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Revue de presse du jeudi 8 novembre 2018

Harcèlement - Violences scolaires - Divers

C’est aujourd’hui la journée de lutte contre le harcèlement scolaire. L’actualité c’est aussi encore la lutte contre les violences scolaires.


Journée contre le harcèlement

Dans les médias et les réseaux sociaux, on parle énormément du harcèlement scolaire.
« Depuis 2015, chaque premier jeudi de novembre (sauf jour férié) est dédié à la lutte contre le harcèlement à l’école. Pourquoi c’est important ? Parce que, d’après les chiffres de l’Unicef, un élève sur dix en est aujourd’hui victime en France, soit 700 000 enfants et adolescents. »
Au sommet de l’état, Brigitte Macron et Mika (ancienne victime) s’engagent contre le harcèlement scolaire. « À l’occasion de la Journée nationale de lutte contre le harcèlement, la Première dame et le chanteur s’engagent sur ce fléau. Brigitte Macron demande que de la prévention soit réalisée dès les premières années de scolarisation ».
C’est l’occasion aussi de parler du cyber-harcèlement (France Inter)
« Le cyber-harcèlement touche ainsi particulièrement les plus jeunes, au lycée, au collège, voire dès l’école primaire. Le gouvernement évoquait ainsi fin 2017 un chiffre effrayant : un élève sur dix se déclarait harcelé, et un sur vingt l’est "sévèrement" ou "très sévèrement". »
Le harcèlement scolaire via les réseaux sociaux "s’accentue, c’est de pire en pire"
« La psychologue Catherine Verdier a expliqué, jeudi sur France Info, que le "sexting", la diffusion de photos dénudées sur les réseaux sociaux, commence "à partir de la 6e". »

On peut lire aujourd’hui de nombreux témoignages de victimes. Entre autres :
"J’ai arrêté de parler, d’étudier" : le chanteur Mika raconte comment il a été harcelé à l’école. « Le chanteur s’est confié dans le magazine "Suite Parentale" qui consacre un numéro au harcèlement scolaire, mardi 6 novembre, sur France 4. »
Harcèlement scolaire : Matthieu raconte sa scolarité de « souffre-douleur »
« Matthieu a été victime de harcèlement de la maternelle à la 4ème, et a tenté de se tuer trois fois. Pendant une grande partie de sa scolarité, Matthieu Mériot, 19 ans, a subi sans rien dire. Entre la maternelle et la fin du collège, le garçon a essuyé bousculades et intimidations sans oser en parler à ses parents. Sur son compte Twitter, suivi par plus de 3000 personnes, il effectue une veille sur l’actualité du harcèlement et souhaite sensibiliser le public sur le sujet. Il a publié en juin un livre, Un enfer scolaire (auto-édité, 3,50 euros), dans lequel il revient sur son parcours sous forme de témoignage. »
Cette vidéo d’un enfant de 7 ans a beaucoup ému les réseaux sociaux. « Un petit garçon de 7 ans, en larmes, raconte que chaque jour, à l’école, il est victime de harcèlement scolaire de la part d’un autre écolier.
"Je veux rejoindre le Bon Dieu pour toujours. Et lui, qu’il arrête de me taper", lance-t-il dans la vidéo vue plus de 900.000 fois et dont le tweet a été partagé près de 25.000 fois.
En moins d’une minute, le garçon, nommé Lucas par Le Parisien mais dont le prénom a été changé, raconte qu’il se fait "taper tout le temps" par un "petit garçon" de son école catholique privée du département de l’Aisne. Et entre deux sanglots, il dit vouloir mourir. »

Pour lutter contre le harcèlement, une initiative intéressante.
Contre le harcèlement à l’école, des élèves « ambassadeurs » font le guet
« Il lui était devenu « insupportable » d’aller en cours après des brimades au collège. « Pour éviter que d’autres subissent la même chose », Marine, 16 ans, est devenue « ambassadrice contre le harcèlement » dans son lycée de Clamart, où elle mène des actions de prévention. En mars dernier, le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, disait vouloir généraliser ce dispositif, lancé en 2015 et qui touche aujourd’hui environ un lycée sur deux et est encore embryonnaire au collège. Les « ambassadeurs » sont formés pour sensibiliser leurs camarades au harcèlement, et servir de relais avec l’équipe éducative en faisant remonter les cas les plus graves qu’ils suspectent ».
Des conseils d’une psychologue.« En ce 8 novembre, journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, la psychologue Florence Millot, auteure du livre J’me laisse pas faire dans la cour de récré (éd. Horay, 2018), explique que les agressions verbales ne sont pas une fatalité. Elle livre quelques conseils très pratiques pour s’en relever. »


Violences scolaires

Le sujet reste dans l’actualité. Notamment hier on s’est beaucoup moqué dans les médias d’une formation des chefs d’établissement à la gestion de crise. Parce que l’on a mis en avant des images de proviseurs en treillis, une activité de deux heures dans une formation de trois jours.
Ce mardi, une quarantaine de chefs d’établissement du rectorat de Versailles a démarré un stage de gestion de crise dans un camp militaire.
On continue de parler de la présence policière dans les établissements scolaires. Police-professeurs : alliance contre la violence scolaire
« [...] le gouvernement veut que les forces de l’ordre soient plus présentes pour endiguer les violences scolaires. Mais c’est encore loin de faire l’unanimité. »
Le sujet fait débat. : faut-il renforcer la présence policière à l’école ?
« Pour endiguer les violences scolaires, Emmanuel Macron s’est positionné en faveur d’une présence des forces de l’ordre dans les établissements. »

Sanctions scolaires : à propos de la réhabilitation des « lignes »
« Il est piquant de constater que le représentant de l’Éducation nationale Jean‑Michel Blanquer s’inscrit ainsi benoîtement dans une tradition de « pensums » qui perdure en toute méconnaissance de leur interdiction formelle.Renouvelée par la circulaire du 11 juillet 2000, cette proscription date initialement de l’arrêté du 5 juillet 1890. Celui-ci est très clair : « les punitions auront toujours un caractère moral et réparateur ; le piquet, les pensums (les “lignes”), les privations de récréation, la retenue de promenade sont formellement interdits ». »

Hugo, 36 ans, professeur : "On met beaucoup de choses sur nos épaules, parfois trop" Un témoignage assez juste de ce que vit la majorité des enseignants au jour le jour.

