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Revue de presse du jeudi 9 juin 2016

L’enseignement hors-sol — L’enseignement professionnel — L’enseignement supérieur — Divers


Une actualité bien chargée aujourd’hui entre le contrôle de la liberté d’enseignement, l’enseignement professionnel et les premiers résultats d’APB.


L’enseignement hors-sol

Najat Vallaud-Belkacem a présenté, jeudi 9 juin 2016, l’état des lieux de la scolarisation dans les établissements privés hors contrat et de l’instruction à domicile, ainsi que de nouvelles mesures visant à garantir le droit à l’éducation pour tous les enfants, dans le respect des valeurs de la République et de la liberté d’enseignement.” Au BOEN de ce jour vous trouverez le texte : Garantir le droit à l’éducation pour tous les enfants dans le respect des valeurs de la République et de la liberté de l’enseignement.

Pour le Monde, cela veut dire Des contrôles renforcés dans l’enseignement hors contrat et « à la maison ». “Numériquement, ce secteur pèse peu : 56 400 élèves sont accueillis dans la galaxie des établissements hors contrat dont 300 se revendiquent comme confessionnels (200 catholiques et 50 musulmans). Quant à l’instruction à domicile – « l’école à la maison » –, elle concerne quelque 25 000 jeunes selon des statistiques pour l’année 2014-2015, auxquelles Le Monde a eu accès avant leur divulgation, le 9 juin. Une goutte d’eau rapportée aux 8,1 millions de jeunes soumis à l’obligation scolaire, de 6 à 16 ans.”

Le Café pédagogique annonce que La ministre présente son projet de loi sur le contrôle des établissements hors contrat. “Ce qui inquiète les traditionalistes c’est un projet de texte qui inscrit que "l’acquisition des connaissances et compétences est progressive et continue dans chaque domaine de formation du socle commun.. et doit avoir pour objet d’amener l’enfant ... à la maitrise de l’ensemble des exigences du socle commun... Le controle est fait au regard des objectifs de formation attendus à la fin de chaque cycle".Or comme l’écrit Espérances banlieue, une association d’établissements très proche de la droite identitaire, "certaines matières secondaires dites d’éveil ne sont pas ou peu enseignées dans certains cycles" de ses écoles.”

Le Parisien insiste,l’enseignement libre le sera moins. “Selon le projet, les écoles privées pourraient être soumises à une autorisation préalable pour ouvrir, alors qu’elles n’avaient jusqu’ici qu’à déclarer leur existence aux autorités. La liberté laissée aux parents de faire l’école à la maison se restreint également. Ils devront justifier du niveau de leur enfant à chaque fin de cycle, c’est-à-dire tous les trois ans, et les rectorats pourront les soumettre, c’est une première, à des contrôles écrits ou oraux. Car si l’école n’est pas obligatoire, l’instruction l’est, entre 6 et 16 ans : une famille qui choisit d’assurer elle-même les apprentissages doit le déclarer auprès du rectorat et dans sa mairie. Depuis 1998, une rencontre annuelle avec un inspecteur est également automatique.”

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Contrôle des programmes par JiMo

Le journal La Croix présente une série d’articles sur la question.
Vers une liberté d’enseignement plus encadrée. “Le gouvernement envisage de conditionner toute création de nouvelle école privée à l’autorisation préalable des autorités publiques. Cette réforme voulue pour éviter que des établissements musulmans ne se transforment en foyer de radicalisation rouvre le débat sur la liberté d’enseignement.”

« La liberté d’enseignement est en danger », disent les évêques de France. “Le président du Conseil pour l’enseignement catholique, le cardinal Jean-Pierre Ricard, s’inquiète de la remise en cause de la liberté d’enseignement. L’éducation nationale prévoit de renforcer la surveillance sur les établissements privés hors contrat.”

Guillaume DRAGO, professeur à l’Université Panthéon-Assas Paris II déclare : Contrôle des écoles hors contrat, mesure liberticide.

"La liberté d’enseignement est en danger", selon Mgr Ricard.

Pour Pascal Balmand, secrétaire général de l’enseignement catholique : "toucher à la liberté d’enseignement est dangereux".

Les écoles catholiques hors contrat en pleine croissance. “Entre 200 et 300 établissements primaires et secondaires se disant catholiques fonctionnent hors contrat d’association avec l’État. Rares sont ceux qui demandent la reconnaissance canonique à l’évêque.” Mais en même temps, “L’incertitude sur les chiffres en témoigne : quand la Fondation pour l’école recense environ 300 écoles, collèges ou lycées estampillés catholiques, la chercheuse Sara Teinturier, auteur d’une thèse en sciences politiques sur l’enseignement privé, n’en listait pour sa part que 190 au début de l’année 2015, sur un total de 750 écoles hors contrat en France.”

