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Revue de presse du jeudi 3 mars 2016

Ça sert à quoi tout ça ?


Et bien le calme est toujours installé dans notre actualité éducative. Un bon moment pour s’interroger dans une seule rubrique.


Ça sert à quoi tout ça ?

Brouillard irritant sur la réforme des collèges. “L’annonce des dotations horaires par établissement a révélé les conséquences concrètes de la réforme des collèges. Parents et enseignants s’inquiètent.”

Fanny Arama est enseignante et doctorante en lettres modernes. Raphaël Ehrsam est enseignant chercheur en philosophie. Ils sont tous deux membres de Bouger les lignes, un club de réflexion fondé par de jeunes professionnels issus à parité du secteur public et du secteur privé. Par ses travaux, Bouger les lignes veut proposer aux décideurs des clés de lecture et des pistes d’action concrètes pour moderniser notre pays et nos services publics et renforcer la justice sociale. Ils proposent dans Le Monde « Trois propositions pour sauver l’éducation nationale ». “Nos propositions sont issues d’une série d’entretiens menés auprès d’un groupe d’enseignants en collège et lycée, dans la région parisienne et en province. Passionnés par leur métier, tous sont témoins impuissants des failles du système éducatif et comme une vaste majorité de Français, ne veulent pas se résigner à son déclin.”

Un anonyme, philoprof répond à la question : Quel but pour l’éducation ? Et sa réponse est simple : “Pourquoi ne pas supprimer purement et simplement les programmes officiels ? La question était au moins posée à l’époque de l’Education nouvelle, quand on faisait preuve d’audace et de véritable pensée pédagogique. La mise en place de programmes officiels faisait partie de la volonté napoléonienne de surveiller, contrôler, uniformiser les esprits, et Napoléon n’en faisait pas mystère. Car c’est ainsi selon lui qu’on préserverait l’ordre social. Or l’éducation, si elle est la libre acquisition de savoirs et savoir-faire, est diverse comme la vie et la pensée avec lesquelles elle forme une unité. L’enseignement par programmes est une véritable bureaucratisation de la pensée, il se conçoit comme l’imposition forcée de blocs hiérarchisés de connaissances, auxquels l’esprit est tenu de se conformer.”

Télérama rappelle opportunément : Quand Gustave Moreau dépoussiéra l’enseignement des Beaux-Arts. "Il est fascinant de penser que le père du symbolisme, mouvement réfractaire au progrès s’il en est, après avoir passé une bonne partie de son existence retranché dans son atelier, ait pu engendrer toute une génération de pionniers. En mettant « ses élèves, non pas dans un chemin, mais hors des chemins », écrivit Matisse, il leur avait appris à être eux-même. Des artistes de la modernité."

Même la nomination des recteurs se cherche des raisons. Le communique de presse de la ministre est clair : Mouvement de rectrices et recteurs d’académie : vers une plus grande parité. “Sur proposition de la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, sept nominations de rectrices et de recteurs sont intervenues en Conseil des ministres, ce jour (académies de Corse, Guyane, Martinique, Poitiers, Rennes, Réunion et Strasbourg). Trois concernent des femmes et quatre des hommes, sur des fonctions précédemment occupées par une femme et six hommes.”

Eduquer c’est aussi lutter contre le racisme. Najat Vallaud-Belkacem et la DILCRA ouvrent une plateforme interactive. “Mobilisation de la communauté éducative pour prévenir toute forme de discrimination fondée sur l’origine ou l’appartenance religieuse.” Il y a également ou justement la Semaine contre le racisme : des pistes d’action pour les enseignants. “Le ministère de l’Education nationale a mis en ligne une plate-forme interactive recensant les initiatives mises en place dans le cadre de la Semaine d’éducation contre le racisme et l’antisémitisme.”

Jean-Paul Moiraud sur Educavox s’interroge sur L’espace de formation en e.learning. “L’espace de formation est une question à la fois très ancienne puisqu’il a fallu depuis longtemps imaginer les lieux de formation. C’est pourtant une question renouvelée avec le numérique. On peut traiter cette question par une pirouette, par une phrase toute faite du type « les espaces sont poreux ». C’est vrai, mais l’affirmation ne règle rien pour autant. Nous sommes à un instant des usages où les lieux de formation (c’est symptomatique nous employons le pluriel, moins le singulier) se transforment. Il nous incombe de proposer une réflexion prospective sur les espaces de formation.”

France Culture propose un entretien avec Serge Abiteboul, chercheur en informatique à Inria, professeur à l’Ecole Normale Supérieure de Cachan : Comment le numérique a révolutionné la connaissance. “Big data, deep learning, intelligence artificielle... dans le cadre du deuxième volet de la journée spéciale « Ecrire le monde moderne », la Grande table s’interroge sur la façon dont le numérique a modifié notre rapport au savoir.”

De leur côté, Les grandes écoles veulent réformer les stages en entreprise. “« Simplifier c’est compliqué : on est jamais assez nombreux pour y arriver », résume - très sérieusement - Thierry Mandon. Le 23 novembre dernier, le secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche a lancé un chantier visant à l’élaboration d’un plan de simplification de l’enseignement supérieur. Les mesures retenues devraient être mises en oeuvre à l’été 2016.
De son côté, la Conférence des grandes écoles (CGE) a formulé plusieurs propositions. 3 portent sur les appels à projets, 6 sur les Communautés d’universités et établissements (Comues) et les regroupements ainsi que 24 sur la formation. Dans cette catégorie, la CGE aborde différents sujets tels que les enseignants et vacataires, l’alternance, la formation professionnelle, l’international et surtout les stages
.”

Mais heureusement une grande nouvelle commence à circuler : Cerveau : des chercheurs américains ont trouvé comment améliorer l’acquisition du savoir. “Le laboratoire californien Hugues Research Laboratory travaille sur un stimulateur cérébral, capable d’améliorer l’acquisition d’informations. Il faciliterait notamment l’apprentissage d’une langue.”

Et pour terminer on peut faire l’annonce d’un Séminaire — Pour une éducation critique aux médias en contexte numérique. Séminaire CEMTI (ED 401 — Sciences Sociales — Université Paris 8), pour l’année 2016. 6 séances à partir du 18 mars. Accès au site du séminaire.

Bernard Desclaux


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Neurosciences et pédagogie


Revue n°527 - fevrier 2016
Les neurosciences provoquent des polémiques. Pour certains, elles représentent une menace pour une vision humaniste de la pédagogie. Pour d’autres, elles produisent des résultats évaluables qui feraient office de preuves. Est-on condamné à cette logique binaire ?

Pédagogie : des utopies à la réalité
Revue n°525 - decembre 2015

Qu’est-ce qui fait qu’un enseignant, un éducateur, sort des sentiers battus et s’avance sur les chemins de l’expérimentation et de l’innovation ? Qu’est-ce qui le met, l’a mis en mouvement ? Quels sont les utopies, les projets, les rêves, les modèles peut-être qui font entrer dans un collectif, un mouvement pédagogique ?