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Revue de presse du jeudi 17 septembre 2015

Grève ! - Programmes ? - Notes - Divers


Aujourd’hui, c’est jour de grève pour les détracteurs de la réforme du collège. Il en sera donc forcément question dans cette revue de presse mais ce ne sera pas le seul sujet abordé. On y parlera aussi de la nouvelle (et énième) polémique autour de la notation chiffrée, des nouveaux programmes pour le collège et de diverses petites informations trouvées sur la toile.


Grève !

Annoncé par les opposants de la réforme comme LE rendez-vous de la contestation permettant à Najat Vallaud Belkacem de mesurer à quel point le rejet des enseignants est massif, ce premier jour de grève de l’année scolaire occupe tout naturellement les titres des médias aujourd’hui.

Comme à chaque mouvement de grève, le « ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche » a communiqué durant la matinée « les taux de participation à la suite de l’ensemble des remontées académiques. Le taux de participation pour les enseignants des collèges publics s’élève à 15,8 %. Pour rappel, la mobilisation du mois de mai dans les collèges publics s’élevait à 27,6%, au mois de juin à 11,9% ».

Rappelons au passage comment sont comptabilisées les absences dans tous les collèges et lycées de France un jour de grève et comment sont établis les pourcentages. Chaque établissement comptabilise, à chaque heure de la journée, le nombre de personnels absents. Le pourcentage n’est pas calculé sur le nombre de personnes attendues mais sur le nombre total des personnels affectés à la structure (répartis en deux catégories : les enseignants et les autres personnels). Ce calcul est automatique. Une estimation est habituellement effectuée en milieu de matinée par les services académiques et ministériels.

Sur 20 minutes (et sur d’autres sites comme Le Parisien par exemple), on pouvait lire ce matin que ce jeudi avait valeur de « journée test pour la mobilisation des profs contre la réforme du collège ». Dans l’article étaient apportées les précisions suivantes : « pour ce premier "test" depuis la reprise des classes, le SNES, premier syndicat du secondaire et fer de lance de la contestation, bat le rappel, au sein d’une intersyndicale composée, entre autres, du Snalc, de FO, de la CGT, de Sud… ».

Denis Peiron, pour La Croix, revient sur « ce que proposent (ou pas) les syndicats grévistes ». Il interroge des représentants du SNES-FSU, de FO, de la CGT et du SNALC et liste quelques-unes de leurs propositions. Denis Peiron indique enfin que « les organisations concernées ont aussi prévu d’ores et déjà une manifestation nationale le 10 octobre, un samedi, pour permettre notamment aux enseignants d’y participer sans sacrifier une part de leur salaire ».

Mattea Battaglia, pour Le Monde, rappelle les raisons de la discorde entre les syndicats et la ministre : de « l’autonomie à l’interdisciplinarité en passant par la disparition des sections bilangues, la fragilisation des langues anciennes, de l’enseignement de l’allemand ou encore de l’histoire : plusieurs fronts se sont ouverts depuis le printemps, relayés par les politiques – de droite comme de gauche – et mêlant, en réalité, deux registres bien différents : la réforme du collège et celle des programmes scolaires. La gauche a choisi de lancer parallèlement ces deux chantiers (le fond en même temps que la forme, en somme), prenant le risque de brouiller les esprits ». Il pourra être intéressant de (re)lire le Vrai/Faux des décodeurs du Monde.fr, paru en mai 2015, à propos de cette réforme.

De son côté, Hugues Lefèvre, pour La Croix, nous dresse l’historique des réformes successives du collège unique depuis 1975.

N’en déplaise aux syndicats à la manœuvre contre la réforme, le taux de grévistes constaté aujourd’hui, même si localement (ou sur les réseaux sociaux) il y a pu avoir une mobilisation réelle, donne un net avantage à la ministre de l’Éducation nationale dans le rapport de force qui l’oppose à ses détracteurs. De là à penser que 5 professeurs sur 6 soutiennent cette réforme il n’y aurait qu’un pas. Cependant, c’est sur le terrain, à l’échelle de chaque établissement, que se joue la mise en place des différentes mesures, avec la formation notamment. Pour les principaux de collège, le véritable rendez-vous est d’ores et déjà fixé au mois de janvier quand les dotations horaires arriveront dans les établissements.

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Des réformes et des grèves par JiMo

Nouveaux programmes

Les nouveaux programmes (autre chantier engagé par la ministre en faveur de la réforme qu’elle souhaite structurelle) devaient être remis par Michel Lussault, président du Conseil supérieur des programmes (CSP), à Najat Vallaud Belkacem aujourd’hui. Finalement, ils lui seront présentés demain. On sait déjà que le « CSP a retravaillé son projet initial, vivement critiqué » : Le Figaro (dans son édition réservée aux abonnés) fait état de certaines modifications (à la fois sur la forme mais aussi sur les contenus).

