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Revue de presse du jeudi 12 avril 2018

SES — Orientation — Supérieur — Divers

L’enseignement de sciences économique et sociale en discussion. Le débat sur l’orientation s’amplifie avec l’avis du CESE (Conseil économique, social et environnemental). Le gouvernement défend Parcoursup. On terminera par quelques informations diverses, mais pas moins intéressantes.


SES

Réforme du lycée : l’enseignement de l’économie fait débat par Marie-Christine Corbier pour les abonnés malheureusement.

« Le risque de marginalisation et de dénaturation des sciences économiques et sociales au lycée est grand ». “Onze professeurs et chercheurs, parmi lesquels Christian Baudelot, Philippe Meirieu et Thomas Piketty, s’élèvent, dans une tribune au « Monde », contre le projet ministériel de rabotage de l’enseignement de l’économie, de la sociologie et des sciences politiques au lycée.”

Alain Caillé : « Il faut repenser le statut et l’avenir des sciences économiques et sociales ». “Dans une tribune au « Monde », le sociologue Alain Caillé regrette que la réforme du baccalauréat menace la filière de sciences économiques et sociales. Le combat pour la sauver est légitime, mais il faut la redéfinir selon lui.”


Orientation

Les inquiétudes provoquées par les annonces de la suppression des CIO et le transfert des DRONISEP aux régions commencent à se manifester dans la presse.

Vers un grand chamboule-tout du service public d’orientation par Erwin Canard. “Le gouvernement prévoit de transférer aux régions les délégations régionales de l’Onisep et d’affecter les psychologues de l’Éducation nationale dans les collèges et les lycées. Ce qui viderait les CIO de leur substance. Des projets qui suscitent l’inquiétude des acteurs de l’orientation. Ils y voient la fin d’une information nationale sur l’orientation et une place accrue laissée au privé.”

La presse régionale se fait l’écho de l’inquiétude des personnels d’orientation. Ainsi un reportage de France3-régions- Normandie : Vers la fermeture de tous les Centre d’Information et d’Orientation en 2019 ?

Le courrier Picard propose deux articles ici et . Et sur FranceBleu : 12 Centres d’Information et d’Orientation normands menacés de fermeture.

Pendant ce temps, Le CESE propose de repousser l’orientation en fin de seconde. ”Le Conseil économique , social et environnemental a adopté le 11 avril un projet d’avis rapporté par Laure Delair (groupe des organisations étudiantes et mouvements de jeunesse) et Albert Ritzenthaler (groupe CFDT). Le CESE propose de revoir le système d’orientation actuel et propose plusieurs recommandations. Le CESE préconise "de déplacer le palier d’orientation de la fin de la troisième à la fin de la seconde, en faisant de l’année de la seconde une année d’observation et de découverte des voies générales, technologiques et professionnelles" et "de spécialiser la formation en première et en terminale pour les diplômes de l’enseignement professionnel de niveau IV tout en offrant la possibilité d’une spécialisation de niveau IV après le baccalauréat". Il invite aussi à "développer le mentorat par des salariés d’une entreprise ou d’une association" auprès des jeunes et à "développer les relations entre Ecole et monde professionnel par la nomination dans chaque établissement d’un.e délégué.e au monde économique et social disposant de moyens pour organiser les relations avec les entreprises et services publics du bassin d’emploi".

La suite sur le site du CESE.
Et à propos de cet avis du CESE : Orientation des jeunes : prendre son temps... sans le perdre !Le CESE préconise donc de « déplacer le palier d’orientation préparant aux trois baccalauréats de la fin de la troisième à la fin de la seconde...articulant enseignements généraux, transversaux et des modules de découverte des enseignements professionnels en lycée professionnel et en CFA ». Négligeant le fait que la réforme du lycée portée par Jean-Michel Blanquer et examinée le 12 avril par le Conseil Supérieur de l’Education, ne prend pas du tout cette voie-là ! Mais l’idée de « prendre son temps » est manifestement dans l’air… du temps. Ainsi, lors d’une table ronde sur l’éducation au « Printemps de l’Economie » qui s’est déroulé du 20 au 23 mars à Paris, Daniel Agacinski (France Stratégie) a parlé d’un « droit à l’errance » pour les étudiants. « Le Temps mange la vie » écrivait Baudelaire dans son poème « l’Ennemi ». Tout l’art consiste à savoir le prendre sans le perdre.”

Hélène Fauvel dans Miroire social présente les différents points de l’avis du CESE : Transformer l’orientation pour permettre à chaque jeune d’être acteur de son parcours.

Une petite distance historique est proposé par Claude Lelièvre sur son Blog : Histoire et politiques scolaires, Mai 68 : pour Blanquer, c’est le Pompon !Jean-Michel Blanquer s’en est pris récemment à « l’esprit de Mai ». Si on le compare aux deux ministres de l’Education nationale choisis et soutenus par le général de Gaulle avant et après Mai 68 (Alain Peyrefitte et Edgar Faure) ou avec son Premier ministre (Georges Pompidou), duquel est-il le plus proche en matière de politique scolaire ? De Pompon voyons !

