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Revue de presse du jeudi 4 décembre 2014

Echec et maths - Education prioritaire (encore) - Notes (encore) - Rapprochement école/entreprise


Une revue de presse mathématiquement riche, qui se répète un peu et qui annonce des nouveautés à venir, à débattre.

Echec et maths

C’est l’info du jour. Najat Vallaud-Belkacem, en présentant ce jeudi un nouveau plan pour l’enseignement des mathématiques, veut « donner le goût des maths à l’école ». C’est ce qu’elle affirme dans une interview au journal 20 minutes. Elle y explique comment elle souhaite mettre en place une stratégie dédiée à cette matière pour lutter contre l’innumérisme. « Dans le cadre des nouveaux programmes, nous allons développer des approches nouvelles des maths. L’introduction de l’algorithmique* permettra par exemple de mieux former les élèves au raisonnement déductif. Le numérique sera aussi mis à profit pour permettre aux élèves d’effectuer davantage d’exercices avec des niveaux différenciés et d’avancer aussi chacun à leur rythme. »
Pour BFMTV, la ministre veut rénover l’image des maths.
Pour La Croix, il s’agit de réfléchir à comment placer les élèves en position de « chercheurs ». Le quotidien chrétien nous présente l’exemple d’un professeur parisien, « qui mise avant tout sur le travail en groupe pour faire progresser ses élèves ». 
Pour Digischool.fr, « l’enseignement des maths, c’est la nouvelle bataille de la ministre de l’Education »
Le Café Pédagoqique fait aussi dans la métaphore militaire : « Une nouvelle stratégie pour les maths » 
Le Figaro retient quant à lui le côté ludique recherché : « Jeux et informatique pour renforcer le niveau des élèves en mathématiques »
Quant au Monde, il appuie sur l’objectif recherché : « Un plan tous azimuts pour corriger la faiblesse des Français en maths » en nous offrant lui aussi un exemple, celui du collège Eugénie Cotton d’Argenteuil « où ce sont les élèves qui font cours »
Notre ami Guillaume Caron profite de cette actualité pour republier un article sur son blog avec ses « maths à l’envers ».


Education prioritaire (encore)

La presse nationale et locale continue de se faire l’écho des mobilisations des établissements qui sortent de la carte de l’éducation prioritaire

Ainsi Le Figaro nous apprend que la ministre a été chahutée par une cinquantaine d’élèves et d’enseignants du 93 à son arrivée au Palais de la Découverte à Paris où elle venait expliquer sa stratégie pour rendre les mathématiques plus attractives.
Var Matin nous présente le cas d’un collège de Hyères.
Quant à La Dépêche, elle évoque les écoles du Garros pour lesquelles « ça change la donne ».


Notes (encore)

