idéaux démocratiques, rien de moins. Mais ce n’est pas magique : l’idée ne portera ses fruits que si elle traduit une détermination politique de faire en sorte que l’école combatte les inégalités qui lui préexistent au lieu de les renforcer.

Le socle commun... Mais comment faire ?
Hors-série n°11 - novembre 2007
Comment mettre en pratique ? Comment ne pas « faire semblant » ? Comment tirer parti de ce qui existe déjà, du travail des équipes ?

Socle commun et travail par compétences - Balises et boussole
Hors-série n°20 - mars 2010
De nouvelles modes pédagogiques sans lendemains, ou de réelles occasions d’améliorer les apprentissages des élèves ? De simples ravalements de ce qu’on fait déjà, ou de véritables opportunités pour revoir nos pratiques d’évaluation, de différenciation, de remédiation ? Dans ce dossier, des repères et des expériences concrètes, dans le quotidien de la classe et de l’établissement.