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Revue de presse du jeudi 13 février 2014

Le métier - Formation professionnelle - Réflexions - Genre, sexisme - Ailleurs


Le métier

La nouvelle annoncée hier est abordée, modérément dans la presse du jour. Le Figaro propose : Un simple lifting pour le statut des enseignants. “pour la première fois, la mission officielle de l’enseignant ne se cantonne plus uniquement à l’enseignement devant des élèves. Les missions complémentaires et facultatives des enseignants (investissement dans le projet d’établissement, responsable du parc informatique, coordinateur d’une discipline, maître formateur) vont être indemnisées, ce qui n’est pas toujours le cas aujourd’hui. Elles donneront lieu à une lettre de mission par le chef d’établissement. Il est indiqué qu’une circulaire ministérielle « donnera le cadre de ces lettres de missions ». « Une circulaire ministérielle précisera également les modalités d’attribution des indemnités à ces différentes missions en veillant notamment au coordonnateur de discipline. »

Le Nouvel Observateur note : Peillon : un accord pour un nouveau texte sur les profs du secondaire. “"C’est le serpent de mer, ça fait plus de 60 ans qu’on dit, +les décrets de 50+. Ca a été dans le débat politique ces quinze dernières années, avec beaucoup de gens qui prétendaient qu’il fallait faire ça... Personne ne l’a jamais fait", a souligné le ministre de l’Education nationale. "Je suis content que nous soyons arrivés aujourd’hui (mercredi, ndlr) à un accord, en tout cas avec les syndicats les plus représentatifs". Un décret doit être présenté fin mars, pour des mesures qui entreront en vigueur à la rentrée 2015.

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Le dessin de Fabien Crégut

Le site VousNousIls indique quelques éléments : Statut des enseignants : les nouvelles propositions du ministère.

Dans le paysage, il y a aussi ce qu’a indiqué Bruno le Roux, le chef de file des députés socialistes sur LCP : Fonctionnaires : le gel de l’avancement est "sur la table". Et cela pourrait toucher toutes les fonctions publiques.


Formation professionnelle

Bernard Capron, Président d’AGEFA-PME déclare « Contre le chômage des jeunes on a tout essayé, sauf de faire de l’enseignement professionnel une voie royale ! »et il précise : « Pour atteindre ces objectifs essentiels, la première des mesures est de valoriser un véritable socle d’enseignements généraux commun à tous les diplômes de l’enseignement professionnel, en lien avec les humanités, les réalités sociales et culturelles. En somme, être aussi exigeant, en matière de culture générale, avec les élèves de toutes les filières. Ce serait une petite révolution dans le schéma actuel de l’enseignement professionnel français. »

De son côté, Le Cereq analyse les freins au développement de l’apprentissage. Il identifie dans son étude quatre facteurs : l’histoire du système éducatif, de la place de la formation professionnelle et de l’apprentissage, ainsi que du développement différencié de l’enseignement supérieur dans la région ; les contextes socio-économiques régionaux dans lesquels est implanté l’apprentissage jouent aussi un rôle important ; les choix réalisés par les régions en matière de ciblage des niveaux de formation, d’organisation et d’implantation de l’offre par apprentissage et de démarche qualité (pour éviter la rupture des contrats notamment) ; et enfin les modes de gouvernance choisis. Partage des objectifs, mode de pilotage, articulation du système éducatif avec le monde des entreprises… autant de paramètres qui rendent les politiques régionales en la matière très différentes.

Mais le frein moteur est enclenché : Formation professionnelle : le projet de loi rejeté au Sénat. « Le projet de loi sur la formation professionnelle, examiné par la commission des affaires sociales du Sénat ce mercredi 12 février, a été rejeté en raison du vote contre du groupe UMP et du Front de gauche et de l’abstention de l’UDI. Motifs invoqués : un texte fourre-tout et une pression trop forte du gouvernement.  »


Réflexions

Claire Levenson, journaliste à New York questionne sur Slate : Et si on mettait une dose de multiculturalisme à l’américaine dans notre modèle républicain ? « Pour faire un raccourci, les Français pensent qu’il ne faut surtout pas parler de ces différences, les Américains et les Canadiens pensent qu’il ne faut surtout pas ignorer cette pluralité culturelle.  » L’article passionnant se termine par « Deux espaces d’échanges ont récemment été créés pour pallier ce manque : le Réseau national de lutte contre les discriminations à l’école et un réseau international de recherche sur la problématique éducation et diversité (Ried) avec des équipes québécoises, belges, suisses et françaises.
« Nous essayons de structurer des espaces de coopération, dans lesquels on peut réfléchir ensemble sur les expériences des uns et des autres, plutôt que d’opposer des modèles culturels ou nationaux supposés essentiels et antagoniques », résume Fabrice Dhume. En matière de formation, la feuille de route du gouvernement ne va pas dans ce sens...
 »

