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Revue de presse du 31 mai 2013

Le Rapport de la médiatrice de l’éducation nationale : y en a pour tout le monde.

Ce qui est bien avec les rapports, c’est qu’ils parlent de tout. Chaque média peut ainsi se centrer sur une thématique qui sans doute lui est chère. Et pour ce qui concerne le dernier rapport de la Médiatrice de l’éducation nationale, je ne dirais pas qu’il parle de rien !

Vous pouvez consulter la biographie de Monique Sassier, Médiatrice de l’éducation nationale sur Educpros.
Titulaire d’une maîtrise de lettres modernes et d’un DESS de psychologie clinique, Monique Sassier a été professeur de lettres (1972-1975). Elle a rejoint le service pénitentiaire d’insertion et de probation du Val-de-Marne en tant qu’éducatrice (1977-1983), avant de devenir chef de ce service (1983-1986). Et après un sacré parcours, elle est devenue inspectrice générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche en juin 2005. Elle est médiatrice de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur depuis juillet 2009. Elle faisait partie du comité de pilotage sur les rythmes scolaires, mis en place en juin 2010 par Luc Chatel. Et reconduite dans sa fonction de médiatrice en 2012.

Le rapport de 172 pages en pdf est consultable ici.

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Le dessin de Fabien Crégut

Libération titre : « Les parents estiment que “le droit aux cours” de leur enfant n’est pas respecté », et présente une interview de la médiatrice qui signale l’ensemble des thématiques du rapport.
« Plutôt que le nombre, il est intéressant de regarder l’origine des réclamations. 30% viennent du personnel enseignant et autres. Pour eux, une partie du contentieux concerne les affectations ou les mutations. »
« Les parents s’insurgent plus qu’avant sur les conditions de vie scolaire. 70% des doléances que nous recevons viennent des familles ou des élèves eux-mêmes. »
« Ce qui irrite beaucoup, c’est le non-remplacement des enseignants. » Thématique qui sera reprise par d’autres médias.
Elle préconise également une réforme des conseils de discipline.
Enfin les plaintes des parents portent sur l’enseignement privé : « Oui, le problème concerne surtout l’enseignement supérieur. Il existe aujourd’hui des tas de formations proposées par des organismes privés. Trop souvent, les jeunes et leurs familles se font berner. »

Pour Le Parisien Les familles critiquent le remplacement des enseignants.
« La médiatrice prône notamment une « continuité pédagogique », avec recours au numérique ou au Centre de documentation et d’orientation (CDI), ainsi qu’une meilleure gestion des ressources humaines. Cette recommandation fait écho à un récent rapport de la Cour des comptes, qui dénonçait non pas un manque d’enseignants, mais une mauvaise gestion des effectifs. La Cour suggérait une meilleure affectation des enseignants « en fonction de la réalité des postes et des projets d’établissements » ainsi qu’une « gestion de proximité des ressources humaines, communes au premier et au second degré ». En début d’année, des parents d’élèves de Seine-Saint-Denis sont même allés jusqu’à demander l’instauration d’une compensation, financière ou en heures de cours, en cas de défaut de remplacement. »

La Croix présente une médiatrice de l’éducation nationale « alertée » par les réclamations sur le privé hors contrat.
« Les litiges dans le secteur du privé hors contrat portent notamment sur des questions financières, ainsi que sur les diplômes et leur valeur. Les établissements laissent souvent entendre qu’ils sont placés sous le contrôle de l’État, souligne le rapport, qui préconise un renforcement des contrôles, une meilleure information et une labellisation des établissements qui offrent des débouchés réels. »

20 Minutes titre sur :"Des propositions chocs pour remplacer les profs absents"
« Vers plus de souplesse interdisciplinaire ». Elle préconise notamment de penser en termes d’enseignements remplacés sur l’année, au lieu de raisonner selon une logique comptable d’heures. « Il n’est pas sûr qu’il faille remplacer une heure de maths par une heure de maths », indique-t-elle, suggérant par exemple qu’un prof de français échange ses heures de cours avec son collège de maths absent. « Il prendra de l’avance dans sa discipline et rétrocédera un temps de cours à son collègue lorsqu’il sera de retour ».
Autre proposition audacieuse : permettre aux enseignants qui le souhaitent, d’enseigner dans une autre discipline que la leur, en cas d’absence d’un collègue. Et même favoriser la « circulation des enseignants entre les diverses catégories d’établissement (lycée professionnel et lycée général par exemple ».
De manière plus consensuelle, Monique Sassier suggère aussi que les élèves puissent davantage travailler en groupe sur leurs devoirs, avoir recours au numérique pour exploiter d’autres sources pédagogiques ou puissent davantage plancher au Centre de documentation et d’orientation (CDI). Elle estime aussi qu’il faudrait davantage solliciter les assistants d’éducation dans ces cas-là. »
On notera la « petite confusion » : Centre de documentation et d’orientation (CDI), trouvée également dans l’article du Parisien cité plus haut...

