Accueil > L’actualité vue par le CRAP > Les revues de presse > Revue de presse du jeudi 2 février 2017


JPEG - 26.3 ko

Revue de presse du jeudi 2 février 2017

Education - Pédagogie - Enseignement supérieur - Divers

L’actualité éducative de ce jeudi, très riche, nous amènera à beaucoup parler d’éducation au sens large. Nous parlerons ensuite de pédagogie et de l’enseignement supérieur, avant de terminer par quelques informations diverses.

Education

Commençons par quelques nouvelles de la politique éducative actuelle. L’Express aborde l’épineux sujet de la concurrence entre les écoles privées et publiques, où le privé semble actuellement marquer quelques points : « A la rentrée 2016, les écoles et collèges privés ont enregistré une hausse de leurs effectifs. "Exode" ou "épiphénomène"’ Si opposition et gouvernement se défendent de vouloir rallumer la guerre scolaire, le modus vivendi tangue à l’approche des élections. »
Toujours dans le domaine de la politique, cette annonce au sujet de l’enseignement artistique en France : « Au terme du conseil des ministres de ce 1er février, les ministères de la Culture et de l’Éducation nationale se sont retrouvés autour d’une mission commune. L’Éducation artistique et culturelle sera l’objet d’un projet interministériel, ainsi qu’en témoigne le projet porté par les deux cabinets et celui de Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. »
Les médias parlent également d’éducation au sens plus large du terme ce jeudi. Le Parisien relaie ainsi des propos de Philippe Meirieu, très critique sur le concept d’écoles démocratiques : « Bien qu’elle attire de plus en plus de parents, la philosophie des écoles démocratiques trouve peu de défenseurs parmi les spécialistes de la pédagogie et des sciences de l’éducation. S’il comprend les raisons qui poussent les familles à se détourner d’une Education nationale « vécue comme une machine incapable de s’intéresser au développement de l’enfant », le professeur Philippe Meirieu est lui-même très sévère sur le concept. »
Enfin, il est également beaucoup question d’éducation aux médias. Saluons à ce propos l’initiative du Monde, qui annonce un dispositif de ressources pédagogiques, complété par des interventions de journalistes volontaires dans les classes : « En parallèle du Décodex, ce guide créé par l’équipe des Décodeurs qui permet de vérifier la fiabilité d’un site Internet, s’est développé un projet qui a très vite fusionné avec lui. Car ils sont tous les deux nés d’une même nécessité : rendre le flux d’informations continu plus lisible et plus compréhensible, notamment pour nos jeunes lecteurs. Pour ce faire, Le Monde a décidé de s’engager dans une démarche d’éducation à l’information, à destination des collégiens et des lycéens, par le biais d’interventions en classe et par la mise à disposition, sur son site Internet, de contenus pédagogiques. »
The Conversation publie par ailleurs un article assez complet sur ce qu’est l’EMI et sur ses enjeux.
Et pour conclure, les Décodeurs du Monde montrent comment Najat Vallaud Belkacem tente d’éduquer ses (très nombreux) trolls complotistes, une tâche des plus ardues à en juger par la stupidité des nombreuses rumeurs dont elle a fait l’objet : « Dans son discours d’un gros quart d’heure, un florilège des rumeurs la concernant. « Je tiens à dire que ce complot [contre l’orthographe] n’est pas une lubie de femme enceinte, soulignait-elle. Je le précise car j’ai découvert ces derniers temps, grâce à Internet, que j’attendais mon troisième enfant. Cela fait naturellement le bonheur de mon mari. Pardon. De mon ex-mari. Ces mêmes sites m’ont en effet appris que j’étais divorcée. Quand on vous dit que l’on nous cache tout ! »
« Mais, me suis-je demandée, pourquoi ce divorce dont je n’étais pas au courant ? Une rapide recherche sur Internet m’a éclairée sur ce point : je lui ai caché, pendant des années, une terrible vérité. Je ne suis pas Najat Vallaud-Belkacem. Je suis Claudine Dupont. » Un faux nom qui avait circulé sur Twitter, avec une fausse carte d’identité, dès la rentrée 2014 – sa première en tant qu’ex-ministre aux droits des femmes nouvellement promue à l’éducation. »


