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Revue de presse du 27 février 2015

Post-bac - Soucis informatiques - Numérique - En bref


On sent que les vacances scolaires touchent à leur fin à Paris, car les informations se bousculent. De ce fait qu’on me pardonne d’avoir dû effectuer des choix drastiques dans une actualité très abondante et très inspirante pour nos dessinateurs. Il sera donc question du post-bac, de soucis informatiques et de numérique à l’école, avant de terminer par de très longues brèves. Je me permets de souhaiter un bon week-end de repos après cette semaine de reprise pour la zone A, un bon dernier week-end de vacances pour la zone C et une bonne dernière semaine de vacances à la zone B.


Post-bac

Dans le journal Le Monde, Il y a une vie après le bac, comment bien la choisir ? L’article commence très poétiquement par « Le baccalauréat, c’est le Graal des lycéens, la voie royale vers la vie étudiante, une étape imaginée comme obligée vers l’indépendance et les responsabilités des adultes. » pour lister ensuite les différentes voies possibles, utile et synthétique.

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Orientation post-bac - Le dessin de Jean-Marie Olaya

Restons dans le post-bac, où tout n’est pas rose. Les étudiants vacataires de Lyon 2 en grève titre Le Monde. L’article mentionne une situation de crise qui s’enlise : « depuis six mois, plusieurs dizaines d’enseignants vacataires, également étudiants, travaillent sans salaire et parfois sans contrat de travail. En signe de protestation, ils ont d’abord décidé d’une rétention des notes des partiels de janvier, avant d’amplifier leur mouvement par une grève. ». De ce fait « les étudiants précaires mobilisés entendent notamment participer à la journée d’action nationale du 5 mars contre la pénurie budgétaire dans les universités, et pour dénoncer le recours toujours plus large aux vacations dans les universités : estimés entre 80 000 et 100 000 il y a deux ans, les vacataires étaient 130 000 en 2014. ». Mais selon le Ministère et l’université la crise serait en passe d’être résolue car elle serait conjoncturelle. Elle serait due à « une « succession de mésaventures : la responsable des contrats des vacataires est partie en congé maternité en septembre et sa remplaçante est tombée malade peu après[...]. Comble du malheur, la DRH, partie en juillet, n’a été remplacée qu’en novembre. » » On appréciera la faute attribuée à un personnel subalterne et féminin.


Soucis informatiques

Décidément, les mésaventures s’enchainent. Ainsi, les enseignants de l’académie de Lille ont-ils été mutés par courriel à Toulouse et Grenoble et ont, pour certains, changé de sexe ! Ceci nous est raconté par Sandrine Chesnel dans un article pour L’Express. Malgré l’aspect un peu effrayant pour les enseignants apparemment mutés d’office, la délicatesse d’afficher les noms des deux collègues qui ont effectivement demandé leur mutation, l’histoire se termine par... un nouveau courriel. Comme l’indique une édition de l’article « ce jeudi midi[26 donc, le lendemain], le ministère a envoyé un message à tous les enseignants via Iprofs pour s’excuser de ce qu’il présente comme "des erreurs techniques de diffusion de messages" ». On est encore loin de l’école numérique.

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TGV de mutants - Le dessin de Geneviève Brassaud

Ceci fait écho à un article un peu plus ancien du journal Ouest-France du 19 février qui annonçait que 800 étudiants avaient été admis par erreur dans une université de Pittsburgh aux Etats-Unis. Comble de l’ironie, l’université de Carnegie Mellon a subi ce problème pour l’intégration « dans son prestigieux cursus d’informatique ». l’article se poursuit en donnant le motif choisit par l’université « de mettre cette gaffe sur le compte « de graves erreurs dans son processus d’envoi de lettres d’admission ». » Dont acte, si cela arrive même dans une université spécialisée en informatique, cela peut arriver dans un service de DRH, non ?


