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Revue de presse du jeudi 15 mars 2018

Ruralité - Évaluation du système

Deux sujets dominent l’actualité éducative de ce jeudi 15 mars : la visite du Président de la République et du ministre de l’Education nationale en Touraine, à l’occasion de laquelle ils ont rencontré des élèves et parlé écoles rurales ; la question de l’évaluation et de la performance. D’autres sujets font ici ou là l’objet d’un article, notamment la maternelle ou l’inépuisable Parcoursup. Excellente lecture à tous.


Ruralité

Fermetures de classes en milieu rural : bataille de chiffres entre le ministère et les syndicats. En visite de deux jours en Indre-et-Loire, le Président de la République était présent ce jeudi au lycée Thérèse Plagnol de Loches et à l’école élémentaire du petit village de Rilly-sur-Vienne, accompagné du ministre de l’Education nationale. L’occasion pour Jean-Michel Blanquer, nous explique Le Monde, de se confronter à sa première vraie crise : celle des suppressions de postes dans les écoles rurales. "C’est la première « zone de turbulence » que traverse Jean-Michel Blanquer, disent les observateurs du monde de l’école ; son premier « test », imposé par la préparation de la rentrée 2018 – la première de l’ère Macron. Le ministre de l’éducation a choisi de le passer en se rendant à l’école primaire de Rilly-sur-Vienne (Indre-et-Loire), jeudi 15 mars, aux côtés du chef de l’Etat, Emmanuel Macron. Une petite école rurale, au sud de Tours, qui doit bénéficier, en septembre, d’un poste supplémentaire lui permettant d’ouvrir une troisième classe, et d’échapper à ces fermetures dénoncées un peu partout ailleurs.
« Opération déminage », souffle-t-on dans les rangs syndicaux, alors que la grogne enfle depuis plusieurs semaines
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De son côté, France Culture revient sur "la mobilisation dans une école rurale confrontée à l’annonce de la fermeture d’une classe [...] Pour mieux comprendre les enjeux du débat, Hakim Kasmi s’est rendu dans le village de Vézac, en Dordogne, qui risque de perdre l’une de ses deux classes.." Un reportage à retrouver sur le site internet de la radio.
En conséquence, l’exécutif [est] accusé de n’avoir que les villes dans son champ de vision, estime Libération. un article qui reprend les arguments des syndicats et de l’opposition et les confronte à ceux du ministère et plus généralement de l’exécutif.

Le Président de la République a par ailleurs profité de son déplacement en Indre-et-Loire pour annoncer la première classe dédoublée en milieu rural, information dont la quotidien local, La Nouvelle République a eu la primeur cet après-midi. Une annonce que le quotidien du centre-ouest estime être "une réponse" aux critiques contre la politique jugée anti-rurale de l’exécutif. "Emmanuel Macron a annoncé le dédoublement de classes de CP-CE1 en milieu rural, dont celle de Rilly-sur-Vienne. Auparavant, ces dédoublements ne concernaient que les écoles classées en REP+.
Un poste d’enseignant supplémentaire sera ouvert dans le Regroupement pédagogique intercommunal (RPI) de Rilly-Pouzay. Les effectifs passeraient ainsi à 12 élèves et 13 élèves par classe, contre 25 actuellement. Les maires des deux communes ont signé une charte avec l’académie Orléans-Tours qui garantit le maintien du poste supplémentaire pour une durée de trois ans.
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Évaluation du système

La question de l’évaluation du système est traitée dans la presse du jour notamment au travers de l’exemple danois, dans un article paru sur le site de la Chaire franco-chinoise sur les politiques d’éducation en Europe (merci à Bernard Desclaux pour cette trouvaille !) : Les réformes de l’éducation au Danemark. “Au Danemark, les établissements sont généralement financés et gérés par les municipalités, après l’avoir été par l’Etat pendant plusieurs décennies. A partir des années 1980, l’introduction graduelle des principes de la Nouvelle Gestion Publique a transféré la gestion des ressources et des structures éducatives à l’échelon local. En même temps, l’Etat introduisait des procédures et des institutions pour évaluer la qualité de l’éducation publique en demandant aux municipalités de rendre des comptes à travers des rapports annuels.

