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Revue de presse du jeudi 5 juin 2014

Un baccalauréat à réformer ? - A l’université - Une solution ? - Enseignant, un métier stressant ?


Un baccalauréat à réformer ?

Comme chaque année au mois de juin, ce diplôme fat couler de l’encre. Claude Lelièvre dans médiapart revient sur son histoire : créé en 1808, il était le premier grade universitaire, l’examen d’entré à l’université. Mais cela a bien changé, c’est désormais un diplôme de fin d’études du secondaire que l’historien de l’éducation qualifie de "faux Dieu en trois personnes (le général, le technologique et le professionnel)". D’où le titre étrange de l’article : "La Sainte Trinité du baccalauréat". " Il poursuit : ’’Le’’ baccalauréat n’existe pas (n’existe plus). Ce qui existe, c’est au moins trois types de baccalauréat qui sont apparus successivement avec des objectifs foncièrement différents. [...] Finalement, on ne sait à quel saint se vouer. Peut-être faudrait-il un miracle : non pas se focaliser sur « la réforme du bac », mais s’efforcer de penser et de mettre en œuvre des liaisons les plus rationnelles et les plus claires possibles entre les spécialisations progressives qui pourraient exister dans les lycées et celles à advenir dans les établissements de l’enseignement supérieur. Car ’’le bac’’, dont on se soucie tant, n’est plus au centre de rien."

Dans Le café pédagogique, François Jarraud aborde cette question de la réforme du bac en revenant sur le "bashing" dont l’examen est victime dans la presse : "Cette année le "bac bashing" débute tôt. Un premier article explique que les résultats sont joués d’avance, le ministère fixant le pourcentage de reçus, les enseignants étant obligés de s’exécuter et de noter selon la consigne. C’est la vieille idée du bac donné à tout le monde qui revient un peu en avance." L’auteur accuse les opposants d’élitisme : "L’élévation du taux de réussite au bac renvoie à sa démocratisation. Ce n’est pas tolérable pour tout le monde... Ceux qui critiquent le bac rêvent d’un examen d’entrée en université qui garantirait à leurs enfants, seuls capables déjà de payer les frais d’examen, le monopole des études supérieures." Mais la réforme, ça se discute : "Si elle apparaît logique, la réforme proposée semble surtout susceptible d’augmenter l’injustice. En effet on sait, depuis les travaux de D. Oget, que si le bac était passé au contrôle continu les résultats finaux seraient largement différents. Le fait qu’au bac on corrige une copie anonyme augmente les chances de certains candidats : les garçons, les jeunes des milieux populaires."


A l’université

Une fois le bac en poche, il n’est pas évident de faire les études que l’on souhaite comme le rappelle Le Figaro : "30% des étudiants de première année ne sont pas dans la filière de leur choix". C’est le résultat d’une grande enquête menée par l’UNEF : les étudiants sont très critiques à l’égard de l’université que 63.5% pensent qu’elle ne se soucie pas de leur réussite.
Libération analyse aussi lesrésultats de cette enquête : les cours en amphi sont jugés ennuyeux. "Sur les 6 500 étudiants sondés, plus d’un sur deux considère que les profs ne sont pas « suffisamment formés à la pédagogie (capacité à transmettre des savoirs et faire réussir les étudiants) »."


Une solution ?

Et si transformer l’école en jeu vidéo était la solution ? C’est un peu provocateur mais l’article de hitek.fr vaut la lecture : "CLASSCRAFT : ET SI L’ÉCOLE ÉTAIT UN RPG ?". "Le jeu en lui-même est simple et ne change aucunement les programmes scolaires. Ce qu’il modifie véritablement, c’est l’engagement des élèves, même si ils ne sont pas obligés d’y participer. Les élèves d’une classe sont divisés par groupe de cinq ou six par le professeur, qui est le Maître du Jeu. Chacun à une classe différente (Guerrier, Mage ou Prêtre), possède des points de vie, des points d’action et une barre d’expérience. Selon leurs actions, ils peuvent gagner de l’expérience ou perdre de la vie, et tout cela en plein milieu du cours, selon le bon vouloir du Maître du Jeu." Une curiosité à découvrir.

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Le dessin de Fabien Crégut

Enseignant, un métier stressant ?

Hier l’émission Rue des écoles sur France Culture abordait l’image des enseignants : "La France aime-t-elle ses profs ?". On y abordait entre autre le décalage entre le travail réel des enseignants à la maison et l’image que s’en fait le public, notamment grâce à une enquête menée par le syndicat SE-UNSA.
Au Québec,une enquête similaire a été réalisée par la Fédération canadienne des enseignants et enseignantes (FCE). On constate sur infobourg que les enseignants sont stressés. Et cela notamment à cause de leur temps de travail : "La FCE estime que chaque enseignant travaille 53 heures par semaine. Plus de 87 % des enseignants sondés concluent ne pas pouvoir offrir suffisamment de temps à leur conjoint ou à leurs enfants. Leurs activités récréatives personnelles en souffriraient aussi." En cause aussi les changements incessants de programmes, le manque d’autonomie pour les mettre en place, les difficultés personnelles des élèves...

Géraldine Duboz (avec l’assistance d’Ostiane Mathon et Bernard Desclaux)


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseignant : un métier qui bouge
N° 514 Coordonné par Michèle Amiel et Yannick Mével
juin 2014
Tous les enseignants expérimentés le disent : ce n’est plus comme avant, le métier change. Allons voir de plus près ce qui évolue, comment le métier change, comment ces évolutions pourraient être accompagnées par l’institution, à toutes les échelles, en quoi elles vont dans le sens de l’essentiel : mieux faire apprendre les élèves.

N°448 - Le jeu en classe
Dossier coordonné par Yvana Ayme
décembre 2006

Le jeu est mal vu à l’école dès qu’on quitte la maternelle... et c’est dommage. Ce dossier propose de nombreux témoignages de « pédagogie ludique », de l’école à l’université : énigmes géographiques, jeux de rôles pour comprendre l’économie ou travailler une langue, jeu de l’oie et calcul littéral, mise en scène d’une proposition de loi dans la République romaine, entraînement à l’inventivité en formation d’adultes... Outre ces exemples, plusieurs entretiens avec des « experts » analysent la façon dont le jeu, qui inclut une dimension affective forte, favorise l’ancrage des connaissances, à condition bien sûr que la situation pose un vrai défi cognitif. Alors, le jeu, remède miracle ? Non, mais une corde de plus à l’arc du pédagogue qui utilise à bon escient tout ce qui peut assurer la réussite des apprentissages.