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Revue de presse du jeudi 04 juin 2015

Histoire aux programmes - Rentrée - Divers


Deux infos occupent l’espace médiatique "éducatif" du jour : la consultation à propos des programmes d’histoire et la circulaire de rentrée 2015 parue au bulletin officiel. Dans cette revue de presse, il sera aussi question de diverses infos non triées.


Histoire aux programmes

L’enseignement et les programmes d’histoire continuent à faire débat.
« La ministre de l’Éducation a répondu point par point aux critiques adressées aux futurs programmes d’histoire en cours d’élaboration ». Denis Peiron, pour La Croix, cite les différents arguments avancés par Najat Vallaud Belkacem lors des tables rondes sur l’enseignement de l’histoire organisées mercredi à la Sorbonne par le Conseil supérieur des programmes (CSP).

Fabienne Cosnay d’Europe 1 revient sur ces échanges. Elle cite la ministre qui aborde le « roman national » : « le programme "doit raconter un récit national, pas un roman national, c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas de fiction". Il faut "faire comprendre aux jeunes gens le monde dans lequel ils vivent, en connaissant le passé de la France" mais également "la France dans le monde". "Les périodes glorieuses comme les périodes sombres servent à comprendre comment la France est devenue la France ». On peut aussi lire que le président du CSP a « admis que la rédaction de ces programmes d’histoire comportait certains défauts, qui ne les rendaient pas clairs, et notamment cette histoire d’obligatoire-facultatif », sur laquelle Najat Vallaud-Belkacem souhaite revenir.

Sur le site de Bfmtv, il est fait allusion à une tendance à la « repentance, [fustigée par certains qui jugent] trop grande la place accordée aux pages sombres de l’histoire de France, au détriment des périodes glorieuses ». « Tout ce qui rappelle tant les racines chrétiennes de la France que le fait national (conflits, annexions de provinces, traités entre États) se trouve passé sous silence, a déploré dans Le Figaro Patrice Gueniffey, directeur d’études à l’École de hautes études en sciences sociales (EHESS). »

« Ces programmes portent "une forme de culpabilité nationale qui fait la part belle à l’Islam, aux traites négrières, à l’esclavage et qui tend à réinterpréter l’ensemble du développement de l’Occident et de la France à travers le prisme du colonialisme et de ses crimes", a renchéri Pierre Nora » auprès du Journal du dimanche.

A propos de la place des religions dans ces fameux programmes, Laurence De Cock défend son point de vue sur le blog « aggiornamento histoire-géo » de Mediapart.
Elle rappelle que « ce n’est pas la première fois que des programmes ont l’idée de lier l’étude des trois monothéismes. Les premières moutures des programmes 2008 en avaient déjà fait la proposition, très largement retoquée par une consultation de terrain qui n’avait, à l’époque, vraiment rien d’artificiel ». Elle précise : « il fut question hier, lors d’une belle journée, de liberté pédagogique, d’introduction de nouvelles thématiques et de nouvelles échelles ; il fut question surtout de faire de l’histoire en classe ; une histoire dépoussiérée de ses implants identitaires ; une histoire reconnaissante de la richesse des différences et soucieuse d’en accompagner les transformations plutôt que d’en limer les rugosités. Il fut question enfin d’esprit critique, d’émancipation, et d’un projet commun de l’école qui opte pour le risque de l’avenir plutôt que pour la sécurité mélancolique. »

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Le défi des profs d’histoire par JiMo

La rencontre organisée à la Sorbonne est aussi citée par Libération. « La question de la formation des professeurs, initiale et continue, est plusieurs fois revenue sur le tapis :
"C’est l’enjeu essentiel, si vous voulez mon avis", a confié à la sortie Michel Lussault. Qui a promis, pour pacifier autant que possible les débats, de "revoir sensiblement l’écriture des programmes. C’était médiocre sur ce point, certaines formulations sont trop allusives." Sur le fond, le Conseil des programmes n’a encore rien arrêté, disant attendre de voir ce qu’en disent les enseignants. Les programmes sont soumis à consultation jusqu’au 11 juin ».

Pour finir cette partie sur une note plus légère, on pourra lire cet article sur Franceinfo : Quand (déjà) les nouveaux programmes en histoire inquiétaient (1977).


Rentrée 2015

Très attendue par de nombreux acteurs de l’Éducation, dont les personnels de direction, parce qu’elle fixe le cap pour l’année scolaire prochaine, la circulaire de rentrée est parue.

« La rentrée de septembre 2015 sera la troisième rentrée scolaire de la refondation de l’École de la République. L’année scolaire 2015-2016 sera celle de la mise en œuvre du programme de l’école maternelle, de l’enseignement moral et civique et des parcours éducatifs. Un effort important sera accordé à la formation et à l’accompagnement des équipes. À la rentrée 2016, ce sont les cycles, le socle et les programmes de l’école élémentaire et du collège qui entreront en vigueur. »

La circulaire détaille les priorités pour l’année scolaire 2015-2016 :
- « Construire une École plus juste pour offrir à chaque élève un parcours de réussite » ;
- « Garantir l’égalité et développer la citoyenneté » ;
- « Former et accompagner les équipes éducatives et enseignantes pour la réussite des élèves ».