Luc Cédelle signe un long article : Si l’école « n’enseigne plus », alors pourquoi la conserver ?, réflexion notamment sur l’utilisation du terme « pédagogisme ». Il se termine ainsi : “Mais sur « l’école n’enseigne plus », aucun débat sérieux n’est possible. Rabâché depuis des décennies, ce type de paradoxe chic qui vous pose son essayiste accablé ou son journaliste à la tronçonneuse a atteint un point de basculement où il n’est plus tempéré par la distanciation théâtrale propre à la scène intellectuelle ou universitaire. Il est repris « cash », au premier degré, par des gens, des mouvements, des coalitions d’intérêts dont le message distillé dans l’opinion est d’une rude simplicité : si l’école publique « n’enseigne plus », pourquoi la conserver ?

Claude Lelièvre, l’historien de l’éducation, répond aux vœux du "Cercle des recteurs disparus" à Vincent Peillon, et remet en perspective la question du "rôle de l’école" dans ’’Lire, écrire, compter", l’horizon d’une école d’Ancien Régime en reprenant les paroles de Jules Ferry.


Genre, sexisme

Et la polémique se poursuit impossible de passer à côté. FranceInfo propose un reportage : L’ABCD de l’égalité : immersion dans une classe du Rhône. Le Nouvel Observateur rapporte les paroles de Copé : Stéréotypes de genre : Copé dénonce les "amalgames" du gouvernement. Et donne la parole à Nadia Vallaud-Belkacem qui se déclare "extrêmement choquée" par le "comportement" de Copé. Le Nouvel Observateur rapporte les paroles de M. Apparu : « "Je m’inscris évidemment dans cette logique" contenue dans cet outil pédagogique "que j’ai lu et qui ne me pose aucun problème sur le fond, qui est dans le prolongement de ce que nous avons fait et de ce que l’on fait depuis de très nombreuses années, à savoir lutter contre ce que l’on appelle les stéréotypes de genre", a déclaré M. Apparu sur RTL.
"Simplement, Vincent Peillon a un tout petit peu précipité les choses. C’est la première fois qu’une association délivre ce type de document à l’Education Nationale sans que cela passe par l’Inspection générale", a affirmé M. Apparu.
"Essayons d’avoir des débats apaisés", a lancé l’ancien ministre du Logement du gouvernement Fillon qui s’est dit "convaincu qu’à droite comme à gauche, il y en a qui mettent un peu trop d’huile pimentée sur le feu."
 »

Mais derrière cette polémique se profile une autre cible : le livre. Ainsi FranceInfo titre : Les opposants à la "théorie du genre" s’attaquent à des livres pour enfants. Le même site propose une vidéo du député du Nord Yves Durand qui s’en est pris directement au président de l’UMP sur les bancs de l’Assemblée nationale : Polémique "Tous à poil" : Copé "champion du bobard", selon un député socialiste. Et Mattea Battaglia dans Le Monde signe un papier « Théorie du genre » : ces livres qui ont alimenté la rumeur.


Ailleurs

L’Université catholique de Louvain a présenté ce mercredi son projet de MOOC. L’enseignement online entre dans les universités belges.

« Nous n’effectuons pas de chasse aux sorcières » au Luxembourg – «  Après les révélations sur un haut fonctionnaire payé sans mission réelle, de nouveaux cas de charge de travail « non adaptée » ont été découverts, révèle mercredi « RTL ». »

Chine : la féminisation de l’enseignement jugée dangereuse pour les écoliers.

Et nous terminons par l’annonce du décès de Michel Alliot, fondateur de l’université Paris 7.

Demain vous serez accompagné dans vos lectures par Lionel Jeanjeau

Bernard Desclaux

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseignant : quel métier ! Hors-série n°33 - decembre 2013
Une compilation d’articles parus dans notre revue, pour alimenter les débats en cours, en prenant du recul sur ce qu’une revue pédagogique a pu dire des métiers enseignants au cours des dernières années.

N°487 - Filles et garçons à l’école
Coordonné par Isabelle Collet et Geneviève Pezeu
février 2011