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Revue de presse du 3 juin 2013

Public / Privé - « Une belle action publique, c’est des années » - La Refondation revient à l’Assemblée - Tous capables !

Focalisée sur la Turquie en émoi ou sur les allocations familiales en diminution, c’est un lundi bien calme sur le front de l’éducation dans la presse.

Public / Privé

La première Convention de l’enseignement catholique qui s’est déroulée le week-end dernier à Vincennes sur le thème « Avons-nous besoin de l’école catholique ? » aurait pu être un sujet à creuser mais il ne l’a pas vraiment été dans les médias. Si Le Figaro réserve la lecture de l’interview de Claude Berruer (secrétaire général adjoint de l’enseignement catholique) à ses abonnés, Aurélie Colas sur le blog « Peut Mieux faire » hébergé par Le Monde décrypte un sondage Enseignement catholique/la Croix/OpinionWay, dont les résultats ont été rendus publics à cette occasion.
« Alors que cette école scolarise un petit français sur cinq, 43% des parents souhaiteraient y voir leur enfant scolarisé. »
Quelles sont donc les motivations de ces parents ? « À cette question, la réponse est massivement l’idée que cet enseignement catholique est de qualité (80%) et que l’enfant (et non l’écolier) y a une grande place (80%). Troisième point fort cité par les sondés : son ouverture aux non croyants et aux autres religions. »
Est-ce à dire que ce désir d’école privée catholique se fonde sur une idée préconçue ? L’École publique n’a-t-elle pas également des questions à se poser quant à l’image négative qu’elle renvoie parfois, et à la place qu’elle réserve aux jeunes ? « L’enfant au centre du système éducatif » est pourtant une des bases du système éducatif, depuis Jules Ferry.

D’ailleurs, la qualité de l’enseignement est-elle meilleure dans les écoles privées ? Prenant un peu de hauteur, Eric Charbonnier (expert éducation à l’OCDE) nous propose un décryptage des chiffres sur ce thème, également dans un blog hébergé par le grand quotidien du soir : "L’éducation déchiffrée"
Public/privé ? Quelle proportion ? « Le secteur privé est (…) donc plus développé en France par rapport à la moyenne de l’OCDE, notamment pour la scolarisation au second cycle du secondaire (ce chiffre prend en compte les lycées traditionnels, l’apprentissage en CFA et les lycées agricoles) où seuls l’Australie, la Belgique, le Canada, le Chili, la Corée et le Royaume-Uni ont des proportions d’élèves scolarisés dans les établissements privés égales ou supérieures à la France. »
Vous pensiez que les classes sont plus chargées dans le public ? Perdu ! « En France en moyenne, [on compte] un élève de plus par classe dans le privé, tant à l’école primaire qu’au collège. »
Sur le plan des résultats, si les enquêtes PISA nous disent que les élèves du privé ont de meilleurs résultats, « c’est surtout le niveau socio-économique des élèves [qui] explique en grande partie les écarts observés (…) ainsi que les autres avantages qui en découlent. »
Mais alors, si ce n’est pas la qualité de enseignement qui fait la différence ? L’auteur conclue ainsi : « la qualité du personnel enseignant est le facteur le plus important à la réussite globale d’un système d’éducation. »
En doutiez-vous ?


« Une belle action publique, c’est des années »

Ce matin, le ministre Vincent Peillon était l’invité de Michel Apathie sur RTL en attendant le vote de la loi fin juin. Questionné sur l’École (entre autres sujets) et sur l’utilisation des moyens récemment critiquée par la Cour des Comptes, il a repris les grands thèmes de l’action de son ministère, et répété encore une fois les raisons de la priorité donnée au primaire.
Le site de la la radio met en avant l’apparition du drapeau tricolore aux frontons des écoles et le regret du ministre de ne pas y voir également le drapeau européen mais Vincent Peillon a évoqué bien d’autres choses : créations de 6 000 postes, nouveaux dispositifs pédagogiques dès la rentrée 2014 (plus de maîtres que de classes par exemple), place des parents...
Pour lui, la Refondation doit enfin permettre à l’École d’assurer ses trois missions : la transmission des connaissances, l’insertion professionnelle et la transmission des valeurs républicaines. La « charte de la laïcité dans tous les établissements, expliquée aux enfants » sera l’un des supports de cette transmission.
Le ministre a également précisé que cette loi ne serait qu’une étape : « Tout l’intérêt de la politique c’est le suivi de la mise en œuvre. »


La Refondation revient à l’Assemblée

En fin d’après midi, L’Humanité titre sur la loi de Refondation de l’École. Le débat autour du projet de loi a repris aujourd’hui et doit s’achever mercredi. Concernant le rôle des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE), Laurent Mouloud relève l’introduction la formation à la scolarisation des élèves handicapés.
"Sur la formation continue des enseignants, objet d’un article introduit au Sénat, les députés ont adopté à l’unanimité une nouvelle rédaction indiquant que « chaque enseignant est encouragé à se former régulièrement » et qu’« une offre de formation continue adaptée aux besoins des personnels d’enseignement est proposée, notamment par le biais des écoles supérieures du professorat et de l’éducation ».

« Wait and see » comme disait Blake à Mortimer !


Tous capables !

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Le dessin de Fabien Crégut

La loi de Refondation sera donc votée à la fin du mois.
«  Le groupe CRC du Sénat (auquel appartiennent les sénateurs communistes) a voté pour la loi de refondation de l’École après avoir obtenu notamment une certaine réécriture de l’article 3 où il n’est plus question d’ égalité des chances ( qui peut être prise dans le sens restrictif d’un simple accès élargi à l’élite pour certains ) mais de l’affirmation du principe du tous capables. »
Claude Lelièvre dans "Histoire et politiques scolaires" nous offre dans un billet intitulé "Non à l’égalité des chances, et oui à la démocratisation ? " une intéressante mise en perspective historique. De l’égalité des chances des années 20, cet élitisme républicain fondé sur le mérite scolaire individuel de l’entre-deux guerre, au « Plan Langevin Wallon » pour lequel « l’enseignement doit offrir à tous d’égales possibilités de développement, ouvrir à tous l’accès à la culture, se démocratiser moins par une sélection qui éloigne du peuple les plus doués que par une élévation continue du niveau culturel de l’ensemble de la nation » la véritablement démocratisation devra passer par ce "Tous capables" !

Bonnes lectures et bonne semaine.

Mila Saint Anne