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Revue de presse du 6 mars 2015

Lire - Ecrire - Compter - Bilan - Et aussi


Aujourd’hui, il est question des piliers de l’éducation que sont "Lire, écrire et compter" et du bilan de Madame Fioraso avant quelques nombreuses brèves.


Lire

Il faut lire Pierre Frackowiak concernant la souffrance des enseignants du primaire dans Education & Devenir dans un article au titre très évocateur « Je plains les profs d’école ». Il met en exergue que « les enseignants du premier degré sont en danger. Leur situation se dégrade de jour en jour et personne ne semble s’en émouvoir. Leur souffrance a été terrible au cours des années de destruction sarkoziste de l’école. On en a rarement pris la mesure, à la fois parce que, par peur, par discrétion et par l’histoire d’un corps plutôt docile, elle s’exprime peu, du moins ouvertement, et parce que peu d’experts, ou de prétendus experts, la connaissent. » Il y évoque un problème fréquent du discours sur l’école « d’autres, empreints de la culture universitaire ou de la culture toujours dominante du second degré, ne connaissent pas les états d’âme des tâcherons dans les écoles. Ils ne connaissent l’école que par leurs souvenirs d’élève qui a réussi ou de parents d’enfants qui ont réussi. ». La souffrance existe par le distingo secondaire/primaire « malgré la volonté de Lionel Jospin de donner une égale dignité aux enseignants du premier degré et du second degré, en revalorisant ceux du premier degré et en les nommant symboliquement « professeurs d’école », en imaginant des formations communes dans les IUFM, en favorisant les dispositifs d’échanges pour tenter de mieux assurer les liaisons école/collège, les enseignants des écoles demeurent inférieurs aux autres dans les représentations des citoyens et des enseignants eux-mêmes. Pour beaucoup d’interlocuteurs, il est plus difficile de faire cours en 6e mais aussi plus noble, que de faire l’école au CM2. Il était pourtant difficile de comprendre qu’un prof d’école était astreint à 27 heures de service et qu’un prof de 6e n’en avait que 18. Le niveau identique, bac + 5, n’y change rien. Cette distinction toujours défavorable au premier degré est un des facteurs anciens et persistants du mal-être des professeurs d’école. ». Un cri d’alarme à entendre d’un porte-parole qui connaît bien cette profession.

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La souffrance des enseignants du primaire - Jean-Marie Olaya

Il faut lire aussi que les écarts scolaires ne sont pas une fatalité d’après le Figaro. Tout est résumé dès le début de l’article « « Les aptitudes n’ont pas de sexe », explique l’OCDE. L’organisation en veut pour preuve les « importants progrès » réalisés au siècle passé dans l’éducation et l’emploi. Pour autant, « de nouveaux écarts entre les sexes se font jour dans l’éducation », explique l’OCDE qui publie jeudi un rapport sur le sujet (1). Les filles, élèves appliquées et performantes, ne sont pas récompensées de leurs efforts à l’âge adulte Derrière ces paradoxes, le poids des normes sociales. ». Cet article évoque le rapport de l’OCDE sur cette question.
A l’approche de la Journée de la Femme, c’est aussi ce rapport que commente le Centre de Documentation sur l’Education des adultes et la Condition féminine (CDéAF). Cet article cite les paroles du « Secrétaire général adjoint de l’OCDE, Stefan Kapferer, au moment du lancement du rapport à Madrid, en Espagne. « Ce qu’il y a de positif dans les conclusions du rapport, c’est que la solution ne réside pas dans une réforme de l’éducation – ni de fond en comble ni à grands frais – mais dans une action concertée des parents, des enseignants et des employeurs. » »


Ecrire

Écrire à l’ère des réseaux sociaux est une révolution.Chez les adolescents, écrire devient un nouveau langage selon Le Monde. On y évoque le « parlimage ». « Les adolescents ont développé un langage qui leur est propre et qui présente l’avantage de les rendre incompréhensibles des adultes. Ils communiquent en images. Dans Parlez-vous Pic speech ? (Editions Kawa), publié fin janvier, Thu Trinh-Bouvier, spécialiste de la communication digitale, responsable nouveaux média chez Vivendi, décrypte ce phénomène, offrant un précieux sous-titrage aux parents.
 ». On y décrypte les nouveaux réseaux des ados qui « délaissent Facebook au profit des réseaux sociaux et messageries instantanées dédiés à l’échange de ces images.
La messagerie instantanée Snapchat est leur temple, celui de la culture LOL : ils s’y mettent en scène, manient l’humour potache, tout est permis. »

