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Revue de presse du 26 mars 2015

Salaires - Formation - Repères - Réforme - Bref


L’actualité éducative s’intéresse aujourd’hui aux écarts de salaires entre enseignants et à leur formation initiale. On parle aussi de la réforme du collège toujours au cœur d’une vive polémique et d’une perte de repères bien étrange, sans oublier les nombreuses brèves du jeudi.


Salaires

Savoirs & Connaissances évoque le Bilan social de l’Education nationale publié aujourd’hui par la DEPP en mentionnant que « globalement, les effectifs du personnel ont diminué de 7,3 % depuis 2006-2007 ». Vous pouvez bien entendu lire l’intégralité du rapport sur le site du Ministère.
Le quotidien Les Echos y a cherché ce qui concernait les écarts de salaires des enseignants qui dévoile que « les primes et les heures supplémentaires creusent les disparités salariales. ». On y parle non seulement des écarts entre professeurs des écoles et enseignants du second degré mais on y pointe aussi des différences dans le second degré car « Le salaire net moyen d’un professeur des écoles du secteur public atteint 2.189 euros, alors qu’il est de 5.727 euros pour les professeurs de chaire supérieure. Ces quelque 2.000 professeurs sont les enseignants les mieux rémunérés. [...] Arrivent ensuite les 45.500 professeurs agrégés, dont le salaire brut mensuel est supérieur en moyenne de 1.000 euros à celui des professeurs certifiés et d’EPS. ». Les écarts sont importants aussi entre hommes et femmes.

Comme en réponse, Jack Koch publie un dessin dans VousNousIls concernant les motivations des étudiants des ESPE intitulé « Le salaire mirobolant des enseignants, source de motivation pour les futurs profs ? ».


Formation

Justement, les ESPE, et surtout la formation initiale des futurs enseignants sont au cœur des interrogations du journal Le Progrès dans un article au titre évocateur « Enseigner, ça s’apprend comment ? ». L’auteur mentionne « Le volet pédagogique non satisfait », le manque d’outils pratiques qu’il faut aller chercher ailleurs sur divers sites (Eduscol, ESPE académiques...), On y parle d’une déconnexion du terrain « « Il y a dans les IUFM (Instituts universitaires de formation des maîtres, ancêtres des ESPE) des professeurs qui n’ont pas enseigné depuis quinze ans » regrettait Vincent Peillon qui voulait que les formateurs puissent « continuer à enseigner dans leur classe ». Dans la réalité, le nombre de formateurs à temps partagé n’a pas évolué. » et d’emplois du temps trop chargés. Un bilan à revoir entièrement donc, si on ajoute le « Peu de formation continue ».
La formation, Libération l’évoque aussi concernant les établissements pilotes de la refondation où les enseignants ont « Des formations pas toujours adaptées ».


Repères

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Le dessin de Jimo

C’est une question de repères que met en avant le Monde concernant l’enquête d’une commission du Sénat. « Les sénateurs ne s’attendaient pas à cet accueil. Venus en visite, lundi 23 mars, dans le lycée Paul-Eluard à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour prendre le pouls des enseignants après les attentats de janvier, les représentants de la commission d’enquête ad hoc ont dû faire face à une véritable fronde des professeurs de ce grand lycée de banlieue. Parce qu’ils ne voulaient pas « cautionner un jeu de dupes et une entreprise idéologiquement réactionnaire » » peut-on lire. On apprend ensuite que c’est le but réel de cette commission qui a irrité ces enseignants car « la visite se tenait dans le cadre des consultations de la commission d’enquête sur « le fonctionnement du service public de l’éducation, sur la perte de repères républicains que révèle la vie dans les établissements scolaires et sur les difficultés rencontrées par les enseignants dans l’exercice de leur profession ». L’intitulé a fait tiquer dans la salle des profs. » ce qui se conçoit !
Le collectif Aggiornamento signe une tribune contre la « commission d’enquête sur “la perte de repères républicains” de nos élèves ! » reprenant le communiqué de l’établissement concerné.


Réforme

Les langues sont toujours au centre des débats sur la réforme du collège comme en témoigne cet article de L’Express sobrement intitulé « Les professeurs d’allemand sont sacrifiés ». L’enseignante qui témoigne évoque le fait qu’« Il y a deux ans, le collège dispensait encore 28 heures hebdomadaires d’allemand. Cette année, nous sommes passés à 24 heures », soit une érosion datant d’avant la réforme. Évoquant les classes européennes et bilangues de son établissement elle note que « Les abolir est la meilleure façon de sceller un système à deux vitesses avec l’école publique d’un côté, ne proposant qu’un enseignement a minima, et l’école privée de l’autre, bien plus libre de ses choix et pouvant continuer à soutenir l’enseignement des langues. ». L’enseignement privé sous contrat est lui aussi inclu dans la réforme. Par ailleurs, les annonces de Madame la Ministre, dont parle le Café Pédagogique ont probablement rassuré cette enseignante.

