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Revue de presse du jeudi 13 mars 2014

A propos du sport - La semaine du cerveau - Au B.O. du jour - Le plaisir d’apprendre - WC en péril -


J’enseigne le sport, mais pas que...

Dans l’e-mag de l’éducation VousNousIls Françoise Brisset, pro­fes­seur d’EPS au col­lège des Tilleuls à Claye-Souilly répond à quelques questions relatives à son métier, la discipline qu’elle enseigne et le parcours de formation qui a été le sien. Un entretien très intéressant qui permet de sortir d’une vision simpliste dans lequel les professeurs de sport sont très injustement enfermés. Insistons bien sur le très...Premier point que fait remarquer l’enseignante : « C’est une matière à part entière au même titre que l’histoire-géographie ou les mathématiques » Çà, c’est pour les collègues ou les parents qui seraient tentés de voir dans cette discipline soi-disant non intellectuelle une espèce d’option facultative ou régulative. Si vous continuez de refuser de travailler, vous serez punis en sport et privés de natation. A-t-on déjà entendu un professeur d’E.P.S. menacer un élève d’être exempté de cours de mathématiques faute de résultats suffisamment corrects au basket ? Allons, soyons sérieux, car oui, la pratique sportive est une pratique sérieuse, et non, elle ne développe pas que les muscles et la coordination motrice. L’enseignante le rappelle un peu plus loin : « Au tra­vers de l’EPS, nous cher­chons aussi à déve­lop­per le res­pect des autres, le res­pect des dif­fé­rences, l’autonomie, le goût de l’effort et le tra­vail en groupe avec en sup­port des acti­vi­tés phy­siques et sportives. » Tiens donc, l’E.P.S ne se résumerait donc pas à faire transpirer par la mise en activité du corps et serait même envisagée comme un moyen comme un autre, une discipline comme une autre qui permettrait de travailler sur de multiples compétences, tant sociales que civiques ? A propos de discipline et de liens entre les disciplines, un peu plus loin, Françoise Brisset décrit son parcours professionnel pour le moins original : « Après l’obtention de mon bac scien­ti­fique, je me suis orien­tée vers une faculté de sciences pour ensuite rejoindre l’école nor­male de PEGC à Versailles. J’ai suivi pen­dant 4 ans des études biva­lentes c’est-à-dire sciences de la nature et EPS. On sor­tait avec un diplôme qui s’appelait le CAPEGC (un diplôme biva­lent). J’ai ensei­gné ces deux matières un cer­tain temps et au fil des années, je n’ai plus eu que de l’EPS. » On peu donc, preuve en est, avoir et une tête et un corps bien faits et surtout bien accordés. Et d’ailleurs, petit question au passage, la tête n’est-elle pas un élément du corps ? De la tête au cerveau, il n’y a donc qu’un pas, et du cerveau aux émotions, la liaison n’est pas si anodine. En effet, l’enseignante souligne le rôle fondamental que les professeurs de sport jouent dans la vie quotidienne des adolescents en quête d’image d’eux-mêmes. Des ados mal dans leur peau à qui on demande, en sport, de dévoiler ce corps mutant, ce corps qu’à cet âge on aimerait cacher, pas si facile pour certains. « Il faut que ces der­niers acceptent de mon­trer leur corps, de se mon­trer aux autres lorsqu’ils sont évalués. C’est tout un tra­vail, l’EPS n’est pas que du sport. Nous fai­sons tel­le­ment de choses à côté : on les motive, on les ras­sure, on leur donne des conseils... on dis­cute avec eux... C’est comme un club ! Il y a le côté convi­vial et fes­tif. »


La semaine du cerveau

Sans transition, place au cerveau, cet organe si particulier qui tout à la fois fascine et désespère. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais nos neurones sont à l’honneur depuis quelques jours ; en effet du 10 au 16 mars c’est la semaine du cerveau. « Pour l’occasion, dans plus de 30 villes de France, les chercheurs vous invitent à partager leur enthousiasme pour "comprendre ce qui nous sert à comprendre", pour explorer cet organe fascinant qu’est notre cerveau et découvrir comment il fonctionne à tous les instants de notre vie quotidienne. » Pour ce faire sont organisés des débats, des ateliers, des conférences, des expositions et des spectacles. Et c’est dans cette logique que le chercheur Stanislas Dehaene, directeur du laboratoire de neuro-imagerie cognitive et professeur au Collège de France, vient d’ouvrir un site à l’intention des enseignants : Mon cerveau à l’école. Dans un article pour le Café pédagogique il explicite les finalités de ce site et l’importance de l’apport des sciences cognitives dans les champs de l’éducation et de l’apprentissage. S’il revient au chercheur « d’opérer le passage entre les sciences cognitives et la pédagogie, entre le labo et la classe » ... « c’est aux enseignants d’en tirer les conclusions pratiques pour la classe. Il y a presque toujours plusieurs manières d’enseigner avec succès, et l’organisation de la classe pose des défis que le chercheur ne connaît pas nécessairement » explique Stanislas Dehaene à l’enseignante devenue enseignante-chercheur Ange Ansour qui recueille ses propos. Dans ce site, on trouvera une dizaine de rubriques permettant de naviguer très intuitivement à la conquête de ce Saint Graal qu’est le cerveau humain. Avancées de la science disent les uns, effet de mode selon certains détracteurs, il n’en reste pas moins que pour tout ce qui touche au mystère de l’éducation et de l’apprentissage, on est souvent si démuni que tout point de vue est bon, non pas à prendre tel quel, mais à interroger tout du moins, ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle et responsabilité professionnelle. La tendance à des postures anti/pro n’a jamais vraiment fait avancer les choses et dans ce domaine, une chose est certaine, il faut savoir humilité garder !