Et sur son blog, Jérôme Martin a publié Orientation : la victoire posthume de Georges Pompidou, par Jérôme Martin. “En 1974, dans son livre testament Le nœud Gordien, Georges Pompidou livrait sa conception de l’orientation scolaire :
« L’orientation ne peut être le fait que de ceux qui ont des enfants une connaissance approfondie c’est-à-dire prolongée. Elle ne peut donc être exercée que par la confrontation, dans des formes à préciser, des parents eux-mêmes, des enfants qui après tout ont en eux un instinct qui ne trompe pas toujours, tant s’en faut, des professeurs qui ont pu juger des qualités non seulement intellectuelles mais physiques et de caractère des enfants, des chefs d’établissements enfin qui, au cours des années, voient, s’ils s’en donnent la peine, s’affirmer la personnalité des élèves, avec leurs faiblesses et leurs possibilités ».
Plus de quarante ans plus tard, on pourrait penser que les idées de Georges Pompidou appartiennent à un passé révolu. Et pourtant rien n’est moins sûr
.”

Enfin un document de l’INSEE tombe bien : Des poursuites d’études plus fréquentes et une insertion professionnelle toujours difficile pour les moins diplômés par Junel Bernard, Claude Minni, Anna Testas.


Supérieur

La défense de Parcoursup semble s’organiser.

Universités : « Ce ne sont pas les étudiants qui s’expriment, c’est un groupe radical », dénonce Vidal. Vidéo de l’intervention à l’Assemblé nationale.

Parcoursup : les présidents d’université à l’offensive sur le terrain de la communication par Laura Taillandier. “Le mouvement étudiant contre Parcoursup prenant de l’ampleur, la couverture médiatique également. Pour certains présidents d’université comme pour la Fage qui soutiennent la réforme, l’objectif est de communiquer et d’éviter "les contre-vérités".”

Parcoursup : CV, lettre de motivation et fiche Avenir : à quoi ça sert ? par Camille Fromaget. “La première année d’étude se solde souvent (60%) sur une réorientation, un abandon ou un redoublement. Un chiffre qui confirme les problèmes d’orientation que peuvent rencontrer les jeunes en France : les choix parmi les filières qu’ils peuvent suivre aujourd’hui sont les mêmes qu’il y a 20 ans.”

Parcoursup : la sélection est-elle la solution ?Faut-il abandonner Parcoursup et la sélection qu’il impose ou, au contraire, y voir un progrès par rapport au système qui l’a précédé ?” Question que se pose Libération.

Et même le Président s’en mêle ! Universités : Macron dénonce "une manipulation"

Montpellier : la salle des serveurs de l’université « vandalisée », les examens suspendus. “D’après le président de l’université, la salle a été vandalisée par « une trentaine d’individus ». Une enquête a été ouverte.”

A l’université de Nice, des masters à 4 000 euros qui passent mal. “Ces diplômes en deux ans ont été mis en place par Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, qui a présidé l’université de Nice entre 2012 et 2017. Des étudiants et des professeurs critiquent cette « privatisation  ».” A la mémoire... Il n’y a pas que dans les réseaux sociaux que les traces persistent.


Divers

Lien avec l’Eglise : le Président a semé ses « cailloux » en « petit Poucet » malin. “Certains avaient du mal à y croire en dépit de quelques mises en garde fondées sur quelques réalités avérées ; mais c’est devenu maintenant évident après la présence sans précédent du président de la République à la « conférence des évêques » et ses déclarations. A une grande distance d’un autre « jupitérien » non moins catholique, Charles de Gaulle…” par un certain Claude Lelièvre.

Macron et la laïcité : Prises de position syndicales et laïques. "Nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé, et qu’il nous importe à vous comme à moi de le réparer". La phrase prononcée devant les évêques le 9 avril alimente la polémique aussi bien auprès des syndicats que de la Ligue de l’enseignement."

Roger-Pol Droit : "Mon pavé 2018, c’est contre la sclérose de l’enseignement de la philosophie". “Le philosophe Roger-Pol Droit, invité d’Olivier de Lagarde, prône la philosophie comme levier pour comprendre la réalité et les idées qui nous permettent de la représenter.” A écouter sur FrancetvInfo.

Et au Québec, de Nouvelles règles pour l’enseignement à domicile se discutent.

Bernard Desclaux


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 543 - Enseigner par cycles
Dossier coordonné par Maëliss Rousseau et Céline Walkowiak
février 2018
La réécriture des programmes de l’école obligatoire réaffirme de façon explicite la notion de cycle dans le parcours de l’élève, mise en place dès la loi d’orientation de 1989. Cela change vraiment les objectifs et les conceptions des enseignements et donc interpelle les enseignants au cœur de leur pratique de classe.

N° 542 - Bienveillants et exigeants
Dossier coordonné par Danièle Manesse et Jean-Michel Zakhartchouk
janvier 2018
La notion de bienveillance a fait ces dernières années une entrée en force à l’école. Son articulation avec la mission principale de l’école (transmettre) n’est pas simple, surtout lorsqu’on inscrit cette «  transmission  » dans l’exigence que tous les élèves parviennent à un niveau qui leur donne de l’autonomie.