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Revue de presse du jeudi 6 novembre 2014

démocratisation scolaire mise à mal - mise au point sur la laïcité - mobilisation lycéenne


Dans la presse du jour, on a pu répertorier concernant l’éducation [cochez selon votre convenance]
 couac /  décision mal comprises
initiative malheureuse / malhonnête
 mise au point salutaire /  erreur d’appréciation
 mobilisation citoyenne /  débordement


Vous avez dit démocratisation scolaire ?

Où est donc passée la Clis de l’école de Loches ? Il semblerait que la municipalité (UMP) de Loches (37) ait oublié la Clis dans la future école Alfred-de-Vigny. Les travaux qui commenceront en février prochain ne prévoit en effet que cinq salles de classes du CP au CM2. La Nouvelle République a enquêté : « « La Clis sera installée dans le hall d’accueil qui est immense, précise Anne Pinson, 2e adjointe au maire, en charge des affaires scolaires et des affaires sociales. On y installera des cloisons amovibles. La Clis n’a pas été oubliée. On a travaillé avec les enseignants sur ce sujet. La Clis ne sera pas transférée à Lamblardie ». Sur le plan, le hall d’accueil est d’une surface de 62,80 m2, légèrement plus grand qu’une salle de classe. Est-ce bien adapté pour des élèves handicapés ? Les parents d’élèves ne cachent pas leur scepticisme. »

Des bâtons dans les roues de la démocratisation scolaire encore avec le classement des collèges réalisé par le site France-Examens. C’est le Café Pédagogique sous la plume de François Jarraud qui dénonce dans son expresso du jour cette triste initiative. « L’entreprise explique que "le choix du collège est une tape importante dans la vie des parents qui souhaitent offrir les meilleures chances de réussite à leur enfant". Elle estime que le taux de mentions au brevet est un "critère plus pertinent" que la réussite au brevet. Pour appuyer ces propos, France Examens n’hésite pas à réutiliser dans ce contexte des témoignages d’enseignants, y compris récupérés dans des médias. On imagine qu’ils seront heureux de participer à la mise à mal de l’Education nationale ! ».
Je suis allé voir ce que cela donnait pour mon collège. Notre taux de réussite au brevet a progressé mais nous perdons un "laurier" parce que notre pourcentage de mentions a quant à lui diminué.
Prime à l’élitisme donc ! Voilà qui raviera certains ...
Ce n’est évidemment pas le seul problème posé par ce classement. On ne peut que souscrire à ce qu’écrit François Jarraud : « Mais ce n’est pas le seul faux pas de ce palmarès dont il faut dire d’emblée qu’il est une gigantesque tromperie. Tromperie des parents d’abord parce que sur la plus grande partie du territoire l’offre scolaire est réduite au collège de secteur à moins de faire passer des heures en transport à son enfant. Tromperie aussi parce qu’en zone urbaine les places dans les établissements recommandés par le classement de France Examens sont limitées. France Examens a beau expliquer aux parents comment demander une dérogation, la publication du "palmarès" va surtout dresser des parents contre l’établissement de leur enfant ce qui est une bonne façon de le faire échouer. Tromperie aussi car le critère retenu n’est en rien un gage de qualité d’un établissement. Le vrai critère serait la plus value apportée par l’établissement, c’est à dire l’estimation des progrès des élèves, compte tenu de la composition sociale, du niveau de départ et de la gestion des élèves dans l’établissement. [...] Mais France Examens ne fait même pas semblant de calculer cette plus value. Il ne fait que flécher les établissements les plus ségrégés socialement.
Le bon collège n’est pas celui qui affiche les plus forts taux de réussite au brevet ou le plus fort taux de mentions. Le meilleur collège c’est celui où son enfant s’épanouit et progresse. C’est celui où, sans trier les élèves d’année en année, une cohorte d’élèves fait de réels progrès entre la 6ème et la 3ème. C’est aussi celui qui fait murir son enfant et lui transmet des valeurs et un savoir être. Or les résultats donnés par le "palmarès de France examens" sont tout autres. Ils mettent en avant les établissements privés et les collèges des quartiers favorisés et classent en dernier les établissements des quartiers populaires, y compris ceux qui sont extrêmement méritants.
 »
On s’étonnera aussi de trouver sur ce même site des conseils donnés aux parents pour choisir un bon collège donnés par ... des chefs détablissement !!!
Et si on publiait un palmarès des sites les plus nuisibles à l’éducation avec les initiatives les plus idiotes ?


