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Revue de presse du 3 octobre 2017

Polémiques pédagogiques - Conditions de travail - Divers

On revient sur la polémique du CSP. On discute aussi conditions de travail à la suite de la publication d’un rapport du CNESCO. Quelques infos diverses et sur le supérieur.


Polémiques pédagogiques

Il semblerait que la guerre autour de la pédagogie soit relancée, notamment à la suite de la démission du président du CSP Michel Lussault. “De débat, il n’y en a presque plus : sur les réseaux sociaux comme à la « une » des médias, l’invective a pris le pas sur l’échange ; la tribune, le pamphlet ont quasiment remplacé l’entretien croisé. Dans le sillage d’une campagne présidentielle qui a fait de l’école un champ d’affrontement politique, l’heure est au match idéologique, parfois sans face-à-face, souvent sans retenue.”
Et la lecture de cet article du Figaro ne le dément pas : "Anne-Sophie Letac revient avec une distance ironique sur la démission de Michel Lussault . Professeur en classes préparatoires, elle avait débattu avec le président du Conseil Supérieur des Programmes. Elle le décrit en « ange exterminateur drapé dans les plis majestueux de la vertu ». "
Le JDD fait état de bruits concernant le choix du futur président du CSP. Les noms annoncés ne risquent pas d’éteindre cette "guerre idéologique".
"L’avenir du CSP dépendra aussi de son futur président. "Si M. Blanquer choisit Jean-Paul Brighelli [un essayiste conservateur], beaucoup quitteront le Conseil", prédit un interlocuteur. Parmi les autres noms cités : le neuroscientifique Stanislas Dehaene, très apprécié Rue de Grenelle, le linguiste Alain Bentolila ou le mathématicien Jean-Pierre Demailly, deux pourfendeurs des programmes actuels."
« On a favorisé les élites, et de longue date » Claude Lelièvre est agrégé de philosophie et professeur honoraire d’histoire de l’éducation à l’université Paris V. Expert reconnu de l’histoire du système éducatif français, il revient sur le débat qui agite l’Éducation nationale au sujet des programmes.

« Réduire les effectifs par classe n’est pas la solution magique »
Enseignant honoraire et rédacteur aux Cahiers pédagogiques, Jean-Michel Zakhartchouk estime que la baisse du nombre d’élèves par classe ne suffit pas à améliorer le niveau scolaire. “Il est bien évidemment essentiel de s’occuper des REP mais beaucoup d’élèves en difficulté se trouvent aussi en dehors des zones d’éducation prioritaire. Arrêtons de croire que s’attaquer aux problèmes de difficulté scolaire se limite à travailler sur les REP. Les mesures doivent être appliquées de façon plus large. Dans les endroits plus favorisés, le rythme est plus élevé : un enfant ayant des difficultés aura du mal à rattraper son retard et celui-ci s’accumulera au fur et à mesure des séances s’il n’est pas convenablement accompagné. Des moyens (dont une formation à la pédagogie différenciée) doivent aussi être mis en place dans ces écoles-là qui risquent, à terme, d’être plus chargées. En n’oubliant pas que dans les REP, il y a également des élèves qui se débrouillent bien.”


Conditions de travail

Le Conseil d’évaluation du système scolaire publie mardi une enquête sur la "qualité de vie à l’école". Parmi les points à améliorer : la propreté des sanitaires.
Des toilettes sales au collège : "On n’a même pas envie de s’asseoir parce que ça colle"
« Les sanitaires sont des espaces sensibles, parmi les plus anxiogènes pour les élèves, notent les auteurs. Un tiers des élèves craignent d’aller aux toilettes de leur école ou collège, ce qui peut avoir des conséquences négatives sur leur santé, sur l’hygiène (notamment des mains) et sur l’apprentissage de l’intimité. » L’enquête du Cnesco montre que près de 4 collèges et lycées publics sur 10 (39 %) se plaignent de l’insuffisance des sanitaires dans leurs locaux et que (53 %) ne les nettoient qu’une seule fois par jour.

