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Revue de presse du jeudi 10 octobre

Des programmes - Des notes - Des luttes

Au programme de cette revue de presse essentiellement... les nouveaux programmes !

Programmons

L’actualité du jour est bien évidemment marquée par la mise en place du Conseil Supérieur des Programmes et par le lancement des travaux qui devraient déboucher sur une refonte totale des programmes scolaires. Dans Le Parisien, Vincent Peillon présente en ces termes sa composition : « Pour définir ce que les élèves doivent savoir au XXIe siècle. Afin que les programmes soient légitimes, il faut que l’on puisse comprendre comment ils sont faits. Le CSP les élaborera dans la transparence en associant des compétences universitaires, des professionnels de terrain, des spécialistes, la représentation nationale et celle de la société civile. »
Le Monde rappelle qu’il s’agit de la troisième refonte en dix ans. et avance une raison : « Vincent Peillon avait donné le ton en février, en déclarant, en marge d’un déplacement à Tours : "Les programmes de 2008 ne sont pas les bons." Sur le terrain, on lui donne assez facilement raison. Trop lourds, trop chargés, trop techniques, trop "vieille école"... Les programmes en vigueur depuis cinq ans à l’école maternelle et élémentaire sont contestés sur la forme comme sur le fond. »
Les nouveaux programmes devraient entrer en vigueur dès la rentée 2014 en maternelle ; C’est ce que titre les Echos. Un leitmotiv pour le ministre repris dans plusieurs journaux :« Il faut « redonner à la maternelle son statut spécifique et ses pédagogies propres », estime le ministre. « La grande section de maternelle devenait ces dernières années un petit CP et, chez un certain nombre d’élèves, cela pouvait créer des blocages », »
Qu’en pensent les profs de cette refonte ? Le Monde donne la parole à quelques-uns d’entre eux. Deux contributions prises au hasard (si, si). Pour Sylvain Grandserre « La majorité des collègues connaissent les programmes, et les adaptent. » Et il avoue « J’ai vingt ans d’ancienneté et je n’ai jamais vraiment appliqué un programme en entier, j’élague, j’élude... ». Pour Ostiane Mathon « Le temps de l’éducation est un temps long contrairement au temps politique. Ce ne sont pas les changements de programmes qui guident en premier lieu l’acte d’enseigner mais les besoins d’apprentissages des élèves. Dans ma classe, ce sont les enfants qui définissent le programme. Chaque matin, c’est le même rituel : ils proposent les sujets et les activités. Ils sont aux commandes de leur trajectoire scolaire. ».
Et les élèves, qu’en pensent-ils ? C’est France Info qui leur donne la parole dans la chronique en partenariat avec Mon quotidien. Leïla, Pierre-Aimé, Adrien, Loïc, et Linda, élèves de sixième au collège Elsa-Triolet de Paris ont posé leurs questions à Jean-Yves Rochex. L’échange est souvent savoureux « Tous les professeurs que j’ai eu n’ont jamais terminé leur programme »
Donc à quoi ça sert ?

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Le dessin de Fabien Crégut

Notons

Marie-Caroline Missir s’est procuré pour l’Express/ Conseils de classes un rapport de l’inspection Générale sur les pratiques de notations des élèves utilisées par les enseignants. Ceux qui connaissent un peu le rédacteur du jour de la revue de presse ne seront pas étonnés d’apprendre que ce passage a retenu son attention : « Au collège, la classe sans note est beaucoup plus rare, et quand elle existe suscite, "l’incompréhension ou l’indifférence", de la part des professeurs et des élèves. "La mission d’inspection générale a ainsi relevé des expressions comme ’classe bizarre’ ou ’classe de bêtes’ qui ne manquent pas d’interroger sur le statut de toute innovation dans le système éducatif français. »
La conclusion de l’étude est sans appel : « On ne sait pas ce qu’on évalue, les niveaux de performance ne sont pas définis. Il est impossible de savoir ce que maîtrisent effectivement les élèves et de comparer les résultats d’une classe à l’autre, d’une école ou d’un établissement à l’autre »
Donc à quoi ça sert ?


Luttons

Terminons par un sourire, celui de Malala, dont il était déjà question dans la revue d’hier. La jeune Pakistanais vient de recevoir le prix Sakharov (en attendant le Nobel ?) pour son combat pour l’éducation des filles au Pakistan. Son portrait est dans La Croix.
Le sexisme peut aussi -hélas- être plus proche de nous tout en étant -heureusement- moins virulent . Ce sont deux journalistes habituées aux questions éducatives qui reviennent sur le « poulegate ». On se permettra donc de présenter ici la tribune commune signée par Marie-Caroline Missir de l’Express et Louise Tourret de France Culture : le temps de la révolte.
Et là c’est sûr ça sert !

C’était exceptionnellement de nouveau Laurent Fillion qui vous a proposé cette revue, demain l’actualité sera commentée par Lionel Jeanjau