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Revue de presse du jeudi 5 décembre 2013

Grève et manifestations — PISA, encore — Vrac


Peu d’échos de la grève du jour à propos des rythmes scolaires, et des manifestations des professeurs des "Prépas". L’Enquête PISA reste encore un très bon sujet pour les média et fera la partie principale de cette revue. Et pour finir quelques quelques infos du supérieur et une invitation au voyage.


Grève et manifestations

Les médias ne semblent pas couvrir particulièrement ces événements.

Le Figaro signale à propos des « rythmes scolaires : les professeurs des écoles en grève jeudi contre la réforme » ainsi que France Info « Rythmes scolaires : nouvelle journée de grève dans les écoles ». Pour le Nouvel Observateur c’est : « Rythmes scolaires : pourquoi les profs font (encore) grève », et il donne la réponse de Peillon qui « oppose "l’intérêt de l’enfant" à l’UMP »

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Le dessin de Fabien Crégut

Et le Monde rappelle que « Entre Vincent Peillon et les professeurs de prépas, le bras de fer continue ».


PISA, encore

L’enquête internationale continue à agiter les médias. On peut trouver cela dommage, mais rappelons-nous le silence à la parution de la première enquête en 2000… Au moins on ne critique plus le thermomètre.
Le Nouvel Observateur nous propose une petite revue de presse « Enquête Pisa : "faillite" de l’école républicaine pour la presse », et le Monde avec Maryline Baumard « Comment PISA est devenu la norme mondiale de l’évaluation scolaire ».

Marianne n’y va pas par quatre chemins : « Education : comment cette droite nous a pris pour des cons » et recense certaines déclarations des années précédentes. Et Lutte Ouvrière après avoir fait le constat : « Enquête Pisa sur l’éducation : de plus en plus d’inégalités scolaires », propose sa solution. « Rien n’est envisagé en effet pour financer la création massive de postes d’enseignants. Tout ce beau monde gouvernemental, qui s’appuie sur de grandes études pour découvrir ce que des milliers d’enseignants et de parents constatent tous les jours, devient brutalement sourd dès qu’est évoquée la nécessité de diminuer des effectifs dans les classes. Or à 30 élèves en maternelle ou en primaire, et souvent à beaucoup plus, jusqu’à 35 au collège et au lycée, il n’est pas possible d’apprendre correctement à lire, à écrire, à compter, ni de s’ouvrir à la culture, surtout dans les milieux populaires où l’école a un rôle plus important à jouer.  ». Et comme en écho, Le Républicain Lorrain rapporte la parole de F. Hollande qui juge que « nous n’avons pas suffisamment fait de l’école un atout ». « L’enseignement de cette enquête, c’est que quand l’éducation fait les frais des ajustements budgétaires, c’est le niveau qui baisse et avec lui la capacité de notre école à réduire les inégalités », a déclaré le président de la République,  »

Le sociologue Pierre Merle est à l’honneur. Sur le Café pédagogique, « PISA : Pierre Merle : Pourquoi les inégalités françaises ? ». Je retiens : « Parmi les explications structurelles des inégalités scolaires et des différences de compétences des élèves selon le pays, il est possible d’en retenir une particulièrement classiques. Elle est connue notamment par les préconisations de l’OCDE qui indique que « L’un des meilleurs moyens de parvenir à l’équité [est] d’adopter des politiques qui améliorent l’inclusion verticale et horizontale [c’est-à-dire qui réduisent la ségrégation inter-filière et intra-établissement] ». En Europe, suite aux premières évaluations de PISA 2000, il existe deux pays qui ont mené une politique d’inclusion pour améliorer leur système scolaire initialement moyennement performants : l’Allemagne et la Pologne. ». Et dans Le Monde « Enquête PISA : « Loin de réduire les différences de niveau, notre collège les accroît » déclare Pierre Merle ». Retenons encore : « L’Allemagne et la Pologne ont su tirer profit des enseignements de PISA et déployer une « politique d’inclusion » consistant à unifier leurs cursus scolaires. La Pologne a créé un collège unique et reculé d’une année (de 15 à 16 ans) l’orientation de ses élèves. Les Allemands ont réduit la place des filières courtes et développé une école commune dans laquelle sont scolarisés les élèves des différentes filières.
L’école française, elle, est restée sur le modèle de la différenciation du collège alors même que celle-ci fabrique des inégalités et diminue le niveau moyen des élèves. On récolte ce que l’on sème.
 »

