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Revue de presse du 9 septembre 2014

Le regard de l’OCDE — Orientation — Caution — Polémique — Des pistes et ressources —


L’actualité d’aujourd’hui, c’est la publication ce jour par l’OCDE de ses “Regards sur l’éducation”. Mais vous trouverez bien d’autres pistes de réflexions dans cette revue.


Le regard de l’OCDE

Sur Educpros, Marie-Anne Nourry présente donc le rapport "Regards sur l’éducation" de l’OCDE publié ce jour (les documents sont à téléchager en fin d’article). Elle titre : Regards sur l’éducation 2014. L’ascenseur social français à la peine. “Parmi les thèmes abordés cette année, une nouveauté : le lien entre le niveau de formation, les compétences acquises, l’employabilité et l’accès à la formation professionnelle.” Dans un contexte où le niveau de formation a fortement augmenté au cours des quarante dernières années en France, “Ne pas terminer ses études est plus que jamais un handicap pour trouver du travail. Et les jeunes sans qualification ont davantage souffert de la crise économique”.

Véronique Radier dans le Nouvel Observateur titre Education : l’école à Papa ? C’était la cata !. “Notre école est mauvaise ? Elle était pire avant. Croisant compétences réelles et niveau scolaire, l’OCDE révèle que nous formons mieux aujourd’hui qu’autrefois.” Et “les jeunes générations à travers le monde sont en réalité bien plus compétentes que leurs aînés, formés à cette fameuse école "d’avant".
Plus diplômées, on le savait déjà, mais ces diplômes, loin d’avoir perdu leur valeur en étant obtenus par un plus grand nombre, répondent bien à un meilleur niveau. Ainsi, les 25-34 ans sont bien plus nombreux à obtenir le score maximal en littéracie (capacité à comprendre un texte écrit à en analyser les informations (18%)) que les 55-64 ans (5%), soit 13 points d’écart, dans les 24 pays étudiés.

Le Cafépédagogique choisit l’angle revenu des enseignants et titre : L’OCDE souligne les fortes inégalités entre le primaire et le secondaire. “Si les enseignants français ont des salaires inférieurs à la moyenne de l’OCDE, l’octroi de primes et d’avantages pour les enseignants des lycées creuse l’écart avec les salaires des professeurs du primaire. C’est un des principaux enseignements de Regards sur l’Education avec l’inadaptation de la formation des enseignants.
Pour Caroline Beyer, dans le Figaro, L’OCDE pointe le manque de préparation pédagogique des enseignants français.
Enfin dans le Monde, Maryline Baumard détaille Les professeurs des écoles français sont sous-payés, selon l’OCDE.

Une autre étude de l’OCDE est épluché par Le Bien public, et il en ressort : Emploi, éducation... : la Bourgogne à la traîne selon l’OCDE. Les autres régions n’ont pas encore réagit.

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Le dessin de Fabien Crégut

Orientation

Hier, dans Le Monde, Arthur Frayer proposait un article terrible : Les désorientés, un reportage à partir du témoignage de quatre jeunes du quartier de la Grande Borne, à Grigny (Essonne). Ces quatre là détiennent un BTS, et l’un d’eux tente une poursuite en licence professionnelle. D’une certaine manière, ils ont réussi. Ils ont un niveau bac+2, et pourtant leurs témoignages sont accablants pour le fonctionnement de notre système. Leur difficulté au collège et leur orientation vers le professionnel en fin de troisième sont vécues comme des mises à l’écart, leur affectation dans des formations professionnelles comme des impositions. Leurs parcours furent subis et non pas choisis. Bien difficile dès lors de s’identifier positivement. Et ces quatre là sont des exceptions parmi les élèves de troisième orientés en voie professionnelle. Bien peu réussissent un tel parcours. Alors que pensent les autres ?

Et aujourd’hui, suite à la publication par la DEPP de la Note d’information - N° 31 - septembre 2014, Orientation : les trois quarts des élèves de seconde générale et technologique souhaitent préparer un baccalauréat général Maryline Baumard en fait la présentation dans Le Monde : Choisir son orientation après une seconde générale et techno. “Entrer en 2nde, c’est bien ! En sortir dans la classe de 1ère de son choix, c’est mieux… Il n’est pas trop tôt pour commencer à y réfléchir, car c’est le dernier moment d’orientation avant le bac. Et mieux vaut se préparer à un plan B, car on n’obtient pas forcément la classe de 1ère de ses rêves.” Traduisez, ne pas y entrer, c’est mal.
Julie-Anne De Queiroz dans le Figaro prend un autre angle d’attaque pour lire cette Note : La filière scientifique reste la plus demandée au lycée. “Un redoublement par le passé impacte également les choix d’orientation, marquant durablement la trajectoire de l’élève. « A notes égales à l’examen du brevet, les disparités d’orientation entre les élèves ‘à l’heure’ et en retard restent très marquées. Non seulement ces derniers s’engagent moins souvent vers la voie générale, mais lorsqu’ils souhaitent s’orienter vers une première S ou ES, cette demande a aussi beaucoup moins de chances d’être approuvée par le conseil de classe », note ainsi la DEPP.

