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Revue de presse du jeudi 10 avril 2014

Métier : enseignant - Rythmes scolaires - Education prioritaire - L’avenir du supérieur - Le cas Fioraso - Barbaries

Une revue bien chargée, où il sera question du métier d’enseignant, des premiers pas de Benoît Hamon à la conquête des rythmes et de l’éducation prioritaire, de l’avenir des filières du supérieur, des MOOC et du tsunami numérique, de Madame Fioraso et du bac qui approche. Une revue qui se conclura malheureusement par deux actualités qu’on aurait bien aimé ne pas avoir à relater. Bonne lecture !

Métier : enseignant

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Le dessin de Fabien Crégut

Bonne nouvelle : « Presque trois quarts des parents interrogés ont une image positive du métier d’enseignant » apprend-on ce matin sur France Info Et pourtant paradoxe des situations, les enseignants ne portent pas cette même vision positive vis-à-vis de leur métier. C’est ce que nous révèle « les résultats surprenants d’un sondage Opinion Way réalisé pour l’association de parents d’élèves de l’enseignement libre (Apel) et l’enseignement catholique. Ce sondage a été réalisé auprès des enseignants du public et du privé. Il montre qu’un enseignant sur trois n’est pas satisfait de son métier et que seuls 40% des profs conseilleraient ce métier à leurs enfants. » Ce paradoxe est souligné par Pascal Balmand, Secrétaire Général de l’Enseignement Catholique qui parle de « décalage de perception » entre ce que les enseignants imaginent de l’image qu’ils renvoient aux familles, se sentant incompris voire mal-aimés alors qu’à l’inverse, la très grande majorité des parents sont très positifs envers cette profession à tel point que 80% d’entre eux seraient prêts à conseiller ce métier à leur enfants, contre 40% chez les premiers concernés. Un décalage qui donne à réfléchir et dont on trouvera des éclairages intéressants en téléchargeant le document mis en ligne par l’Association des Parents d’élèves de l’Enseignement Libre. Pour étayer davantage encore la réflexion, on pourra également se référer à cet article de Caroline Beyer paru au Figaro et qui reprend les données du sondage précédent pour tenter, comme d’autres l’ont tenté auparavant de dresser Un portrait-robot du professeur idéal : Ce professeur rêve doit tout à la fois, développer le potentiel des enfants, éduquer dans la continuité des familles, transmettre des savoirs mais au-delà, permettre d’apprendre à utiliser ces savoirs, aiguiser l’esprit critique, stimuler la créativité et favoriser l’estime de soi. Vaste programme, et qui, soulignons-le au passage, dépasse largement le seul "Lire-écrire-compter". « Les parents attendent des professeurs qu’ils ne soient pas simplement des enseignants, mais des éducateurs. C’est précisément ce que nous défendons, explique Pascal Balmand. » en réponse à l’analyse de Caroline Saliou, présidente de l’Apel.


Rythmes

Sur le terrain, le nouveau Ministre Benoît Hamon mobilise son énergie dans un exercice de style peu aisé ou il doit tout à la fois rassurer les uns et expliquer aux autres qu’il ne sera pas, sur le délicat dossier des rythmes, le ministre des abandons mais qu’il sera en revanche celui des expérimentations. Dans cette vidéo, publiée hier par l’Express ses propos sont clairs : « La réforme des rythmes scolaires ne sera pas abandonnée ». Sur ce même sujet, Véronique Soulé pour Libération publie : « Toutes les communes devront passer aux quatre jours et demi en primaire à la rentrée comme prévu, a-t-il assuré. Mais quelques-unes pourront proposer des « expérimentations utiles et intéressantes » pas tout à fait conformes au décret sur la nouvelle semaine scolaire, l’important étant qu’elles « servent la réussite des élèves. » Allez, répétons-le donc en chœur : l’important, c’est que l’école s’emploie à la réussite des élèves !


