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Revue de presse du jeudi 6 mars 2014

Tablettes à l’école - Apprendre à apprendre "de"... - Ecole du Socle ou école commune -


Même si le cœur de la revue du jour porte sur l’annonce, ce matin, des préconisations du think tank Terra Nova pour une École commune, on évoque également dans la revue de ce jeudi, les bénéfices des tablettes tactiles au service des apprentissages ainsi qu’une réflexion intéressante sur l’expression "Apprendre à apprendre". Bonne lecture !

Les tablettes tactiles à l’école

« 80% des français seraient favorables à l’usage de tablettes tactiles en classe. » C’est ce que nous apprend Emmanuel Davidenkoff, spécialiste des questions éducatives pour France Info dans sa fameuse chronique Question d’éducation. Le journaliste y révèle les résultats d’une vaste étude menée lors de la Semaine de l’apprentissage mobile par des chercheurs de l’Université de Montréal. Plus de 6000 élèves et 300 enseignants ont été consultés dans des écoles au Québec mais aussi en Belgique et en France, et les résultats semblent relativement unanimes et positifs. Quels que soient les inconvénients de l’utilisation des tablettes à l’école, ou les freins et les blocages liés en grande partie au manque de formation, les avantages prennent nettement le dessus. Des avantages reconnus par les élèves, on s’en serait douté, mais également, chose plus étonnante, par de très nombreux parents et enseignants conquis, pour des raisons différentes, par l’outil et les nouveaux usages qu’il offre. « La tablette sim­pli­fie l’accès à l’information. » Outre l’accès à internet, elle permet l’utilisation d’applications éducatives, ludiques et gratuites et ouvre de nouvelles possibilités d’apprendre grâce à la variété des supports visuels et auditifs qui deviennent accessibles. Concentrant en un même objet les différents outils traditionnels, « elle allège le cartable » ce qui fait le bonheur des parents. Des élèves davan­tage moti­vés, une coopération stimulée, une organisation du tra­vail faci­litée et dynamisée, une qua­lité et une variété enrichie de supports, et tout cela au service des apprentissages des élèves ! Quoi demander de plus ? Eh bien, comme le souligne l’étude, de la formation, et encore de la formation, et cela, de manière à lever quelques obstacles persistants tant du côté de l’inconscient collectif que du versant pédagogique. En effet, « Il semble important de rappeler aux enseignants, lors de ces formations, que ce ne seront pas les tablettes tactiles qui favoriseront la motivation ou la réussite scolaire, mais bien les usages qui en seront faits". ils proposent aussi, "toujours en lien avec la formation, de mettre les enseignants en réseaux, voire de créer une communauté de pratique, soit à l’intérieur d’une même école, voire peut-être même à l’échelle du territoire". » En lien avec thème, on pourra compléter l’analyse du sujet grâce à l’article de Bruno Devauchelle, formateur, chercheur et grand spécialiste des problématiques liées au numérique. Il pose dans ce billet la question des fournitures scolaires à l’ère du numérique. « Mais qui va payer les ordinateurs ? Entre 150 et 200 euros (minimum) semblent être consacrés à ces fournitures traditionnelles d’après les associations et le ministère. On pourrait imaginer que la machine numérique fasse partie de ces fournitures. Mais cette fois pas besoin de l’acheter chaque année, au collège il pourrait être gardé quatre années et sa charge financière aussi. Mais est-ce aux familles de payer ces machines (comme l’ont fait certains établissements privés sous contrats) ? Certains diront que non ! Alors pourquoi faire payer les fournitures scolaires aux familles ? Le débat est à reprendre, à la rentrée prochaine… »


Apprendre à apprendre... mais de quoi ou de qui ?

Un autre billet très intéressant de Bruno Devauchelle sur l’expression “Apprendre à apprendre“ qui selon lui ne veut pas dire grand chose et préfère utiliser l’expression “apprendre à apprendre de..." ce qui, contrairement aux apparences est loin d’être une coquetterie de langage et implique qu’on interroge l’apprendre, sous un angle différent. Il s’appuie dans son analyse sur deux publications papier. D’une part, sur le magazine Sciences Humaines qui a pour thème principal « apprendre par soi-même » et d’autre part, sur le dossier "Allumer le feu" de la revue Socialter. Bruno Devauchelle, avec la pertinence de son analyse toujours très documentée et l’impertinence de sa liberté d’homme à penser, ré-interpelle cette question de l’apprendre. Comment apprend-on ? Est-il possible, une fois comprise la manière dont on apprend, d’en établir une méthodologie scientifique et applicable par tous, par chacun et en tout lieu ? Ce serait fort simpliste selon lui et sans doute erroné, car trop de critères entrent en jeu dans cette question de l’apprentissage. « D’une part il s’agit de « situer » ce que l’on apprend dans un milieu dans lequel vivent cet objet d’apprentissage et celui qui apprend, d’autre part l’histoire individuelle de chacun de nous prépare chaque jour notre cerveau au lendemain. » L’apprendre à apprendre ne peut s’envisager sans lien avec la situation. Ainsi, on passe à une nouvelle expression enrichie de la préposition "de" , on n’apprend pas juste à apprendre, « on apprend à apprendre de »... de l’expérience professionnelle, des activités de la vie quotidienne, des rencontres humaines, des informations reçues, de l’engagement d’un projet vécu, du cursus scolaire, etc. Et il conclue ainsi le débat, en professionnel passionné par les nouvelles manières d’apprendre : à l’heure du numérique, « l’environnement informationnel et communicationnel a élargi le champ des possibles et donc impose à chacun de nous une charge mentale différente de la précédente ou tout au moins enrichie. Si apprendre à apprendre de est désormais essentiel, ce n’est pas pour autant qu’on peut l’enseigner »


École du Socle ou École commune ?