Cantines scolaires : "Comment parler de vivre ensemble si on ne peut plus manger ensemble ?" "On peut avoir de bonnes raisons de ne pas fréquenter les cantines. Peu de produits frais, peu de bio… Certains parents peuvent estimer que l’offre proposée n’est pas satisfaisante…"
"Il y a eu une amélioration incontestable de la cantine au cours des quarante dernières années", relève Nathalie Mons, présidente du Cnesco. "Le problème, c’est que tout le monde n’y a pas accès". Or ce service semble "crucial pour les enfants, notamment les plus défavorisés", à plus d’un titre : "des déjeuners nourrissants et équilibrés ont un impact sur la capacité de concentration des élèves", le recul de l’obésité ou des absences liées aux maladies, mais la cantine constitue aussi "un lieu de socialisation".

Le lien direct vers l’enquête du CNESCO.

"A l’école, les souris mangent tout : la pâte à modeler, le papier, le plastique..." Dans cette école comme dans beaucoup d’autres à Paris, les souris ont pris leurs quartiers. Et la directrice a beau remuer ciel et terre, il est bien difficile d’en venir à bout. Au risque d’exposer enfants et personnel à des rencontres nuisibles... La directrice raconte.


Divers

Un film sort qui raconte l’histoire d’un prof en REP+
"Dans son film Les grands esprits, Olivier Ayache-Vidal raconte l’histoire d’un brillant professeur de lettres, normalien, et fils d’écrivain, que certaines circonstances conduisent à quitter le Lycée Henri IV, pour venir affronter, pendant une année, les élèves d’un collège classé en REP + (Réseau d’Éducation prioritaire). Denis Podalydès, alias François Foucault, parvient tant bien que mal à s’imposer, en faisant partager une atmosphère et une démarche de travail."

"L’exposition pendant la grossesse à certains phénols et phtalates est associée à des troubles du comportement des garçons entre 3 et 5 ans, révèle une étude de l’Inserm, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale français. Les composés « les plus préoccupants à cet égard sont le bisphénol A, le triclosan et le di-n-butyl phtalate ou DBP », précise l’Inserm dans un communiqué."

Tirage au sort en Mongolie. " Pour avoir droit à une place en maternelle, les enfants sont tirés au sort en Mongolie. Le gouvernement n’a pas su anticiper le boom des naissances lors de l’année du cochon d’or."


Supérieur

Qu’est-ce qu’on attend d’un étudiant ?
"Supérieur : autonomie exigée ! La transition avec le lycée peut être déstabilisante, mieux vaut savoir ce que l’on attend d’un étudiant."

Dans les arcanes de la précarité étudiante
"Les APL ont baissé de 5 euros le 1er octobre, alors que le nombre de demandes de bourses a progressé de 2,2 %, pour atteindre 1 129 461 demandes."

Les normaliens payés pour faire leurs études alors qu’ils rechignent à enseigner dans le secondaire.
"Un salaire d’autant plus difficile à justifier que la majorité des normaliens sont issus de familles favorisées. En 2016-2017, presque 60 % étaient des enfants de cadres ou de professions intellectuelles supérieures, pour seulement 2,8 % d’enfants d’ouvriers (contre 34 % et 12 % pour les étudiants d’université). « La plupart d’entre nous n’ont pas besoin de cette somme pour faire leurs études. Nos parents nous auraient aidés de toute façon », reconnaît Alice, de la promo 2011. Elle raconte avoir dépensé sans compter, « en voyages, apéros et shopping », son « salaire » d’étudiante, considéré comme « de l’argent de poche »…" Doit-on rappeler que l’immense majorité des enseignants préparant les concours de l’enseignement ne sont pas payés pendant leurs études, voire même doivent travailler en même temps ?

Géraldine Duboz


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 539 - Classes inversées

Dossier coordonné par Michèle Amiel et Gwenaël Le Guével
septembre-octobre 2017

Prendre des initiatives, engager un processus de décision, animer une équipe, mettre en place une innovation, etc. Est-ce le domaine réservé du directeur d’école, de l’IEN, du chef d’établissement ? Au bout du compte, l’augmentation du pouvoir dans un établissement autonome, c’est celle du chef ou celle des personnels.

N° 536 - Éduquer aux médias et à l’information

Dossier coordonné par Émilie Kochert
mars 2017

Nous sommes inondés d’informations. L’actualité a remplacé l’information dans une culture du buzz où souvent on ne prend pas le temps de vérifier. Est-il simple de déceler le vrai du faux ou de sélectionner l’information dans le divertissement ? Éduquer aux médias et à l’information relève des missions des enseignants.