« Tweet, posts, tchat, sms… l’hyperconnectivité des moins de 18 ans inquiète. Pourtant, il semblerait qu’elle n’ait pas que des inconvénients. Bien au contraire. » estime Libération dans un article joliment intitulé « Ados, nés sous une belle toile ». Il faudrait y lire non « un danger potentiel, pointant la vanité des réseaux, l’addiction qu’ils créeraient, l’égocentrisme de la nouvelle génération » mais au contraire du positif pour cet âge où l’on quitte progressivement le monde des parents. En fait, surtout, on écrit beaucoup plus car,« moins intrusif [que le téléphone], le SMS atteint l’autre sans exiger son attention, ce que n’importe quel adolescent – idem pour les adultes – vit comme une liberté. Le texto a « transformé le rapport à l’écriture, constate Joëlle Menrath. C’est une révolution aussi importante que l’invention du livre à l’époque des rouleaux. On écrit en traversant la rue, en mangeant, en marchant, de façon généralisée. » »
Écrire le code informatique, un sujet récurrent dans le monde de l’éducation. A Marseille : dans les quartiers nord, des jeunes sont formés à l’informatique nous apprend Le Parisien. « Au terminus nord du métro marseillais, dans un laboratoire équipé d’imprimantes 3D et de fers à souder, vingt-quatre jeunes des quartiers prioritaires de la politique de la ville viennent de se lancer dans une formation intensive au code informatique. "Depuis mon tout jeune âge, l’informatique c’est ma passion", lâche d’une voix douce, Salim, "chaud à 2 000%" pour s’investir dans le programme, dont les participants ont 24 ans en moyenne.
Cette formation s’ouvre cette semaine à l’École Centrale de Marseille, en partenariat avec la start-up sociale de Montreuil (Seine-Saint-Denis) Simplon.co, alors que vendredi se tient à Matignon un Comité interministériel sur l’égalité et la citoyenneté, comportant un volet numérique. »
Coder c’est intense : « "Pour moi le codage c’est vraiment de la réflexion", dit la lauréate d’un bac scientifique égyptien, mention très bien : "réfléchir pour arriver à ce qu’on veut : taper, taper, taper et après on visualise, on sent ce qu’on a fait concrètement". »
Cette école devrait se découvrir une sœur jumelle dans La « grande école du numérique » de Hollande prévue pour septembre dont nous informe Rue89. Malgré des informations encore très floues, on découvre que « l’idée est, après plusieurs étapes de validation, de « déployer des formations numériques » en priorité dans les quartiers en difficulté, et à terme sur l’ensemble du territoire. ». Cette école s’inspirerait de l’école"42" sous forme d’une fondation (présentant des fonds publics mais aussi privés) car « l’objectif des deux ministres est ambitieux : elles espèrent que 50 structures soient labellisées dès septembre et qu’une fois le projet véritablement lancé, 10 000 jeunes puissent être diplômés par an. ».


