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Revue de presse du jeudi 19 juin 2014

Crise du métier d’enseignant - Politique et réforme - apprentissage


Crise du métier d’enseignant

Claude Lelièvre le confirme dans son blog : il existe une crise de croissance du recrutement des professeurs des écoles. Le nombre de candidats augmente moins vite que le nombre de postes.
L’analyse de François Dubet dans le Nouvel Observateur est différente. Il estime que "Recruter les profs à bac+5, c’est une erreur". "Le choix professionnel, qui était positif et précoce, est devenu avec le système bac+5 un choix souvent contraint, parce qu’il n’y pas d’autre voie, et qui n’est pas fait par les meilleurs des étudiants. [...] On est passé de l’idée, juste, qu’il faut que les enseignants aient un niveau bac+5 à l’idée, fausse, qu’il faut donc les recruter à bac+5. Ce sont deux choses qu’on a eu le tort de confondre.". Il revient aussi sur la mauvaise image du métier dont les enseignants seraient en partie responsables : "Le discours que produisent les enseignants sur eux-mêmes est celui de la plainte. Autrefois, c’était un discours sur la grandeur de la profession, le plaisir d’enseigner, de faire la classe..." Un métier où l’on est seul, même devant la difficulté. "Logiquement, dans un milieu professionnel, quand vous rencontrez des difficultés, vous êtes aidé pour les surmonter  : on vous forme de nouveau, on vous soutient... Ce n’est pas le cas dans l’éducation  : vous êtes seul dans votre classe. Vous souffrez le martyr et il ne se passera rien." Les solutions proposées par le sociologue sont polémiques (les nombreux commentaires de l’article le prouvent) : les mêmes professeurs en élémentaire et au collège, recrutement par l’établissement...

Les difficultés du métier d’enseignant sont exposés sur le site lcitf1.fr qui expose les résultats d’un sondage sur le moral des enseignants réalisé pour SOS éducation : "entre effondrement de l’autorité et insultes, les enseignants dans les collèges et lycées sont plus enclins au burn-out". On y parle de manque de respect, surtout de la part des familles, de manque de soutien de la hiérarchie. Mais remarquons quand même que "Sur les 501 enseignants interrogés, 85% déclarent se sentir en sécurité dans leur établissement."
Libération et Le Figaro retiennent essentiellement pour leur part du sondage que "68% des enseignants du secondaire voudraient changer de métier" (Le Figaro) ou "ont déjà songé à changer de métier au cours de leur carrière" (Libération). La formulation change un peu l’analyse.

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Le dessin de Fabien Crégut

Pour ces professeurs à bout, la lecture du Café pédagogique sera utile où l’on expose le travail de l’association Aide aux profs qui "milite pour que l’institution prenne enfin en compte les vœux de milliers d’enseignants de changer de métier en fin de carrière.". Un colloque sur le sujet se déroulait hier à Paris. Il existe d’ailleurs des professeurs qui exercent un autre métier en parallèle, ainsi Valérie de la Torre, professeur des écoles devenue auteure jeunesse talentueuse. "J’ai toujours écrit depuis que je sais écrire. Et j’ai écrit plein de choses différentes car je ne trouvais pas mon style, sans jamais rien oser proposer à des maisons d’édition. Dans les premières années de ma carrière, alors que j’étais en train de présenter un album à des élèves de CM1, j’ai eu un déclic : mon créneau, c’était la littérature de jeunesse. Je n’avais jamais rien osé envoyer aux éditeurs mais j’ai fini par me lancer. " Elle souhaiterait quitter l’éducation nationale mais rencontre de nombreuses difficultés. Son témoignage est à lire également sur le Café pédagogique.


Politique et réforme

Dans son entretien cité plus haut, François Dubet conclue en dénonçant l’échec de la réforme de l’éducation "flinguée" par l’affaire des rythmes scolaires. Des mesures trop timides, un déséquilibre trop important de financement entre le lycée et l’école primaire... Conclusion : "Il faudra arrêter les options invraisemblables, les filières superfines, les classes européennes et autres « seconde théâtre ». C’est sympa, mais ça coûte très cher. Cependant, je n’imagine pas que ce gouvernement aura le courage de s’attaquer à ce dossier. Il y a quelques mois, Vincent Peillon a lancé une sonde sur les salaires des profs de prépa. Douze heures après, il a plié bagage."
La FSU s’inquiète, elle aussi, du devenir de la réforme. Selon Le Nouvel Observateur, le syndicat s’inquiète de l’avancée des réformes engagées et de celles qui attendent. "On a le sentiment qu’on gère les affaires, mais il y a tout ce qui n’a pas été mis en œuvre" par le précédent ministre Vincent Peillon, a indiqué Mme Groison, citant le bilan de la réforme du lycée - lancée sous la droite en 2008 - la réforme promise du collège, la formation continue des enseignants ou le service public territorialisé de l’orientation."

Des inquiétudes sont aussi présentes dans l’enseignement français à l’étranger. LaVoixDeLaFrance.fr donne la parole à Jean Louis Arajol, Secrétaire UMP Mali. "Les 320 000 élèves qui fréquentent 487 établissements, membres du réseau de l’AEFE (Agence pour l’Enseignement des Français à l’Etranger) et leurs parents expatriés ont toutes les raisons d’être inquiets. Les mauvaises nouvelles ne cessent de s’accumuler : déconventionnements d’établissements scolaires, recours de plus en plus nombreux de parents d’élèves devant la justice administrative, revendications syndicales, manque de moyens financiers. "

Le conseil des ministre a confirmé hier la transmission aux région des collèges dès 2016. A lire sur le café pédagogique.


L’apprentissage

"L’apprentissage perd en notoriété". C’est L’Express qui l’affirme. Le nombre d’apprentis intégrés en entreprise marque le pas. C’est à cause des suppressions des incitations financières et le flou sur la réforme (loi du 24 mars 2014) ainsi que la plus grande régionalisation de l’apprentissage. "Les régions percevront et géreront en effet 55 % de la taxe d’apprentissage, contre un quart aujourd’hui. Avec un risque : que certaines d’entre elles privilégient des niveaux de formation inférieurs au bac, pour "remplir" des CFA qui n’affichent pas complets." Ce qui inquiète les PME recrutant majoritairement aujourd’hui à bac et bac +2.

La voie de l’apprentissage en post-bac se développe pourtant, témoin cette ouverture "en octobre 2014 une formation par apprentissage d’Ingénieur en Sciences et Technologies des Médias Numériques (STMN)." A lire sur afjv.com


L’info bac du jour

Ce pourrait être un article parodique,mais ce n’est pas le cas ! Libération rapporte le cas d’une "examinatrice en garde à vue pour avoir fait croire au vol de 124 copies de philo". "Cette professeure de philosophie a été placée en garde à vue lundi à Saint-Quentin, après avoir faussement accusé le jour même son ex-compagnon du vol des copies de philo qu’elle devait corriger, a indiqué le parquet de Saint-Quentin à l’AFP". Les copies ont été retrouvées.


Infos

Terminons par une information pratique :
la publication des recommandations pour la mise en oeuvre des programmes dans le primaire.


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 514 Enseignant : un métier qui bouge
Coordonné par Michèle Amiel et Yannick Mével
juin 2014

Tous les enseignants expérimentés le disent : ce n’est plus comme avant, le métier change. Allons voir de plus près ce qui évolue, comment le métier change, comment ces évolutions pourraient être accompagnées par l’institution, à toutes les échelles, en quoi elles vont dans le sens de l’essentiel : mieux faire apprendre les élèves.