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Revue de presse du jeudi 19 février 2015

Agression - Parcours linguistique - Inégalités - encore une petite note


Alors qu’une grande majorité des enseignants et des élèves est en vacances, (et que le restant compte les heures) l’actualité du monde éducatif n’est quant à elle pas vraiment en pause.

Agression

On a ainsi appris dans la journée qu’une directrice d’école parisienne avait été poignardée par un père d’élève. La dépêche AFP citée par Libération nous donne quelques précisions même si les motifs de ce geste restent encore flous. «  Les faits se sont déroulés à la mi-journée non loin de l’entrée de l’école maternelle Alain-Fournier, rue de la Briqueterie, dans le hall de la partie logement »de l’établissement où la directrice a son domicile[...]. Très choquée, l’enseignante, qui a reçu trois coups de couteau, a été hospitalisée [...] En cette période de vacances, l’école accueillait ce jeudi 37 enfants en centre de loisirs, mais ils n’ont pas assisté à la scène  »


Parcours linguistiques

On apprend que l’inspection générale envisage de créer « un parcours linguistique de l’élève » C’est ce qu’a annoncé Caroline Pascal, doyenne du groupe langues à l’Igen lors du séminaire annuel du centre européen pour les langues vivantes, organisé au CIEP.
« Si l’inspection générale a travaillé à la continuité de l’enseignement des langues entre primaire et collège, celle entre le collège et le lycée « se met en route » » selon VousNousIls qui rapporte l’information.

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Parcours linguistique - Le dessin de Jean-Marie Olaya

Inégalités

Invitée lors de l’émission L’angle éco sur France 2, Najat Vallaud-Belkacem a abordé l’épineuse questions des inégalités face à la réussite scolaire lors d’un intéressant entretien avec François Lenglet. La ministre y rappelle que « la France est un des pays où le milieu social influence le plus la réussite scolaire » mais elle insiste tout au long de l’interview sur la complexité des explications ne tombant pas dans le simplisme. Elle a notamment mis en avant à juste titre l’importance de la situation et de l’environnement économiques :« L’école ne vit pas sur un petit nuage, elle est dans un environnement [...] Nous sommes dans une période de crise de l’emploi qui fait que, malheureusement, les rentiers et héritiers sont toujours mieux servis que ceux qui doivent faire leurs preuves avant d’accéder à quoi que ce soit.  » avant d’aborder son propre parcours : « quand je regarde ma propre expérience, j’ai l’impression que le fait d’avoir eu une sœur aînée qui était bonne élève m’a conduit à la réussite scolaire. Elle a tiré l’ensemble de notre fratrie vers le haut, et cela compte beaucoup dans ces questions de réussite. Dès le plus jeune âge, j’ai aussi eu un goût très prononcé pour la lecture. C’est peut-être pour cela que j’y accorde autant d’importance et que je veux renforcer l’apprentissage de la lecture et de l’écriture dans nos écoles. » (apprentissage ou appétence ?)
Puisque la ministre veut lutter contre ces inégalités, Philippe Watrelot, président du CRAP-Cahiers pédagogiques, Marie-Claude Cortial, présidente d’Éducation et Devenir, Paul Raoult, président de la FCPE ,Christian Chevalier, secrétaire général du SE-UNSA ,Frédéric Sève, secrétaire général du SGEN-CFDT et Maya Akkari, Responsable du pôle Éducation, Fondation Terra Nova, signent une lettre ouverte commune dans ce sens. Pour eux,« il est plus que temps de renouer avec la promesse démocratique d’une École émancipatrice, qui réduise les inégalités sociales et culturelles au lieu de les aggraver. Dans cette perspective, il est urgent de réformer en profondeur le collège. »

De son côté, Geneviève Fioraso, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche a évoqué une autre inégalité : celle des Bac Pro (en les confondant parfois avec les Bac Techno ?). Interrogée devant la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, elle a donné sa vision des bacs professionnels : « un massacre social » [sic]. Ses propos sont retranscrits et commentés sur le site Orientations.com. Selon la ministre, les titulaires d’un Bac Professionnel « ne sont absolument pas formés pour réussir à l’université, estime la secrétaire d’Etat. Non pas parce qu’ils sont moins doués mais parce qu’ils ont été habitués à être encadrés, en petit nombre et n’ont pas été formés à la prise de note ou à l’enseignement conceptuel. » Voilà pourquoi seulement « 3,5 % réussissent leur licence en trois ans et un peu moins de 5 % réussissent leur première année ». Une solution semble à l’étude « concevoir une filière professionnelle post-bac qui serait organisée dans tous les types d’établissements d’enseignement supérieur et qui se ferait en alternance ».

