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Revue de presse du 22 janvier 2018

Pacte d’excellence - Parcours Sup - Devaquet

En Belgique, on débat sur l’organisation du temps scolaires et on le fait le samedi !

Profs et parents d’élèves pensaient débattre du fameux « Pacte d’excellence » mais sont frustrés : « En fait on n’a pas grand-chose à dire »

« 140 citoyens se sont réunis aujourd’hui à Bruxelles, pour "débattre" du fameux Pacte d’excellence qui doit réformer l’enseignement. Des professeurs, des directeurs et des parents ont été appelés à donner leur avis sur ces changements, notamment en ce qui concerne les grilles horaires. Beaucoup espéraient être un peu plus impliqués dans les choix qui ont été posés. Simon François et Gilles Gengler les ont interrogés pour le RTL INFO 19h. »
« Pour la durée des cours dans le secondaire. Trois scénarios sont définis : 50 minutes par cours, deux fois 45 minutes, ou 6 semaines classiques et une semaine intensive consacrée à une matière spécifique, comme une langue ou des laboratoires de sciences. […] Les participants du jour sont des volontaires sélectionnés aléatoirement. Leurs avis divergents sur les différents scénarios. Leur point commun : une certaine frustration. "On nous propose un scénario qui est déjà cadenassé, et en fait on n’a pas grand-chose à dire. On peut choisir simplement entre deux scénarios pour le primaire et trois scénarios pour le secondaire", explique Tiffany Trogh, enseignante et membre de l’ASBL Impact. »

La RTBV montre sur ce point « des avis partagés après une journée de débats entre parents, citoyens et enseignants »

« Je ne pensais pas qu’il y avait autant de conservatisme. Les premières tables étaient très négatives. Alors que nous, au contraire, nous étions positifs avec un message : Madame la ministre, allez-y, avancez, faites quelque chose », insiste Karine Bertaut, une parente d’élève.
Ces changements, qui comprennent entre autres un tronc commun jusque 15 ans, plusieurs professeurs n’en veulent pas.

Ce que nuance Chris dans son blog du 19 janvier :
« En Belgique est en cours d’adoption “le pacte d’excellence”, réforme du système scolaire qui ressemble à s’y méprendre à la réforme du collège en France, autrement appelé "Collège2016". Là encore des résistances syndicales et disciplinaires, des accusations de faire disparaître le latin, etc... Mais un accueil global d’une toute autre qualité. Des débats d’une toute autre hauteur. »

Performance des systèmes scolaires : les leçons du modèle polonais

Quant aux Polonais, il semble que leur application du Pacte d’excellence les ait propulsés dans le Top 10 des résultats PISA. C’est vers ce modèle qu’Eric Burgraff, dans le Soir, conseille aux Belges de se tourner.
« En 15 ans, la Pologne a réussi à doper ses résultats aux tests internationaux. En appliquant simplement la plupart des résolutions du Pacte d’Excellence. »


L’ancien ministre de l’enseignement supérieur Alain Devaquet est mort

annonce Le Monde
« L’ex-ministre de Jacques Chirac était notamment connu pour son projet de réforme de l’université qui avait été avorté en 1986 après un grand mouvement de contestation estudiantin […] Ce texte prévoyait davantage d’autonomie aux universités, une sélection accrue pour y entrer et l’augmentation des frais d’inscription. Il avait aussitôt été dénoncé par les syndicats lycéens et étudiants car elle mettait en place, selon eux, une université à deux vitesses. Le ministre avait alors dû affronter plusieurs semaines d’importantes manifestations à travers toute la France. Ces rassemblements avaient été marqués par la mort, le 6 décembre 1986, d’un étudiant, Malik Oussekine, à la suite d’une intervention de la police dans le quartier Latin à Paris. »
Les Echos reprennent l’information avec un document télé de l’époque très intéressant.
Le Point cite un tweet de Valérie Pécresse : « Il portait la parole des chercheurs #Synchrotron. Il défendit trop tôt une réforme qui aurait changé le visage de l’université française. »

Était-elle, comme moi, dans la rue en 1986 ? Dans le contexte de la réforme de l’accès à l’université, cette annonce n’a rien d’anodin.


Comment les universités vont trier les lycéens

Dans Le Monde Campus, Séverin Graveleau et Camille Stromboni nous expliquent que :
« Les facs ont dû élaborer en quelques semaines des critères pour départager les dossiers des candidats….Car avec la réforme en cours d’examen au Parlement, qui modifie les règles d’admission à l’université, toutes les formations vont désormais classer l’ensemble des candidats à partir de leurs dossiers. Un classement qui doit permettre de les départager, dans le cas où les capacités d’accueil d’une formation sont atteintes, remplaçant ainsi le tirage au sort pratiqué jusque-là. »
« Notes, appréciations, lettre de motivation, avis du conseil de classe de terminale, activités extrascolaires… » font partie des critères de sélection. On comprend les questions et les inquiétudes des lycéens d’autant que les université sont totalement autonomes.