Libération s’interroge : Au fait, c’est quoi une école « hors contrat » ?lls ne reçoivent pas de subventions publiques, ni de prise en charge des frais de fonctionnement comme c’est le cas pour le privé sous contrat, dont la rémunération des enseignants est assurée par l’Etat. Ces établissements hors contrat ont une gestion totalement autonome, ils embauchent qui ils souhaitent en guise d’enseignant, sans condition de diplôme. Et ne sont pas tenus de suivre les programmes officiels.”

Et Le Parisien présente un témoignage : Education : Lucien, 17 ans, n’apprend pas au lycée mais « au fil de la vie ».

Et dans ce contexte, Copé veut rendre obligatoire à l’école le lever du drapeau, la Marseillaise et l’uniforme. “L’ancien patron de l’UMP veut « redonner l’amour de la France, l’amour de la collectivité, le sentiment de partager une communauté de destin ». Ce qui pourrait être possible d’après lui si l’on « rend obligatoire le lever du drapeau à l’école (une fois par semaine le lundi matin par exemple) » ainsi que « le chant de la Marseillaise » et « le port de l’uniforme dans les écoles publiques », écrit Jean-François Copé dans un texte sur son blog intitulé « Remobiliser la nation, transmettons la fierté d’être français ».”

Bon un peu de calme et de pondération. Cécile Blanchard ouvre le dernier numéro de notre revue consacrée à un bien bel objectif, Former les futurs citoyens, par un beau titre : Quand votre cœur fait boum ! et surtout par une excellente question : "Ils promeuvent une autre école, d’autres pédagogies, s’organisent et le font savoir. Cela se traduit par la création d’écoles hors contrat dites alternatives et par la promotion de «  l’école à la maison  » assurée par les parents. S’agit-il d’un mouvement de fond, d’un boum conjoncturel ou d’un effet de loupe d’internet ? Certaines écoles privées labellisent même manuels et matériel, offrant des méthodes clé en main pour l’école à la maison et la boucle est bouclée. Vous avez dit marchandisation ? Certes. Mais pourquoi ?"


Enseignement professionnel

Bac pro : toujours plus d’élèves, mais très peu de débouchés par Marie Piquemal “Le Conseil national de l’évaluation du système scolaire fait le bilan exhaustif de trente années de CAP et de bac professionnel, filières dont on parle peu alors qu’elles concernent 40% des lycéens.”

Ils ont 30 ans mais les bacs pro restent mal connus et mal aimés. “Les bacs pro restent très marqués socialement, puisque 12% seulement des enfants de cadres sont dans l’enseignement professionnel, contre 60% des enfants d’ouvriers.
Si l’on s’approche de l’objectif de 80% de bacheliers au sein d’une classe d’âge (on est actuellement à 77%), c’est en raison de l’envolée des bacs pro, rappelle Nathalie Mons, présidente du Cnesco, le conseil d’évaluation du système scolaire, qui a publié mercredi une vaste étude sur l’enseignement professionnel jusqu’au bac (bac pro et CAP).” “L’insertion professionnelle après ce diplôme reste peu satisfaisante : 46% des bacheliers pro sont au chômage sept mois plus tard et toujours 20% trois ans après. "La France fait ainsi partie des pays de l’OCDE qui insèrent le moins bien les jeunes issus de l’enseignement professionnel", note le Cnesco
.”

Pour Christian Forestier : Il faut réserver les STS aux bacheliers professionnels. “Coordonnateur du dernier numéro de la Revue internationale d’éducation de Sèvres (CIEP) consacré à l’enseignement professionnel, ancien recteur et administrateur du Cnam, Christian Forestier connait bien l’enseignement professionnel. Il revient pour les lecteurs du Café pédagogique, sur les préconisations publiées par le Cnesco le 8 juin.”

Enseignement professionnel : Le Snuep Fsu critique les préconisations du Cnesco. “Second syndicat de l’enseignement professionnel, le Snuep Fsu partage certaines convictions du Cnesco. Mais il est hostile à bien des mesures proposées par le Cnesco à l’issue de sa Conférence de comparaison internationale. Sigrid Gérardin, co secrétaire générale du Snuep s’en explique.”