Vous avez dit laïcité ?

Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène, président et rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité affirment dans une tribune parue dans Le Nouvelobs que Najat-Vallaud Belkacem, ne menace pas le principe de laïcité en se prononçant en faveur de la participation des mères voilées aux sorties scolaires.
Ils s’appuient sur une définition ouverte de la laïcité : « Non, la laïcité, ce n’est pas la neutralité de tous les citoyens, c’est au contraire la garantie donnée à chacun de croire ou de ne pas croire et de l’exprimer dans les limites de l’ordre public.
La laïcité, ce n’est pas une conviction ou une opinion mais le cadre qui les autorise toutes
. »
Ils rappellent que « la règle repose sur l’analyse du comportement des parents d’élèves accompagnateurs, et non sur leur seule apparence. Si le comportement est prosélyte (par exemple, lors d’une visite dans un musée, en commentant un tableau de façon orientée), alors il sera fermement sanctionné. S’il n’y a aucun prosélytisme et si la sortie scolaire n’est pas perturbée, alors il n’y aura pas lieu de sanctionner.
Vouloir imposer une totale neutralité "d’apparence" va bien au-delà de la neutralité dans l’expression orale ou dans le comportement – exigée légitimement – vis-à-vis d’élèves. Jusqu’où faudrait-il aller ? Des vérifications sur la taille des habits ? Trop couvert… ou insuffisamment ? Où est ce qu’on commence et où est ce qu’on arrête ?
 »

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Dessin de Fabien Crégut

Mobilisation lycéenne

A Paris « une vingtaine de lycées de la capitale, sur les 200 établissements que comptent l’académie, ont été bloqués « dont cinq ou six totalement »  » selon les comptes de l’AFP repris par Le Monde.fr ont été bloqués ce matin pour manifester « contre les violences policières » et rendre hommage à Rémi Fraisse. Mateo Maillard nous fait revivre le déroulement de cette mobilisation.Le Point nous précise qu’elle a été organisée « à l’appel du collectif Mouvement Inter Luttes Indépendant (Mili) [proche du Nouveau Parti Anticapitaliste] mais non relayé par les organisations lycéennes ». Marie Giffard nous livre aussi quelques propos de lycéens : "Rémi Fraisse a été tué par les mains de la police (...) On veut un changement dans la réaction des forces de l’ordre", "On ne va pas dire à la police comment faire son métier mais on est contre les abus" et précise que tout « s’est déroulé dans une ambiance plutôt bon enfant, les policiers ayant pris soin de rester à distance ».
De jeunes manifestants qui se sont donc montrés moins violents et plus respectueux que leurs aînés. Ce ne sont pas les ragondins qui me contrediront...

Demain, Mila Saint Anne vous proposera son regard sur l’actualité éducative
Laurent Fillion


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

L’école à l’épreuve du handicap
Revue n°459 - janvier 2008
Que s’est-il passé dans le système éducatif français depuis la promulgation de la loi du 11 février 2005 ? Ce dossier s’intéresse en particulier aux nouveaux acteurs que sont les enseignants référents, les auxiliaires de vie scolaire, à la mise en place de nouvelles instances, à la formation des enseignants indispensables à la prise en compte de ces élèves.

De l’enseignement spécialisé à l’intégration dans l’Ecole
Revue n°428 - novembre 2004
Faut-il, pour accueillir les enfants « handicapés », maintenir des structures spécifiques dans ou hors des établissements scolaires ou miser au maximum sur une intégration de ces jeunes dans le cursus normal des élèves ordinaires ?

Enseigner en classes hétérogènes
Ouvrage - aout 2014
Jean-Michel Zakhartchouk - ESF 2014
Prendre en compte les différences de niveau ou de culture ? Pas facile, sans doute. Pourtant, de nombreuses réponses existent qui peuvent même transformer la difficulté en une opportunité

Quelle éducation à la morale laïque ?
Revue n°513 - mai 2014
Que s’agit-il d’enseigner, pour ce qui ne peut se réduire à une discipline scolaire ? Dans quel objectif, entre pacification des relations et formation du jugement moral ? Qui pour le faire, dans quel cadre ? Bien des questions, et ce dossier ose dès maintenant des réponses, dans la conviction que nous touchons là à un rôle fondamental de l’école.