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Revue de presse du jeudi 22 mai 2014

Socle(s) - Projet - Evaluation - Parole


Dans cette revue de presse à 4 mains, on parle du chantier du socle, du chantier de la notation, de la pédagogie par projet et de la vision que les enseignants ont de leur métier.


Socle(s)

Hier, l’émission Rue des écoles sur France Culture était consacrée au projet de nouveau socle commun. Les invités de Louise Tourret étaient Alain Boissinot, Président du CSP (Conseil Supérieur des Programmes) et Jean-Michel Zakhartchouk, coordonnateur d’un futur dossier des Cahiers Pédagogiques sur L’école du socle, et co-auteur d’un ouvrage à paraître en juin 2014 Une évaluation plus juste et plus efficace : comment faire ?. Les intervenants sont revenus sur les débats qui ont traversé et traversent encore la mise en place d’un socle commun et de l’approche par compétences.
Jean-Michel Zakhartchouk a ainsi parlé d’une « révolution copernicienne : partir de ce que les élèves doivent savoir et ne doivent pas ignorer. » A une question qui lui était posée sur la critique qui est souvent faite au socle de viser le minimum, il a clarifié : « J’ai beaucoup de mal à comprendre le point de vue de certains, très idéologique, j’ai toujours appris que le smic était une conquête sociale. Comme si le minimum excluait l’excellence ». De même, sur l’accusation de brader les savoirs au profit des compétences : « Les compétences, c’est le savoir en actions, c’est ce qui fait que l’école n’est pas qu’un simple Questions pour un champion ».
Alain Boissinot a plusieurs fois répété qu’il était d’accord avec son interlocuteur. De quoi être rassuré.
Pas si sûr si on en croit le communiqué publié hier par le groupe « Socle commun, promesse démocratique » qui regroupe le Crap-Cahiers Pédagogiques, Éducation & Devenir, le Se-Unsa et le Sgen-CFDT. Le collectif y donne son avis sur le projet de nouveau socle en écrivant notamment qu’« il ne donne pas les moyens de garantir les acquis des élèves : les compétences sont encore formulées de façon peu opératoire, pour ménager ceux qui s’y opposent ou sont confondues avec de vagues objectifs sans lien avec l’évaluation qui, même si les principes posés vont dans le bon sens, reste traitée à part. »

Attention en effet à ne pas fixer un socle trop large. On sait depuis hier que des commandes peuvent parfois s’avérer trop larges pour passer par la suite ...

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Le dessin de Fabien Crégut

Projets

Lors de l’émission Rue des écoles, on a émis l’idée qu’il fallait travailler davantage sur projets. Hier, justement, à Lille Grand-Palais se tenait le salon régional des minientreprises. Grandlille TV revient sur cet événement, point d’aboutissement d’un projet pour plus de 2000 élèves de l’académie de Lille. Au-delà de la connaissance du fonctionnement d’une entreprise et de l’esprit d’entreprendre, c’est surtout l’apprentissage de l’autonomie, du travail en groupe, de la gestion de l’hétérogénéité, du sens donné aux apprentissages qu’on peut retenir de ces projets essentiellement abordés dans le cadre de l’option DP3 (découvert professionnelle 3 heures).


Le chantier de l’évaluation

En liaison avec le chantier du socle, le ministère s’attaque à la notation. Le Figaro cite la circulaire de rentrée : "« Il s’agit d’éviter que l’évaluation ne soit vécue par l’élève et sa famille comme un moyen de classement, de sanction, ou bien réduite à la seule notation », explique la circulaire de rentrée, publiée le 21 mai.” Là aussi on peut parler de guerre entre les partisans de la notation chiffrée et les tenants de sa suppression. Le ministre voudrait arriver à un consensus, qui parait pourtant difficile à obtenir. Pour le journal, “À travers cette circulaire de rentrée, le ministre de l’Éducation imprime le changement de style, après le philosophe Peillon.”


La parole aux enseignants

Le syndicat SE-UNSA a interrogé les enseignants : les premiers résultats (les 15 000 premier formulaires dépouillés) montrent des professeurs satisfaits à 84% de leur métier. 62% s’y épanouissent. Par contre, rapporte le Café pédagogique, “54% estiment que le métier évolue trop rapidement et 67% sont en désaccord avec cette évolution. [...] Trois enseignants sur quatre (73%) pensent que leur hiérarchie ne comprend pas leurs contraintes professionnelles et 56% qu’elle ne les écoute pas.” Un gros travail s’annonce pour reconquérir la confiance des professeurs….

Laurent Fillion et Géraldine Duboz


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

L’évaluation des élèves
Revue n°438 - decembre 2005
L’évaluation peut être au premier chef un facteur d’aggravation des inégalités scolaires, produisant sélection et tri. Elle peut aussi être autre chose, essentiellement formative : reconsidérer l’erreur, utiliser des outils comme les « ceintures », se mettre au portfolio né de l’enseignement des langues vivantes, évaluer des tâches complexes sans les réduire à des listes d’items.

Évaluer à l’heure des compétences
Revue n°491 - octobre 2011
Quoi de neuf du côté de l’évaluation ? Au-delà de la question inévitable des notes, une idée forte : évaluer les apprentissages des élèves dans le cadre d’une approche par compétences amène à reconsidérer bien des dimensions du métier, dans la mise en activité des élèves, les dispositifs d’aide, le travail en équipes.