Les fédérations de parents d’élèves ne sont pas vraiment d’accord (ô surprise) sur la portée du rapport du CSP sur l’évaluation. Pour la FCPE, qui « défend depuis toujours une école bienveillante envers les élèves (...) a accueilli favorablement les propositions du CSP sur l’évaluation. Il faut réellement en finir avec les notes chiffrées, les moyennes et les moyennes de moyennes qui n’ont aucun sens et ne servent qu’à classer et hiérarchiser les élèves dès le plus jeune âge, au détriment des apprentissages. » Pour la PEEP, par contre, ce rapport est un hors-sujet sur les notes !
Rue 89 préfère nous offrir un exemple, celui d’un lycée cette fois qui s’essaie à l’évaluation sans note : celui de Sélestat. Un compte rendu à lire.
Les experts (auto) proclamés continuent de donner leur avis.
Dans Le Café Pédagoqique c’est Andre Antibi pour qui « le débat : notes ou pas notes est un faux débat » « Il rappelle que « la constante macabre n’est pas un problème de notation, mais un problème bien plus profond de culture de l’évaluation ». Pour lui, « il est dangereux et contreproductif de laisser croire que la suppression des notes permettra d’améliorer la situation de l’évaluation en France ».
Les conserver non plus, non ?
Dans la continuité des commentaires signés de ceux qui se permettent d’avoir un avis tranché sur ce qu’ils n’ont jamais essayé de mettre œuvre, c’est au tour de François Cocq, enseignant et secrétaire national du Parti de gauche. C’est Aurélie Marcireau, pour l’Elab d’Europe1 qui a mis en relief les propos plus que surprenant de ce dernier sur son blog :
« Avec ces marchands de purin, plus rien ne transcende, plus rien ne porte la visée humaniste. L’idéologie capitaliste et consumériste leur colle tellement à la peau que tout est déconstruit. L’intérêt général n’a plus de sens réel. Ce n’est plus qu’un mot. La République de même et donc l’Ecole de fait. Najat Vallaud-Belkacem est trop dangereuse pour l’Ecole et la République pour pouvoir plus longtemps accomplir son travail de sape dans l’impunité et être titularisée à son poste. Elle aussi doit être instamment révoquée. »
On s’étonnera au passage que pour un membre éminent du Parti de gauche, l’école doive se cantonner à être une agence de notation et que le concept de SMIC soit si mal compris. Certains de ses collègues appartenant au même parti s’en étonneront aussi sans doute.

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Le dessin de Fabien Crégut

Un parcours de découverte des métiers pour tous les profs 

Voilà une autre information qui ne devrait pas calmer le pourfendeur des marchands de purin.
 Les Echos, sous la plume de Marie-Christine Corbier, révèlent le contenu du « parcours » de découverte du monde économique pour tous les collégiens et lycéens. Il sera généralisé à la rentrée prochaine.
« Faut-il envoyer tous les professeurs de collèges et de lycées faire un stage en entreprise pour qu’ils enseignent au mieux le monde économique ? « On n’en est pas encore là », rétorque le président du Conseil national éducation économie (CNEE), Pierre Ferracci. Pourtant, à y regarder de près, le ministère de l’Education nationale pourrait bien à l’avenir emprunter cette voie-là.
C’est ce qu’on peut comprendre à la lecture d’un document que le Conseil supérieur des programmes (CSP) a présenté ce mercredi
 ».
Les contours du « parcours » censé rapprocher école et entreprise sont encore flous mais le journal croit savoir qu’ un « pôle de stages » va voir le jour dans chaque école. « Najat Vallaud-Belkacem compte faciliter l’accès à des stages pour les élèves des établissements professionnels. Elle a promis un « pôle de stages » et de périodes de formation en milieu professionnel dans chaque établissement ou réseau d’établissements « pour faire en sorte que les stages ne soient pas réservés à ceux qui ont le réseau, les moyens, la famille qui le leur permettent ». »

Demain, Mila Saint-Anne vous présentera son regard acéré sur l’actualité éducative.
Laurent Fillion


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Compétences et mathématiques
Hors-série n°31 - septembre 2013
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.
Ce dossier propose un point sur l’approche par compétences en mathématiques. Comment les travailler, puis les évaluer ? Comment en faire une opportunité pour mieux enseigner les mathématiques, dans le cadre des programmes comme dans des projets interdisciplinaires ?

Enseigner les maths aujourd’hui
Revue n°427 - octobre 2004
Ce dossier propose d’aider à mieux comprendre les spécificités du rapport aux mathématiques et la place qu’y prend l’imaginaire. Il explore la question du sens et celle de l’accès à l’abstraction qui sont au cœur des préoccupations des enseignants.

Mathématiques : la question du sens
Revue n°466 - octobre 2008
Quels moyens pour amener les élèves de tous niveaux à pénétrer dans une démarche de questionnement, à se saisir des problèmes ? Car il s’agit bien d’apprendre et d’entrer dans l’abstraction : le sens se construit par un lent et patient travail sur les signes, les mots, les symboles, leurs liens et leurs articulations.