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Revue de presse du jeudi 12 janvier 2017

Education aux médias - Le système éducatif au coeur des ambitions présidentielles - Education prioritaire - Prédicat - Divers

Ce tour d’horizon de l’actualité éducative, assez riche ce jeudi, abordera l’éducation aux médias, les ambitions de différents candidats à l’élection présidentielle pour le système éducatif et les remous qu’elles suscitent, et les derniers débats autour de l’éducation prioritaire. Nous terminerons avec quelques informations diverses.

Education aux médias

Suite à la deuxième conférence nationale « Cultures numériques, éducation aux médias et à l’information (EMI) », qui s’est tenue du 7 au 9 janvier à Lyon, l’EMI est à l’honneur dans les médias. Le Café pédagogique fait un compte-rendu exhaustif des débats, en remettant les enjeux de cet enseignement en perspective : « Pour ou contre le numérique ? La question ne se pose même plus : le numérique est là, il constitue désormais notre milieu de vie. La question désormais est bel et bien : le numérique comment ? Que peut en faire l’Ecole pour développer chez tous les élèves des compétences essentielles : informationnelles, réflexives, techniques, créatives, collaboratives … ? En quoi le numérique à son tour est-il alors capable de transformer pratiques de classes, modalités de formation des enseignants, forme des établissements scolaires … Ces enjeux de l’Éducation aux Médias et à l’Information ont fait l’objet d’une conférence nationale à Lyon du 9 au 11 janvier 2017. Acteurs, témoins et experts ont partagé pratiques et réflexions pour aider au final les élèves à se construire comme citoyens du web actifs et critiques, créatifs et responsables. Échos de la 2ème journée … ». Le Progrès qe fait également l’écho de cette conférence, en mettant l’accent sur le besoin de formation des enseignants : « "L’école change avec le numérique", affirme le ministère de l’Éducation nationale. Jusqu’à présent, la société est allée plus vite que l’école. De nombreux enseignants se sentaient démunis face aux nouvelles technologies utilisées – mais pas forcément comprises — par la génération “digitale”. 
En lien direct avec le numérique, l’éducation aux médias et à l’information est entrée dans les programmes en 2016. Toutefois, là aussi, les enseignants n’ont pas forcément une bonne connaissance des circuits de production de l’information, ce qui est pourtant indispensable pour exercer une lecture critique. »


L’éducation au cœur des ambitions présidentielles

Benoît Hamon, candidat à la primaire de la gauche, a présenté récemment son projet éducatif, et envisage de recruter 40 000 enseignants, notamment.
Le projet éducatif de la droite, est lui, sensiblement différent et semble s’apparenter à des coupes sombres dans les effectifs et à un désengagement de l’Etat, sous couvert de régionalisation et d’autonomie accrue des établissements. Le Café pédagogique retranscrit une séance de questions de députés Les Républicains et les réponses de Najat Vallaud Belkacem, qui met explicitement en garde contre le projet d’autonomie voulu par la droite : . « "S’il s’agit d’une autonomie comme celle que prône la droite, à savoir une autonomie financière au nom de laquelle chaque établissement scolaire se comporterait comme une petite entreprise, le chef d’établissement recrutant lui-même ses enseignants, expliquez-moi en quoi cela garantit une éducation de qualité sur tout le territoire national, ce qui a priori devrait tous nous intéresser puisque nous agissons pour l’ensemble de la France ? Quelle égalité y aura-t-il le jour où les chefs d’égalité pourront recruter leurs enseignants ? Cela signifie que les chefs d’établissements cotés recruteront les meilleurs enseignants et que par définition, dans les territoires les plus difficiles, typiquement la Seine-Saint-Denis où on a tant de mal à envoyer des professeurs, ils seront encore moins nombreux !" ».
Le projet de la droite est également vigoureusement dénoncé par Yannick Trigance, député et soutien de Manuel Valls, dans le Huffington Post.
La régionalisation, prônée par la droite pour les lycées professionnels semble, par ailleurs, mettre en difficulté les centres d’information et d’orientation (CIO). Le Café pédagogique en parle ici