Les langues anciennes vont-elles mourir ?. Une émission à écouter sur France Musique. “Il faut sans doute beaucoup de passion pour transmettre la passion des langues anciennes. L’enseignement a changé de nom, symbole d’une évolution, et devient "Langues et cultures de l’antiquité" : on enseigne toujours des bases linguistiques, mais elles ne représentent plus maintenant qu’une partie de l’enseignement.


Caution

Après les annonces faites hier à propose de la caution apportée par l’Etat aux étudiants, le DNA propose deux articles. Le premier s’appuie sur la dernière étude de l’Observatoire de la vie étudiante et indique : Près d’un étudiant sur deux est locataire, et le deuxième est un interview de William Martinet Président du syndicat étudiant UNEF qui déclare que Les étudiants ont un taux d’impayés très faible.



Polémique

Dans Actu-chrétienne.net on indique que dans la commune de Altkirch, l’inspection de l’Education Nationale (il s’agit donc de la circoncription de Altkirch) écrit dans une circulaire : "Organisation de l’enseignement religieux. C’est le directeur de l’école qui définit les créneaux de l’enseignement religieux. Ces créneaux sont à placer après 10h le matin ou l’après-midi, en raison de la nouvelle organisation scolaire, afin de réserver le temps d’enseignement où les élèves sont plus réceptifs aux fondamentaux". Horreur, Education, La religion, pas fondamentale !. “La polémique a surgit pour deux raisons. Premièrement, parce que l’organisation du temps scolaire relève de la compétence du directeur d’établissement et cette note vise à "imposer" des horaires. Deuxièmement, comme l’explique un directeur d’école, "que l’on soit d’accord ou non avec cette situation, en Alsace, l’heure de religion fait partie intégrante du cursus scolaire. C’est un temps d’enseignement comme un autre".
Dans Vousnousils qui titre Alsace : l’enseignement religieux ne doit pas concurrencer les fondamentaux, l’inspectrice en question s’explique. “"C’est une pré­co­ni­sa­tion glo­bale qui concerne toutes les dis­ci­plines. Tout le monde sait qu’il est plus facile d’enseigner du fran­çais ou des maths le matin", déclare pour sa part l’inspectrice d’Altkirch, Danielle Pierre. "Cette pré­co­ni­sa­tion pourra être adap­tée, école par école", ajoute-t-elle.


Des pistes et ressources

Sur le blog de la formation professionnelle et continue hébergé par la CEGOS, Mathilde Bourdat interroge : Apprentissages formels et informels : de quoi parle-t’on ?.

A l’heure de la rentrée scolaire, l’AWT (Agence Wallonne des Télécommunications) propose un regard "différent" sur l’apprentissage à l’école. Neurosciences et TIC(E) offrent l’opportunité d’améliorer l’apprentissage en activant les 4 étapes essentielles que sont l’attention, l’engagement actif, le retour d’information et la consolidation.Neurosciences et TICE. Pour une pédagogie du succès.

Au Canada on donne quelques conseils : Faciliter la période des devoirs. “Avec l’année scolaire qui vient de commencer voici quelques suggestions visant à vous faciliter la vie au moment des devoirs et des leçons.
Le Québec accueille chaque année près de 50 000 immigrants indépendants et réfugiés, dont une partie est allophone. Pour les enfants immigrants qui fréquentent l’école primaire et secondaire, l’apprentissage du français est primordial à leur réussite scolaire. Alors comment aider ces élèves en classe d’accueil à relever un tel défi ?” On lira Des histoires de famille pour apprendre à écrire.

Et toujours vu du Québec, Éducation : le modèle finlandais. “Il faut dire que ce système éducatif finlandais réformé en même temps que le nôtre l’a été dans un tout autre sens. Plutôt qu’un modèle ultra centralisé, où les programmes et le modèle et les techniques pédagogiques sont dictés par le haut, l’État finlandais a plutôt choisi la voie contraire : celle de la décentralisation. Il a défini les grands objectifs nationaux et laissé aux instances locales (municipalités et établissements) le choix des moyens, et cela en vue de la réussite d’un maximum d’élèves. D’où l’importance de l’équipe-école qui doit coordonner le travail pour atteindre cette fin, mais qui n’empêchera pas ses enseignants de jouir d’une liberté pédagogique presque totale pour définir leurs cours. Ce modèle éducatif ultra décentralisé connaît sans doute des lacunes. Il est aussi difficilement transférable ici, compte tenu des choix que nous avons faits. Mais on a là un exemple à penser pour qui rêve de « redonner à la profession enseignante ses lettres de noblesse et lui permettre de gagner en respect dans la population ».

