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Revue de presse du jeudi 9 octobre 2014

Privés de consultation - Des enseignants qui n’apprennent toujours pas à assez à enseigner ?


L’actualité éducative du jour est marquée par deux faits marquants :
- la demi-journée banalisée pour réfléchir au devenir du socle, des programmes et de l’évaluation qui est parfois combattue et remise en cause
- et le rapport de l’Inspection Générale après un an d’existence des ESPE (dont la revue de presse s’était déjà fait l’écho hier.)


Privés de concertation

« Les professeurs interdits d’école buissonière même pour la bonne cause » (La Matinale de Fance Inter) « Ecoles et collèges : le rectorat reporte la matinée banalisée de lundi » (Le Parisien). Plusieurs medias relatent la décision de la rectrice de Créteil qui a annoncé le report de la demi-journée de concertation pour les enseignants de Seine-et-Marne et du Val-de-Marne face au recours déposé devant le tribunal administratif par les associations de parents d’élèves. Le Parisien cite les services de la direction départementale de l’Education Nationale de Seine-et-Marne « La rectrice a préféré anticiper la décision de justice qui devait être rendue demain par le tribunal administratif de Melun pour prévenir les communes le plus tôt possible de l’annulation ». France Inter dans son journal de 7h30 nous précisait que cette demi-journée devrait avoir lieu un mercredi après-midi. Ce n’est pas ce que réclamait hier à l’Assemblée Nationale le député-maire UMP de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) Sylvain Berrios dans sa question à la ministre de l’Education nationale à l’Assemblée nationale. « Dans le Val-de-Marne, nous avons été un certain nombre de parlementaires à vous interpeller dans une lettre restée sans réponse demandant le report de cette demi-journée. L’ensemble des syndicats s’est prononcé contre cette demi-journée, les fédérations de parents d’élèves ont déposé une requête en référé (...). Madame la ministre, je vous demande de donner des instructions fermes au recteur afin que cette journée de consultation soit reportée à un mercredi ou un samedi matin. »
Si les associations de parents d’élèves sont dans leur rôle, on peut s’étonner, si l’on en croit ce député, que les syndicats s’opposent à une telle journée de consultation. On ne peut pas à la fois tantôt regretter l’absence de consultation et tantôt refuser d’y participer quand elle est mise en place.
D’autres, en Charente, ont raté aussi des cours mais eux avaient une excuse présidentielle comme nous le relate la Charente libre. « Une classe entière de lycée charentais a profité de la venue de François Hollande pour se faire dispenser de cours.
A l’arrivée du Président de la République à Ma Campagne, l’un d’entre eux qui est au lycée voisin de Charles A. Coulomb n’a pas hésité à interpeller l’homme d’Etat pour lui faire signer le mot d’absence de la classe. Il a bien sûr immortalisé l’instant en vidéo
 ». Esprit d’initiative : compétence validée.


Des enseignants qui n’apprennent toujours pas à assez à enseigner ?

« Enseigner est un métier qui s’apprend. Mais le défi de former de bons didacticiens et pédagogues est loin d’être relevé, si l’on en croit les inspections générales de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur ». Aurélie Collas pour LeMonde.fr s’appuie sur un rapport, publié hier, à l’issue de la première année d’existence des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE, ex-IUFM) pour parvenir à cette sévère affirmation.
« Au fil des pages du rapport se dessine le tableau de deux mondes – éducation nationale et université – qui se côtoient encore peu. « Un choc des cultures », écrit l’inspection, qu’il sera difficile de surmonter. D’un côté, l’éducation nationale n’apparaît pas encore totalement impliquée dans la formation de ses futurs professeurs. De l’autre, l’université peine à accepter une formation plus professionnalisante, qui met l’accent autant sur la transmission des savoirs que sur les savoirs eux-mêmes. »

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Dans La Croix, Gilles Baillat, président de l’Université Reims Champagne-Ardenne et coorganisateur d’un colloque de la Conférence des présidents d’université qui se tenait aujourd’hui, consacré à la formation des enseignants est d’un avis contraire. Interrogé par Denis Peiron, il affirme à propos de ce choc des cultures que « les Espé, ...], placées au cœur de l’université, amenée à s’intéresser à la formation des enseignants au-delà des seuls aspects disciplinaires : de plus en plus, et c’est tant mieux, les facultés de lettres, d’économie, de sciences, etc. sont invitées à s’investir dans le champ de la didactique. » Très optimiste, il pense que les enseignants sont à son sens mieux formés qu’auparavant car « on s’est quelque peu rapproché du modèle de formation en vigueur dans un pays comme la Finlande, qui obtient de meilleurs résultats scolaires : la dimension « professionnalisation » n’intervient plus en toute fin de cursus mais est introduite en amont »
C’est heureux si l’on en croit Maryline Baumard dans un autre article du Monde.fr, car cette (r)évolution est indispensable. Elle arrive à cette conclusion après avoir confronté les débats français sur l’éducation à la vision de 645 experts mondiaux de l’éducation, qui ont réfléchi dans le cadre du WISE (le forum mondial sur l’innovation en éducation, organisé par la Qatar Foundation) sur ce que sera l’école en 2030.
« Pour 71 % d’entre eux, le professeur ne sera bientôt plus celui qui dispense la connaissance, mais un guide qui aide les élèves. Pour 83 %, les programmes auront sous peu laissé place à des contenus beaucoup plus individualisés. Pour 43 %, les apprentissages seront principalement fournis par les plates-formes en ligne. »

On pourrait banaliser quelques journées pour y réfléchir, non ?

Laurent Fillion

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseignant : un métier qui bouge
Revue n°514 - juin 2014
Tous les enseignants expérimentés le disent : ce n’est plus comme avant, le métier change. Allons voir de plus près ce qui évolue, comment le métier change, comment ces évolutions pourraient être accompagnées par l’institution, à toutes les échelles, en quoi elles vont dans le sens de l’essentiel : mieux faire apprendre les élèves.