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Le dessin de Fabien Crégut

Hier, dans l’Express, la journaliste Marie-Caroline Missir nous annonçait pour ce matin la conférence de presse donnée par le think tank indépendant et progressiste Terra Nova au sujet de ses propositions pour relancer, compléter ou modifier certaines réformes inaugurées par Vincent Peillon lors de son entrée au ministère e,t je cite ici, « "mises au placard" » depuis. Le temps passant, il semblait temps, en effet, de donner une nouvelle impulsion, pour engager « une réelle refondation de l’école »... Ce matin, c’était donc la grande affaire éducative du jour, et pour cause... Tant (tout ?) reste à faire ! Pour reprendre les propos de Maya Akkari, en charge au sein de Terra Nova du Pôle éducation, « c’est un changement de paradigme que nous proposons dans ce texte. Nous avons besoin de regagner la bataille culturelle dans l’opinion sur les questions d’éducation, de penser une nouvelle vision de l’école » Et l’enjeu est de taille, comme on le lit sur le site de Terra Nova. « "Notre projet d’école commune vise un objectif profondément républicain : faire réussir les élèves qui aujourd’hui échouent dans leur scolarité obligatoire et qui sont presque exclusivement, en France, issus des classes sociales défavorisées, tout en assurant le progrès de tous et la promotion d’une élite plus nombreuse car plus large et de meilleur niveau. » Au service de cet ambitieux projet : trois axes sont privilégiés : « 1- assurer la continuité des parcours, la progressivité des évolutions et la cohérence des enseignements et de l’éducation entre l’entrée à l’école primaire et la fin du collège ; 2- favoriser une mixité sociale et scolaire accrue des établissements et des classes ; 3 - promouvoir une pédagogie de l’hétérogénéité centrée sur le traitement de la difficulté scolaire au sein des classes, la coopération et l’aide mutuelle entre élèves ». Pour découvrir l’intégralité des propositions rendues publiques ce matin, on pourra se fier au Storify de Stéphanie De Vanssay, présente à la conférence de presse, très fameuse live-twitteuse et conseillère technique pour le SE-UNSA. A lire également, le compte-rendu rédigé très finement par la rédactrice en chef des Cahiers pédagogiques, Christine Vallin mais qui, prudente devant l’emphase, termine ainsi son article : « Tout reste à préciser, le devenir des options, de l’inspection, ou la manière d’intervenir sur la carte scolaire. Il sera bon de suivre l’avancée du travail sur les programmes, le socle commun et de commencer à faire un bilan des conseils école-collège qui se sont mis en place il y a un an. D’autres notes de Terra Nova sont annoncées.
Il a été enfin rappelé que l’école commune a déjà été adoptée dans 14 pays européens sur 27. Le rapport de Terra Nova ajoute un élément supplémentaire vers cette même évolution.
 » Autre réaction à découvrir dans le billet de Lionel Jeanjeau sur son blog, Changer l’École. Il conclue ainsi : « L’étude que publie Terra Nova est une parfaite synthèse de tout ce qui a été dit, écrit, pensé, discuté ces dernières années dans les milieux réformateurs à l’école. Elle reprend en bien des points les analyses d’Antoine Prost, synthétisées l’an dernier dans l’excellent "Des réformes ...". Il est rassurant, pour un militant de la cause des élèves, de voir qu’en ces temps de rumeurs de remaniement et de départ de Vincent Peillon, les grands principes qu’il a tenté de porter au ministère restent d’actualité dans l’un des think tank les plus influents de la gauche du gouvernement. Au-delà des hommes, ce sont les idées, les principes et les valeurs qui prévalent, et en soi, il y a là de quoi être optimiste pour l’avenir de notre école. A condition de ne pas baisser la garde et de continuer, encore et toujours, à "fatiguer le doute". »

Fatiguer le doute, c’est ce que cette revue de presse tente de faire, jour après jour, au fil des plumes qui la composent. Alors, à demain ?

Ostiane Mathon


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Mieux apprendre avec la coopération
Revue n°505 - mai 2013

Lorsque deux enfants, deux élèves ou deux adultes coopèrent, ils apprennent au travers des échanges. En même temps, ils se construisent des valeurs humanistes telles que la solidarité, le partage, le respect. Des témoignages pédagogiques, des repères précis pour oser l’aventure, dépasser les embuches.

Observer la classe
Revue n°511 - fevrier 2014

Dans la classe, pour faire la classe, les enseignants observent sans cesse leurs élèves ; ils sont eux-mêmes observés lorsque les portes des classes s’ouvrent pour accueillir des stagiaires, des collègues, des formateurs, qui observent à leur tour tout ce qui se déroule. Que ressort-il de tous ces regards croisés ?

Apprendre avec le numérique
Revue n°498 - juin 2012

Le dossier présente une grande variété de pratiques pédagogiques, de méthodes recourant à des outils numériques pour mieux faire apprendre, dans un cadre collectif comme dans l’accompagnement individuel. Ni révolution, ni scandale. L’enseignement est en mouvement, grâce au numérique aussi.