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Revue de presse du jeudi 27 novembre 2014

Numérique, apprentissage et collaboration - Les maires, les rythmes et les ministres - Le FN, le SNALC et FO


Une revue de presse autour de rencontres plus ou moins inattendues, plus ou moins souhaitées. Celle entre le numérique et l’apprentissage collaboratif, celle entre les maires et le gouvernement autour des rythmes scolaires et enfin celle entre le collectif des enseignants du FN et des formations syndicales.


Numérique, apprentissage et collaboration

A l’occasion du salon Educatec-Educatice à Paris, Marcel Lebrun, professeur de l’Université catholique de Louvain et défenseur des technologies dans l’éducation, est revenu pour Euducpro/L’Etudiant sur les conditions pour que numérique rime avec apprentissage. Comme le montrent ces larges extraits de l’interview recueilli par Sophie Blitman le débat sur le numérique et l’apprentissage est ici posé sous un angle nouveau : «  "L’écart entre collaboration et aliénation numérique est étroit".
“ Evoluer est une nécessité car le cours magistral a vécu. Les étudiants ne viennent plus pour écouter quelqu’un. Ils nous disent : "Enseignez-nous des choses qui ne sont pas sur Google !" Or, si on les amène à davantage travailler par eux-mêmes, si on leur cède la main, on se rend compte que le niveau de savoir est équivalent à celui acquis dans le cadre de méthodes traditionnelles. Il n’y a pas de différence significative, donc pas de dégradation, ce qui est une bonne nouvelle : le savoir est vraiment disponible au bout des pouces.
Par ailleurs, on observe que les productions sont de meilleure qualité quand on mise sur le collaboratif, l’évaluation par les pairs ou le développement de compétences transversales : rechercher de l’information, s’organiser en équipe, communiquer le résultat de son travail, conduire des débats… Ces compétences sont dites "démultiplicatrices" au sens où elles vont permettre d’aller plus loin, de créer son propre champ de savoir.
Plus fondamentalement, la question est de savoir si les technologies vont nous permettre d’aller vers davantage de bienveillance ou si le "faites-le vous-même" sera synonyme de soumission. Or l’écart entre collaboration et aliénation numérique est étroit. Si l’on dote les étudiants d’outils numériques sans leur donner les moyens de leur émancipation, on risque d’évoluer vers une société où l’humain se demandera où est sa place.”
 »


Les maires, les rythmes et les ministres

« Rythmes scolaires : Vallaud-Belkacem prend note des doléances des maires »
Libération cite la dépêche de l’AFP, dans laquelle on apprend que les maireset la ministre se sont rencontrés et ont échangé de manière “courtoise”.
« Près de trois mois après la généralisation de la réforme des rythmes, les maires réunis en congrès ont expliqué à Najat Vallaud-Belkacem leurs difficultés, saluant pour certains le succès de fréquentation des activités périscolaires mais demandant surtout que leur financement soit pérennisé.
Les échanges dans un auditorium de 5.000 places presque plein sont restés courtois. Jamais la ministre de l’Education nationale n’a été huée comme avait pu l’être un an plus tôt George Pau-Langevin, alors secrétaire d’Etat à la Réussite scolaire, tandis que Vincent Peillon était épargné.
 »

Devant les maires encore, Manuel Valls a annoncé la pérennisation de l’aide aux communes :« Cette fois, c’est officiel. Manuel Valls a annoncé, ce jeudi, devant le Congrès des maires de France , que l’aide de l’Etat aux communes pour financer les activités périscolaires serait « pérennisée au-delà de l’année 2015-2016 ». Le fonds d’amorçage s’appellera désormais « fonds de soutien aux communes », a indiqué le Premier ministre qui a dit avoir « entendu » leur besoin « d’être accompagnées » dans la mise en œuvre de la réforme.  » nous précise le journal Les Echos.


Le FN, le SNALC et FO

Touteduc revient sur un communiqué qui a fait réagir dans la communauté enseignante.
« Alors que s’ouvre le temps d’élections professionnelles, le Collectif Racine a lancé un appel retentissant : “Le "collectif Racine" (qui rassemble les enseignants "bleu marine") appelle ses adhérents et tous ceux, "de plus en plus nombreux, dont il sait avoir l’écoute" à ne pas voter pour SUD, qualifiée d’ "organisation d’extrême-gauche mondialiste", ni pour les syndicats qui ont voté pour les nouveaux statuts ou se sont abstenus (UNSA, SGEN-CFDT et FSU). Il "apporte en revanche son soutien à FO et au SNALC". » Les rejetés se sont déclarés ravis et les (malheureux) élus ont clamé leur indépendance sur tous les tons, bleu et marine.
Ce serait un peu rapide de conclure à une collusion de ces formations syndicales avec le parti d’extrême droite. Par contre, ces dernières devraient avoir une nécessaire réflexion sur le fait que leurs idées en matière d’éducation puissent former un ensemble cohérent avec les autres idées du FN.

Laurent Fillion