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Revue de presse du jeudi 15 mai 2014

Pré-rentrée sacrifiée - Salaires gelés - Ryhtmes congelés

Une revue consacrée essentiellement à l’annonce de la suppression du jour de pré-rentrée, mais qui évoquera aussi la question des salaires et des rythmes. Bonne lecture !

Pré-rentrée au panier ?

C’est le buzz du jour, mauvaise blague diront certains quand d’autres clameront victoire et se réjouiront de la bonne affaire : on a donc soldé la journée de pré-rentrée. En réalité, soldé n’est pas vraiment le mot, ni même bradé, non. A la demande de certains syndicats, qui rappelons-le au passage, ne représentent en rien l’ensemble de la profession, on a tout bonnement jeté au panier la journée de pré-rentrée des enseignants qui devrait donc avoir lieu cette année, le 1er septembre 2014, jour officiellement annoncée comme jour de rentrée des élèves. Pourquoi vous demandez-vous ? Et bien parce que selon certaines équations comptables, trop compliquées pour mes dix doigts, il faudrait soit-disant rattraper une journée du mois de novembre en échange d’une journée de septembre qui avait été soit-disant promise pour contre balancer une journée offerte à la Saint Glin Glin, et parce que par ailleurs, imaginer rentrer en août, oui vous avez bien entendu, en A-O-Û-T est un crime absolu de lèse majesté contre l’immobilisme caractérisé de certains, il aurait été annoncé qu’élèves et enseignants feraient ensemble leur rentrée, main dans la main, et vive le grand bazar ! Bon, sentant le ton de la tribune personnelle prendre le pas sur celui de la revue de presse, revenons donc à la presse...Que dit Maryline Baumard dans le Monde ? « A l’heure actuelle, le cabinet de Benoît Hamon ne confirme pas ce « cadeau » fait aux enseignants contre l’intérêt des élèves, mais les autres syndicats en ont aussi été informés. Pour François Portzer, le secrétaire général du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc), c’est une bonne nouvelle. « Faire rentrer les enseignants en août était inacceptable. Nous avions déposé un préavis de grève et je peux vous dire que nos militants y auraient répondu favorablement », rappelle-t-il. Côté syndicat des enseignants, on ne crie pas victoire. « Le tout-en-un n’est pas sérieux pour l’école, rappelle Christian Chevalier, le secrétaire général du SE-UNSA. Si le ministre repousse la prérentrée des enseignants, il doit aussi repousser celle des élèves. Cette journée était nécessaire, ne serait-ce que pour des questions d’organisation. » De son côté le Parisien reprend la nouvelle émise par son confrère : « Ces trois jours de différence pourraient faire l’effet d’une bombe, à l’heure où la réforme des rythmes scolaires n’est pas encore digérée ». A en lire les réactions des enseignants et des parents sur les réseaux sociaux, on n’est pas loin il est vrai d’un effet ricochet à plusieurs bandes. Mais au fait, quid de l’élève dans tout ça ? Et de son intérêt ? Quid des rythmes ? Quid de la refondation ? Quid de l’apaisement des relations avec les familles ? Quid de la restauration du système ? Et quid de la continuité dans les réformes ? Excusez-moi, me revoilà basculant à nouveau vers une forme de discours plus proche de la tribune...Revenons donc à la revue de presse, avec l’article du Nouvel Observateur : « Le SNES (Syndicat national des enseignements du second degré), principal syndicat des collèges et lycées, a tweeté l’annonce mercredi, relève le quotidien. "La prérentrée en août, le ras-le-bol de la profession (au salaire gelé) est arrivé aux oreilles du ministre, qui annonce le report à septembre", précisait l’organisation. Pré-rentrée en août, le ras le bol de la profession (au salaire gelé) est arrivé aux oreilles du ministre, qui annonce un report à sept. »

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Le dessin de Fabien Crégut

A propos de salaire...

Les enseignants, qui sont aussi des fonctionnaires, ont-ils de bonnes raisons de faire la grève ? Sur ce sujet, qui devait être le sujet du jour, voici quelques éléments de réponses à lire le Café Pédagogique « Globalement les salaires de début des enseignants français sont parmi les plus bas d’Europe de l’ouest. Selon l’OCDE, la rémunération brute d’un enseignant du premier degré en début de carrière est en moyenne de 21 077 € quand elle est de 26 512 dans l’OCDE et de 26 472 en Europe. Les enseignants français touchent 20% de moins que leurs homologues des autres pays développés. Cela n’empêche pas qu’on exige du professeur des écoles français d’effectuer 918 heures de cours par an quand leurs collègues de l’OCDE n’en font que 782 en moyenne... L’écart salarial est encore de 15% avec 15 ans d’ancienneté. Dans le second degré la salaire de début moyen en France est de 23 966 € contre 28 262 € dans l’OCDE soit 15% de moins. L’écart atteint même 18% au lycée. »


Rythmes congelés ?

Un pas en avant, deux pas en arrière, on apprend dans le Figaro que « présentées par la sénatrice socialiste Françoise Cartron, les 18 propositions de la Mission commune d’information (MCI) sur les rythmes scolaires, mise en place au Sénat en octobre, ont été rejetées. Un nouveau camouflet pour les rythmes ? La preuve, tout au moins, qu’un terrain d’entente politique n’a pu être trouvé. La Mission commune d’information (MCI) sur les rythmes scolaires, mise en place au Sénat en octobre 2013, a rejeté mercredi les 18 propositions du rapporteur, la sénatrice socialiste de la Gironde Françoise Cartron. » Et dans cette valse à mille temps, dont on ne comprend bien plus la cadence, certains se risquent même à esquisser un pas de côté. C’est ainsi qu’on apprend, dans un article de Libération que la ville de Lyon a décidé d’organiser à sa manière sa danse des rythmes. « La troisième ville de France a décidé de regrouper les activités périscolaires le vendredi après-midi, un assouplissement prévu par le nouveau ministre Benoît Hamon, mais réservé en théorie aux communes rurales. »


Et la pédagogie dans tout ça ?

L’actu pédagogique du jour revient au Huffington Post pour son article concernant l’efficacité de la pédagogie active par rapport au cours magistral traditionnel. « Dans un amphithéâtre, pendant un cours magistral, on peut tout faire : dessiner, jouer sur son PC, lire des articles plus ou moins intéressants, et même dormir. Apprendre, et s’instruire aussi, direz-vous. Mais jamais aussi bien que lorsqu’on suit un cours plus actif, dans lequel les étudiants participent et interagissent. On s’en doutait déjà, mais des chercheurs viennent de le prouver solidement, dans une étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). Leurs analyses montrent que les étudiants qui suivent des cours magistraux sont 1,5 fois plus susceptibles de rater leurs examens que ceux qui suivent des cours plus stimulants, selon des méthodes en pédagogie active. »


Dissection interdite !

Et pour finir cette revue, plus sérieusement qu’elle n’a commencé, un petit rappel à l’ordre, à la fois éthique et responsable. Rappelons qu’ « il est formellement interdit de faire disséquer à un collégien ou à un lycéen n’importe quel animal vertébré complet, mort ou vivant. L’enseignement supérieur et les filières destinées à former de futurs chercheurs de laboratoire sont les seuls à pouvoir déroger à cette règle ; encore ces dissections ne sont-elles possibles que sur autorisation ministérielle en bonne et due forme. » Le reste de l’article est consultable sur le site Vegatu.

Ainsi s’achève cette revue ; demain, c’est en compagnie de Lionel Jeanjeau que vous décrypterez l’actualité éducative.

Ostiane Mathon