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Revue de presse du jeudi 21 mai 2015

Malaise - Fermeté - Apprentissage - Rubrique à Vrac !


La réforme du collège continue d’occuper l’espace médiatique. Au lendemain de la publication de l’arrêté, des réactions diverses fleurissent sur la toile. Dans la revue du jour, je vous parlerai donc de malaise mais aussi de détermination. Il y sera aussi question d’apprentissage et enfin, de quelques brèves regroupées en vrac.


Malaise et mal à l’aise

"Réforme du collège : pourquoi je suis mal à l’aise". C’est le titre du billet écrit par le chercheur et doctorant Romain Pierronnet sur son blog. Il pose la question suivante : "Comment avoir un vrai débat, serein et constructif, quand les arguments sont tronqués, caricaturaux, fondés sur l’expérience personnelle et partielle des observateurs, et détournés par des idéologues qui sont davantage obsédés par les origines d’une Ministre que par la conduite d’une réforme qui serve le projet Républicain par l’éducation" ? Il ajoute : "bref, je suis mal à l’aise avec cette réforme dont je partage l’ambition, mais souhaite néanmoins en discuter les modalités par préoccupation d’une vraie exigence pour la qualité de l’éducation dans notre pays qui soit néanmoins accessible au plus grand nombre, mais crains de ne pouvoir le faire sereinement vu le climat socio-démocratique du pays". Pour illustrer son propos, il fait référence notamment à cet article publié sur Économie Politique au titre provocateur et qui en dit long sur l’état d’esprit de certains (heureusement pas représentatifs de la majorité des détracteurs) : "La franco-marocaine Belkacem impose ses idées à l’école de la République". Mal à l’aise ... Malaise, donc.

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Le dessin de Geneviève Brassaud

Malaise encore quand Gilbert Collard, député FN, "s’alarme d’une série de changements dans les programmes à ses yeux insupportables ... Sauf que tout ce dont il parle existe déjà.". Baptiste Bouthier pour Libération démonte tranquillement les arguments avancés par le député visiblement peu au fait des questions d’éducation. J’ai retenu cette citation qui résume ce que je pense de quelques prises de position : "S’opposer (ou pas) à la réforme du collège est un droit. Le faire avec des arguments valables devrait être un devoir. Depuis des semaines, la classe politique, qu’elle soit pour ou contre ce « Collège 2016 », se livre à un concours d’intox autour du sujet".

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le dessin de JiMo

Malaise toujours, quand un ex-président de la République, Nicolas Sarkozy, indique, à propos de la réforme, que "Hollande et Valls ont fait le choix du mépris". "Dans un entretien au Figaro, le président de l’UMP dénonce le « coup de force » du gouvernement, qui a publié dès mercredi le décret permettant la mise en œuvre de la réforme du collège". Problème de mémoire ? Manque d’honnêteté intellectuelle ? En tout cas, Nicolas Sarkozy semble avoir oublié sa décision "de revenir sur une promesse de campagne, remettant en cause la retraite à 60 ans" qui avait mis plusieurs millions de manifestants dans la rue. Cela n’avait pas empêché son gouvernement de mener la réforme jusqu’au bout.

Mal à l’aise, enfin, pour se prononcer sur la réforme du collège sans y enseigner, Antonin Benoit, doctorant en histoire, dénonce, sur son blog, "l’hystérie sur la réforme scolaire", qui serait selon lui une "vieille pathologie". Il déclare "être frappé par le décalage entre l’unanimisme sur la nécessité d’une réforme, et le fait que pas grand monde ne soit satisfait quand elle arrive. Même si c’est sans doute un peu le destin de toute réforme (faire des mécontents), il semble quand même qu’il se passe quelque chose au sujet du collège (parce qu’il s’agit de vos enfants, braves gens), de plus sensible (mention spéciale à la très fine et nuancée référence au « Massacre des innocents ») et en même temps de plus récurrent qu’ailleurs".


Détermination

Il y a plusieurs manières d’appréhender la parution du décret dès le lendemain de la manifestation réunissant plusieurs organisations syndicales hostiles à ce texte. Les médias nous en donnent quelques illustrations.

Pour le Parisien, "la presse fustige une méthode à la hussarde". L’article cite notamment Hervé Favre de la Voix du Nord : "La méthode à la hussarde porte plus la marque de Manuel Valls que celle de la ministre Najat Vallaud-Belkacem qui va devoir maintenant gérer les conséquences de cet affront aux syndicats et aux enseignants déjà très remontés contre ses projets".

Plus mesuré, Sylvain Mouillard, pour Libération, parle "d’un décret qui passe mal". Il revient sur les "petites phrases" des uns et des autres et conclut l’article de cette manière : "Le gouvernement, de son côté, la joue inflexible, tandis que même certains députés PS légitimistes regrettent la manière employée. « Tous les délais sont tels que nous les avions prévus depuis le début, a assuré la ministre. Il est temps de dire que cette réforme aura lieu. » Elle promet toutefois, « pour répondre aux inquiétudes », « une discussion » sur la circulaire d’application censée permettre la mise en œuvre du texte à la rentrée 2016. Une échéance lointaine pour un projet qui a enflammé la communauté éducative en moins de deux mois, sans crier gare".

La ferme détermination est illustrée sur Libération (libézap) par un montage vidéo qui reprend les interventions de différents membres du gouvernement sur différents médias (France Info, RTL, Europe 1) mais aussi à l’Assemblée Nationale. Le Monde rapporte d’ailleurs le brouhaha dans l’hémicycle lors de l’intervention de la ministre à propos de la publication du décret.

