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Revue de presse du jeudi 21 décembre 2017

Des gens - de la formation - des téléphones

Dans la presse du jour, il est question des gens, depuis le ministre, jusqu’aux enseignants récemment convertis ; il est également question de l’apprentissage et de l’accès à l’emploi ; et bien entendu, le téléphone portable continue à faire parler (je rappelle aux plus jeunes que "faire parler" était la vocation initiale des téléphones...)
Neuf articles à aborder, trois parties, trois sous-parties par parties, c’est une revue de presse d’un académisme formel consternant que nous vous proposons aujourd’hui. La fatigue, sans doute, à l’approche des congés de Noël. Mais promis, on se reprendra à la rentrée !


Personnes

énième portrait du ministre, avec cette fois-ci un article du Télégramme, sous la plume d’Anna Cabana. Blanquer, l’incarnation macronienne, rien moins. "Blanquer est le plus politique d’entre tous. Il ne faut pas se fier à son air de ne pas y toucher (à la politique) et de ne pas s’en mêler : Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, est le plus politique de tous les ministres. « Le plus macronien », précise un ami du président de la République aux yeux duquel Blanquer est « l’incarnation plus que parfaite du "et en même temps" d’Emmanuel ». Il faut dire que le successeur de Najat Vallaud Belkacem a fait sienne cette expression, « et en même temps », et qu’il la décline avec gourmandise en toutes occasions. « Il s’en sert comme d’un passeport pour voyager dans des territoires censément irréconciliables », décode avec admiration un député LREM. Réconcilier, c’est bien le verbe clé pour le ministre, qui veut réconcilier les réacs et les gauchos, la tradition avec la modernité, les parents et les profs, etc."

En attendant de réconcilier les parents avec les profs, l’institution soigne ses personnels, au travers des traditionnelles cérémonies de remise des Palmes académiques. Un exemple dans Le Parisien, à Bobigny : l’Education nationale récompense ses salariés méritants. "Elles sont chefs d’établissements, enseignantes, employées dans la santé ou l’administration, inspecteurs… Ce jeudi soir, 81 personnes travaillant pour l’Education nationale en Seine-Saint-Denis vont recevoir les Palmes académiques à la préfecture de Bobigny. « Une distinction (honorifique) destinée à reconnaître et récompenser les mérites de ceux et celles qui ont contribué à l’action éducative », souligne la Direction des services départementaux de l’Education nationale.

Il y a les anciens, récompensés pour un investissement souvent inscrit dans le temps et dans la durée, et puis il y a les "nouveaux", souvent intéressants en ce qu’ils n’ont pas les "codes" de l’école et qu’ils ont eu l’occasion de diversifier leur pratique et leurs expériences. Sandrine Babinet, convertie à l’Education nationale et au 4.0, est de ceux-là. Le Monde dresse son portait dans le cadre de sa série "le numérique a changé mon métier". "Dans le débat qui oppose parfois pro et anti-numérique au sein de l’Education nationale, Sandrine Babinet fait clairement partie des professeurs 4.0. Ancienne chef de produit dans le secteur médical pendant dix ans, Sandrine s’est reconvertie dans l’enseignement il y a cinq ans. D’abord professeure des écoles en maternelle, elle s’est ensuite spécialisée pour travailler en section d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa) qui accueille des élèves en graves difficultés scolaires. Elle enseigne actuellement différentes matières dans un collège REP (réseau d’éducation prioritaire), situé en région parisienne, dans des classes à petits effectifs (entre 6 et 15 élèves).


Apprentissage/formation à l’emploi

Pour Emmanuel Quenson, directeur scientifique du Céreq interrogé par L’Etudiant, "Les entreprises ont parfois du mal à comprendre que les jeunes ne sont pas ’prêts à l’emploi’ ". L’article laisse l’impression, qui n’est certes pas réellement une nouveauté, d’une incompréhension réciproque entre ces deux mondes que sont celui de l’école et celui de l’entreprise. Extrait : "Le système d’une hiérarchie des diplômes correspondant à une hiérarchie des emplois, mis en place dans les années 1960, est assez commode pour les entreprises, qui n’ont qu’à se tourner vers les niveaux de diplômes correspondant à leurs besoins. Mais à travers des diplômes aux intitulés de plus en plus ciblés et précis, le système éducatif laisse entendre que les jeunes sont opérationnels sur le marché du travail dès la fin de leurs études. On sait bien que cela n’est le cas que trois ou quatre ans après  !
Les entreprises ont parfois du mal à comprendre que les jeunes ne sont pas "prêts à l’emploi". Ceux qui sont passés d’une filière à l’autre, qui ont essayé des choses différentes, peuvent faire douter les employeurs sur leurs capacités.

« Se former » fait en outre l’objet d’une conférence d’O21 à Lille pour s’orienter vers les formations d’avenir, qui se tiendra le 19 janvier prochain et dont Le Monde se fait l’écho. "La deuxième saison d’« O21/s’orienter au 21e siècle » se poursuit les vendredi 19 et samedi 20 janvier 2018 à Lilliad, à Lille. La table ronde « Se former » veut aider les lycéens à découvrir les formations qui préparent au monde de demain".