Pédagogie

Les médias font également la part belle à la pédagogie aujourd’hui, avec des sujets variés. Avec un article de France Inter, l’évaluation par contrat de confiance d’André Antibi fait son grand retour sur le devant de la scène : « L’évaluation par contrat de confiance repose sur un programme de révision explicite. Au moment d’aborder un nouveau chapitre d’histoire par exemple, élèves et professeurs identifient ensemble les objectifs du cours. Une semaine avant le contrôle, les enseignants donnent le programme de l’examen aux élèves en choisissant une liste d’exercices déjà corrigés en classe. Un jeu de questions-réponses permet ensuite de déceler les possibles difficultés. L’EPCC permet ainsi de préparer plus rigoureusement l’évaluation. » Si l’explicitation des objectifs des cours et des attentes des enseignants est absolument essentielle et positive, on peut néanmoins pointer les limites d’un dispositif qui pourrait bien dans certains cas tourner au bachotage court termiste et se montrer bien moins efficace pour les apprentissages à long terme.
Franceinfo se penche de son côté sur le dispositif de la classe inversée : « La méthode d’enseignement de la classe inversée est en vogue. En France, entre 15 000 et 20 000 enseignants d’école élémentaire, de collège et lycée l’appliquent déjà. Les élèves apprennent le cours chez eux et travaillent les exercices en classe. À l’occasion d’une semaine d’information, du 30 janvier au 4 février, consacrée à cette méthode, les enseignants qui la pratiquent ouvrent leur classe à leurs collègues intéressés, comme au collège de Ballancourt, dans l’Essonne. »
Signalons également une étude critique sur les usages du numériques à l’école, relayée par le Café pédagogique, qui nous rappelle utilement que le numérique n’est pas une fin en soi mais un outil à mettre au service de notre pédagogie : « On a souvent vanté le TNI comme un élément de motivation des élèves. Le ministère avait même écrit que 96% des enseignants ressentaient une amélioration rapide de la motivation scolaire. Cet effet est confirmé par eEduc Eval. Mais il ne l’est que partiellement.
En fait l’effet motivant ne dure que l’année de l’apparition du TNI dans la classe. Il retombe tout de suite après. »

Enfin, le Café pédagogique fait une recension intéressante d’un livre concernant l’apprentissage des langues vivantes, ses mythes et ses réalités : « On nait doué pour les langues, ou pas. Il faut apprendre une langue étrangère le plus tôt possible. Un séjour à l’étranger est efficace pour apprendre une langue. Les neurosciences vont révolutionner l’enseignement des langues. Voilà quelques affirmations courantes qu’enseignants et parents connaissent bien. Sont-elles fondées ? Stéphanie Roussel, maitre de conférences en études germaniques et Daniel Gaonac’h, professeur en psychologie cognitive, décryptent 9 affirmations de ce type et nous aident à y voir clair dans un petit livre publié par Retz. Alors, en langues comme dans d’autres sujets, prenons le temps de la réflexion.. » Espérons que cela permette d’enrichir le débat sur l’apprentissage des langues étrangères en France...


Supérieur

Le ministère de l’Enseignement supérieur a lancé un portail d’informations pour aider les étudiants en fin de licence à trouver leur master, selon le Figaro : « Voilà qui devrait aider les étudiants à s’y retrouver dans la jungle des masters. Le gouvernement a lancé mercredi un portail d’information, Trouvermonmaster.gouv.fr, pour aider les étudiants en fin de licence (Bac+3) à trouver une formation en master, dont la réforme concernant la sélection prendra effet à la rentrée 2017. Le site internet, qui entre en vigueur ce mercredi, répertorie 4.861 formations au total, a-t-on précisé au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, soit l’intégralité des diplômes nationaux de master. »
L’âge limite pour entrer en apprentissage a été repoussé à 30 ans dans certaines régions et cela permet à certaines universités de renouveler leurs pratiques : « En quoi l’université de Franche-Comté est-elle concernée ?
Cette expérimentation va nous permettre d’accueillir de nouveaux publics en apprentissage. L’université de Franche-Comté compte actuellement 474 apprentis sur 628 alternants. L’une des particularités de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur est qu’on y observe un taux de rupture de contrat extrêmement faible. »

Enfin, aux Etats-Unis, les universités se rebiffent contre le décret de Donald Trump qui interdit de séjour les ressortissants de certains pays. L’Etudiant en parle ici.


Divers

Nous terminerons cette revue de presse avec quelques informations diverses. Tout d’abord, dans un article réservé aux abonnés, l’Humanité relaie la mobilisation des ATSEM contre la précarité de leur statut et pour une revalorisation salariale. Rappelons que leur présence est indispensable et précieuse dans les écoles maternelle et espérons qu’elles aient gain de cause...
Aux Etats-Unis, la très incompétente candidate au poste de ministre de l’Education craint pour sa validation par le Sénat, et c’est tant mieux. Espérons, pour les enseignants et les enfants américains qu’elle soit effectivement rejetée.
Et pour conclure, une annonce : L’unité de Veille & Analyses de l’IFÉ recrute !
Aurélie Gascon


JPEG - 20.3 ko

Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseigner les langues aujourd’hui
N° 534 - Enseigner les langues aujourd’hui
Dossier coordonné par Soizic Guérin-Cauet et Hélène Eveleigh
janvier 2017
Apprendre une langue étrangère, c’est à la fois une évidence pour tous et une difficulté pour chacun. Et les études internationales ne font que confirmer que les Français seraient mauvais en langues. Quelles sont les pratiques qui permettent à l’apprentissage des langues vivantes d’être bénéfique pour nos élèves ?

N° 533 - Créer et expérimenter en sciences et technologie

Dossier coordonné par Évelyne Chevigny et Roseline Ndiaye
décembre 2016
L’enseignement des sciences expérimentales s’est considérablement renouvelé. Ces changements ont visé à mettre l’élève au centre, en prenant en compte les travaux de la didactique ainsi que les réflexions sur le bagage intellectuel de base pour tout citoyen du XXIe siècle, au cœur d’une société basée sur les sciences et les technologies.