Au micro d’Europe1, Michel Lussault rappelle sa volonté de rendre « les "apprentissages continus et homogènes". Les programmes de chaque matière seront ainsi composés pour trois ans : "oui, un programme de cycles. Ce qui est important, c’est que ces cycles de trois ans forment une continuité de neuf années, les neuf années de la scolarité obligatoire. Pour la première fois, dans toutes les disciplines, les apprentissages seront continus et homogènes, pour mieux suivre la progression des élèves. C’est la principale innovation de ces programmes ». « Interrogé sur la rumeur de la disparition de la chronologie en histoire, Michel Lussault a démenti fermement : "elle a été clairement réaffirmée ! On ne peut pas enseigner l’histoire à des élèves de ces âges sans passer par la chronologie" ».


Notes !

Les sujets de polémiques et les "marronniers" sont nombreux en matière d’éducation. La disparition de la notation chiffrée figure en bonne place parmi ces sujets.
Ainsi, tôt ce matin, le site d’Europe1 titrait : « École : la note sur 20 bientôt aux oubliettes ? » et précisait : « du CP à la 3e, les notes sur 20 devraient disparaître pour laisser la place à une notation de 1 à 4 ou de 1 à 5. L’entrée en vigueur est prévue pour 2016 ».

Comme le rapporte Ludwig Gallet dans l’Express.fr, « il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que l’exécutif ne réagisse. Sur Twitter, la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a ainsi fait savoir que le gouvernement ne souhaitait pas abandonner les notes sur 20. En revanche, une réflexion serait effectivement menée sur l’évaluation des élèves dans le cadre du socle de compétences ».

Marie-Estelle Pech et Eugénie Bastié du Figaro donnent quelques informations supplémentaires : « L’Éducation nationale pourrait s’inspirer d’une logique de notation "à la japonaise" selon le sociologue expert en notation Pierre Merle. Cette nouvelle notation de 1 à 5 pourrait être présentée en octobre par la ministre dans le cadre de la rénovation du brevet des collèges. Si les différentes disciplines (mathématiques, français, etc) continueront à être notées sur 20 comme avant, c’est, parallèlement, "le socle commun de compétences, de connaissances et de culture" censé représenter le niveau obligatoirement acquis par un élève de 15 ans, à la fin de la scolarité obligatoire, qui pourrait être noté de 1 à 5 ».


Divers

Comment expliquer à certains (je reste poli) qu’un réfugié, c’est avant tout un être humain qui essaie d’échapper à un pays en guerre ? The Independant publiait lundi des dessins d’enfants syriens. Sur le blog Big Browser du Monde.fr, on peut lire à propos de ces dessins : « Ils ont été faits dans le cadre d’activités psychosociales menées par des membres de l’organisation caritative Caritas dans quatre écoles situées à Jaramana, dans la banlieue de Damas, en Syrie. L’équipe n’a pas demandé aux enfants de dessiner la guerre, mais ce dont il avaient peur ». Les images valent parfois de longs discours.

Pour finir cette revue sur une note plus légère et un peu insolite, on apprend sur l’Express.fr que des renards ont élu domicile dans un lycée privé de Rouen. « Profitant des vacances, la famille renard a néanmoins pris ses aises et depuis la rentrée, sa présence et les traces qu’elle laisse sont plus visibles : excréments jusque dans la cour du lycée, terrier creusé près de la piste d’athlétisme, raffut nocturne. "Vont-ils venir jusque dans les couloirs du lycée ?", s’interroge la chef d’établissement qui s’est mise en chasse d’associations pouvant prendre en charge ces inattendus squatteurs. "Pour des raisons sanitaires et de sécurité, je ne peux laisser cette situation perdurer", explique-t-elle. » Affaire à suivre !

Demain, vous retrouverez Géraldine Duboz aux manettes de la revue de presse.
Pascal Thomas


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Réussir l’école du socle - En faisant dialoguer et coopérer les disciplines
Ouvrage - 2013
Francis Blanquart, Céline Walkowiak - ESF, 2013
Organisé de manière très concrète autour des pratiques scolaires de classe au collège et en 2de de lycée, cet ouvrage s’attache à tous les aspects de la pédagogie ouverte et innovante nécessaire à la réussite de « l’école du socle commun ».

Actualité de la pédagogie différenciée
Revue n°503 - février 2013

La pédagogie différenciée apparait comme une réponse à de multiples problèmes : l’accueil d’élèves non francophones, d’élèves handicapés, la lutte contre l’échec scolaire et la garantie pour tous d’un socle commun. Un dossier pour faire le point sur les différences entre élèves.