Compter

Aujourd’hui, évidemment, les cours de récréation et les salles des profs (et de rédaction) commentent les travaux de la cour...des comptes.
Ainsi, L’Express propose une infographie très explicite qui insiste sur les différences selon les niveaux et les filières mais qui
rappelle que la scolarité coûte « 10 450 dollars en France, soit 10% de plus que la moyenne des dépenses des pays de l’OCDE (9490 dollars). Mais ce chiffre cache de grandes disparités en fonction des niveaux -primaire, secondaire, ou enseignement supérieur- ». En fait, pour une scolarité complète, « la France (25e au classement PISA 2012), se situe dans la moyenne des pays de l’OCDE pour ses dépenses consacrées à l’éducation : la scolarité d’un enfant, depuis l’entrée en maternelle jusqu’au bac y coûte en moyenne 112 470 dollars. ». Mais, si la France est au-dessus de la moyenne, elle reste loin derrière les premiers en dépense « De tous les pays de l’OCDE, c’est la Norvège qui dépense le plus pour la scolarité de ses jeunes : 170 030 dollars par élève. Elle est suivie par les Etats-Unis (142 190 dollars), puis le Danemark (132 210). ». L’infographie montre bien que si la France dépense plus pour le secondaire que certains de ses voisins c’est bien au niveau du primaire que la dépense est la moins élevée.
La FCPE a publié un communiqué à ce sujet, dénonçant « le mille-feuille des dispositifs au sein de l’Education nationale pour prendre en charge la difficulté scolaire. » et demandant non pas « plus d’école [mais] « mieux d’école », » Et demandant que la réforme du collège permette d’« en finir avec le modèle « 1 heure, 1 prof, 1 classe » pour se tourner vers des pratiques mieux adaptées à l’école du XXIe siècle : diversification des pratiques pédagogiques, coopération entre les élèves, interdisciplinarité, travail en équipe éducative, évaluation bienveillante, constitution de projet d’établissement avec l’ensemble de la communauté éducative... »
Il ne faut plus compter par contre sur l’accompagnement éducatif, notamment en Bretagne nous informe Le Télégramme. « « Au moment où on met l’accent sur la lutte contre le décrochage scolaire, c’est une mesure difficile à comprendre ». Secrétaire général de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) du Finistère, Marie-Françoise Le Hénanf n’est pas la seule à protester contre la suppression annoncée, pour cause de réforme de l’éducation prioritaire, de l’accompagnement éducatif. La mesure passe mal. ». D’autant que « selon le ministère de l’Éducation nationale, plus de 670.000 collégiens avaient profité de cet accompagnement au cours de l’année 2013-2014. Un dispositif qui semble avoir fait ses preuves. « Ça fonctionne bien », reconnaît le principal d’un collège finistérien dans lequel un gros quart des élèves bénéficient de cet accompagnement. « C’est rentré dans les usages depuis longtemps », constate un autre. »
Par contre, on compte sur l’école pour résorber l’"apartheid". Le courrier des maires s’en fait l’écho. « Ici, dans certaines écoles, il n’y a plus de mixité, témoigne Marc Vuillemot, maire PS de La Seyne-sur-Mer. A quoi servirait de renforcer l’éducation à la morale républicaine à l’école, si on ne crée pas d’abord les conditions d’exercice de cette éducation à la citoyenneté, de cet apprentissage de la vie collective. Ce savoir-faire appartient au monde de l’animation socio-éducative, culturelle, du sport ». Et comme le rappelle Jean-Claude Richez, sociologie à l’institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire « Malheureusement, on ne se pose la question de la place de l’éducation populaire qu’en situation de crise. Par exemple, en 2005, après les émeutes dans les banlieues, on a vu l’ensemble des collectivités se mobiliser et redonner des moyens aux associations. Aujourd’hui, à nouveau en situation de crise, on semble encore redécouvrir les vertus de l’éducation populaire pour la cohésion sociale ».
C’est aussi sur l’école nous dit Le Parisien que compte le député socialiste du Val d’Oise Philippe Doucet pour une de ses « 24 propositions pour "lutter vraiment contre l’apartheid" ». Il souhaite « généraliser les expérimentations de "busing" à la française, entreprises par le passé mais abandonnées sans raison valable sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, pour emmener (par bus, ndlr) les écoliers des quartiers défavorisés dans les établissements voisins et ainsi forcer la mixité". ». Une proposition que le journal nous invite à débattre.


Bilan

Geneviève Fioraso ayant quitté hier le Secrétariat d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, c’est l’heure du bilan dans les rédactions. L’Etudiant insiste sur « la déception chez les universitaires » qui « après le quinquennat de Nicolas Sarkozy, jugé avec une grande sévérité » avaient des attentes fortes. Un bilan décevant mais en fait contrasté selon le magazine qui rappelle que « Cela avait pourtant plutôt bien commencé, avec des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche, organisées à l’arrivée de Geneviève Fioraso au ministère, au printemps 2012. Une période de concertation qui a débouché sur une loi, votée à l’été 2013.  ». Mais ce qu’on retient désormais c’est « le manque de moyens attribués aux universités » et les difficultés de paiement « malgré les centaines de millions d’euros investis par le ministère dans les bourses étudiantes et un budget de l’ESR relativement préservé – contrairement à d’autres – [qui] marquent encore le soutien promis à un secteur jugé crucial pour l’avenir du pays. ». Un bilan très contrasté donc.
Dans les Newseco, Jean-Yves Le Gall, président du CNES, est beaucoup plus positif, il remarque que « Mme Fioraso « a fait un travail considérable en fédérant d’abord une équipe de France », réunissant les différents acteurs du spatial autour de la future Ariane 6. « Puis elle a réalisé un travail d’orfèvre en gagnant le soutien des autres pays européens et en parvenant à convaincre l’Allemagne » »


Et aussi

Si la classe inversée vous intéresse, cette revue de liens de Bénédicte Pale est essentielle.