Éducation Prioritaire

Hier, comme annoncé dans la revue de Géraline Duboz, se tenait à la Sorbonne la deuxième étape de la réforme concernant les R.E.P. Réseau d’Éducation Prioritaire dans laquelle le Ministre a exposé ses priorités et pistes d’actions. Maryline Baumard, jounaliste au Monde revient dans son article de ce matin sur cette journée. Elle écrit : « La refonte de l’éducation prioritaire est en marche. En relançant, mercredi 9 avril, les discussions autour de cette réforme très attendue, le ministre de l’éducation nationale Benoît Hamon s’inscrit dans les pas de son prédécesseur Vincent Peillon. » Il s’agit de « mettre l’accent sur le fonctionnement, la pédagogie de ces « super-ZEP ». Quel enseignement, quelles méthodes appliquer pour lutter contre les déterminismes sociaux et réduire l’écart de réussite entre les élèves des milieux populaires et les autres ? » A ce titre, quatorze mesures ont été prévues dont : l’affectation de maîtres supplémentaires dans certaines classes, le tutorat, l’aide aux devoirs, des possibilités de suivis individualisés en ligne, la possibilité dans certains établissements, de recourir au soutien d’assistants de prévention et de sécurité. Également préconisés par Benoît Hamon : davantage d’échanges sur les pratiques éducatives, un déploiement accru de l’expression écrite pour développer les compétences en matière de lire-écrire, une vigilance particulière à porter au climat scolaire et à la bienveillance. « Pour faire de l’école un lieu « bienveillant et exigeant », il est utile d’« instaurer des rapports de confiance entre les enseignants, les familles et les élèves », rappelle Claude Bisson-Vaivre, inspecteur générale de l’éducation nationale, de « les accueillir dans des locaux conviviaux », mais aussi de « faire comprendre les règles et les faire appliquer. » Dans un article des Échos, on retrouve ces mesures déclinées : « Il faut garantir l’acquisition du ’’lire, écrire, parler’’ et enseigner plus explicitement les compétences que l’école requiert pour assurer la maîtrise du socle commun », indique-t-on au ministère en mettant en avant « l’exigence de justice » qui est « au cœur de la refondation de l’éducation prioritaire. » Des déclarations qui rassurent le journaliste Antoine Daccord pour RTL qui titre son article-synthèse : Pour Benoît Hamon, l’école demeure "une priorité" malgré les contraintes budgétaires.. On retrouvera l’ensemble des mesures collectées dans cedocument ainsi q’un une vidéo de l’intervention en Sorbonne hier de Benoît Hamon, disponible sur le site officiel du ministère.


L’avenir du supérieur

Le cas de l’enseignement supérieur privé : Depuis des années, le secteur connaît régulièrement rachats et fusions d’écoles, peut-on lire dans cet article de La Croix « Des fonds d’investissement français et étrangers, qui cherchent à constituer de grands groupes à même d’affronter une concurrence mondialisée, s’y intéressent de plus en plus. » Ainsi, le célèbre Cours Florent, duquel sont sortis de nombreux artistes aujourd’hui célèbres, a été racheté en 2012 par Studialis qui se présente « comme un réseau « indépendant ». Entendez par là qu’il ne sollicite pas de financements de la part de l’État mais compte exclusivement sur le soutien de financeurs privés ». Pour Olivier Rollot, ces dernières années ont vu émerger deux grands types d’acteurs : « D’un côté, des entreprises comme l’américain Laureate (NDLR : 800 000 étudiants répartis dans 29 pays), spécialisées de longue date dans l’enseignement supérieur ; de l’autre, des fonds d’investissement qui commencent à pénétrer ce secteur. Difficile pour l’heure de savoir si la stratégie de ces fonds s’inscrira dans le long terme… » Côté avenir des filières de formation dans le supérieur, il faudra désormais compter, ne l’oublions pas, avec les MOOC, Massive Open Online Courses, des cours en ligne, ouverts à tous, accessibles, certifiants, diversifiés et offrant des parcours de formation sur mesure. Nathalie Silbert dans son article des Echos écrit : « Face au déferlement des Mooc dans le monde, écoles de l’enseignement supérieur et universités françaises cherchent à apporter une réponse avec le soutien des pouvoirs publics. [...] Face à la déferlante mondiale, la mobilisation française s’est organisée fin 2013. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a pris la main, jugeant indispensable d’engager une politique incitative pour les aider à combler le retard français. En octobre dernier, les pouvoirs publics ouvraient ainsi France université numérique (FUN), une plate-forme nationale mise gratuitement à la disposition des acteurs de l’enseignement supérieur pour accueillir leurs futurs MOOC » De son côté Emmanuel Davidenkoff, journaliste et expert des questions d’éducation, dans son tout récent ouvrage reprend l’image de déferlante en la poussant un cran plus haut et parle lui de véritable « Tsunami numérique » A signaler, sur le blog Techniques innovantes pour l’enseignement supérieur, un excellent billet sur cette question : « Les MOOC sont au cœur de la démonstration d’Emmanuel Davidenkoff, qui leur consacre un chapitre entier. En effet, si les MOOC sont une réponse institutionnelle à un besoin qui existe depuis longtemps (ce n’est pas de moi, mais je ne retrouve plus la source), ces nouveaux dispositifs posent bien des questions aux institutions (quels cours, quelle place dans les formations, quelles certifications … ). Mais ils débordent largement le cadre de la formation initiale et impactent nombre d’autres missions de la formation (recrutement, harmonisation, formation continue, validation des acquis de l’expérience, université ouverte ou de tous les savoirs, notamment). » Et puis, un peu plus bas, il poursuit : « Emmanuel Davidenkoff se concentre sur la difficulté – l’impossibilité ? – qu’a l’institution de se réformer par elle même. Plaidoyer pour que l’innovation devienne possible dans la formation, on comprend à le lire qu’il faudrait d’abord reconstruire la confiance au sein de l’institution, tenir le débat public et avoir une vision et un courage politique qui n’a pas encore émergé. Il n’ignore pas que la dimension pédagogique prime sur la forme numérique, et montre bien qu’il faut laisser de la liberté aux acteurs dans une démarche d’innovation continue. » Un billet à lire, donc, et un ouvrage, également.