De la ministre de l’Éducation, il est aussi question dans cet article sur Le Parisien : "Vallaud-Belkacem, sourire et self-control dans la tempête". On peut y lire que "malgré cette crise, la ministre reste populaire, avec 49% de bonnes opinions dans le dernier baromètre de Paris-Match (en perte de seulement trois points en deux mois). Lors de ses déplacements dans les établissements scolaires, les élèves jouent des coudes pour un « selfie » avec la ministre.

Eux ne trouvent pas la ministre (ni la réforme d’ailleurs) populaire. Il s’agit des syndicats qui "préparent la riposte". "L’intersyndicale organisatrice de la grève du 19 mai se réunit le 21 mai pour décider des actions à mener suite à la publication par le gouvernement du décret et de l’arrêté sur la réforme du collège. Les premières déclarations montrent des divergences sur la conduite à tenir, alors que la droite se tient en embuscade" pouvait-on lire ce matin chez nos voisins du Café Pédagogique.

Gageons que Najat Vallaud Belkacem fera preuve de détermination dans le débat qui l’opposera à Bruno Le Maire, député UMP (pas moins déterminé), sur Europe 1 ce soir à partir de 19H.


Apprentissage

Leïla de Comarmond, pour les Echos, nous indique aujourd’hui que "l’Etat [est] invité à se convertir vraiment à l’apprentissage". Elle précise "qu’un rapport remis à Manuel Valls préconise de faciliter l’intégration durable des apprentis dans la fonction publique" et rappelle qu’en juillet 2014, lors de la dernière conférence sociale, François Hollande avait fixé pour mission aux services de l’Etat de recruter 10.000 apprentis d’ici à septembre 2016 contre moins d’un millier par an aujourd’hui. Dès septembre prochain, ils devront franchir une première marche, avec un total de 4.000 recrutements (de 19 dans les services du Premier ministre à 2.175 dans l’Éducation)".

Christine Lagoutte, du Figaro, revient sur les "douze propositions pour accueillir plus d’apprentis dans la fonction publique" : "Jacky Richard recommande notamment aux CFA privés et publics de jouer « collectif » et non pas de se concurrencer, ce qui au final dessert les jeunes à la recherche de formations, d’entreprises ou d’administrations". De plus, "plusieurs propositions sont par ailleurs présentées pour permettre à l’apprenti au sein des services de l’État, d’accéder à la Fonction publique une fois sa formation terminée".


Rubrique à Vrac !

"Se loger en cité U est de plus en plus difficile". C’est ce qu’on pouvait lire hier sur la partie "Campus" du Monde. Ainsi, "lorsqu’on est étudiant, mieux vaut être inscrit en Normandie, dans le Poitou ou à Montpellier plutôt qu’à Paris, Lille ou Lyon pour espérer trouver un logement universitaire à un tarif abordable. A quelques jours de l’échéance – le 31 mai – pour en faire la demande, il y aura beaucoup de candidats et peu d’élus".

Benoît Georges pour Les Echos, rubrique "idées et débats", nous apprend que "le Forum économique mondial, (...) vient de publier son premier rapport sur le capital humain" (en anglais). Ce rapport "inclut une étude menée dans 124 pays pour déterminer les niveaux d’éducation, de compétence et d’emploi dans cinq tranches d’âge, réparties de 16 à 65 ans. « L’objectif est d’évaluer le résultat des investissements opérés hier et aujourd’hui en faveur du capital humain, et de donner un aperçu du profil à venir des talents d’un pays », expliquent les auteurs du rapport. Celui-ci met les pays nordiques à l’honneur : la Finlande décroche la première place, suivie de la Norvège, alors que Suède et Danemark occupent les 6e et 7e places. Suisse, Canada et Japon sont également très bien placés. Quant à la France, elle pointe au 14e rang, devant les Etats-Unis (17e), le Royaume-Uni (19e) ou l’Allemagne (22e)".

Pour terminer la revue sur une note plus légère, 20 Minutes nous propose un test pour enfants [qui] pose problème aux gros cerveaux du Web… Ce casse-tête, qui consiste à remplir des cases vides par des chiffres de 1 à 9, a été présenté à des élèves de CE2 dans une classe de Bao Loc, au Vietnam. Comme le souligne le Guardian, ce problème composé d’opérations simples comme des additions et des multiplications, ne devrait pas en théorie être compliqué à résoudre. Mais selon le professeur Tran Phuong qui l’a proposé à sa classe, cette simplicité n’est qu’apparente : [Il] est difficile, même pour des adultes bons en maths".

Demain, la revue de presse sera signée par Emilie Kochert (avec l’habituelle complicité de nos dessinateurs).

Pascal THOMAS


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Ecole et milieux populaires
Revue n°520 - mars 2015

Le mythe de l’égalité républicaine, nous n’y croyons plus trop, nous savons bien que certains élèves «  sont plus égaux que d’autres  ». Nous ne sommes pas naïfs. Mais pour la plupart, enseignants et acteurs de l’éducation, nous pensons travailler à la promotion de tous et souhaitons souvent pouvoir «  compenser  » les inégalités.

Croiser des disciplines, partager des savoirs
Revue n°521 - mai 2015

Les pratiques communes, croisées, mises en synergie et en résonance, aident-elles les élèves à entrer dans la complexité des savoirs scolaires et dans les différentes cultures à construire à l’école ? Ce dossier montre à travers différentes pratiques de dispositifs comment entrer dans l’interdisciplinarité sans sacrifier aucunement les disciplines.