Il n’y apparemment pas qu’entre les entreprises et l’école que le dialogue est difficile. Toujours très glissant, le terrain de l’apprentissage est actuellement le théâtre d’une lutte entre les principaux acteurs du dossier. Et cela ne se passe pas très bien. Apprentissage : les régions claquent la porte de la concertation, nous apprennent ainsi Les Echos. "Les régions qualifient de « mascarade » la concertation sur la réforme de l’apprentissage, « sursoient » à leurs investissements dans les centres de formation d’apprentis et demandent à être reçues en urgence par le Premier ministre, Edouard Philippe".


Téléphones portables : éduquer ou interdire ?

Ainsi donc (nous finirons sans doute par le savoir !), Les portables [seront] bannis des écoles en 2018. Le sujet est toujours dans l’actualité de Familles chrétiennes, qui semble s’en réjouir pour des raisons bien plus morales qu’éducatives ou sanitaires ! "Le candidat Emmanuel Macron l’avait promis, Jean-Michel Blanquer va le faire. Le ministre de l’Éducation nationale a confirmé le 10 décembre la prochaine interdiction du téléphone portable pour les élèves dans toutes les écoles et collèges de France. Cette mesure entrera en vigueur « à la rentrée 2018 », a-t-il déclaré dans l’émission « Le Grand Jury » (RTL-Le Figaro-LCI). «  Nous sommes en train de travailler sur cette question pour les modalités.  »Les raisons qui animent cette interdiction sont nombreuses et bien connues. À commencer par la « perte de concentration et d’attention » des élèves, dont les conséquences sont palpables sur les résultats scolaires, et la tentation de triche que représentent ces objets connectés. En dehors de la classe, l’utilisation des téléphones n’est pas moins préoccupante. Bien au contraire. « On constate une baisse de l’activité physique des élèves et un désintérêt pour la lecture de livres », regrette Jean-Michel Blanquer. Sans parler de l’inquiétante prolifération de la consultation de sites pornographiques ou à caractère violent dans les cours de récréation, et des risques de cyber-harcèlement".

Seulement voilà, les professionnels de l’éducation, sur le terrain, le savent bien : A l’école, l’usage du portable est déjà très limité. Ce que confirme amplement la lecture de ce reportage de la Nouvelle République, essentiellement fondé sur l’expérience du collège Jean Emond de Vendôme. "Au-delà de la contrainte, la principale vendômoise insiste sur l’importance d’enseigner aux jeunes la manière de « gérer » le nouvel outil que représente le smartphone, de « juguler » son utilisation. Une « interdiction brutale » aurait pour seul effet d’inciter les jeunes à la contourner, renchérit Claudine Hervy, présidente départementale des Parents d’élèves de l’enseignement public (Peep). Eve-Lyne Branchu prône une « éducation aux réseaux sociaux », l’extinction, autant que possible, des appareils au coucher… « Il appartient aussi aux familles de vérifier que les adolescents ne passent pas la nuit sur Internet », la problématique du sommeil relevant aussi bien des adultes que des mineurs". Bref, éduquer plutôt qu’interdire".

L’interdiction avant l’éducation est pourtant ce que la presse québécoise (ici Le Quotidien) retient de l’intiative de Jean-Michel Blanquer. Et l’article n’est pas tendre pour le choix ministériel français. "On a appris récemment que, dès septembre prochain, le ministre de l’Éducation de la France, Jean-Michel Blanquer, interdira l’utilisation des téléphones intelligents aux élèves dans les écoles primaires. Cette orientation, qui avait été annoncée lors de la campagne électorale du président Emmanuel Macron, est justifiée par les motifs suivants. D’une part, on prétend que l’interdiction permettra aux élèves d’être plus attentifs en classe et de s’amuser avec leurs camarades pendant les pauses, plutôt qu’avoir le nez dans un écran. D’autre part, on affirme que la prohibition des téléphones réduira la cyberintimidation. En dépit de bonnes intentions, il est malheureux de constater que le gouvernement français privilégie l’interdiction à l’éducation".

Lionel Jeanjeau, qui vous souhaite d’excellentes vacances à tou.te.s et vous laisse demain aux bons soins des autre rédacteurs de l’équipe.


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 541 - Les tâches complexes à la loupe

Dossier coordonné par Christophe Blanc et Florence Castincaud
décembre 2017

Depuis l’instauration du socle commun et l’incitation des enseignants à mettre en œuvre des «  tâches complexes  » dans leurs classes, on assiste à un foisonnement de propositions, personnelles et institutionnelles. Un dossier pour poursuivre la réflexion et nous aider à faire des choix pédagogiques et didactiques plus pertinents.

N° 540 - Voie professionnelle : (r)évolutions en cours
Dossier coordonné par Sabine Coste et Nicole Priou
novembre 2017

La rénovation de la voie professionnelle engagée en 2009 a modifié les représentations sur les études initiales et la façon d’envisager les inégalités scolaires. Les caractéristiques sociales des jeunes scolarisés dans la voie professionnelle se sont, elles aussi, modifiées. Entre «  diplôme bradé  » et «  émancipation sociale  », quel état des lieux ?