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Revue de presse du jeudi 30 octobre 2014

Politique — Ortografe — Numérique — Pédagogie — Education — Dernière


Une revue sans doute un peu longue aujourd’hui en période de vacance basée sur une récolte sur quelques jours, l’actualité est un peu courte, mais il y a tout de même quelques petites choses pas inintéressantes qu’il serait dommage de rater.


Politique

5+5 Éducation : discours d’ouverture de Najat Vallaud-Belkacem, mardi 28 octobre 2014. “La réunion "5+5 Éducation" réunit les ministres en charge de ces dossiers représentant les cinq États de l’Union du Maghreb Arabe (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie) et cinq États de l’Union européenne (Espagne, France, Italie, Malte et Portugal).” Le journal marocain Au fait, en rend compte : Euro-Méditerranée : Vers un plan d’action pour l’employabilité des jeunes. “Ledit plan s’articule autour de trois objectifs : le développement de la qualité et l’attractivité de l’enseignement et de la formation professionnelle, l’accès égal aux formations professionnelles pour les filles et les garçons et la réduction du décrochage des jeunes en formation initiale. Il vise aussi à sécuriser et rendre plus fluides les parcours de formation par le soutien à la mobilité des jeunes, la comparabilité des systèmes nationaux et l’instauration d’une démarche partagée d’assurance qualité.
Pour la mise en œuvre de ces actions, les ministres ont décidé de créer un groupe de suivi, composé d’experts des 10 pays, chargé de mettre en place ces recommandations. Il aura pour première mission de proposer une stratégie, d’élaborer un calendrier et d’identifier les moyens nécessaires à la mise en œuvre du plan d’action.
Ils ont également confié à ce groupe de suivi l’identification et la mobilisation d’entreprises des deux rives de la Méditerranée qui constitueront un réseau étroitement associé à ses travaux.

Pendant ce temps, François Bayrou déclare, entre autre qu’ "Un tiers des enfants ne savent pas lire", ce qui donne l’occasion à Antoine Krempf dans son émission Le vrai du faux de faire le tri. Donc, “C’est donc plutôt vrai si l’on parle des élèves en début de CE2.” Mais “Pas de lien entre montant du budget et réussite scolaire. Par contre, François Bayrou a tort de lier ces mauvais résultats au budget de l’Education, qui représente le premier poste de dépenses dans le prochain budget de l’Etat. Pour, Eric Charbonnier, expert sur les questions d’éducation à l’OCDE, "la Finlande et la France dont l’investissement est à peu près similaire et pourtant les jeunes Finlandais s’en sortent beaucoup mieux. On se rend compte que le pays a beaucoup plus misé sur une formation de qualité des enseignants que la Farnce".
La Belgique qui dépense une part plus importante de son PIB dans l’Education que la France a, au contraire de moins bon résultats. Les élèves irlandais ont une meilleure maîtrise que les jeunes Français alors que Dublin consacre moins d’argent public dans leur éducation.
Et puis, sur le blog Profencampagne, Christophe Chartreux fait la liste des “non”. aux réformes, et conclue A force de dire toujours non à tout, on n’a que l’Ecole qu’on mérite...


Ortografe

L’affaire de la startup Kartable. Une présentation du Buzz et contre-buzz tout d’abord : “La fin de l’année et la rentrée 2014 passent. Le 28 octobre 2014, c’est à FrenchWeb que les deux entrepreneurs révèlent, en exclusivité disent-ils, leur nouveau grand succès : la levée d’1,2 million d’euros auprès de Bpifrance, du fonds Partech Ventures et de différents business angels.
L’article, qui rappelle les « succès » de Digischool en France, revient sur l’histoire de Kartable et précise la raison de la levée de fonds : recruter « 8 développeurs » pour développer ce qui est aujourd’hui la tarte à la crème et la grande promesse de ces plateformes : « la personnalisation des parcours d’apprentissage ». En ce qui concerne la monétisation, « le modèle économique reste à définir précisément » : ils réfléchissent à « une version freemium avec des services complémentaires payants », sont « en contact avec Samsung pour monétiser l’audience » ; prévoient de poursuivre « leurs discussions avec les représentants académiques de l’Éducation nationale » et de « se financer en démarchant des chefs d’établissements scolaires ».

Ce qui a mis très en colère notre amie Mila Saint Anne sur son blog C’est au pied du mur... : Mordioux les gougnafiers !

