Accueil > L’actualité vue par le CRAP > Les revues de presse > Revue de presse du jeudi 18 mai 2017


JPEG - 26.3 ko

Revue de presse du jeudi 18 mai 2017

Nominations- Education -Ressource

L’actualité éducative est évidemment largement dominée par la nomination des nouveaux ministres. Il sera également question d’éducation, et nous terminerons ce tour d’horizon par une ressource.

Nominations

Commençons par la nouveauté : l’enseignement supérieur a son propre ministère et sa toute première ministre. VousNousIls fait son portrait :« Présidente d’université et enseignante-chercheuse, Frédérique Vidal a été nommée ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Une première.
Une présidente d’université, enseignante-chercheuse, qui connaît donc bien l’Enseignement supérieur : Frédérique Vidal, qui dirigeait jusqu’ici l’UNS (Université Nice-Sophia-Antipolis), a été nommée mercredi à la tête du ministère de la rue Descartes, au sein du gouvernement d’Édouard Philippe. »

Mais celui qui fait l’objet de toutes les attentions, c’est bien sûr Jean-Michel Blanquer, le nouveau ministre de l’Education nationale. Le Monde met l’accent sur son appartenance à la droite : « L’« ère Blanquer » au ministère de l’éducation a démarré sous trois auspices. Trois mots-clés que le nouveau locataire de la rue de Grenelle a égrenés, mercredi 17 mai, au long de son premier discours : « République », « excellence », « bonheur ». Un attelage hétéroclite que d’autres notions sont venues compléter : « respect », « confiance », « innovation », « responsabilité »… Face aux défis de l’école, « la démarche moderne que nous devons avoir au XXIe siècle » se doit, pour le nouveau ministre, d’être fondée sur la « science », l’« expérience », l’« évaluation ».
Le ton est indubitablement plus froid, plus distancié que celui par lequel sa prédécesseure, Najat Vallaud-Belkacem, avait un peu plus tôt clos ses 993 jours au ministère. Mais pas moins assuré : Jean-Michel Blanquer, 52 ans, est à l’hôtel de Rochechouart en terrain connu. Il y a été le « numéro 2 » sous la droite, entre 2009 et 2012, au poste de directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco). Un « ministre bis » aux côtés de Luc Chatel, que l’on disait alors peu au fait des réalités scolaires. Il y a conservé des soutiens, des fidèles. Bref, des repères. »
Ajoutons que ce sont des repères forts déplaisants pour les enseignants ayant eu l’heur de connaître la suppression de la formation initiale et de dizaines de milliers de posts.
Le Parisien insiste plutôt sur son côté "expérimentateur" : « Agé de 52 ans, cet agrégé de droit public s’est illustré entre 2007 et 2009 en multipliant les innovations à la tête de l’académie de Créteil. »
Les Echos relèvent aussi cet aspect en soulignant également sa bonne connaissance du système : « Il connaît par coeur les dossiers, les syndicats et les rouages du ministère de l’Education nationale. A 52 ans, Jean-Michel Blanquer devient le nouveau ministre de l’Education nationale. Celui qui était jusqu’ici à la tête de l’Essec - l’une des plus prestigieuses écoles françaises de management -, qui a été deux fois recteur (en Guyane et à Créteil) avant d’être numéro deux du ministère de l’Education nationale durant le quinquennat Sarkozy n’avait rien caché de... son programme pour l’Education nationale. »
Il est bien sûr question des réactions suscitées par cette nomination, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles ne sont pas toutes élogieuses. L’Express consacre un article plutôt optimiste sur les réactions des syndicats : « "Jean-Michel Blanquer est un homme de conviction, pragmatique, qui connaît le terrain", se félicite Stéphane Crochet, secrétaire de l’Unsa, deuxième syndicat parmi les enseignants du premier et second degré. Mais pas que. "C’est aussi l’homme qui a mis en oeuvre les réductions de 80 000 postes sous Nicolas Sarkozy, même si cela ne semble pas à l’ordre du jour aujourd’hui", se souvient le syndicaliste.
En 2010, en tant que directeur général de l’enseignement scolaire, le nouveau ministre était en effet le numéro deux de l’éducation nationale. Ce qui fait dire à Stéphane Crochet que les syndicats auront plutôt affaire à "un ministre de droite, qui pour son entrée en fonction, a eu des mots rassurants à 70%". »
