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Revue de presse du jeudi 6 octobre 2016

En marge - questions - réponses


Une actualité éducative assez réduite en ce jeudi. L’occasion pour nous de prendre quelques chemins de traverse (parfois fort loin de l’école), de tenter quelque école buissonnière, ou presque, et de découvrir, chemin faisant, qu’en matière d’intelligence et de bon sens, si le pire n’est jamais certain, il n’est jamais bien loin non plus.


En marge de l’école

A ses marges, l’école ne cesse d’innover, de créer. Dans un sens souvent bien déterminé : celui de la recherche d’une liberté aussi large que possible pour l’enfant. Ainsi, le site citizenpost nous parle de cet étonnant concept d’enseignements où les élèves font ce qu’ils veulent. "Définie comme une micro-société démocratique, l’École Dynamique de Paris [fondée par l’ancien consultant en direction d’entreprise Ramïn Farhangi] n’impose rien à l’enfant, c’est-à-dire aucune activité, aucune sortie, ou encore aucun emploi du temps défini. En effet, la liberté est, pour les élèves, quasi totale en ce qui concerne leurs choix d’apprentissage ainsi que pour tous les autres domaines de la vie. Ce concept reprend les idées de Socrate, à savoir «  laisser l’enfant être qui il est, sans le juger, sans projeter sur lui celui que nous aimerions qu’il soit  », ce qui revient à dire qu’il est quasiment impossible de savoir ce qu’est une bonne éducation pour la jeunesse".

Fort de ce constat, le phénomène des unschoolers (équivalent américain de la scolarisation à domicile en France) prend de l’ampleur. Ils seraient actuellement autour de 200 000 pour les seuls Etats-Unis. Éducation : les enfants, surtout pas à l’école ! proclame le reportage de France Info. "Dans cette maison au cœur de la campagne américaine, on n’a jamais connu les départs matinaux pour aller à l’école. Il est onze heures du matin, Eryn, quinze ans, prépare le petit-déjeuner. Son frère, Tomas vient à peine de se lever. Ici, pas de devoir, pas de leçon, pas de note, aucune journée ne se ressemble. Ce matin, Tomas a décidé de construire un robot. Les deux parents sont ingénieurs, mais Resi, la maman a choisi de quitter son travail pour rester avec ses enfants. Cependant, pas question de faire la classe à la maison".


Ceux qui se posent des question...

Retour à l’école institutionnelle et à son lot de questions, souvent un peu factices, qui semblent essentiellement destinées à être posée par une presse habituée des polémiques, et à qui l’actualité du jour n’en fournit pas réellement. Alors on ressort les questions "qui dérangent". Des questions récurrentes.

Question récurrente que celle de l’absentéisme (supposé) des enseignants. Education nationale : Pourquoi tant de profs manquent à l’appel. "Chaque année, c’est le même problème. Les parents se plaignent de l’absentéisme des professeurs. Selon la FCPE, 2500 jours de cours auraient ainsi déjà été manqués depuis la rentrée. Comment expliquer un tel chiffre ? Le non-remplacement de professeurs malades est un premier élément d’explication. Mais ce n’est pas tout. Beaucoup de postes restent vacants, faute de remplaçants et de contractuels disponibles.
Face à ce qu’ils jugent être une pénurie, les parents se mobilisent. "On cherche des cours particuliers pour nos enfants, affirme Valérie Pias, maman d’un élève de Meudon. Sinon, on se tourne vers des parents qui ont proposé de prendre des groupes d’élèves car ils ont la capacité de leur faire des petits cours de mathématiques".
Pour mieux cerner le problème, nous nous sommes concentrés sur une académie particulièrement touchée par cette "pénurie" d’enseignants : Versailles. En ce début d’octobre, il y manque toujours 250 professeurs, toutes disciplines confondues, sur 40.000. Un chiffre qui s’élevait à 412 il y a à peine 10 jours, selon plusieurs syndicats. "Nous recrutons de nouveaux enseignants tous les jours", précise-t-on cependant au rectorat
".

Question récurrente que celle de la bêtise crasse de la politique, parfois, lorsqu’elle se mêle d’éducation. « Théorie du genre » : Pour Sarkozy, Vallaud-Belkacem « nous fait honte », nous explique par exemple 20 minutes, revenant sur le dernier buzz médiatique du moment. "« Est-ce que c’est possible d’avoir des manuels scolaires où l’on n’enseigne pas la théorie du genre sans être dépeint comme un passéiste ? », a demandé Sarkozy...". Outre le fait que non, cela ne nous semble pas possible, n’y a-t-il pas une certaine vacuité à poser la question de l’enseignement d’une théorie dont plus grand monde aujourd’hui n’admet l’existence ? " "Je vois que [le pape] aura été lui aussi victime de la campagne de désinformation massive conduite par les intégristes" avait affirmé [la ministre]".