Numérique

Pour poursuivre le travail de recension de Bernard Desclaux, continuons à parler de numérique à l’école. Aujourd’hui, c’est la fin de la semaine de l’apprentissage mobile organisée par L’Unesco sous-titrée « la technologie source d’autonomie des filles et des femmes ». Le Café Pédagogique sous la plume de François Jarraud a rédigé un compte-rendu du séminaire du 26 février intitulé « les mobiles peuvent-ils contribuer à faire un monde plus juste ? ». On y lit que « pour Irina Bokinova "l’éducation des filles est l’investissement le plus puissant que les états puisent faire... Autonomiser les filles c’est autonomiser le monde". I Bokova et H Zhao partagent le souci que les nouvelles technologies n’aggravent pas les fractures dans la société. Pour H. Zhao les TIC peuvent changer les systèmes éducatifs. Et il est prêt à encourager les états à utiliser une partie des revenus tirés des télécoms pour financer des accès gratuits et des services sur Internet. »
Cette question se pose aussi chez nos voisins suisses, comme le montre cet article du journal Hebdo Education : faut-il autoriser le téléphone portable à l’école ?. On y apprend que « 97% des jeunes vivant en Suisse possèdent un smartphone. Mais à l’école, les téléphones portables restent habituellement interdits, alors qu’ils présentent nombre de ressources et d’applications pour apprendre et communiquer. ». L’auteur y remarque que « souvent dans le monde scolaire, les téléphones portables sont assimilés à des objets ingénieux, futiles, qui plaisent plus par leur nouveauté que par leur utilité. Une affaire de mode, donc. Au lieu de s’en servir comme des outils pour s’informer, apprendre, communiquer, expérimenter… ». Il évoque des expériences menées dans des écoles communales en ces termes : « Les enfants y apprennent à utiliser leur appareil personnel (smartphone, tablette) tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’école comme un outil de travail et d’apprentissage, tout en développant un point de vue critique. » Mentionnant le nerf de la guerre il ose « le coût ! C’est le motif habituellement donné pour être sûr de maintenir le statu quo. Mais si les élèves apportent leur propre équipement, l’argument tombe ! Un concept a été forgé pour cela, le « Bring Your Own Device » (BYOD), soit « apportez vos appareils personnels ». » et termine par une remarque taquine « Il vaut mieux avoir les portables sur la table qu’utilisés en cachette sous la table ! »

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Ecole mobile - Le dessin de Geneviève Brassaud

Concernant le numérique, il a été plusieurs fois question depuis hier d’un sondage dans lequel les Français considèrent que les établissements scolaires sont en retard sur le plan du développement numérique comme le titre FranceTV. La question que je me pose toujours lorsqu’on parle de retard c’est l’étalon de comparaison mais admettons, oui, l’équipement est faible, quant aux usages, s’ils se développent ils restent minoritaires. « pour 87% des sondés, la maîtrise du numérique est une condition sine qua non pour trouver un emploi. Le numérique aurait aussi des vertus pédagogiques. Pour 75% des Français, il aiderait les élèves à aiguiser leur esprit critique et leur redonnerait le goût de l’apprentissage.  »On y apprend aussi que « 58% des Français souhaitent que l’informatique devienne une matière à part entière, enseignée par de professeurs formés, au même titre que l’histoire et que les mathématiques. C’est déjà le cas en Grande Bretagne, où le numérique est enseigné de l’école primaire jusqu’au bac. Le ministère de l’Éducation prône pour sa part une approche globale, pas de discipline spécifique en vue ».
Le Parisien pour sa part semble avoir fait un micro-trottoir pour savoir ce que le numérique peut apporter à l’école mais l’article est réservé aux abonnés, dommage.

