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Revue de presse du jeudi 6 février 2014

Déshabiller les profs - Etre heureux ou malheureux à l’école - Orientation et inégalités


Vous allez lire aujourd’hui la première revue de presse de Géraldine Duboz, que nous remercions d’avoir accepté de rejoindre l’équipe de la revue.
Christine Vallin


L’actualité aujourd’hui est largement dominée par les propos qu’aurait tenus le ministre de l’Education nationale.

Déshabiller les profs

Vraie info ? Rumeur ? Intox ? Hier soir Les Echos évoquaient la proposition de Vincent Peillon de geler l’avancement automatique non seulement des professeurs mais aussi de tous les fonctionnaires. “Cette mesure représente potentiellement 1,2 milliard d’euros d’économies par an, selon les estimations de la Cour des comptes, dans son rapport sur la dépense publique de juin” alors que “L’exécutif s’est engagé à réduire les dépenses publiques de 50 milliards d’euros d’ici à 2017, voire davantage, afin de financer des baisses de charges et d’impôts programmées pour les entreprises.” Ce serait une application des préconisations de la Cour des Comptes qui cite par exemple "la promotion automatique des personnels enseignants, qui a contribué à hauteur de 424 millions d’euros à l’augmentation de la masse salariale totale en 2012."
Cette information était très vite démentie par un tweet du compte officiel de l’Education nationale puis par une intervention du ministre au micro de France Inter : “ [...] pour ce qui concerne les professeurs [...] ils ne méritent pas de porter des efforts qui seraient de cette nature.
Cependant Les Echos maintiennent leur information, confirmée par un journaliste de France Info qui dit l’avoir entendue de la bouche même du ministre. “ Vincent Peillon explique alors que "c’est une question de courage politique" et se dit "prêt à assumer" face aux millions de fonctionnaires qui travaillent à l’Education Nationale.

Pour le Café pédagogique, encore une rumeur venue d’ennemis politiques, alors que “ le ministre de l’Education nationale doit négocier son budget au regard de la nouvelle politique présidentielle.” et que “Le ministre de l’éducation nationale est celui qui, depuis 2012, pompe le budget de l’Etat et condamne tous les autres ministères à supprimer des emplois afin que l’Education puisse créer les 54 000 postes promis pour la mandature.”
Cependant cette “rumeur” semble confirmée par d’autres articles, notamment celui de l’Express qui note sévèrement l’Education nationale en matière de dépense publique : “À la lumière des conclusions de l’étude de l’Institut Montaigne sur la dépense publique, L’Express ne décerne qu’un cinq sur dix à l’Éducation nationale. Le système éducatif demeure inégalitaire.”

Les prétendus propos du ministre ont alimenté la colère des collèges ZEP en grève, manifestant aujourd’hui contre la baisse drastique de leurs moyens (Le Parisien).


Etre heureux ou malheureux…

Faut-il être malheureux à l’école pour bien apprendre ? C’est une question posée par Mattea Battaglia dans l’excellente série du Monde Education de cette semaine, "Pisa Choc". En effet “Plus d’un jeune Français sur deux dit se sentir chez lui à l’école, contre 8 élèves sur 10 en Finlande ou au Japon.” L’article décrit une expérience pour “tester l’« effet » Montessori sur un public qui n’a pas, d’ordinaire, accès à cette pédagogie offerte dans le privé. L’idée est que des enfants défavorisés puissent aussi bénéficier du bonheur d’apprendre !”. Les enfants “choisissent ce qu’ils ont envie d’apprendre lorsqu’ils se sentent prêts, optimisant ainsi les phases naturelles d’apprentissage.” L’évaluation des progrès de la classe par une équipe de l’université de Grenoble est très positive.
C’est confirmé par l’interview de Yann Algan expliquant que « Nous apprenons mieux lorsque nous nous sentons confortés »

Au niveau du collège, la question se pose du bienfondé du collège pour tous notamment pour Jean-François Coppé qui le décrit comme un “Univers impitoyable”. Il veut rétablir un examen d’entrée en 6e, donner une grande autonomie aux chefs d’établissement. “Il faut que tous les enfants aient très tôt une initiation aux métiers et que dès 14 ans, ils puissent, s’ils le souhaitent, partir en apprentissage.”

En effet, le collège unique s’adresse à des élèves de profils très variés : Emma Paoli est allée enquêter à Saint-Brieuc sur une expérience de classe inversée en sciences physiques qui permet au professeur de faire travailler ses élèves en équipe, “une démarche qui permet à chaque adolescent de mettre à disposition du groupe ses talents personnels. « Tous n’ont pas les mêmes compétences. Certains sont doués à l’oral, d’autres à l’écrit. L’idée est que chacun apporte sa pierre à l’édifice », explique Pascal Bihouée, qui rappelle que cette méthode, qui lui permet de s’en sortir avec l’hétérogénéité des niveaux et des profils, plait de surcroît aux jeunes.”.
Le collège unique ne peut faire l’impasse sur une évolution des pratiques pédagogiques, semble-t-il. Pour autant l’article ne répond pas à son titre polémique : "Faut-il en finir avec le collège unique ?".

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Le dessin de Fabien Crégut

L’orientation et les inégalités sociales

L’observatoire des inégalités s’attaque à l’orientation en fin de collège, en étudiant une note du ministère du mois de novembre 2013. “Alors que l’étude Pisa menée par l’OCDE a fait grand bruit, la note d’information du ministère de l’éducation est passée presque inaperçue”. Pourtant “Les vœux d’orientation des familles en fin de troisième dépendent fortement de leur milieu social. 90 % des enfants de cadres supérieurs demandent une seconde générale ou technologique, contre moins de la moitié des enfants d’ouvriers non qualifiés et d’employés de services aux particuliers.”
L’enquête montre que malgré tout, 95% des familles sont satisfaites. “Et plus on laisse les familles choisir, plus on reproduit les inégalités sociales. Or, comme le remarque de façon très critique l’étude du ministère : « le conseil de classe n’intervient pas pour corriger à la hausse les vœux d’orientation des élèves d’origine populaire dont le niveau permettrait d’accéder à un cursus plus ouvert. Le conseil de classe tranche davantage sur l’adéquation entre le choix de la famille et les capacités de l’élève qu’il ne recherche l’orientation la plus adaptée aux performances scolaires ». Autrement dit, alors que les familles populaires intériorisent leur position sociale, le système éducatif ne contrebalance pas cet effet.”
Des initiatives sont pourtant prises localement pour améliorer le travail sur l’orientation.
C’est le cas notamment à Tahiti (LaDepeche.pf) où les 3e ont participé à des ateliers animés par les élèves et professeurs des lycées professionnels. "Les 3e ont ainsi pu voir des étudiants en action, qui leur ont montré comment produire de la saucisse ou du pain au lait, fabriquer un pendentif, réparer un drone, nettoyer une moyenne surface au monobrosse ; ils ont pu également tester leurs compétences sur le champ."
Dans la Vienne, Centre Presse met en relief la “Semaine de l’orientation pour démythifier l’université. Du 10 au 15 février, l’université ouvre ses portes et ses paillasses aux futurs étudiants pour leur expliquer que les études restent un tremplin pour l’avenir.” Toute l’université se mobilise pour montrer comment ils accueillent et encadrent les étudiants. Mais aussi pour exposer des diplômes, “sésames qui permettent d’entrer de plain-pied dans la vie active.”

Géraldine Duboz
Demain c’est Lionel Jeanjeau que vous retrouverez.


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