Georges Felouzis s’interroge : Que savons-nous des inégalités scolaires ?

Les Sciences de l’éducation - Pour l’Ère nouvelle, Vol. 47, 2014/2. Coopérer, enseigner, aider. Collaboration entre enseignants pour gérer la diversité. Isabelle Nédélec-Trohel dans l’introduction : “Nous partons d’un constat général, à savoir que, dans le premier et le second degré, des modes de collaboration entre professeurs existent pour étoffer les pratiques enseignantes mais ils se révèlent peu développés, peu analysés et, en conséquence, peu diffusés au sein de la communauté enseignante. Dans cet ouvrage, nous nous intéressons plus particulièrement au travail collaboratif mis en oeuvre pour aider des élèves à besoins particuliers à mieux apprendre en classe. L’enjeu est de favoriser la réflexion des professeurs, mais aussi des principaux acteurs de la sphère éducative, pour élaborer et mettre en oeuvre conjointement des dispositifs d’aides adaptés aux besoins des élèves.

Sur Le Moniteur, Sinistralité : une clé USB pédagogique pour les formateurs des CFA. “Le Comité de concertation et de coordination de l’apprentissage du bâtiment et des travaux publics, l’Agence qualité construction et la Fondation d’entreprise Excellence SMA fourniront aux formateurs de CFA, à l’occasion de la rentrée 2014, une clé USB contenant l’ensemble des ressources pédagogiques, documentaires, iconographiques et vidéos relatives à la qualité de la construction et à la performance du bâti.

Matthieu Fouquet nous apprend que L’entreprise démunie face à la nouvelle exigence d’apprendre. “Récemment, les enquêtes CEGOS sur la formation professionnelle ont fait apparaître une forme de malentendu entre salariés et dirigeants. Ces derniers estiment que les salariés demandent d’abord à être formés en vue d’une promotion ou une augmentation. À l’inverse, les salariés répondent majoritairement qu’ils veulent être formés pour s’épanouir sur le plan personnel et professionnel. Preuve que l’apprentissage est devenu un incontournable, une attente intrinsèque à la vie du salarié.
Les nouvelles générations portent avec elles une conception renouvelée du travail. " Ils ont une grande culture du partage et rêvent de courtoisie. Contre l’hostilité du monde et la culture paternelle défaillante, ils plébiscitent une régulation sociale par la solidarité, le partage. Ce sont les enfants du peer to peer, de la culture de l’échange", explique Monique Dagnaud, sociologue au CNRS. Les jeunes talents accepteront de rester dans un système s’il leur permet d’être tournés vers les autres et d’apprendre en permanence.

Reste qu’on peut se demander si cette soif d’apprendre a été développée au cours de leur formation initiale ...

Bernard Desclaux
Demain votre revue sera signée par Géraldine Duboz.


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 504 Le sens de l’orientation
Coordonné par Florence Daniaud et Dominique Brosseau
mars 2013

Comment adapter l’éducation à l’orientation aux besoins de chaque élève, en prenant en considération les plus fragiles ? Comment concilier les compétences et le rôle de chaque acteur ? Comment éduquer à l’autonomie, développer l’estime de soi dans un système qui aiguille le plus souvent uniquement en fonction des résultats scolaires ?

Enseignant : un métier qui bouge
N° 514 Coordonné par Michèle Amiel et Yannick Mével juin 2014

Tous les enseignants expérimentés le disent : ce n’est plus comme avant, le métier change. Allons voir de plus près ce qui évolue, comment le métier change, comment ces évolutions pourraient être accompagnées par l’institution, à toutes les échelles, en quoi elles vont dans le sens de l’essentiel : mieux faire apprendre les élèves.

École et territoires
Hors-série n°Cahiers d’Éducation & Devenir n° 21 - fevrier 2014

Publication disponible uniquement au format numérique (PDF), en téléchargement depuis notre site.
L’école doit devenir partie prenante des territoires afin que se bâtissent alliances et fédérations. Tous les temps et les lieux éducatifs dans le territoire peuvent contribuer à l’acquisition par tous d’un socle commun, à la réduction des inégalités.