On y retrouve bien évidemment les objectifs fixés par la ministre pour préparer la réforme du collège à la rentrée suivante ou encore le volet consacré à la formation des professeurs, mais aussi une référence aux textes de 2014 qui modifient sensiblement le décret de 1950 portant sur le statut et les missions des enseignants. On y trouve aussi une mention à propos du nouveau régime de décharge des directeurs d’école.

Enfin, la conclusion de cette circulaire de rentrée sonne comme une fin de récréation : « Fédérer les efforts de tous, au sein de l’école et au-delà de l’école, vers un objectif partagé, celui de la réussite des élèves, en s’appuyant sur tous les leviers créés par la refondation : tel est bien l’enjeu de la rentrée 2015-2016. Pour que cette ambition puisse s’incarner, un effort important sera accordé à la formation et à l’accompagnement des équipes. Chacun doit se sentir pleinement engagé et responsable dans cette mission au service de notre jeunesse. »

De nombreux sites annonçaient cette circulaire tôt dans la matinée. Ainsi, on pouvait, par exemple, trouver la dépêche AFP sur 20 Minutes. Y sont annoncés « trois changements » (dont la réforme des ZEP). On y trouve aussi une information concernant les primes des enseignants (les indemnités de mission particulière, IMP). En réalité, ces indemnités viennent en remplacement de certaines heures supplémentaires (dont le périmètre était moins clairement défini mais qui offraient aussi plus de souplesse). La même dépêche est citée par d’autres sites comme Libération.

2555 postes seraient annoncés dans le second degré selon cette même dépêche. Mais trouveront-ils preneurs ? En effet, un reportage de France 2, fait état de la pénurie de candidats à l’enseignement secondaire : « le nombre de postes ouverts augmente chaque année, mais les bons candidats se font rares. En lettres classiques par exemple, on compte seulement 114 admissibles sur 230 emplois à pourvoir en grec ou latin. En maths, la situation n’est guère mieux : 1 802 admissibles pour 1 440 postes. En anglais et allemand, même combat. »


Divers

« Najat Vallaud-Belkacem a appelé à une "extrême vigilance" mercredi matin à propos de l’application "Gossip", qui permet un échange de potins anonymes. Mais à quoi sert exactement cette appli ? » Léo Mouren, pour l’Express.fr, nous explique le fonctionnement de cette application qui fait peur aux lycéens (et qui occupe donc divers personnels de l’Éducation nationale).

Sur Francetvinfo, mais aussi sur le site de l’Express, on reparle de la bourse au mérite : « actuellement, chaque année, 7 000 bacheliers environ reçoivent cette bourse, qui s’élève à 1 800 euros par an. Le gouvernement prévoit de l’abaisser à 900 euros, un choix assumé par la ministre de l’Éducation. Pour Najat Vallaud-Belkacem, c’est tout le système qui a été réformé pour augmenter le nombre de boursiers. La droite dénonce (...) une mesure idéologique. À gauche, cette réforme ne fait également pas l’unanimité. Après la réforme du collège, celle de la bourse au mérite pourrait être une nouvelle épreuve pour le gouvernement. »
« 
Un boycott des examens du secondaire qui tombe à l’eau » : c’est le titre qu’a choisi Claude Lelièvre pour un billet de blog sur Educpro. Il nous rappelle « qu’en février 1965, le SNES appelle à une grève administrative en vue d’améliorer les conditions d’enseignement, et surtout de tenter de s’opposer à la réforme du secondaire (création de filières A,B, C, D, E, F, G) envisagée par le ministre de l’Education nationale Christian Fouchet.
Le ministère fait planer la menace de rétorsions financières sévères, voire de réquisitions. Et quinze jours plus tard, le même Conseil national du SNES estimant que la poursuite de la grève "risquait de rendre difficile le maintien de la liaison, déjà délicate", avec les parents d’élèves, décide de transformer la forme d’action engagée, en demandant aux syndiqués du SNES de reprendre la communication normale des notes et la participation aux conseils de classe
. »

De son côté, Delphine Bancaud pour 20 Minutes « fait le point sur les tendances attendues en septembre dans les cours de récré » et nous présente « les fournitures scolaires qui vont cartonner à la rentrée ».

Demain, vous retrouverez Ostiane Mathon et Géraldine Duboz aux commandes de la revue de presse.

Pascal Thomas


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Questions aux programmes
Revue n°507 - septembre 2013

Qui donc fait les programmes scolaires, qui devrait les faire, selon quels critères ? Les programmes pour quoi faire dans le quotidien des classes ? Il y a ce qu’on choisit de ne pas faire, ou bien de faire en plus, sans parler de ce que l’on arrive pas à faire. Et voilà maintenant le socle commun au programme des enseignants...

Développer des compétences en histoire-géographie
Hors-série n°28 - mars 2012

L’approche par compétences bouscule la conception ordinaire de l’histoire-géographie. Elle est ambitieuse en explicitant ce que les élèves doivent être capables de faire en manipulant des notions et des connaissances en permettant d’évaluer sérieusement ce qu’ils ont appris dans ces activités.