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Revue de presse du jeudi 9 mai 2019

Grève - Devoir de réserve ? - Divers - Ailleurs

L’actualité est dominée aujourd’hui par la grève de la fonction publique mais aussi par l’interprétation variée du fameux devoir de réserve des fonctionnaires. Quelques infos diverses et d’ailleurs pour terminer.


Grève

On commence par le pourquoi de la grève de la fonction publique
Pourquoi la fonction publique est-elle en grève ?
« Les agents de la fonction publique sont appelés à la mobilisation jeudi 9 mai pour protester contre le projet de loi de transformation de la fonction publique, qui arrive à l’Assemblée nationale lundi. »
Grève dans la fonction publique : le va-tout des syndicats
« Pour la première fois depuis un an, l’ensemble des fédérations de fonctionnaires appellent les agents à une journée d’action contre la réforme de la fonction publique dont l’examen démarre lundi à l’Assemblée nationale. »

On poursuit avec les raisons spécifiques de la grève chez les enseignants. Et cela commence avant la grève par un débat sur les chiffres de la participation.
Loi Blanquer : nouvelle grève enseignante ce jeudi
« La mobilisation devrait être contrastée sur le territoire. Le ministre de l’Éducation nationale table sur un taux de grévistes d’environ 15 % dans le primaire.
Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a dit mercredi tabler sur un taux de grévistes « d’environ 15 %» dans le primaire pour la journée d’action contre la réforme de la fonction publique, prévue ce jeudi. Le représentant du Snuipp-FSU, Jérôme Lambert, annonce pour sa part que « la mobilisation parisienne contre la loi Blanquer ne faiblit pas en cette rentrée », prévoyant 45 % des enseignants des écoles publiques parisiennes en grève. »

Mais les parents se joignent au mouvement.
Grève dans la fonction publique : des parents d’élèves mobilisés contre la loi Blanquer
« Dans les cortèges de cette mobilisation, il y aura beaucoup d’enseignants. Mais aussi des parents d’élèves qui ont rejoint le mouvement de grogne contre la loi Blanquer et la réforme du lycée. Mardi soir, ils participaient à une réunion d’information à Montreuil en Seine-Saint-Denis. »
Comment Blanquer a perdu l’ascendant sur ses opposants
« Le fond du problème ? Une politique ministérielle perçue comme directive, voire autoritaire, suite à des circulaires inhabituellement détaillées sur la manière de faire classe, ou le rappel à l’ordre d’enseignants qui avaient refusé de faire passer tout ou partie des nouvelles évaluations des enfants à l’entrée en CP, qu’il jugeaient peu adaptées aux enfants.
L’article 1 du projet de loi en cours d’examen, qui enfonce le clou de l’allégeance des fonctionnaires en rappelant le devoir « d’exemplarité » des enseignants n’a pas aidé à apaiser le climat. « Il y a eu des menaces de sanction qui ont créé un émoi considérable, et cela a été le détonateur, estime Jérôme Lambert, secrétaire départemental du syndicat Snuipp à Paris. Jusqu’à récemment, le ministre n’était pas rejeté par les enseignants du primaire. Mais il apparaît maintenant comme un idéologue autoritaire. » »

Autre problème : le recours accru aux contractuels
« Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du SGEN-CFDT, analyse les enjeux de la journée d’action dans la fonction publique organisée jeudi 9 mai et réagit aux récentes annonces éducatives d’Emmanuel Macron. »


Devoir de réserve ?

De plus en plus d’enseignants s’inquiètent du respect de leur liberté d’expression, assurée normalement par la loi Le Port de 1983. S’ils sont un devoir de neutralité dans le cadre de leurs fonctions, ils restent libre de leur expression en dehors de ce cadre.

Des enseignants s’émeuvent du rappel à leur devoir de réserve
« Les syndicats dénoncent une volonté de museler les profs, dont certains, critiques de la loi Blanquer, ont été admonestés.
Une poignée d’enseignants et de directeurs d’école se sont fait taper sur les doigts par leur hiérarchie ces dernières semaines en raison de leurs critiques publiques. Cette sévérité relative suscite l’émoi au sein de la communauté enseignante
opposée à la politique de Jean-Michel Blanquer. À la veille d’une grève nationale dans la fonction publique, Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat d’enseignants Unsa, estime qu’une « limite a été franchie », notamment avec le cas de Sébastien Rome. »