Le cas Fioraso

Geneviève Fioraso, ancienne ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche récupère dans ce nouveau gouvernement le titre de Secrétaire d’état à l’enseignement supérieur et à la recherche. Elle travaillera donc désormais sous l’autorité de Benoît Hamon. Faut-il y voir un déclassement personnel ou l’occasion d’une collaboration pensée de manière plus systémique ? Dans un billet paru sur VousNousIls on découvre son point de vue : « ce grand minis­tère de l’avenir [regrou­pant Education natio­nale, Enseignement Supérieur et Recherche] avec Benoît Hamon est une belle oppor­tu­nité : pour l’orientation –3/+3, pour la pré­sen­ta­tion des métiers dès le lycée, pour l’harmonisation des stages, pour les Espé ainsi que pour amé­lio­rer l’ascenseur social." L’articulation entre les dif­fé­rents niveaux d’enseignement sera en effet ainsi favo­ri­sée et " tra­vailler ensemble va nous per­mettre de gagner en effi­ca­cité" estime la nou­velle secré­taire d’Etat à l’Enseignement supé­rieur et à la Recherche.  » De son côté, Claude Lelièvre, en bon historien du système éducatif, se livre à une petite remontée au fil du temps. Pour lui, « on aurait tort de penser que François Hollande a manqué d’inventivité dans la composition du nouveau gouvernement car, dans le jeu des ’“ chaises musicales ”’, il a fait preuve d’une indéniable virtuosité dans la figure de la valse inversée en nommant Geneviève Fioraso « secrétaire d’État ».


Printemps des révisions :

Printemps rime avec révisions... Pour tous les futurs bacheliers, toutes filières confondues, voici deux ou trois trucs d’experts. Vous voulez tout savoir sur ce qu’est une bonne copie, voire une excellente copie ? Cet article du Monde écrit par Maryline Baumard est fait pour vous.
« Chaque élève de terminale connaît l’art de la bonne copie : questionnement clair, argumentation logique, exemples expliqués, un ou deux schémas légendés, un croquis structuré, le tout lisible et propre, et en bon français » Mais si vous souhaitez décrocher la lune et emporter avec vous le correcteur, quelques points supplémentaires vous seront octroyés si vous vous différenciez « à chaque phrase, par le style comme par la maîtrise du fond. Idées et exemples n’y sont utilisés qu’une fois, les personnages et les faits sont replacés précisément dans leur contexte, les notions reliées à leur concepteur… » Trop fad, non ? Allez, encore quelques petites semaines pour vous entraîner et tenir compte de ces bons conseils, alors, bonnes révisions !


Barbaries

Pour finir cette revue, deux actualités particulièrement pénibles qu’on peut difficilement mettre de côté mais que je ne commenterai pas tant elles relèvent de l’insoutenable barbarie dont la nature humaine est capable.

Sur Libération « Un ancien directeur d’école privée et membre de la fraternité Saint-Pie X est accusé d’abus sexuels lors d’« exorcismes » perpétrés sur trois enseignantes »

Sur le sit Reuters « Agression au couteau dans un lycée américain, 22 blessés »

Ainsi s’achève votre revue du jeudi, en attendant de retrouver demain toute l’actu décryptée par les soins de Lionel Jeanjeau.

Ostiane Mathon


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