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Refondation – Classes préparatoires – Baccalauréat 2013

Revue de presse du 27 mai 2013

Refondation – Classes préparatoires – Baccalauréat 2013

Refondation : Le texte voté au Sénat

Le Sénat a donc adopté à une courte majorité (176 pour – 171 contre) dans la nuit de vendredi à samedi le projet de loi pour la Refondation de l’École portée par le ministre Vincent Peillon. Le Monde revient sur les inflexions données au projet initial notamment concernant la régionalisation des formations professionnelles et des services de l’orientation, qui a été abandonnée. L’essentiel de la loi est là : les 60 000 postes créés (principale pierre d’achoppement pour les élus de droite avec l’apprentissage précoce), la création des ÉSPÉ, l’accueil des enfants de moins de 3 ans dans les zone sensibles, la refonte des programmes par le Conseil Supérieur des Programmes...
Ce que souligne le quotidien c’est que les débats ont permis de mettre en évidence des visions parfois antagonistes de l’École de la République, non seulement dans ses missions mais dans sa vision de l’élève et de sa famille. « L’UMP a défendu le "sens de l’effort" dans les apprentissages, la notation des élèves. De l’autre côté de l’hémicycle, le groupe écologiste a plaidé en faveur de la suppression des mentions, des classements et de la notation, qui ne servent, selon lui, qu’à "stigmatiser les différences entre les élèves". La droite a insisté sur la transmission des savoirs fondamentaux –le français, les mathématiques... Les écologistes ont parlé d’"échanges" entre les disciplines, de "coopération entre élèves", d’innovation pédagogique... »

L’Humanité titre « Les sénateurs communistes font adopter le projet de loi de refondation de l’école » et insiste sur les apports du groupe communiste. L’article se félicite en particulier de la réécriture de l’article 7 concernant le socle commun qui doit «  permettre la poursuite d’études, la construction d’un avenir personnel et professionnel, et de préparer à l’exercice de la citoyenneté   ». « Les avancées concernant le "socle commun" sont maintenues et approfondies »

Dans son blog, Histoire et politiques scolaires , Claude Lelièvre rappelle que la durée de la scolarité obligatoire est fixée depuis l’ordonnance du 6 janvier 1959 mais qu’une revendication syndicale ancienne veut porter cet âge légal de 16 à 18 ans. Il a lu pour nous le communiqué de presse publié par les parlementaires communistes qui « défendront un allongement de la scolarité obligatoire pour garantir à tous le droit à l’éducation de 3 à 18 ans » lors de la prochaine lecture du texte de la « loi de refondation » à l’Assemblée nationale qui commencera le 3 juin .

Libération met en avant la fin de l’apprentissage avant 15 ans (confirmant l’abrogation de ce dispositif par les députés de la loi Cherpion qui ouvrait les Dispositifs des Métiers en Alternance (DIMA) aux jeunes à partir de 14 ans. Le levier de cette abrogation est bien le Socle Commun et la nécessité d’offrir à tous les jeunes une réelle égalité des chances. Libération cite le ministre : « Le collège est en souffrance. Nous devons le réformer non en excluant ceux qui s’y sentent mal mais en le transformant pour qu’ils s’y sentent bien ». Le principe du collège unique n’est donc pas remis en cause.

Pour sa part, VousNousIls insiste sur l’entrée de l’Éducation au Développement Durable (EDD) à l’école primaire, l’enseignement des langues vivantes dès le CP et le très controversé Enseignement Moral et Civique. Ces innovations moins visibles que l’apparition de la devise de la République accompagnée du drapeau national au fronton de tous les établissements seront sans doute plus complexes à mettre en œuvre.

Les Échos rappellent que ce texte « l’un des rares textes du gouvernement a avoir été approuvé par le Sénat de gauche sans l’apport de voix de droite  » n’a pour vocation que de fixer les grandes orientations et des principes, notamment de mixité sociale, de coopération entre élèves, de la reconnaissance que chacun doit être considéré comme capable d’apprendre. Ce sont les décrets et circulaires à paraître qui le concrétiseront.

Le texte adopté par le Sénat


Classes préparatoires : quotas et frais d’inscription

Pendant que le Sénat planchait sur l’École, l’Assemblée nationale débattait et amendait le projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche, qui a été voté par les députés dans la nuit du 23 au 24 mai.
"Vers des quotas et des frais d’inscription en classe prépa" titre Le Monde.
Un des amendements, déposé par Vincent Feltesse et Jérôme Guedj et adopté à une très large majorité, prévoit que « les lycéens qui auront obtenu les meilleurs résultats au bac dans leur établissement (soit 5 % à 7 %, des élèves, un chiffre à définir, annuellement, par décret), auront un droit automatique à rejoindre une classe préparatoire, Sciences Po, un IUT, l’université Paris-Dauphine ou toutes filières sélectives de leur choix, s’ils le souhaitent. »
7 % des lycéens, cela ferait environ 1 500 élèves. Cette mesure semble intriguer les professeurs de CPGE interrogés par Le Monde. Pour la plupart ils y sont favorables. Certains soupçonnent quand même une volonté de faire disparaître, à terme, les classes prépas.
C’est sans doute cette crainte qu’a voulu exprimer la jeune élève de classe prépa à qui Rue89 ouvre ses colonnes et qui se plaint d’un autre aspect de la loi : l’apparition des frais d’inscription pour les classes préparatoires. Elle y voit l’expression d’une « animosité envers les élèves des classes préparatoires » et une « mesure punitive ».
La mise en œuvre de cette mesure approuvée par les députés contre l’avis du gouvernement serait confiées aux établissements qui devront, si cette décision n’est pas retoquée par le Conseil Constitutionnel, conclure une convention avec une université de leur académie avant septembre 2014.


Baccalauréat 2013

Le Journal de Saône-et-Loire titre avec humour « 2013 : l’odyssée de l’angoisse  » et fait l’inventaire des nouveautés induites par la réforme du Lycée, puisque c’est cette année que les lycéens « à la mode de Xavier Darcos et de Luc Chatel » vont passer l’examen. L’article évoque la densité de certains programmes, les épreuves orales dans les langues vivantes et parle d’ « un certain flou dans les classes, avec des élèves, voire des professeurs, qui se montrent confus quant au contenu des épreuves. »

Pour Libération, le point sensible est surtout « Le grand cafouillage de l’épreuve de langue »
L’article insiste sur les différentes modalités de mises en œuvre par les établissements : « Certains élèves ont passé l’épreuve de compréhension orale en février, d’autres au mois d’avril. Pendant les heures de cours, ou en dehors. Corrigé par leur prof ou par un autre de l’établissement, avec un semblant d’anonymat ou même pas. C’est selon. Quant à la grille de notation, elle laisse très peu de marge de manœuvre aux profs. »

Pour le baccalauréat, France TV Éducation propose aux lycéens de réviser la totalité du programme de philosophie par le biais d’un Massive Open Online Course (en clair un « MOOC », un cours en ligne gratuit et ouvert à tous)
L’Etudiant présente cette initiative qui propose gratuitement des vidéos, des documents, des quiz et des échanges par « chat » avec deux professeurs de lycée, Frédéric Grolleau et Jean-Claude Poizat. Les révisions débutent aujourd’hui !

Mila Saint Anne