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Le sacrifices des profs d’Allemand vu par Geneviève Brassaud

Dans son édito intitulé « Langues anciennes, LV2 et élitisme », ce même Café Pédagogique remarque qu’elles sont souvent partie d’un système de ségrégation scolaire, y compris dans des établissements avec plus de mixité sociale. L’article se termine par cette remarque pertinente « Suffit-il de les supprimer pour voir disparaitre la ségrégation scolaire ? Probablement pas. Il sera intéressant de voir comment les établissements utiliseront leur nouvelle autonomie pour se défendre sur ce qui est bien un marché scolaire. ».
De son côté, dans la chronique radio d’Enseignement-catholique.fr, Pascal Balmand secrétaire général de l’enseignement catholique refuse la stigmatisation du collège car pour lui tout ne va pas mal au collège, cependant, il reconnaît que « le collège n’a pas été fondamentalement modifié depuis la démocratisation scolaire ».
Sur Contrepoints.org, Vincent Feré estime que le futur collège réformé est « le collège pour personne ».


Bref

Le Monde nous offre une « Première mondiale au Burundi : une université dans un camp de réfugiés », un article à lire qui permet plein d’espoir.
Dans le cadre de la Semaine de la presse et des médias à l’école® déjà évoquée hier par Pascal Thomas, le journal l’Humanité publie un entretien avec Divina Frau-Meigs directrice du Clemi qui affirme que « Les élèves ne doivent pas être seuls face à Internet ». Elle y évoque l’éducation aux médias en ces termes « Il existe effectivement deux versants : d’un côté décrypter l’information et de l’autre en comprendre les mécanismes. Les former à remonter les sources, à identifier les acteurs derrière la production de documents et à vérifier les dates. C’est une question de contenu mais aussi de nature même des documents, truqués ou pas. En ce sens, il faut encourager les enseignants et les parents à y aller. Car, souvent, les élèves sont seuls avec Internet et ses images. Dans l’enseignement, on voit que les réseaux sociaux sont extrêmement négligés, jugés comme une pratique à part. Mais il faut les réinvestir, à l’école comme dans la recherche. Car, c’est là que les jeunes vont chercher leurs informations. »
Toujours dans L’Humanité l’opération Renvoyé Spécial est à l’honneur. « Dans le cadre de la semaine de la presse et des médias à l’école, le CLEMI s’associe à la Maison des journalistes pour organiser la venue dans des classes de journalistes étrangers, réfugiés politiques en France. Dans ce cadre la journaliste ivoirienne Carole Serikpa est venue à Saint Denis (93) raconter son parcours à des lycéens. »
Le journal Libération publie plusieurs articles sur les couacs dans les établissements précurseurs de la refondation dont un sur le dispositif « plus de maîtres que de classes ».
20Minutes s’intéresse aux intelligences multiples pour apprendre à travers les travaux de chercheurs en neurosciences mais aussi des expériences dans des écoles qui évoquent des méthodes qui « privilégient aussi les passerelles entre les disciplines. ».
Ma Chaine Etudiante publie un communiqué de l’Union des Professeurs de classes préparatoires Scientifiques (UPS) concernant son audition par le Conseil Supérieur des Programmes (CSP).
Enfin, Le Point rappelle que voici 58 ans « le politicien Édouard Herriot décédait après avoir milité pour que le sport devienne le plus puissant moyen d’éducation de la jeunesse. ».

Emilie Kochert qui a le plaisir de laisser la place demain à Géraldine Duboz.


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Ecole et milieux populaires
Revue n°520 - mars 2015

Le mythe de l’égalité républicaine, nous n’y croyons plus trop, nous savons bien que certains élèves «  sont plus égaux que d’autres  ». Nous ne sommes pas naïfs. Mais pour la plupart, enseignants et acteurs de l’éducation, nous pensons travailler à la promotion de tous et souhaitons souvent pouvoir «  compenser  » les inégalités.

Peut-on encore parler d’éducation prioritaire ?
Hors-série des Cahiers d’Éducation & Devenir n° 24 - février 2015
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF), en téléchargement depuis notre site.
Le débat public, initié lors des Assises de l’automne, propose différentes pistes à explorer

La formation des enseignants
Hors-série des Cahiers d’Éducation & Devenir n° 10 - mars 2011

Afin de sortir par le haut du débat entre « pédagogie » et « formation universitaire », afin de clarifier ce qu’est le métier d’enseignant au regard de ses mutations et de ses évolutions, ou transformations, Education & Devenir veut réaffirmer dans ce dossier son attachement à ces valeurs : un enseignant est un professionnel ; être enseignant, cela s’apprend.