De son côté le président de Syntec Numérique Guy Mamou-Mani estime dans un entretien avec Olivier Rollot sur le blog Il y a une vie après le bac qu’« on continue à enseigner comme il y a 100 ans  »
Pour lui « les méthodes d’enseignement classiques ne fonctionnent plus et doivent être réinventées grâce au numérique. ». Il se demande « Pourquoi s’obstine-t-on à laisser autant de bacheliers S – et énormément de filles ! – aller en médecine alors qu’on sait que plus de 80% vont y échouer ? » au lieu de les envoyer vers le numérique qui lui recrute. On n’ose rappeler à cet ancien enseignant que l’orientation est libre... Le site Vousnousils reprend certains de ces propos en les recontextualisant, rappelant que « L’éducation au numérique est actuellement l’un des principaux chantiers du ministère de l’Education nationale » et qu’il faut « apprendre aux jeunes à mieux se comporter sur Internet, et à faire le tri dans la masse d’informations publiées sur la Toile. Il y a des élèves « très peu armés pour faire la part entre ce qui relève de l’information et de la désinformation », qui ne pensent parfois pas « à protéger leurs données personnelles sur le web et peuvent, parfois, se mettre en danger », avait estimé la ministre lors de la remise des premiers trophées Educnum »
Sur le site Savoirs & Connaissances on relève des vidéos pour promouvoir les projets innovants soutenus par l’Education nationale qualifiées de « belle opération de communication ». L’article commence ainsi, « depuis le début du quinquennat de François Hollande, l’Education nationale travaille sa dimension numérique. Cela passe notamment par la concrétisation d’une série d’appels à projets intégrés dans le « plan e-education ». Il en résulte des dotations de plusieurs millions d’euros pour des projets innovants, souvent portés autour de la pénétration du numérique à l’école. »

Terminons ce succinct, quoique déjà long, tour du numérique à l’école par le blog de Michel Guillou qui évoque le dernier numéro hors-série des Cahiers Pédagogiques sur le numérique à l’école primaire. Il lui rend un bel hommage en évoquant « une photographie instantanée mais enthousiaste de « l’avancement de l’école du premier degré dans l’ère numérique », comme dit le jargon officiel » Il y mentionne le fait que « ce dossier déborde du plaisir – c’est ce qui le rend passionnant à parcourir – de cette foi laïque surprenante et de cette conviction que les changements vont pouvoir accélérer et augmenter tout ce que l’école portait déjà de valeurs humaines et sociétales, de lien et de partage. ». Il termine ce compte-rendu de lecture par cette très belle phrase : « En tout cas, n’oubliez pas, la pédagogie numérique n’est rien d’autre que de la pédagogie. Et ça risque de durer encore un bon bout de temps : jusqu’à ce que le mot « numérique » ait disparu du vocabulaire. ».


En bref

Le collectif Aggiornamento reproduit sur son site la lettre ouverte à la Ministre des personnels de l’ESPE de Nantes, qui après ceux de Bordeaux alerte sur la situation de la formation des enseignants. « Les conditions de formation des étudiants et professeurs stagiaires, les conditions de travail des enseignants sont enserrées dans un tel étau de contraintes qu’il devient impossible de répondre aux enjeux prioritaires et à la hauteur des besoins de la formation des enseignants. » disent-ils en réponse à leurs espoirs déçus concernant la loi de refondation.

L’APHG signe elle aussi une lettre ouverte à Madame Vallaud-Belkacempour demander « solennellement, en ces moments cruciaux pour l’avenir de la République, que le Conseil supérieur des programmes (CSP) ne fasse pas disparaître ou diminuer les savoirs au profit des compétences ». Peut-on leur proposer de lire le numéro 476 de la revue des Cahiers Pédagogiques pour ne plus opposer connaissance et compétence ?

Slate transcrit un article américain sur l’école à la maison mentionnant en particulier la situation des enfants noirs retirés de l’école publique évoquant un échec car « plus d’une cinquantaine d’année après que la ségrégation à l’école a été déclarée illégale, beaucoup d’élèves noirs subissent encore le racisme et surtout l’ostracisation ». Très éclairant.