Au BO du jour :

Lancement officiel du Prix de l’éducation sur le site education.gouv « Ce Prix a été créé en 1975 à l’initiative de l’Académie des sports. Depuis 1987, il est placé sous le patronage du ministre en charge de l’éducation nationale. Ce prix est ouvert :
- aux élèves des lycées général et technologique : classes de première ;
- aux élèves des lycées professionnels : classes de première professionnelle du baccalauréat professionnel et classes de deuxième année de certificat d’aptitude professionnelle.
Le candidat proposé par le chef d’établissement devra réunir un ensemble de qualités (réussite scolaire, palmarès sportif, engagement personnel au service de la collectivité) démontrant ainsi des capacités à s’engager à tous les niveaux (scolaire, sportif et social), aussi bien dans le cadre de l’établissement qu’en dehors de celui-ci. »

Toujours dans l’actualité du BO on apprend le lancement de la Campagne Pas d’éducation, pas d’avenir ! 2014 « Cette manifestation est organisée depuis 1946 par la Ligue de l’enseignement avec le soutien du ministère de l’éducation nationale. Elle se déroulera cette année du lundi 12 au dimanche 25 mai 2014, avec une collecte autorisée sur la voie publique le dimanche 18 mai 2014. Cette campagne permet de financer des projets en faveur de la défense et de la promotion du droit à l’éducation pour tous à travers le monde, avec une priorité pour les pays francophones. L’association Solidarité laïque est partenaire de cette opération, également soutenue par Milan Presse, comme chaque année depuis 2002. Les élèves et les enseignants pourront, s’ils le souhaitent, s’associer à la campagne et participer à la collecte organisée dans les départements par les fédérations départementales de la Ligue de l’enseignement ou par les associations membres de Solidarité laïque. »


Le plaisir d’apprendre :

« Comment se fait-il que la notion de plaisir soit écartée de nos apprentissages ? Pourquoi l’école est-elle si souvent synonyme de souffrance et d’humiliation ? Philippe Meirieu en est convaincu, la découverte du plaisir d’apprendre reste l’acte fondateur de toute éducation. Bien sûr, cette découverte n’est pas chose facile, pour que les enfants accèdent au plaisir d’apprendre, il faut faire preuve d’une éthique éducative inflexible. Elle tient en trois principes étroitement solidaires : tout enfant peut apprendre et grandir ; nul ne peut décider d’apprendre et de grandir à sa place ; on n’a jamais fini de créer les conditions qui suscitent et facilitent son engagement dans l’apprentissage. » A l’occasion de la sortie en librairie hier de son dernier ouvrage Le plaisir d’apprendre paru aux Editions Autrement ci-dessus citées, Philippe Meirieu était l’invité du jour d’Emmanuel Davidenkoff pour sa Question d’éducation, émission proposée quotidiennement par France Info. On trouvera également une recension (par mes soins) de l’ouvrage dans la revue de Bernard Desclaux


WC en péril :

A signaler, un billet de L’Humanité et qui n’hésite pas à titrer : « WC, l’éducation au bout du rouleau » On y apprend, mais cela ne sera une surprise pour personne qu’ « un rapport rendu public hier souligne le mauvais état d’entretien des toilettes dans un tiers des collèges et lycées de France.  » En voilà un scoop ! « Près de la moitié d’entre eux (les élèves) (42 %) se plaignent du manque de papier, 32 % des odeurs, 23 % de la propreté et 12 % du manque d’intimité des installations. Alors que, selon les urologues, un enfant doit uriner cinq à six fois par jour, l’ONS souligne que plus de 60 % des établissements se limitent à un seul nettoyage quotidien. » On pourra sourire en lisant cette étude en se remémorant bons et mauvais souvenirs, il n’en reste pas moins que cette histoire de droit à l’hygiène et à l’intimité est quotidiennement bafouée dans nos espaces scolaires et qu’effectivement au delà du caractère anecdotique dû principalement au titre provocateur, il s’agit là d’un vrai sujet.

C’est sur ces mots que cette revue du jour s’achève en attendant celle de demain, décryptée par Lionel Jeanjeau !

Chroniqueusement vôtre, Ostiane Mathon


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Le corps à l’école
Revue n°497 - avril 2012

Le corps à travers ses transformations, ses différences. Le corps de l’enseignant en tension dans la classe. Le corps qui socialise ou qui exclut. Le corps qui perturbe, désire ou souffre. Le corps pour bouger et ne plus bouger, pour courir et pour parler. Le corps pour grandir. Le corps pour apprendre.

Apprendre à chercher, chercher pour apprendre
Revue n°508 - novembre 2013

Comment les élèves se débrouillent-ils d’une tâche de recherche, de tri d’exploitation d’informations, en utilisant des supports papier ou numérique ? Comment les aider à développer ces compétences « info-documentaires », à passer de l’information identifiée au savoir assimilé et mobilisable ?


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