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Revue de presse du jeudi 6 septembre 2018

Rentrée - Polémiques - Pédagogie

C’est la rentrée ! Les médias en parlent beaucoup et certaines polémiques se poursuivent autour de la grammaire et de l’éducation sexuelle.


Rentrée

En cette première semaine de de cours, découvrons qui sont les professeurs. Les décodeurs du Monde se penchent sur les statistiques pour en dresser un portrait-robot.
« Pour la rentrée, les Décodeurs rappellent que 70 % des enseignants sont des femmes, avec un âge moyen de 43 ans et une rémunération de 2 332 euros. »

Revenons encore sur ParcourSup. « En France, la sélection par l’échec est une coutume »
« « Nous fabriquons des jeunes honteux de ce qu’ils sont », déplore la pédopsychiatre Catherine Jousselme. Elle analyse, dans un entretien, la sélection dans le système scolaire, qui débute bien en amont de Parcoursup. »

Certains villages ont obtenu le maintien de leur classe unique. La logique des habitants et des maires s’oppose à celle des autorités de l’éducation nationale.
« A Goupillières, comme dans dix autres communes du département, un référé a permis d’éviter la fermeture de l’école. L’éducation nationale a fait appel. Le petit village, où l’école-mairie est le seul service public, fait partie des dix communes de Seine-Maritime à avoir contesté devant le tribunal administratif le retrait d’un poste d’enseignant pour la rentrée 2018. Dans les écoles qui ne comptent qu’une seule classe, le retrait d’un poste conduit de facto à la fermeture. »

On publie un bilan des expérimentations de mixité sociale dans les collèges à Paris.
“ « L’enjeu est de convaincre les familles qu’elle ne pénalisera pas leurs enfants »
Une étude publiée jeudi fait le bilan des expérimentations menées à Paris depuis un an. Entretien avec le chercheur Julien Grenet, l’un des auteurs, qui parle de résultats « plutôt encourageants ».”


Polémiques

L’orthographe continue de déchaîner les passions. En cette rentrée, c’est l’accord du participe passé qui fait polémique.
« Les crêpes que j’ai mangé » : « un nouvel accord pour le participe passé La fédération Wallonie-Bruxelles souhaite modifier les règles du fameux « accord du participe avec l’auxiliaire avoir », jugées complexes et grammaticalement peu pertinentes. Et invite les autres pays francophones à la suivre. »
Une première réaction particulièrement hostile, celle de Romain Vignest :« Renoncer à maîtriser la langue, c’est renoncer à penser » « L’accord du participe passé en français est on ne peut plus logique pour quiconque est de bonne foi et doué de raison, soutient dans une tribune au « Monde » Romain Vignest, professeur de lettres classiques, indigné que l’on s’attaque au logiciel même du français, la grammaire ».
Et une autre qui trouve la proposition hors-sujet. « Nous n’avons pas le temps nécessaire pour enseigner la grammaire ». « Sans être hostile à la proposition des Belges Arnaud Hoedt et Jérôme Pitron concernant la simplification de la règle sur l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir, Fanny Capel, enseignante et présidente de Sauver les lettres, pense que celle-ci est hors sujet. »
Du côté de la Suisse, on analyse les différentes réactions sur les réseaux sociaux.
“Sur les réseaux, la levée de boucliers est quasi générale. « Il faut être sot pour penser et dire que l’orthographe est la science des ânes. Aussi ardu soit-il, l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir est un exercice de gymnastique intellectuelle qui fait appel à l’agilité de notre esprit, donc à notre intelligence », affirme Olivier Siou, rédacteur en chef adjoint du service politique de France Télévisions. Darius Rochebin défend lui aussi ce trésor de la francophonie : « Se rappeler que les règles, même quand elles sont arbitraires à l’origine, sont maintenant le corps vivant de la langue. Danger de mutilation, danger de se couper des grands auteurs. »”
Claude Lelièvre analyse lui-aussi les réactions et revient sur les réformes grammaticales. Je participe (passé) : un passif ?
« L’un s’en prend au "Monde’’ qui a offert dans sa rubrique ’’Idées’’ une tribune ’’pour’’ et une tribune ’’contre’’ la modification de l’accord du participe passé. L’autre pointe que les ’’pédagos’’ n’ont pas le minimum de perception politique qu’ont leurs adversaires. »

L’autre polémique de la fin de l’été, c’est l’éducation sexuelle à l’école. De nombreuses rumeurs ont circulé cet été.
Education sexuelle à l’école : le gouvernement veut avancer malgré les rumeurs
« Des rumeurs qui rappellent celles qui avaient circulé au moment des "ABCD de l’égalité", un dispositif visant à promouvoir l’égalité filles-garçons qui avait été abandonné en 2014 face aux polémiques. "Je sais bien que ce type de sujets est souvent un ventilateur à fantasmes", a souligné Jean-Michel Blanquer lors de sa conférence de rentrée. "Il n’y aura pas d’éducation à la sexualité explicite à l’école primaire, rien qui heurte le bon sens de tout père ou mère de famille". »
Malgré tout le gouvernement martèle son engagement
« Marlène Schiappa et Jean-Michel Blanquer vont envoyer aux recteurs une circulaire leur demandant de mettre en œuvre la loi qui prévoit trois séances annuelles d’éducation à la sexualité, de l’école au lycée. »

Pour terminer, un entretien très intéressant dans le Café pédagogique. A l’heure où le ministère entend évaluer les élèves (et, visiblement leurs enseignants), il est bon de se pencher sur les effets néfastes de ces évaluations dans les pays qui y ont recours.
« Que nous apprennent les batteries d’évaluations nationales sur l’efficacité d’un système éducatif ? Pas grand chose et surtout rien d’essentiel, répond Stéphanie Demers, professeure à l’Université du Québec en Outaouais. Dans cet entretien donné au Café pédagogique elle montre non seulement les retombées négatives de ces système d’évaluation mais aussi leur incapacité à évaluer réellement la valeur d’une éducation. »

Géraldine Duboz


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 546 - L’histoire à l’école : enjeux
juin 2018
Comment les élèves peuvent-ils construire un rapport apaisé, critique et intégrateur au passé de la société humaine et à l’Histoire ? Une histoire qui prenne en compte le récit, l’histoire politique, économique, sociale, les représentations, les enjeux de mémoire, qui éveille l’esprit et qui crée du « nous ».

N° 545 - Accompagner en pratiques
Dossier coordonné par Rachel Harent et Xavier Dejemeppe
mai 2018
Qu’est-ce qu’accompagner au sein et hors de la classe ? Qu’en est-il de l’accompagnement personnalisé ? Comment l’accompagnement vise-t-il à construire l’autonomie de l’élève ? Ce dossier interroge le sens donné aujourd’hui à l’accompagnement de tous les élèves par les enseignants et aussi par les coéducateurs.