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Revue de presse du jeudi 24 avril 2014

Décrocheurs - Numérique - Pression et résultats -

Où il sera question des décrocheurs, sinistre réalité qui ne touche pas que la France, du numérique, et des nombreux enjeux qui en découlent, ainsi que de la pression dont on recommande, à l’arrivée des examens estivaux, une consommation la plus modérée possible...

Décrocheurs

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Le dessin de Fabien Crégut

« Plus de 10% des 18-24 ans Français sortent du système scolaire sans diplôme en poche », nous apprend cette enquête de l’Insee rapportée par Arnaud Gonzague dans cet article du Nouvel Observateur. « Ce n’est pas un mauvais chiffre, mais il pourrait être encore meilleur. Telle est, en substance, ce qui ressort de l’enquête de l’Insee publiée ce jeudi 24 avril consacrée aux "sorties précoces" de l’école. Autrement dit, ces jeunes de 18-24 ans qui quittent les bancs du lycée sans le moindre diplôme en poche » Dans le Parisien, où au passage on évoque la promesse de Hollande de réduire par deux le nombre de ces décrocheurs, on tente la comparaison. Alors la France, meilleure ou moins bonne que ces petits amis européens ? « C’est moins bien que la plupart des États membres du nord et de l’est de l’UE qui sont sous la barre des 12,0% de sorties précoces. Mais c’est bien mieux que l’Espagne (24,9%), Malte (22,6%), le Portugal (20,8%), ou l’Italie (17,6%). » Le triste record revient à nos amis espagnols chez qui « plus de 23% des élèves décrochent. C’est le taux le plus élevé de l’UE des 28. » nous rappelle le magazine en ligne My Europ.Info Plus de décrocheurs que de décrocheuses, c’est aussi ce que nous révèlent les études statistiques : « On observe un décalage quasi constant en Europe entre les hommes et les femmes : moins décrocheuses, on l’a vu, ces dernières sont aussi plus souvent diplômées que leurs équivalents masculins. En moyenne, 41% contre 32,6% pour les hommes. Mais dans certains pays, l’écart se creuse : c’est le cas au Danemark, avec 52% des femmes diplômées, contre 35% des hommes ! » Au delà des chiffres et des constats - moins bien qu’à côté mais mieux qu’hier - ce qui est interrogé ici est bien le type de politique éducative mise en œuvre ou pas en lien avec des pratiques d’enseignement efficaces ou pas pour aider nos élèves à mieux apprendre. A ce sujet, et de manière à agir avant le décrochage, on conseillera, à l’instar du Web pédagogique, la lecture du blog de Cédric Lémery qui propose « une série de 3 articles afin de faire le point sur les méthodes de travail qui marchent bien et celles qui ne marchent pas. Inspirées d’une étude de 2013 menée sur 700 articles scientifiques portant sur 10 techniques d’apprentissage, elle ont été décortiqués et classées en 3 catégories : les grandes gagnantes, les prometteuses et celles qui ne marchent pas. »


Numérique

Sur le site Eduscol on apprend que « Catherine Becchetti-Bizot a été nommée directrice du numérique pour l’éducation au ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, par décision du conseil des ministres du 23 avril 2014. » Elle est chargée d’assurer « la mise en place et le déploiement du service public du numérique éducatif et dispose d’une compétence générale en matière de pilotage et de mise en œuvre des systèmes d’information. » Une charge d’avenir à conjuguer au présent si l’éducation nationale souhaite surfer sur la vague tsunamiesque évoquée par le journaliste Emmanuel Davidenkoff dans son dernier ouvrage passé à la loupe de David Lacombled dans cet article des Echos qui précise dès son introduction : « Loin d’être un livre catastrophiste comme le titre donne à penser, “Le Tsunami numérique” d’Emmanuel Davidenkoff (Stock) montre tout le bénéfice que notre système éducatif gagnerait à s’engager dans l’innovation numérique et les nouvelles formes d’apprentissages par l’écran. Ce tsunami serait salvateur. » David Lacombled reprend les différents sujets évoqués dans le livre tels : le développement des MOOCs, l’invention et les promesses de l’imprimante 3D, l’apparition du design thinking, ainsi que les nombreuses success stories associées au numérique. Et de conclure : « ce livre loin d’être catastrophiste relève d’un enthousiasme communicatif pour l’éducation. Et une fois le livre refermé, on ne souhaite qu’une seule chose : que ce tsunami numérique vienne secouer nos préjugés, soulever des idées innovantes et briser le mur - souvent invisible - des immobilismes. » On l’aura compris le numérique n’a rien à voir ici avec la déification d’une technologie toute-puissante ; le numérique, par la nouvelle culture qu’il crée jour après jour, offre, à qui souhaitent s’en saisir, de nouveaux territoires pédagogiques à explorer, à inventer, à dessiner. C’est ce que semble avoir compris cette école arménienne de langue française à Montréal et qui, loin de jouer la carte de l’immobilisme académique, a choisi d’intégrer les objets connectés dans sa charte d’utilisation. Gageons qu’elle fasse écho jusque dans l’enceinte de nos frontières ! Expérimentation relayée par le site Net public « L’École souhaite favoriser l’utilisation des ordinateurs, des tablettes, des baladeurs numériques, des lunettes et des montres intelligentes (ci-après appelés appareils mobiles) appartenant aux élèves et enseignants tout en encadrant cette utilisation par une Charte visant à sensibiliser et à responsabiliser l’utilisateur. » Allons un cran plus loin... Et si l’utilisateur devenait le créateur programmateur, que se passerait-il ? Telle est la question posée par Thierry Vieville dans cet article fort instructif intitulé La liberté numérique commence où l’ignorance informatique finit où l’auteur se saisit du sujet pour rebondir sur une polémique.


Pression

Les vacances de printemps touchent à leur fin, et après nous avoir régalés de ses cloches aux œufs, elles sonnent aujourd’hui, pour un grand nombre de collégiens, lycéens et étudiants, le début d’un long cortège d’examens, concours et autres diplômes en tout genre venant pour les uns, valider la fin des parcours scolaires, pour les autres, l’entrée ou la sortie de cursus de formation. Des étapes souvent empruntes de fortes tensions tant les enjeux paraissent, à tort ou à raison, décisifs et sans appels. A la pression de la situation n’ajoutons pas la pression des résultats ! Trop de pression sur les élèves nuit aux résultats, c’est le sujet de cet article publié ce jour sur Educadis. « Mettre la pression aux élèves, n’augmente pas les notes : La confiance en soi est une clé essentielle de la réussite scolaire. Mais souvent, les professeurs, pensant bien faire et souhaitant haranguer leurs élèves pour qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes lors des examens, mettent une pression négative sur les jeunes, qui aura pour résultat de diminuer les notes finales. C’est en tous cas ce qui ressort d’une étude réalisée en Grande-Bretagne, et publiée par l’APA (American Psychological Association).  » Bref, le message est clair, la pression, même en période de fortes chaleurs cérébrales est un artifice à consommer avec la plus grande modération... A propos de notes, d’élèves et d’enseignants, Marie-Anne Nourry, sur le magazine EducPros relate une expérience singulière : et si on inversait les rôles ? Et si les étudiants notaient leurs cours ? « Noter et commenter les cours sur une plate-forme d’échanges. C’est le pari de deux étudiants de Télécom ParisTech, qui ont créé Shapter en janvier 2012. Le concept a rencontré un vif succès auprès des élèves, et ses co-fondateurs ambitionnent de l’étendre à d’autres établissements. »

Voilà pour aujourd’hui !

Ostiane Mathon


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