Ces discussions sont à mettre dans le contexte de la note de la DEPP : Parmi les élèves qui étaient en difficulté scolaire en troisième, un sur deux a obtenu son baccalauréat.
Un élève sur deux en difficulté scolaire en 3e obtient son bac. “Cinq ans après être entrés en classe de troisième, près de la moitié des élèves qui étaient alors considérés comme « faible scolairement » obtiennent le baccalauréat. Est considéré comme faible un élève ayant obtenu une moyenne de 8/20 aux épreuves écrites du diplôme national du brevet (et qui n’a donc pas obtenu ce diplôme). Trente-deux pour cent des élèves en difficulté obtiennent un baccalauréat professionnel, 11 % un baccalauréat technologique et 5 % un baccalauréat général. C’est ce que révèle une étude de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l’éducation nationale publiée en juin 2016.”


Enseignement supérieur

Admission Post Bac : Des progrès sous pression. "C’est la première fois qu’on lève le voile", a dit N Vallaud Belkacem le 8 juin en présentant les données du premier tour d’APB, le logiciel qui affecte les bacheliers dans l’enseignement supérieur. Selon le ministère, une meilleure gestion des demandes a nettement amélioré l’orientation des jeunes cette année et réduit les affectations par tirage au sort. Si le ministère insiste sur ces progrès c’est aussi qu’il est sous la menace de poursuites de l’association Droits des lycéens…

Le Monde note : Admission post-bac : 48 % des candidats ont déjà obtenu satisfaction, et propose : APB : cinq clés pour rebondir après des réponses d’orientation post-bac décevantes. “Le Monde. fr Campus met à jour cet article publié l’an dernier, avec l’aide d’une conseillère d’éducation, qui vous indique toutes les options qui restent à votre disposition pour trouver la formation qui vous convient le mieux pour la rentrée prochaine.”

Et une petite révolution se prépare : Les facs devront créditer l’engagement étudiant. “Bientôt, tous les étudiants qui donnent de leur temps à une association verront cet engagement récompensé. L’article 14 du projet de loi « égalité et citoyenneté », qui devrait être discuté à l’Assemblée nationale fin juin, prévoit une ­validation obligatoire de l’engagement des étudiants au sein des formations de l’enseignement supérieur. Les compétences, connaissances et aptitudes acquises par un engagement dans une activité bénévole, dans une mission de service civique ou dans la réserve opérationnelle de la défense donneront automatiquement lieu à l’attribution de quelques crédits d’enseignement – 60 crédits équivalent à une année universitaire.”

Le Cnam et l’Institut du monde arabe partenaires pour l’enseignement de la langue et de la culture arabes. "Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe (IMA), et Olivier Faron, administrateur général du Conservatoire National des arts et métiers (Cnam), ont signé le 3 juin 2016 une convention de partenariat dans le domaine de la formation en langue arabe."


Divers

Dans sa chronique Education Emmanuel Davidenkoff explique Pourquoi la machine ne remplacera pas les enseignants. “Le fantasme du remplacement des enseignants par des machines se porte bien. Il faut pourtant lui tordre le cou.
Étrange question que celle posée à des parents d’élèves dans un sondage réalisé à l’occasion du congrès de l’Apel (Association des parents d’élèves de l’enseignement libre), qui se tenait le week-end dernier (*) : « Diriez-vous qu’Internet et la disponibilité permanente d’informations et de connaissances permettraient de se passer de l’école ? » Étrange car nul ne le prétend
.”

Et Le Conseil européen soutient l’éducation aux médias. “Le Conseil européen a publié un communiqué de presse sur des conclusions adoptées sur le développement de l’éducation aux médias et l’apprentissage d’une pensée critique. Il reconnait les nombreux avantages et opportunités qu’Internet et les réseaux sociaux peuvent apporter, et souligne les menaces et dangers éventuels qu’ils présentent. Les conclusions soulignent le rôle fondamental de l’éducation et de la formation afin d’aider les jeunes à être critiques face aux médias et ainsi devenir des citoyens responsables.”
Bernard Desclaux


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Former les futurs citoyens


Revue n°530 - juin 2016

Mise en place du nouveau socle commun, de l’enseignement moral et civique : l’éducation à la citoyenneté, thème souvent abordé par les Cahiers pédagogiques, revient au cœur des préoccupations. De quelle éducation à la citoyenneté parle-t-on ? Comment ne plus la confondre avec une éducation au civisme et à la civilité ?

Mettre en oeuvre les EPI

Revue n°528 - mars 2016
Les enseignements pratiques interdisciplinaires vont se mettre en place à la rentrée 2016. Dans certains collèges, on anticipe déjà. Dans d’autres, les pratiques interdisciplinaires existent depuis un certain temps. On ne part
donc pas de rien et les EPI peuvent s’appuyer sur l’existant.