RTL nous parle des surdoués dans On est fait pour s’entendre. L’émission, évoque notamment les sujets suivants avec le soutien d’un maître de conférence en sciences cognitives « L’École et la Société sont-elles adaptées aux enfants surdoués ? Quels sont les signes de la précocité ? Comment les aider à se construire et à évoluer sereinement ?  ».

A New York, « Le maire Bill de Blasio met en pratique une de ses promesses de campagne : les écoles fermeront pour l’Aïd el-Kébir et l’Aïd el-Fitr. Les établissements new-yorkais ferment déjà pour plusieurs fêtes chrétiennes et juives.  » découvre-t-on dans L’Express.

Jessica évoque le harcèlement dont elle fut victime à l’école en raison de sa couleur de cheveux dans le Plus de l’Obs. « À l’école, et en particulier en primaire, j’ai toujours été la tête de turc des autres élèves. À l’époque, ma mère aimait me faire des tresses alors quand je retrouvais mes camarades, ils ne se gênaient pas pour me surnommer Fifi Brindacier, série qui passait en boucle sur TF1. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais je prenais ça pour une insulte.  » Probablement car cela s’en voulait une... La situation dégénère lorsqu’elle décide de réagir : « J’en ai eu marre de me faire taper, insulter, mettre de côté par mes camarades. J’en ai donc parlé à mon instituteur qui a décidé… de ne pas réagir. ». La jeune fille en tire du positif, ce qui étant donné ce qu’elle a vécu est très impressionnant.

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La vengeance des rousses selon Jean-Marie Olaya

Purebreak s’intéresse au sorcier à lunettes à l’université de Boston ! « Harry Potter : une fac utilise le sorcier pour des cours... d’éducation sexuelle » Si tout ceci ressemble à une plaisanterie, en réalité c’est du sérieux. En effet, « les intervenants ont, selon le Boston Globe, sensibilisé environ 85 étudiants à divers sujets tels que la contraception ou les maladies sexuellement transmissibles en utilisant des termes et situations tirés des romans de J.K. Rowling. ».

Pendant ce temps, dans le supérieur français, Le Monde considère que la classe prépa a de la concurrence pour l’intégration en école de commerce ou d’ingénieurs. On y apprend donc que « les titulaires d’un DUT (diplôme universitaire de technologie), d’un BTS (brevet de technicien supérieur) ou d’une deuxième année de licence peuvent, après épreuves écrites et orales, entrer en première année d’un bon nombre d’écoles post-prépa (équivalent bac + 3). »

Enfin, on peut lire dans Actualité juive, une courte interview d’Axelle Lemaire par Pierre Assouline concernant les enjeux du numérique. Elle évoque en particulier la nécessité de développer l’esprit critique par la formation. Elle rappelle que cet enjeu est l’un des piliers du plan pour le numérique à l’école car « Il faut leur faire comprendre que ce que l’on lit n’est pas forcément la vérité. L’émergence des technologies a été tellement rapide - les enfants d’aujourd’hui sont nés dedans - qu’ils n’ont pas la distance nécessaire. Il faut éduquer aux usages numériques. ».

Emilie Kochert qui a très largement bénéficié de l’aide des autres membres de la Revue de presse


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Aider et accompagner les élèves dans et hors l’école
Hors-série n°22 - fevrier 2011

Enseigner, former : Ecrire
Revue n°518 - janvier 2015

On n’y consacre guère d’attention. On se laisse bien souvent gagner par les facilités des formules toutes faites, ou encore le jargon du langage administratif. Regardons alors de plus près nos pratiques d’écriture et tentons d’en faire des opportunités de développement professionnel.

Enseigner en primaire avec le numérique
Hors-série n°38 - fevrier 2015

Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.
Dossier coordonné par Armelle Legars et Ostiane Mathon