Question récurrente que celle de la mixité et de la parité. La mixité est de ces combats dans lesquels on ne peut jamais baisser la garde. Car la retours en arrière, sous couvert d’efficacité, de fausse modernité ou de bons sentiments, est partout.
Féminiser le leadership : et si on rouvrait l’école des filles ? se demande ainsi, apparemment sans rire, La Tribune. L’idée générale de cet article complexe semble être de considérer que puisque l’éducation et l’orientation, depuis les années 70, sont de plus en plus genrées, il faut aller au bout de la logique et réorganiser la séparation des sexes de façon à donner spécifiquement aux filles une culture scolaire qui leur permettra de dépasser le "plafond de verre" de l’accès aux directions d’entreprises.


... et ceux qui trouvent des réponses

A la question de la mixité, slate.fr répond indirectement, en rappelant que cela a déjà existé, et fut même longtemps la règle. Quand l’école séparait les filles et les garçons à la récré. "À une époque où le principe de mixité à l’école subit des remises en cause, de la part d’hommes politiques ou de chercheurs en éducation, il est hautement salutaire de se remémorer le temps qui fut nécessaire à son affirmation : un long cheminement allant de 1792 à 1976". En somme, la mixité a été extrêmement longue à mettre en place. A tel point, et comme en réponse à l’article cité précédemment, que les générations actuellement à la tête des grandes entreprises n’ont que très imparfaitement connu la mixité réelle dans l’école. Il y a là, sans doute, un débat dont nous ne sommes pas prêts de sortir.

Des milliards pour l’éducation seront plus efficaces que des armes nous expliquent de leur côté Les Echos. "Le déséquilibre entre les sommes que les Etats-Unis consacrent à l’éducation mondiale et celles consacrées directement ou indirectement à la défense est vertigineux : 1 milliard par an pour l’éducation, 900 milliards de dollars pour la défense. Ces 900 milliards incluent le budget du Pentagone (600 milliards de dollars), celui de la CIA et des autres agences de renseignement (60 milliards), celui consacré à la sécurité intérieure (50 milliards), à l’armement nucléaire hors Pentagone (30 milliards) et aux anciens combattants (160 milliards).
Quel homme politique ou responsable politique américain peut raisonnablement croire que des dépenses de défense 900 fois plus élevées que celles consacrées à l’éducation mondiale permettent d’assurer la sécurité nationale ? Les Etats-Unis ne sont pas les seuls dans leur cas. L’Arabie saoudite, l’Iran et Israël gaspillent des sommes colossales dans l’accélération de la course aux armements au Moyen-Orient. La Chine et la Russie augmentent à toute vitesse leurs dépenses militaires, malgré des urgences sur le plan intérieur. Les grandes puissances se lancent dans une nouvelle course aux armements alors que nous aurions besoin d’une course pacifique à l’éducation et au développement durable
".

Moins coûteux dans un premier temps, mais sans doute dans le même ordre d’idée, celui du pari de l’intelligence, Najat Vallaud Belkacem était ce matin dans un collège pour accompagner une initiative qui ne pourra que réjouir les lecteurs fidèles d’une revue de presse : Les collégiens et lycéens auront accès gratuitement à la presse quotidienne. "L’objectif est de lutter contre « la désinformation » et « les théories du complot ». La plateforme LireLactu, qui met gratuitement à disposition des élèves et enseignants la presse quotidienne nationale, a été lancée ce jeudi dans les collèges et lycées, a annoncé Najat Vallaud-Belkacem. Ce projet a germé après les attentats de janvier 2015, a rappelé la ministre de l’Éducation nationale, lors d’une présentation de la plateforme en ligne au collège Roland-Dorgelès à Paris".

Lionel Jeanjeau


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Comprendre les énoncés et consignes
Ouvrage - avril 2016
Jean-Michel Zakhartchouk - CANOPE, Editions AGIR

Tant d’élèves échouent dans leur travail scolaire parce qu’ils n’ont pas compris ou mal compris la consigne ! Il est donc impératif pour les enseignants de les aider dans cette compréhension, moins en supprimant les difficultés qu’en leur permettant d’affronter ces difficultés, à l’aide d’outils, de « bons gestes », d’entrainement méthodologique. C’est pourquoi cet ouvrage, qui contient un grand nombre d’activités, éclairées par des apports plus théoriques, rendra service aux praticiens dans le cadre du domaine 2 du socle commun, de la maternelle au lycée.
Ce livre est une réédition largement revue et augmentée de travaux précédents du même auteur qui mène depuis trente ans une réflexion sur le sujet.

N° 525 - Pédagogie : des utopies à la réalité

Revue - Décembre 2015
Qu’est-ce qui fait qu’un enseignant, un éducateur, sort des sentiers battus et s’avance sur les chemins de l’expérimentation et de l’innovation ? Qu’est-ce qui le met, l’a mis en mouvement ? Quels sont les utopies, les projets, les rêves, les modèles peut-être qui font entrer dans un collectif, un mouvement pédagogique ?