Éducation prioritaire

Aujourd’hui, il est de nouveau question d’éducation prioritaire. Avec, pour commencer, une bonne nouvelle, puisque le dispositif "plus de maîtres que de classes" semble fonctionner, d’après le ministère. La Croix en parle ici
Dans la continuité des mouvements de grève qui touchent certains lycées de zones d’éducation prioritaire, des enseignants-chercheurs ont lancé une pétition pour soutenir le collectif Touche pas à ma ZEP, publiée dans Libération.
Et Le Café pédagogique relaie l’appel de l’association OZP (Observatoire des Zones Prioritaires), dans le cadre de la publication de son Manifeste pour l’éducation prioritaire, à "sanctuariser l’éducation prioritaire. Ce compte-rendu donne l’occasion de constater une divergence de viue entre l’association et le collectif Touche pas à ma ZEP sur ce que doit être l’éducation prioritaire : « Alors que l’OZP présentait son texte, le collectif "Touche pas ma zep" s’est invité dans la réunion. S’en est suivi un échange avec l’OZP, le collectif demandant à l’OZP son soutien.
Le collectif demande des moyens pour les lycées "ex-zep" et une nouvelle carte de l’éducation prioritaire incluant ces lycées. Il met l’accent sur la limitation du nombre d’élèves (30 maximum et 24 en lycée professionnel) et le maintien du financement des projets et des classes dédoublées.
"L’éducation prioritaire ce n’est pas qu’une étiquette et quelques élèves de moins par classe", répond François Régis Guillaume, de l’OZP. "Mais tout un dispositif qu’on essaie de faire vivre et qui n’est même pas esquissé au lycée". S’opposent clairement deux conceptions de l’éducation prioritaire. »


Prédicat

La polémique stérile du moment autour de l’introduction de la notion de prédicat à l’école primaire a rebondi aujourd’hui, avec un traitement qui semble maintenant plus nuancé. Ainsi, BFM TV tente de traiter le sujet de manière plutôt équilibrée : « "Le prédicat", c’est le nom que porte la nouvelle controverse qui agite aujourd’hui l’Education nationale. Cette notion, nouvellement introduite dans les programmes des classes de CM1 et de CM2, est accusée de remplacer l’enseignement des compléments d’objet direct et indirect. La réalité est plus contrastée. ». Télérama, d’où la polémique était partie, publie une réponse de trois universitaires qui expliquent que simplification ne rime pas avec négociation de la grammaire. Espérons que ce sera la fin d’une tempête de plus dans un verre d’eau, dont l’actualité éducative a le secret.


Divers

Nous terminons cette revue de presse avec deux informations. Ouest-France attire l’attention sur la situation difficile des enfants orphelins : « Pourquoi aussi invisibles ? « La mort est taboue dans notre société et encore plus dans l’univers des enfants. D’ailleurs, à l’école, aucune case n’est prévue dans les fiches à remplir pour un parent décédé. » Administrativement, les orphelins sont catégorisés dans les familles monoparentales, sans différence avec les enfants de parents divorcés. Absents des radars des politiques familiales, de la sociologie, voire de la psychologie, leurs difficultés à se construire sont pourtant particulières.

Comment mieux les accompagner ? « Notre étude sur la scolarité des orphelins, lieu de socialisation par excellence, est un des leviers de notre action pour, très tôt, repérer et aider l’enfant ». Quelques chiffres montrent l’urgence : la moitié estime que l’orphelinage a eu de fortes conséquences sur leur scolarité, leur santé, leurs relations amicales et amoureuses. Puis, sur leur orientation puisque 28% des adultes ayant perdu un parent pendant l’enfance ne sont titulaires d’aucun diplôme, contre 17% de l’ensemble des adultes. ».
Enfin, les enseignants aussi bénéficient des échanges Erasmus. Le Monde en parle ici
Aurélie Gascon (avec l’aide de Bernard Desclaux)


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseigner les langues aujourd’hui
N° 534 - Enseigner les langues aujourd’hui
Dossier coordonné par Soizic Guérin-Cauet et Hélène Eveleigh
janvier 2017
Apprendre une langue étrangère, c’est à la fois une évidence pour tous et une difficulté pour chacun. Et les études internationales ne font que confirmer que les Français seraient mauvais en langues. Quelles sont les pratiques qui permettent à l’apprentissage des langues vivantes d’être bénéfique pour nos élèves ?

N° 533 - Créer et expérimenter en sciences et technologie

Dossier coordonné par Évelyne Chevigny et Roseline Ndiaye
décembre 2016
L’enseignement des sciences expérimentales s’est considérablement renouvelé. Ces changements ont visé à mettre l’élève au centre, en prenant en compte les travaux de la didactique ainsi que les réflexions sur le bagage intellectuel de base pour tout citoyen du XXIe siècle, au cœur d’une société basée sur les sciences et les technologies.