Pour y réfléchir, on peut devenir Inspecteur général. Selon le BO, Le ministère en recrute trois de 2e classe.

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Recrutement des inspecteurs - Le dessin de Genevière Brassaud

Vraiment ? C’est sûr ? Parce que...

Sur son blog Le mammouthologue, Marie Caroline Missir est revenue sur l’épisode du non abandon des notes décidé par le gouvernement et/ou l’Elysée. Pour la journaliste de l’Express « la fin de la fin des notes » symbolise toute « l’indigence de la puissance publique ». Elle montre à juste titre combien cette affaire l’autorité a eu bon dos
« Ainsi va l’action publique à l’Education nationale : du temps gâché, des experts et une communauté éducative invités à réfléchir pour, à l’arrivée, un arbitrage dicté par le calcul et la pression politiques, sans relation avec le sujet de départ. On peut en effet se demander quel rapport il existe entre les attentats qui ont ensanglanté Paris début janvier et le système de notation des élèves. Aucun.
Pourtant, le storytelling ambiant nous assure que le Président de la république et son Premier ministre n’ont pas souhaité, un mois après les événements de janvier, remettre en cause l’autorité des professeurs en supprimant les notes…Cet épisode illustre bien la collusion, des plus néfaste pour l’école, de deux logiques : celles de la politique et celles de la pédagogie, à savoir la capacité à transformer un enfant en un adulte bienveillant, créatif et bien avec lui-même. Et là je vois le rapport avec les événements de janvier.
 » On ne saurait mieux dire...
Aujourd’hui, à l’Assemblée, la motion de censure a été rejetée après l’utilisation de l’article 49-3 de la constitution. Donc, maintenant que le gouvernement sait comment faire passer une loi impopulaire mais qu’il croit juste, on les supprime ces notes finalement ?


Mark a bloqué Philippe !!

Pour terminer, revenons sur ce qui a secoué les réseaux sociaux aujourd’hui : la disparition du mur facebook de Philippe Watrelot (et de ses nombreuses informations). Les rumeurs les plus folles ont couru ...

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On a perdu la page facebook Philippe Watrelot !

Finalement l’intéressé a apporté des explications détaillées sur son blog : c’est le site de Mark Zuckerberg qui a bloqué le profil (après signalement... ?) sous prétexte qu’il représentait une organisation et non un individu. Il devrait donc être transformé en pages prochainement. Ses “amis” deviendront alors ses “fans”...

Merci à Bernard Desclaux pour sa recension des informations.
Laurent Fillion


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseigner les langues vivantes avec le Cadre européen
Hors-série n°18 - avril 2010
Le Cadre européen commun de références en langues favorise-t-il la qualité de l’enseignement des langues, sa démocratisation ? Dans ce dossier, des points de vue contrastés, complémentaires souvent, parfois contradictoires, reflets d’un débat bien réel dans la profession.

Des langues bien vivantes
Revue n° 437 - novembre 2005
Souvenirs d’apprentissages, questionnement sur le bien fondé des enseignements précoces, lutte contre le monopole de l’anglais, exigence dans les apprentissages de communication : de nombreuses pistes dans ce dossier, et des perspectives d’avenir comme le portfolio.

Egalité des chances ou école démocratique ?
Revue n°467 - novembre 2008
Au concept ambigu d’égalité des chances, préférons celui d’égalité effective d’accès à l’éducation, à la formation, à la culture et à la qualification : choisir la réussite de tous plutôt que la seule méritocratie, promouvoir le travail souvent méconnu des enseignants et des équipes qui s’efforcent, au quotidien, de rendre l’école un peu plus égalitaire.