Les professeurs craignent pour leur liberté d’expression sur les réseaux sociaux
« Le corps enseignant critique de la politique gouvernementale se dit de plus en plus surveillé sur les réseaux sociaux et dans les médias. Des professeurs affirment avoir reçu des pressions après s’être exprimés contre le projet de loi « pour une école de la confiance ». Un directeur d’école de Lodève a été sanctionné après avoir critiqué le texte à l’antenne de France Bleu. Cela avait aussi été le cas d’une directrice havraise fin avril. »
L’article 1 de la loi Blanquer parle d’exemplarité des enseignants. Mais qu’est-ce qu’un enseignant "exemplaire" ?
« "L’engagement et l’exemplarité des personnels de l’éducation nationale confortent leur autorité dans la classe et l’établissement", énonce l’article 1 de la loi Blanquer revu en commission au Sénat. Mais de la formation au devoir de réserve, qu’est-ce qu’être "exemplaire" pour un professeur ? »

Mais la liberté d’expression des enseignants est bien entendu limitée. Se moquer de ses élèves sur les réseaux sociaux est bien entendu interdit.
La prof se moque de ses élèves sur Instagram, les parents portent plainte
« « Un comportement inapproprié ». Tels sont les mots d’Hervé Roverc’h, le proviseur du lycée Fulgence-Bienvenüe de Loudéac (Côtes-d’Armor) pour qualifier les faits reprochés à son enseignante. Selon Ouest-France, la prof a mis en ligne plusieurs « posts » sur le réseau social Instagram sur lesquels elle se moquait ouvertement de ses élèves. Depuis, les publications ont été supprimées, mais des captures d’écrans faites par certains internautes attestent des faits. »


Divers

Ces enseignants victimes de la violence des parents : "j’ai pris un énorme coup de pied qui m’a pliée en deux"
« De plus en plus de professeurs sont victimes des violences de la part de certains parents d’élèves. Entre 2017 et 2018, les menaces envers le personnel enseignant ont augmenté de 7%. »

Macron maître d’oeuvre de « la concentration des moyens sur l’école primaire » Une analyse de Claude Lelièvre.
« C’est ce qu’il avait annoncé entre les deux tours. Deux ans ont passé. Et il est toujours en première ligne pour décider et annoncer ce type de mesures en les « concentrant » en fait sur trois classes : sections de grands, CP et CE1. Car c’est « la mère des batailles » avait-il-dit. »


Ailleurs

Cours de compliments et sens de l’entreprise : faut-il éduquer nos enfants à l’américaine ?
« Pourquoi les petits Américains paraissent-ils si confiants et épanouis ? La journaliste Véronique Dupont raconte comment leur éducation fabrique ces qualités. » réservé aux abonnés

L’éducation en temps de crise au Venezuela
« Il y a une semaine jour pour jour, le Venezuela vivait une tentative de soulèvement militaire en faveur du président autoproclamé par intérim Juan Guaido. Le pays, plongé dans une grave crise économique depuis plusieurs années, est aujourd’hui au bord de la paralysie. Reportage dans une école du pays où sont formés les Vénézuéliens du futur. »

Pologne : grève massive des enseignants.
« Du 8 au 27 avril 2019, 74% des écoles polonaises se sont mises en grève. Mais, les enseignants ont décidé de suspendre leur grève bien que le gouvernement n’ait pas accédé à leur revendication principale, c’est-à-dire une hausse des salaires. En effet, le gouvernement a proposé 10% d’augmentation en septembre mais seul le syndicat Solidarność, proche du gouvernement actuel, a signé cet accord. »

Géraldine Duboz


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 552 - Les dys dans la classe
Dossier coordonné par Nicole Bouin et Émilie Pradel
mars 2019
L’accueil des élèves présentant des troubles des apprentissages, dont les «  dys  », ne va pas sans difficultés au quotidien pour les enseignants. Notre dossier propose des éclairages de chercheurs sur ces troubles et donne la parole aux praticiens de terrain, aux parents, aux anciens élèves dys, aux médecins, aux associations…

N° 551 - Expliciter en classe
Dossier coordonné par Andreea Capitanescu Benetti et Sylvie Grau
février 2019
L’enseignement explicite, de quoi s’agit-il exactement ? Le projet de ce dossier est de faire le point sur ce que disent les chercheurs, les formateurs, mais surtout d’aller explorer ce qui se passe dans les classes. Qui explicite ? Quoi ? Quand et comment ?