Du rapport, L’Expresso du Café pédagogique relève notamment l’idée que le conseil de discipline reste un problème pour l’Education nationale.
« Revue en août 2011, la politique disciplinaire de l’Education nationale ne semble pas avoir atteint ses objectifs, si l’on en croit Monique Sassier, la médiatrice de l’Education nationale, qui fait de ce point un des trois sujets de son rapport annuel. »
« La plupart des propositions ne visent qu’à réduire administrativement le nombre des exclusions sans affronter le problème des jeunes qui ne supportent plus l’école. » relève le Café pédagogique. Il s’agit de proposer la présidence à un autre chef d’établissement, ou encore de dépayser le conseil de discipline. « Elle souhaite aussi qu’il y ait une obligation de retrouver une place pour l’élève exclu. "S’il y avait une obligation à recaser l’élève il y aurait moins d’exclusion". »
C’est un véritable serpent de mer : aujourd’hui, réglementairement, le DASEN (directeurs des services départementaux de l’Education nationale) doit réinscrire l’élève exclu définitivement, mesure qui est rarement appliquée pour diverses raisons.

Le Monde met l’accent sur « l’Etat appelé à contrôler les dérives de l’enseignement privé "hors contrat" ». « Dans la pile des quelque 10 000 lettres reçues en 2012, un sujet a attiré l’attention de la médiatrice, Monique Sassier : l’enseignement privé "hors contrat". Une galaxie d’écoles et d’établissements secondaires ou supérieurs accueillant "au moins" 140 000 jeunes, estime-t-elle. A la différence du privé "sous contrat" avec l’Etat, ces établissements ne reçoivent aucune subvention mais possèdent une autonomie quant aux programmes et à la pédagogie. Le secteur est en "développement rapide", mais insuffisamment surveillé par l’Etat, peut-on lire dans le rapport rendu public jeudi 30 mai. » « Principaux griefs : la qualité des formations et la valeur des diplômes délivrés, des litiges financiers ou encore des informations erronées qui confinent, parfois, à de la publicité mensongère. »

Enfin Educpros cite encore Monique Sassier : "Il faut clarifier les liens entre l’enseignement supérieur privé et l’Etat" et propose un interview de la médiatrice. Les secteurs de formations "complètement privés" : « Le paramédical, écoles de kinésithérapeutes, notamment ; les disciplines artistiques (mise à part la partie couverte par le ministère de la Culture) ; l’audiovisuel ; l’esthétique ; les formations autour de l’animal (toilettage, etc...). Additionnés les uns aux autres, ces domaines finissent par représenter des contingents non négligeables. »
Après avoir indiqué quelques manières pour ces écoles d’entretenir le flou, elle propose « qu’il y ait deux catégories pour ces établissements : ceux, reconnus, qui acceptent le contrôle de l’Etat et ceux, non reconnus, qui le refusent. Il existe actuellement une superposition de textes, donc la typologie de l’enseignement privé hors contrat non scolaire reste difficile à comprendre. Même les personnes chargées du contrôle doivent aller remettre le nez dans le code de l’Education pour savoir ce qu’elles peuvent contrôler, parce que la situation n’est pas la même selon les segments auxquels appartiennent ces établissements. Il faut clarifier tout cela. Le ministre, à qui nous avons présenté le rapport il y a une dizaine de jours, a montré de l’intérêt pour ce sujet. L’idée est que les Inspections générales s’en emparent. »

Et comme en écho

Le Figaro affirme les Français attachés à la qualité de l’enseignement catholique.
Et sur le blog du Monde « Peut mieux faire », Aurélie Collas titre : 43% des parents verraient bien leurs enfants dans une école catholique.

Bernard Desclaux