Le Courrier international propose un petit article allemand « l’étude PISA n’est pas la Bible » où l’on rappelle que « les chercheurs de PISA ne sont pas les mieux placés pour mesurer les performances des systèmes éducatifs. Leur conception de l’enseignement s’oriente en effet sur celle des Etats-Unis. Or aux Etats-Unis, c’est l’individu qui est responsable de son ascension sociale par l’éducation, l’Etat est uniquement censé fournir les outils pour cela. Tandis que la conception européenne, marquée par la social-démocratie, pose qu’un maximum d’égalité doit régner dans le système éducatif lui-même. Ce n’est pas un mal de se souvenir de ses propres traditions.  »

Le Figaro lui met l’accent sur une autre fracture : « École : l’écart grandit entre filles et garçons ». Et le Café pédagogique rappelle : « L’insertion des sans diplôme encore plus difficile quand on est immigré ». En effet, «  "La part des jeunes sortant de formation initiale sans diplôme s’est stabilisée autour de 17 % depuis le milieu des années 1990. Ces jeunes sont plus souvent que les autres issus de milieux défavorisés ou de l’immigration. Ils s’insèrent dans des conditions différentes selon leur niveau d’études, les sortants de terminale trouvant plus facilement un emploi que les jeunes ayant arrêté leurs études au collège ou en cours de cursus préparant au CAP-BEP", écrivent Béatrice Le Rhun, Daniel Martinelli, Claude Minni et Isabelle Recotillet dans une étude publiée par l’INSEE.  »
Nous nous fabriquons une belle bombe sociale à retardement.

On terminera par un petit détour par l’étranger : Le nouvel Observateur : « Systèmes éducatifs : la presse grecque s’alarme de la chute du pays ». « La majorité des quotidiens grecs ont consacré mercredi leur gros titres à la chute de la Grèce du 25e au 42e rang de l’enquête Pisa de l’OCDE sur la performance des élèves, appelant le gouvernement à agir.  ». Et le Libération du Maroc s’interroge : « L’Education nationale boude toujours l’évaluation PISA. Le MEN refuse de mesurer les compétences de nos élèves ». Le Maroc refuse de participer à l’enquête PISA, alors que la Tunisie, pays non membre de l’OCDE, a déjà adhéré à ce programme. Et surtout l’article du Monde « Veut-on vraiment que nos écoles ressemblent aux leurs ? » que je vous recommande.


Vrac

Le Républicain lorrain nous informe que Geneviève Fioraso est en VRP du Pacte Lorraine. Elle déclare : « Si les universités veulent dégager des moyens, qu’elles commencent par mutualiser les masters, qui seront d’aussi bonne qualité à 30 étudiants qu’à 15. Leur priorité doit porter sur la première année de licence. Elles doivent se former aux bons outils de gestion et adopter la comptabilité analytique, que ne pratiquent que 10 % d’entre elles. ». Mais une revue d’assurance nous apprend qu’elle s’engage également pour la santé des jeunes.

Et si le dépaysement vous dit, Mayotte hebdo nous apprend que 71% des enseignants prolongent. L’explication : « Mayotte ne sera pas un désert scolaire. En tout cas, ça ne sera pas la catastrophe annoncée par les syndicats enseignants si l’on en croit aux chiffres du vice-rectorat. » Prime d’éloignement et perspectives fiscales… « Il semble que même avec l’imposition des indemnités d’éloignement, les fonctionnaires restent quand même gagnants, d’autant plus que Mayotte devrait bénéficier d’une fiscalité particulière aux départements ultramarins. En effet à partir de 2014, le contribuable mahorais devrait abattre 40% de son revenu sur ses déclarations d’impôts. »

Demain ce sera Lionel Jeanjeau qui assurera le service de la revue de presse des Cahiers pédagogiques.

Bernard Desclaux

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N°496 - Décrocheurs, décrochés.

N°467 - Égalité des chances ou école démocratique ?