Pourtant, les choses ne sont pas aussi limpides lorsqu’on y regarde de près. Ce qu’a fait par exemple le Café pédagogique de ce matin, en reprenant les propos d’un éminent expert du management en la personne de Bill Gates, dans son article le pilotage aux résultats, ça ne marche pas. “La Fondation Bill and Melinda Gates ne financera plus le programme d’évaluation des enseignants. Elle reconnait l’échec de ces programmes de pilotage par les tests et de pression sur les enseignants. Depuis des années, la Fondation lancée par le fondateur de Microsoft finance des programmes de tests qui vont jusqu’à faire évaluer les enseignants par les élèves. Ces batteries de tests doivent permettre de détecter les écoles faibles et les obliger à s’améliorer. L’évaluation des enseignants est au coeur de ces tests. Là aussi il s’agit de détecter les mauvais enseignants et de les obliger à faire mieux. Dans sa dernière lettre , la Fondation annonce qu’elle ne financera plus ces tests car les résultats ont été décevants. Elle souligne que les tests ont été mis en place de façon différente selon les districts scolaires et souligne l’importance du contexte local pour améliorer l’Ecole. La Fondation Bill and Melinda Gates, outre ses moyens, a une grande influence sur les administrateurs de l’éducation aux Etats Unis.

Un avis que le SNPDEN-UNSA, premier syndicat des personnels de direction, n’est pas loin de partager concernant l’évaluation des établissements, au travers de l’édito de son numéro de mars 2018 de la revue Direction intitulé les impasses de la performance. " "l’évaluation est l’œil de la démocratie." déclarait Pierre Rosenvallon, lors de l’université d’été du Cnesco en août dernier. L’évaluation des établissements est une question indissociablement liée à celle de leur autonomie. On ne peut revendiquer d’être autonome et refuser d’être évalué mais qu’est ce que l’évaluation ? Au moment de remplir les affligeants "critères" censés refléter le métier de professeur, on peut se demander de ce que peut être l’évaluation d’organismes complexes comme les établissements que nous dirigeons."


Divers

Pour Le Figaro, la Maternelle n’est plus ce qu’elle était. "Le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, est décidément sur tous les fronts. Il veut « repenser » la maternelle. Pourtant, les programmes de la « petite école » ont été revus, il y a peu, sous Najat Vallaud-Belkacem, précédente ministre de l’Éducation, avec laquelle il partage, il est vrai, peu de vues. C’est au psychiatre Boris Cyrulnik qu’il a confié la mission d’organiser les 27 et 28 mars prochains des assises sur le sujet.
En amont, la note que publie ce 15 mars France Stratégie, institution rattachée au premier ministre chargée de la prospective, annonce la couleur : le temps où l’école maternelle française faisait figure de référence et de modèle parmi les pays de l’OCDE est révolu. Sa réputation est « ébranlée », assène l’organisme gouvernemental.
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Parcoursup : des universités réfractaires au "oui, si" selon l’Inspection générale. Sur le site spécialisé Educpros, Natacha Lefauconnier revient sur un récent article du Monde. "Certaines communautés universitaires seraient réfractaires au "oui si", selon une note confidentielle présentée aux recteurs le 6 mars 2018 et révélée par "Le Monde". En cause : le manque de moyens, des délais trop courts pour déployer les dispositifs de remédiation, ainsi qu’une "prudence" face à une possible "interprétation sélective de la réforme"."

Lionel Jeanjeau


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 543 - Enseigner par cycles
Dossier coordonné par Maëliss Rousseau et Céline Walkowiak
février 2018
La réécriture des programmes de l’école obligatoire réaffirme de façon explicite la notion de cycle dans le parcours de l’élève, mise en place dès la loi d’orientation de 1989. Cela change vraiment les objectifs et les conceptions des enseignements et donc interpelle les enseignants au cœur de leur pratique de classe.

N° 542 - Bienveillants et exigeants
Dossier coordonné par Danièle Manesse et Jean-Michel Zakhartchouk
janvier 2018
La notion de bienveillance a fait ces dernières années une entrée en force à l’école. Son articulation avec la mission principale de l’école (transmettre) n’est pas simple, surtout lorsqu’on inscrit cette «  transmission  » dans l’exigence que tous les élèves parviennent à un niveau qui leur donne de l’autonomie.