L’Éducation nationale est-elle responsable de la violence à l’école ?
« La Tribune publie chaque jour des extraits issus de l’émission "28 minutes", diffusée sur Arte. Aujourd’hui, l’Éducation nationale est-elle responsable de la violence à l’école ? »

Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer à Nîmes : "Notre école doit faire envie"
Mais on se demande “à qui” et “pour quoi” ?

« Prof braquée à Créteil : deux élèves exclus « définitivement » du lycée
L’adolescent qui avait pointé une arme factice sur sa professeure, en octobre, à Créteil, et celui qui avait filmé la scène, passaient en conseil de discipline, mardi soir. »

Au Brésil, pour Jair Bolsonaro, les élèves doivent pouvoir filmer leurs professeurs
« Le nouveau président brésilien est favorable à la proposition controversée émise par une députée de son parti. Le président élu du Brésil Jair Bolsonaro s’est dit lundi favorable à ce que les élèves filment leurs professeurs, comme l’avait suggéré une députée de son parti afin de dénoncer les enseignants « idéologues ».
« Je suis professeur d’éducation physique également (...), je ne vois aucun problème, (l’élève) peut filmer », a déclaré le dirigeant d’extrême droite lors d’un entretien à la chaîne Bandeirantes, alors qu’on lui demandait si cette pratique ne relevait pas plutôt d’un régime autoritaire. »


Divers

Quelles images pour enseigner la Première Guerre mondiale ?
« Si les jeunes passent près de 3,2h par jour sur leur smartphone et sont enclins à y faire défiler nombre d’images sans les analyser, les cours d’histoire permettent d’aller à rebours de cette pratique. Limités à quelques-uns par cours, les documents utilisés n’ont pas une simple visée illustrative mais servent de supports pour saisir les enjeux d’une époque.
À la différence de périodes plus lointaines, la Première Guerre mondiale nous offre un nombre important de photographies, tableaux, films, cartes postales et autres… ce qui nous permet d’autant plus de varier l’iconographie des cours. Voici quelques exemples de ces ressources utiles pour aborder cet enseignement au lycée. »

De nombreuses voix s’élèvent contre la vision de l’enseignement au ministère, notamment à propos de l’enseignement de la lecture, ou des nouveaux programmes du lycée.
"Monsieur Blanquer, nous ne voulons pas d’une école archaïque !"
Une tribune de syndicats d’enseignants du primaire, mouvements pédagogiques et FCPE à propos de l’apprentissage de la lecture.
« Les positions se tendent autour de la question de l’apprentissage de la lecture. Convaincu que l’école française n’enseigne pas correctement à lire, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a fait du dossier une priorité et met la pression sur les professeurs des écoles pour qu’ils adoptent une méthode strictement syllabique centrée sur le décodage - le fameux b.a.-ba - méthode qu’il juge la plus efficace, "au vu de la science et des comparaisons internationales" ».

Programmes du lycée : attention danger !
« Dix membres du Conseil supérieur des programmes de l’Education nationale tirent la sonnette d’alarme : « Nous sommes consternés de constater à quel point cette institution a été vidée de son sens et inquiets de la qualité des programmes qui s’appliqueront au lycée dès la rentrée 2019. » »

Tik Tok : royaume de la petite fille hyper-sexuée
« C’est l’appli la plus téléchargée au monde, devant Facebook, Instagram, Snapchat en septembre. Personne n’y chante, mais tout le monde se filme en train de chanter… dans sa cuisine ou sa chambre à coucher. N’importe qui ? Pas tout à fait. Je vous parle ici d’une déferlante dans les collèges et lycées. Particulièrement chez les gamines.[...] Une gestuelle hyper-sexualisée reproduite à l’infinie par des très jeunes filles qui se copient dans le monde entier en quête de « like » et de commentaires : « Continue comme ça, t’es vraiment canon ! Bisous. » » Plus que jamais on s’apperçoit que l’éducation aux médias est une nécessité impérieuse.

Géraldine Duboz


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Des collectifs enseignants connectés
Dossier coordonné par RÉGIS FORGIONE, FABIEN HOBART ET JEAN-PHILIPPE MAITRE
n° 548, novembre 2018
De nombreux champs d’actions du métier enseignant ont été transformés à mesure que l’informatique a envahi les lieux professionnels et personnels des enseignants. Comment définir aujourd’hui ce qu’est un collectif d’enseignants connectés et comment le numérique prend place dans son fonctionnement ?

N° 547 - Des alternatives à l’école ?
Dossier coordonné par Richard Étienne et Jean-Pierre Fournier
septembre-octobre 2018
Qu’en est-il de ces expériences de classes et d’écoles alternatives, dans le système public comme à l’extérieur, voire à l’étranger ? Sur quels principes se fondent-elles ? Comment interroger ces principes ? Un dossier pour voir plus clair dans ce qui, au-delà d’une certaine mode, reste flou.