Ouest-France de son côté s’indignait : Éducation. Kartable.fr propose des cours en ligne… avec des fautes !
Savoirs & Connaissance s’interroge et répond Kartable : une encyclopédie scolaire mais pour quoi faire ? Le numérique ouvre la porte à de nombreuses sociétés qui lorgnent sur l’énorme gâteau que constitue l’Education nationale.. “Avec l’arrivée du numérique dans les écoles, depuis maintenant déjà plusieurs décennies, les sociétés privées font la queue à la porte d’entrée du ministère de l’Education nationale. Il faut dire que les budgets mis en œuvre sont faramineux et aiguisent sans cesse l’appétit de nouvelles firmes. Et quand on n’arrive pas à passer par la grande porte, on essaie de taper à celles des académies ou, encore plus bas, en démarchant chaque établissement scolaire.
Heureusement : Orthographe : faut-il évaluer l’orthographe dans l’enseignement supérieur ?. "La chasse au zéro pointé - Pour lutter contre le zéro pointé en orthographe, grandes écoles ont multiplié les initiatives.
Afin de faire progresser leurs étudiants en grammaire et conjugaison sur ordinateur, ils ont recours à des logiciels baptisés Projet Voltaire ou Orthodidacte."

De leur côté, Les facs s’attaquent aux fautes d’orthographe. “C’est un constat unanime : trop d’étudiants sont fâchés avec l’orthographe et, plus globalement, avec le français.


Numérique

Le 28 octobre on apprenait que Sous la pression, le prof d’histoire-géo efface son blog. Sa critique du numérique à l’école lui a valu un rappel à l’ordre. “C’est un hara-kiri virtuel. Depuis trois jours, Ghislain Dominé n’existe plus sur Internet. Ce professeur d’histoire-géographie de Tourcoing (Nord), spécialiste reconnu du numérique à l’école, a supprimé son compte Twitter et jeté aux oubliettes le journal...
L’Information est reprise par l’Express Un prof supprime son blog sous la pression du rectorat.
Et Véronique Soulé dans Libération écrit : Numérique : les profs priés de ne pas critiquer. Elle termine son article ainsi : “Pour justifier la menace d’un blâme, le rectorat aurait évoqué un manquement au « devoir de réserve » du fonctionnaire, une notion assez floue qui prête régulièrement à discussion. Le ministère de l’Education semblait mardi chercher l’apaisement. Il faut dire que jeudi, la ministre Najat Vallaud-Belkacem et François Hollande ont rendez-vous pour parler numérique à l’école…
Claude Lelièvre élargit le débat avec la question : Le numérique : "une illusion technologique’’ à condamner ?. “... on se trouve sans doute dans une sorte de cercle vicieux : pour que l’utilisation de la nouvelle technologie porte vraiment ses fruits (et suscite donc une émulation et une extension généralisée), il faut une autre organisation de l’enseignement qui repose actuellement sur la formule dominante suivante : un enseignant dans une classe, les élèves recevant l’enseignement simultanément. Mais on attend aussi précisément de cette introduction des NTIC qu’elles imposent d’elles-mêmes cette révolution de l’organisation de l’enseignement…
Michèle Drechsler a twitté sa position de novembre 2013 parue dans le Café pédagogique La tablette fait son entrée à l’école ... Une frénésie justifiée ?
 : “« la technologie mobile n’est pas et ne sera jamais la panacée éducative. Mais elle est un outil puissant et encore trop souvent ignoré, un outil parmi d’autres pour l’éducation ». Les potentialités pédagogiques ne tiennent pas uniquement dans une tablette mais dans la façon dont on s’en sert. La place et le rôle du maître restent essentiels. L’accompagnement des équipes est nécessaire et les inspecteurs jouent un rôle important avec les équipes de formateurs. Les usages de ces outils numériques peuvent se construire collectivement par une communauté d’enseignants qui peuvent partager leurs observations, leurs réussites et comme disait Jean-Pierre Astolfi : « Il faut encourager et capitaliser toutes les tentatives, même modestes, pour accompagner un changement de paradigme didactique qui se cherche encore ».
Et Jean-Rémi Girard, Secrétaire national à la pédagogie du SNALC-FGAF. interroge Prof censuré par l’Education nationale : peut-on encore être contre le numérique à l’école. ?. “La solution est pourtant simple : la demande doit partir des enseignants. Si un professeur de géographie a besoin d’un vidéoprojecteur ou d’un tableau interactif pour travailler sur des cartes, qu’on les lui installe, qu’on le forme sérieusement à leur utilisation et qu’on assure la maintenance. Ce n’est pas plus compliqué que ça, mais forcément, c’est moins séduisant question « communication ». Il est temps que l’État se rende compte qu’il jette de l’argent par les fenêtres. En 1985 (déjà !), le plan « informatique pour tous » avait coûté 1,8 milliard de francs, pour une splendide absence de résultat. Veut-on vraiment que l’histoire se répète ?” Y suffit de ... A si le monde était simple.


