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Revue de presse du jeudi 26 juin 2014

Brevet - Selection - Evaluation


Le début des épreuves ponctuelles du Diplôme national du brevet alimente la presse et donne matière au débat sur l’évaluation et la sélection dans notre système scolaire.


Brevet

A quoi sert le brevet ? Alors que les élèves de troisième ont entamé leurs épreuves ponctuelles aujourd’hui par le Français et les mathématiques, c’est justement un prof de maths qui tente de répondre à la question sur Slate.fr : « le DNB ne doit pour l’instant sa survie qu’à son statut de premier diplôme. Il marque un tournant dans la scolarité de l’élève, lui permet de dresser le bilan de ses années collège, et de se confronter à la notion d’examen sans trop d’angoisse  ». On passera sur la qualité du bilan fourni en terme de compétences.
20 minutes se pose également la question qui fache : Le brevet des collèges sert-il encore à quelque chose ?. Une éventuelle suppression est évoquée : Le « DNB pourrait vivre ses derniers instants. Le Conseil supérieur des programmes (CSP) a posé la question du maintien du DNB dans sa forme actuelle. Créée par Vincent Peillon pour conseiller le ministère de l’Education nationale sur la refondation des programmes scolaires, cette instance vient de remettre un rapport sur la modification, voire la suppression du brevet.  » Florence Robine balaie l’idée d’une disparition pure et simple « il n’est pas question de supprimer le brevet, mais « de le faire évoluer », a-t-elle indiqué sur RTL. « Nous y sommes, et je crois que les familles également, assez attachés. Il fait partie du paysage des examens français. »
Le coup d’envoi des épreuves remet également le débat au cœur de l’actualité dans Libération . C’est une bonne occasion pour rappeler que les discussions sur le socle commun sont également liées. Pour la FCPE, il faut mettre fin « à la dualité entre évaluation du socle et diplôme national du brevet qui n’a plus de sens ».
Le site d’Europe 1 indique plusieurs évolutions possibles des épreuves : « Dans l’administration, on pense également à mettre en place de nouvelles épreuves. “On peut peut-être imaginer d’autres types d’évaluation qui peuvent être pris en compte comme le travail collectif des élèves, leur progression tout au long de l’année”, poursuit Florence Robine.
Une position pas si étonnante quand on voit que c’est le chemin qu’a déjà pris depuis quelques années le bac avec l’instauration des fameux Travaux Pratiques encadrés (TPE). Pour certains spécialistes, cela tient également à une évolution logique liées aux compétences qui vont être demandées dans les années futures aux étudiants.
 »


Selection

Alors que l’examen de scolarité obligatoire et le socle commun pour tous font débat, Benoît Hamon relance le serpent de mer de la sélection à l’université. Le Monde relaie cette information : «  L’idée est simple : avancer d’un an le tri des étudiants. Celui-ci se ferait donc en M1, à l’entrée du master, et non plus entre le M1 et le M2, comme aujourd’hui. » « La Conférence des présidents d’université estime absurde et incohérent d’effectuer la sélection entre le M1 et le M2 car, depuis 2002, le master est un cursus complet. En 2013, une étudiante avait d’ailleurs attaqué l’université Bordeaux-IV, qui lui avait refusé une place en M2 de droit privé. Elle avait gagné en justice. »
L’etudiant tempère : « Benoît Hamon l’a affirmé de manière péremptoire : il faut mettre fin à la sélection à l’entrée du master 2. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il souhaite la déplacer à l’entrée du master 1. » Il ne pourrait s’agir que de filières bien identifiées.

La sélection peut être aussi sociale. Dans un système français particulièrement inégalitaire sur ce point, le maire FN du Pontet remet en cause la gratuité de la cantine aux enfants des familles défavorisées. L’Express développe l’information et fait le parallèle avec la volonté de Robert Ménard d’interdire l’étude du matin aux enfants de chômeurs.

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Le dessin de Fabien Crégut

Evaluation

Le débat sur l’évaluation se poursuit dans les médias.
Sur son blog Peut mieux faire, Laurent Fillion essaie de donner un peut de relief au débat sur l’évaluation, en pointant les défauts principaux de la note. " Dresser le bilan pour un élève avec pour seul outil un relevé de notes est une gageure. Que maîtrise-t-il dans ma matière ? Quels progrès a-t-il réalisés ? Quels objectifs lui fixer ?
Comment constituer des groupes de besoin pour travailler en ateliers de progrès à partir des seules notes ? Comment constituer des groupes d’élèves complémentaires dans lesquels chacun pourra apporter aux autres pour une séance d’enseignement mutuel ou pour un groupe de production ?

Nous n’échappons pas au billet réactionnaire de Causeur. Laurent Cantamessi nous sert un disque déjà rayé : « quand l’instrument de mesure renvoie des mauvais résultats, il faut changer d’instrument. Après tout, c’est la politique suivie en matière d’éducation depuis Jospin et ses fameux 80%. » «  L’idée de “classes sans notes” est même en cours d’application dans certains établissements-pilotes où les signes les plus visibles de l’échec sont pudiquement remplacés par des évaluations de compétences. Leur principe est emprunté aux méthodes managériales les plus en pointe, dont les pédagogues les plus avisés s’inspirent depuis bientôt trente ans pour réformer le système et bousculer les conventions. »
Pas de propositions dans ce billet …
Enfin, trois représentants de la droite forte signent une tribune pour Le Figaro sur leur vision de l’école. Si le constat fait concensus « L’Ecole d’aujourd’hui est injuste car elle n’offre pas à tous les enfants les mêmes opportunités de réussite. Un enfant d’ouvrier a 25% de risques de redoubler son CP ; or, 90% de ceux qui redoublent cette classe échouent avant le bac ; dans les quartiers, l’échec scolaire est dramatiquement élevé. », les solutions parfois louables en surface, reviennent souvent à une volonté d’ex-filtrer les meilleurs (internats d’excellences, classes de niveau...).

Demain, c’est Lionel Jeanjeau qui vous proposera la revue de presse.
Guillaume Caron


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