Instituteurs absents : le cri d’alarme des syndicats (dans l’Oise) titre Le Parisien, indiquant que «  fin janvier, le nombre de journées de classe non remplacées en primaire est de 17% supérieur au total des journées recensées durant la dernière saison scolaire.  ». Malheureusement l’article est en édition abonné.

Le Café Pédagogique rapporte une étude de la DEPP sur le coût réel de l’école en y apportant des nuances importantes, signalant par exemple que « la Depp omet les écarts de coût entre niveaux et filières. Là les inégalités sont importantes et mériteraient d’être signalées. »

La Nouvelle République du Centre nous informe que le professeur de philosophie de Poitiers suspecté d’apologie du terrorisme a passé une journée en garde à vue hier. Et complète cet après-midi par l’annonce que l’enseignant ne sera pas poursuivi.

Le journal Libération nous propose une vision caricaturale et apocalyptique d’une rentrée en 6è sous forme d’une tribune de Jérémy Lefèbvre. Dans une prose surprenante l’auteur mentionne notamment « Le premier jour de sixième, l’enfance française tombe au milieu d’une foule enragée qui se précipite sur elle-même comme l’océan dans le Titanic ». Les enseignants parmi nos lecteurs apprécieront notamment ce trait les décrivant « en guise de maître ou de maîtresse, on lui attribue une dizaine de professeurs nerveusement détruits. Parmi eux, un tiers aime les élèves dans la désolation, un tiers s’en fout, un tiers les déteste ouvertement. Aucun d’entre eux n’a reçu la moindre formation à l’art d’enseigner. Ils peuvent en savoir long, aimer d’amour le Moyen Âge et la grammaire anglaise, à moins d’un talent spécial personne n’a la plus petite idée du moyen de faire partager une passion. ».

A Albi, le père d’élèves qui avait menacé de mort la directrice de l’école élémentaire Edouard Herriot a été condamné à 6 mois de prison nous apprend La Dépêche. « Le tribunal correctionnel d’Albi a aussi condamné F.T. à un euro symbolique de dommages et intérêts à verser à la directrice, à l’interdiction de se rendre à l’école ou de rencontrer Béatrice Guesmi, à une obligation de soins et enfin à l’interdiction de détenir une arme ».

Et pour finir, sur le journal Le Point, Russie : des enfants posent sur leur photo de classe avec des kalachnikov « une "classe de patriotisme" dans une école maternelle de Saint-Pétersbourg ont provoqué la polémique en Russie, des organisateurs affirmant que le maniement des armes devait faire partie de l’éducation des écoliers russes ». D’autres voix se sont elles élevées contre cette pratique, espérons qu’elles seront majoritaires.

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Cour de récré en Russie - Le dessin de Jean-Marie Olaya

Emilie Kochert

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseigner en primaire avec le numérique
Hors-série numérique n°38 des Cahiers Pédagogiques
Après « Enseigner en histoire-géographie avec le numérique » et avant « Enseigner les arts avec le numérique », voici, coordonné par Armelle Legars et Ostiane Mathon, et une relecture de Michel Guillou, « Enseigner en primaire avec le numérique ».

Travailler par compétences
Revue n°476 - octobre 2009
Comment le travail par compétences peut-il être un outil pour la réussite des élèves et un instrument de liberté pédagogique plutôt qu’une contrainte pour les professeurs ?
Le dossier répond concrètement à cette interrogation centrale tout en examinant aussi d’autres questions : qu’est-ce qu’une compétence, pourquoi et comment faire travailler les élèves sur leurs compétences, quelles techniques adopter et quels écueils éviter ?

Éduquer à la citoyenneté. Construire des compétences sociales et civiques
Ouvrage - 2012
Laurent Fillion, collection Repères pour agir, Scéren-CNDP et CRAP-Cahiers pédagogiques
Un ouvrage indispensable pour travailler et évaluer les « compétences sociales et civiques » du socle commun.