Pédagogie

La « logique curriculaire » peut faire beaucoup pour l’Education nationale, mais il lui faut un autre nom, d’après Louise Tourret. Elle rappelle que “Roger-François Gauthier, lui même membre du Conseil supérieur des programmes, dans son dernier ouvrage, Ce que l’école devrait enseigner, fait une bonne synthèse de ces critiques.” chaque discipline créé “son” programme, l’enseignement du programme prévaut sur l’apprentissage de l’élève, et enfin, le contenu précis des programmes est régulièrement contesté.
“De plus il y a une difficulté à faire cohabiter deux logiques. Les spécialistes, les enseignants et même des personnalités ayant exercé de grandes responsabilités rue de Grenelle l’affirment sous couvert d’anonymat : pour tout un tas de raisons qui ont trait au conservatisme, à la peur, à la cogestion de l’Education nationale avec les syndicats, aux doubles discours de l’institution qui prône à la fois le changement et la continuité, le socle est venu se superposer aux programmes, sans les remplacer. “
“Sur le blog Eduveille Olivier Rey, responsable de l’unité Veille et Analyses de l’Institut français de l’Éducation, explique :
« Dans de nombreux pays, pourtant, le “curriculum” est un concept familier aux décideurs et aux acteurs de l’éducation, qui peut servir à qualifier les contenus, mais aussi les objectifs de l’éducation, les modes d’évaluation ou encore l’articulation des différents modes d’enseignement.​ »


Education

Plus vous vivez dans une société inégalitaire, moins vos parents vous laissent développer votre imagination, et inversement (sauf en France). “D’après une étude menée par deux chercheurs, Matthias Doepke (Northwestern University, Etats-Unis) et Fabrizio Zilibotti (University of Zurich, Suisse), rapportée par le Washington Post, il existerait une corrélation entre l’attitude parentale vis-à-vis de leurs enfants et la société dans laquelle ceux-ci vivent. Plus vous vivez dans une société inégalitaire, plus vos parents ont de chance d’être stricts. L’inverse est aussi vrai. Sauf en France.
La France demeure un mystère. Pour expliquer le décalage mis en relief par leur étude, les chercheurs lancent une autre piste :
« L’apprentissage dans les écoles française est vertical et l’accès à l’élite nationale par le biais des grandes écoles est extrêmement restrictif. C’est pour cela que les parents valorisent le travail au détriment de l’indépendance et de l’imagination, et ce même si les inégalités y sont faibles. »

ÉDUCATION Sorties scolaires Sorties scolaires : pas d’interdit pour les mères voilées. “Auditionnée par l’Observatoire de la laïcité le 21 octobre dernier, la nouvelle locataire de la rue de Grenelle a renversé les règles en estimant que « les mamans ne sont pas soumises à la neutralité religieuse. L’acceptation de leur présence aux sorties scolaires doit être la règle et le refus l’exception », a-t-elle affirmé. Une nouvelle vision de la laïcité à l’Éducation nationale qui privilégierait désormais le cas par cas.
L’éducation sexiste ne passera pas par elles ! par Samuel Loutaty. “Les petits garçons en bleu que l’on pousse à devenir pilotes d’avion et les petites filles en rose qui apprennent le repassage, ces mamans d’aujourd’hui n’en veulent plus ! Elles le disent haut et fort


Dernière

Le Monde annonce ce soir que L’opposante aux « ABCD de l’égalité » Farida Belghoul sanctionnée par l’éducation nationale. “L’enseignante Farida Belghoul, fer de lance des appels au boycott de l’école contre la supposée « théorie du genre », a été sanctionnée d’un blâme pour avoir notamment critiqué la ministre de l’éducation, a annoncé jeudi 30 octobre le rectorat de Versailles. Mme Belghoul peut contester cette sanction devant le tribunal administratif.

Et si vous êtes arrivée jusqu’ic, je peux vous souhaiter la belle soirée.
Bernard Desclaux


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Mieux apprendre par la coopération
N° 505 coordonné par Sylvain Connac et Stéphanie Fontdecaba
mai 2013
"Lorsque deux enfants, deux élèves ou deux adultes coopèrent, ils apprennent au travers des échanges. En même temps, ils se construisent des valeurs humanistes telles que la solidarité, le partage, le respect. Des témoignages pédagogiques, des repères précis pour oser l’aventure, dépasser les embuches."

Les portraits de Monique Royer
Hors-série numérique 35

"Ils enseignent en classe d’accueil, au Liban, à des élèves handicapés. Ils utilisent un blog, de la couleur ou les volcans. Ils sont enseignants, chef d’établissement, journalistes. Ce sont dix-neuf portraits d’enseignants et d’acteurs de l’école que l’on découvre dans ce dossier"

et surtout pour se remonter le moral en ces temps moroses...