On a du mal à voir où les syndicalistes s’enthousiasment de cette nomination, finalement... Sur Slate, Louise Tourret fait un point sans doute plus réaliste sur les inquiétudes suscitées par cette nomination : « Il s’appelle Jean-Michel Blanquer. Vous ne connaissez peut-être pas son nom mais, à l’Éducation nationale, tout le monde sait parfaitement qui il est. Les premières réactions que j’ai lues étaient assez dures. »
Claude Lelièvre, sur son blog, est assez critique aussi, et s’en prend particulièrement à l’étiquette "société civile" qu’on accole volontiers à M. Blanquer : « Universitaire agrégé de droit public, directeur depuis plusieurs années de la prestigieuse école de commerce ’’Essec’’, Jean-Michel Blanquer a mené en effet une carrière éclair dans la haute hiérarchie de l’Education nationale. De 2004 à 2012, il a été recteur de Guyane, directeur adjoint de cabinet au ministère de l’Education nationale, recteur de l’académie de Créteil, et enfin DGESCO (directeur général de l’enseignement scolaire). Il n’a jamais été immergé dans différentes strates de l’Education nationale, contrairement à son successeur Jean-Paul Delahaye (d’abord professeur dans un collège, puis IEN, directeur d’école normale, inspecteur d’académie, inspecteur général et finalement DGESCO). On voit la différence. Et pas la ’’société civile’’ ( pour autant que cela peut avoir un sens quelque peu précis). »
Philippe Watrelot, quant à lui, s’attache à montrer la part d’ambiguïté de M.Blanquer : « C’est lui qui a créé, lorsqu’il était Dgesco, le département « Recherche Développement Innovation Expérimentation » (DRDIE). Il a aussi soutenu le développement des micro-lycées ainsi que les expérimentations de Céline Alvarez. Il est favorable à l’autonomie mais sa position est ambigue. On ne sait pas bien si c’est celle des chefs d’établissements « managers » ou celle des équipes. Il est aussi pour le renforcement des « fondamentaux » en primaire. Et il veut aussi une simplification de la gouvernance de l’éducation nationale.
Dans sa dernière chronique dans le magazine Le Point, il prône une troisième voie entre le « pédagogisme » et le « traditionnalisme ». J’ai pour ma part été agacé par l’utilisation de ce mot péjoratif de « pédagogisme » et la caricature qu’il y fait en parlant d’une pédagogie qui voit « dans l’enfant un petit roi qui construit son savoir ». On peut déplorer ce schématisme. »
J’ajouterai qu’à titre personnel, non seulement je déplore ce schématisme, mais que je trouve odieux que des responsables susceptibles de prendre en charge ce ministère, quelles que soient leurs sensibilités politiques, puissent se permettre d’utiliser le terme pédagogie comme une insulte et de caricaturer des courants pédagogiques à des fins purement électorales. Souhaitons que les responsabilités de M.Blanquer le conduisent à l’avenir à plus de nuances sur ce point.
Finissons par une analyse sans concessions du Café pédagogique sur cette nomination, qui a en plus le mérite de rappeler que M. Blanquer a déjà un bilan en matière d’éducation : « Jean-Michel Blanquer n’a jamais enseigné dans le monde scolaire. Mais il affirme qu’il y a des réponses scientifiques aux problèmes éducatifs. En novembre 2016 il nous disait : "oui, il y a de « vrais leviers » pour améliorer l’éducation et leur caractère bénéfique est prouvé : une pédagogie explicite et progressive dès les premiers moments de l’école, le rapprochement parents-école, la formation des professeurs, l’autonomie des établissements, l’attention à des facteurs extra-scolaires comme le sommeil etc. Nous avons été trop victimes d’une approche idéologique ou « au doigt mouillé » aggravée par le caractère centralisé et bureaucratique de notre système. On doit le libérer en donnant à chacun les moyens d’agir et en éclairant l’action par la science". Dans son discours d’investiture, le 17 mai 2017, il est revenu sur cette nécessité d’expérimenter.
Il prend cette idée à la lettre et l’applique de façon non scientifique et, comme les faits vont le démontrer, simpliste. JM Blanquer est un spécialiste du droit. C’est au nom de la science qu’il participe sous de Robien en 2006 à une tentative d’imposer la méthode syllabique, peut-être dans une confusion entre la nécessité d’enseigner le lien graphème phonème et le B A BA. »


