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Revue de presse du jeudi 12 novembre 2015

Numération - Réforme - Changement - Générations - Mixité


On commence par du consensus dans cette revue de presse, celui censé ressortir de la conférence sur la numération qui se déroule à l’Ifé. Moins consensuel, le débat sur la réforme du collège continue de déchainer les passions, tout comme celui sur la mixité. Il est aussi question de générations et de changement.


Numération

Le Conseil national de l’évaluation du système scolaire tient aujourd’hui et demain à l’Ifé une conférence de consensus sur la numération. Elle « a pour objectif d’établir un dialogue entre des experts et des membres de la communauté éducative afin de faire des recommandations basées sur les résultats de la recherche, les connaissances scientifiques et les pratiques de terrain, nationales et internationales, concernant l’apprentissage de la numération dans l’école française. » La croix relaie l’information en soulignant que « l’acquisition du nombre n’a pas toujours reçu, y compris de la part des chercheurs et de l’institution scolaire, toute l’attention qu’elle mérite ».
André Antibi s’exprime sur le sujet pour Sud Radio. Pour lui la France n’a pas à rougir sur ce sujet. Il conteste une quelconque faiblesse de nos élèves en mathématiques expliquant que « le problème vient plutôt d’un désamour pour la discipline, cultivé par son caractère trop sélectif ».


Générations

En France, les jeunes sont plus satisfaits de l’éducation que leurs aînés, rapporte Le Figaro.
« Selon un sondage publié ce jeudi par l’Association Sœur Emmanuelle (Asmae), la majorité des Français (56%) se déclarent insatisfaits de l’éducation de manière générale, alors qu’une majorité des 18-24 ans (57%) la trouve au contraire satisfaisante. » L’information est développée dans Le Figaro. On y apprend l’importance de l’école pour les Français. « Pour 95% des Français interrogés, la qualité de l’éducation est aussi importante pour le développement d’un pays que les dimensions politiques et économiques comme la démocratie (95%) ou le plein emploi (96%). »

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Jeune satisfait de son éducation, dessin de Geneviève Brassaud

Reforme

L’intersyndicale contre la réforme du collège tenait une conférence de presse aujourd’hui. Après des mobilisations nationales en demi-teinte, les opposants au collège 2016 optent pour une « résistance locale »... sorte de pourrissement de la situation pour éviter que le concret ne puisse avancer. Pour Le Monde, les choses sont claires, on parle d’« appels au sabotage ». Le site Touteduc relate également cette conférence de presse.
Il est question de Twitter et de la réforme dans un billet de Jean Marie Lejeune sur le site Questions de classes. Il dénonce les comportements qu’il juge être du harcèlement. « Comme des piranhas, les profs trolls s’attaquent en banc à une victime dite “pédagogiste”. » « C’est en m’inscrivant sur Twitter pour échanger autour de mes pratiques professionnelles que les Trolls profs m’ont appris que j’étais, parce que je m’intéressais à la pédagogie, un “pédagogiste”. » Dans son viseur, le SNES : « Que croyez-vous qu’il arrive quand le plus grand syndicat de France livre le nom d’une femme à ses militants, en invitant à la scatologie ? »


Changement

Tout changement est difficile. Si la réforme du collège provoque des débats qui dépassent la limite acceptable, le sujet de l’évaluation sait lui aussi être polémique lorsqu’il inonde l’espace public. Ce n’est pas spécialement le cas ces temps-ci. L’interview pour VousNousIls de Charles Hadji qui sort un livre sur le sujet se fait donc plus sereinement. « “Faut-il supprimer les notes ?” Je réponds : “Ce n’est pas la question importante”. Si on ne peut pas se libérer de l’addiction à la note, on pourra toujours en mettre. L’essentiel est de se doter d’outils qui permettent de faire une observation analytique des apprentissages des élèves, de façon à les aider. Que l’on mette des notes ou pas, c’est secondaire. » Cela revient donc à dire qu’on ne peut pas se contenter des seules notes… mais qu’on peut s’en passer. Alors pourquoi ne pas enlever le pot de confiture dans lequel on a envie de tremper les doigts à la moindre occasion ?

Le changement, il en a aussi été question lors de la mise en place des ESPE. Elle fait aujourd’hui l’objet d’un rapport. « Coordonné par Pierre Desbiolles et Monique Ronzeau, le nouveau rapport de suivi de la mise en place des Espe conclue en demandant leur maintien », explique le Café pédagogique. « Comment réorganiser la formation des enseignants en l’inscrivant en université tout en lui donnant une dimension professionnelle, dans des structures nouvelles ayant une identité inscrite dans des universités elles-mêmes en pleine mutation institutionnelle et en pleine crise budgétaire ? Au terme de deux années d’existence, malgré des progrès, les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) affrontent toujours les mêmes difficultés estime le rapport publié le 11 novembre 2015 par l’Éducation nationale. Il recommande de régler les questions budgétaires , de renouveler les formateurs et d’améliorer l’alternance en établissement. »

Le changement est parfois le résultat de la patience. C’est tout ce que l’on souhaite à l’équipe qui porte le projet Célestin de collège-lycée Freinet à Nantes. Sur son blog, Bernard Collot publie une lettre de soutien d’Hubert Montagner.


Mixité

L’emag VousNousIls consacre un article aux réactions suite aux annonces de la ministre sur la mixité. « Les syndicats de chefs d’établissement saluent globalement cette démarche » alors que « le Snes-FSU se montre beaucoup moins enthousiaste face à ces mesures. » Le syndicat « en profite également pour tacler la réforme du collège, qui est : “mortifère à la fois pour la mixité sociale dans les collèges qu’elle conduira à mettre en concurrence, et pour la réussite des élèves des milieux populaires, que la conception des EPI va mettre encore davantage en difficulté”. »

Pour L’Obs, Caroline Brizard pose la question : Les parents aisés accepteront-ils la fin des collèges ghettos ?
« On comprend bien l’intérêt d’une mère de famille d’une cité difficile de voir son enfant inscrit dans le collège de centre-ville. Mais à l’inverse ? Quel parent aisé va accepter d’envoyer son enfant dans un collège qui traînait jusque là une mauvaise réputation ? Quand on sait qu’il faut plusieurs années pour redresser un établissement en difficulté, comment le convaincre que son enfant ne va pas commencer par essuyer les plâtres ? »

Guillaume Caron
Demain, ne manquez pas le grand retour de Lionel Jeanjeau (et il est en forme !)


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Compétences et mathématiques
Hors série numérique 31 - Septembre 2013
Coordonné par Rémi Duvert
Ce dossier propose un point sur l’approche par compétences en mathématiques. Comment les travailler, puis les évaluer ? Comment en faire une opportunité pour mieux enseigner les mathématiques, dans le cadre des programmes comme dans des projets interdisciplinaires ?

Ecole et milieux populaires

Le mythe de l’égalité républicaine, nous n’y croyons plus trop, nous savons bien que certains élèves «  sont plus égaux que d’autres  ». Nous ne sommes pas naïfs. Mais pour la plupart, enseignants et acteurs de l’éducation, nous pensons travailler à la promotion de tous et souhaitons souvent pouvoir «  compenser  » les inégalités.