Education

Le Figaro consacre un article, hélas réservé aux abonnés, aux enseignants d’éducation prioritaire : « ENQUÊTE - Ils ont moins de 30 ans et ont été affectés dans ces collèges où personne ne veut aller. Frais émoulus des Espé, les écoles supérieures du professorat et de l’éducation, imaginées par Hollande, ils sont enthousiastes, mais déchantent vite : l’« égalité des chances » tant vantée est une grande illusion. Ce qui les incite à rester : « Les élèves » ».
Franceinfo annonce une nouveauté dans les manuels de SVT : « La nouveauté dans les manuels scolaires pour la rentrée 2017 c’est l’arrivée d’un organe : le clitoris. FranceInfo est allée à la rencontre d’un professeur de SVT pour plus d’explications. »
Et comme à chaque fois qu’on tente de parler d’éducation à la sexualité à l’école, les obscurantistes de la Manif pour tous tentent, à grand renfort de mensonges et de n’importe quoi, de désinformer. Madmoizelle fait le point sur le travail de déconstruction effectué patiemment pour les renvoyer à leur malhonnêteté : « La Manif Pour Tous a fait de la lutte contre l’éducation à la sexualité son nouveau cheval de bataille. Décryptage de la dernière offensive en date, livrée à coups de fake news... »


Ressource

Et pour terminer cette revue de presse, VousNousIls se fait l’écho d’un intéressant numéro de la Revue internationale d’éducation de Sèvres du CIEP consacré aux enseignants débutants : « La dernière Revue internationale d’éducation de Sèvres du CIEP s’intéresse aux nouveaux enseignants à travers une étude réalisée dans huit pays différents.
Pour son numéro 74 d’avril 2017 la Revue internationale d’éducation de Sèvres éditée par le CIEP (Centre international d’études pédagogiques) s’intéresse aux enseignants débutants – définis comme ayant moins de trois mois d’expérience : « Qui sont aujourd’hui ces nouveaux enseignants, comment sont-ils formés et découvrent-ils le métier, quelle est leur insertion dans l’établissement scolaire ou dans l’institution ? »
Pour répondre à cette problématique, huit études de cas ont été réalisés dans huit pays : Argentine, Chine, États-Unis, Finlande, France, Niger, Rwanda et Suisse. « Ces pays ont été choisis pour représenter toute la diversité du monde », a expliqué Jean-Pierre Véran, coordinateur du numéro lors de sa présentation à Paris le mercredi 17 mai.
L’ouvrage attire notamment l’attention sur « un phénomène de décrochage professionnel, en lien avec les conditions matérielles et symboliques d’exercice du métier ». Selon le baromètre Unsa Education 2017, seuls 27,6 % des enseignants recommanderaient leur métier à un jeune de leur entourage. »

Aurélie Gascon


JPEG - 20.3 ko

Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 537 - Classes inversées

Dossier coordonné par Françoise Colsaët et Héloïse Dufour
mai 2017

La classe inversée, on en parle beaucoup, des partisans enthousiastes et des opposants décidés s’opposent. Est-ce une mode passagère, un gadget pédagogique, ou l’amorce d’un changement de fond ? Au-delà des définitions (trop) simples, ce dossier s’attache à mieux cerner ce qu’est la classe inversée.

N° 536 - Éduquer aux médias et à l’information

Dossier coordonné par Émilie Kochert
mars 2017

Nous sommes inondés d’informations. L’actualité a remplacé l’information dans une culture du buzz où souvent on ne prend pas le temps de vérifier. Est-il simple de déceler le vrai du faux ou de sélectionner l’information dans le divertissement ? Éduquer aux médias et à l’information relève des missions des enseignants.
N° 532 - Justice et injustices à l’école
Dossier coordonné par Marie-Christine Chycki et Émilie Pradel
novembre 2016

L’école est traversée par tous les débats qui agitent la société. La question de la justice y est particulièrement vive et le sentiment d’injustice très prégnant chez tous les acteurs aux prises avec l’institution. Entre la subjectivité du sentiment et les conditions objectives des injustices vécues à l’école, quelles réponses pouvons-nous apporter ?

N° 530 - Former les futurs citoyens

Dossier coordonné par Laurent Fillion et Pascal Thomas
juin 2016

Mise en place du nouveau socle commun, de l’enseignement moral et civique : l’éducation à la citoyenneté, thème souvent abordé par les Cahiers pédagogiques, revient au cœur des préoccupations. De quelle éducation à la citoyenneté parle-t-on ? Comment ne plus la confondre avec une éducation au civisme et à la civilité ?