Pourquoi certaines facs font de la résistance et refusent de communiquer leurs "attendus" ?

« Trois jours avant l’ouverture de ParcourSup, toutes les universités auraient déjà dû communiquer leurs "attendus" d’établissement. Or, certaines, comme Paris 1 Panthéon-Sorbonne, refusent de le faire, contestant ainsi la nouvelle plateforme d’admission post-bac et ses règles. Pourquoi et pour quelles conséquences ? Pour LCI, Justine Faure a interrogé les “récalcitrants” ».

« La majorité des syndicats de Paris 1 s’est en effet opposé à la publication d’"attendus" propres à l’établissement. "Nous sommes contre ces critères de sélection. Tout le monde devrait pouvoir entrer à l’université" lance à LCI Sidoine Corbin Occelli, responsable du SNESUP.
A l’inverse, Jean-Marc Lehu, délégué syndicale UNSA Education Sup’Recherche, estime que la sélection après le lycée existe déjà, "entre le public et le privé, les écoles et les universités, les établissements français et étrangers". Il pense aussi qu’il est hypocrite de dire que tout le monde dispose du droit d’entrer à l’université. "Cela devrait être le cas. Mais les universités doivent avoir des obligations de résultats et permettre à leurs élèves de sortir avec une bonne formation qui leur ouvriront les portes du marché du travail. Il est absurde de former 15 000 professeurs de sport si le besoin est fixé à 10 000" avance-t-il à LCI. "Comment allons-nous faire sans attendus ? Est-ce que tous les élèves qui voudront venir chez nous seront acceptés ?" »

Si vous souhaitez aller voir, la plate-forme ParcoursSup est ici.

Cinq conseils de psy pour survivre au stress de l’orientation. « Lycéens de terminale et étudiants en réorientation s’apprêtent à inscrire leurs vœux sur la nouvelle plate-forme Parcoursup. Aborder la délicate étape de l’orientation en restant serein, est-ce possible ? Il existe des méthodes pour s’y préparer, affirme le pédopsychiatre Frédéric Kochman. » dans Le Monde.


Pierre Mathiot, ex-directeur de Science Po Lille, va présenter ses propositions pour le baccalauréat

Elles seront dévoilées dans la semaine selon France3 Régions.
Si j’ai bien compris, les nouvelles filières peuvent être comparées à des menus. Comme au restaurant, les élèves choisiraient un menu, avec des plats au choix à l’intérieur correspondants aux disciplines mineures.
« Conformément à la promesse d’Emmanuel Macron, le bac serait "resserré" avec six épreuves nationales : les deux épreuves de français en première (l’écrit et l’oral) et quatre épreuves en terminale. Les lycéens en passeraient deux au printemps, suffisamment tôt pour que les résultats soient intégrés dans la plateforme d’admission post-bac Parcoursup. Seraient maintenus en fin de Terminale l’épreuve de philosophie et un oral portant sur un projet interdisciplinaire. Les autres matières seraient évaluées sous forme d’un contrôle continu. »


États-Unis. Les universités américaines attirent moins d’étudiants étrangers

Selon Courrier international :
« Même s’il n’y a jamais eu autant d’étudiants internationaux aux États-Unis, la tendance est à la baisse. Au point de provoquer des restrictions budgétaires dans certains établissements.
Selon Raja Bandar, de l’Institute of International Education, cette baisse serait due à “plusieurs facteurs qui se combinent”. D’une part, la concurrence avec les universités canadiennes, australiennes ou britanniques est de plus en plus forte. D’autre part, des pays comme le Brésil ou l’Arabie Saoudite ont récemment revu les conditions d’attribution des bourses à leurs étudiants désireux de poursuivre leurs études à l’étranger. Enfin et surtout, la politique anti-immigration de l’administration Trump a des effets bien au-delà des six pays musulmans dont les ressortissants sont désormais interdits de séjour aux États-Unis. »

Catherine Rossignol

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 542 - Bienveillants et exigeants
Dossier coordonné par Danièle Manesse et Jean-Michel Zakhartchouk
janvier 2018
La notion de bienveillance a fait ces dernières années une entrée en force à l’école. Son articulation avec la mission principale de l’école (transmettre) n’est pas simple, surtout lorsqu’on inscrit cette «  transmission  » dans l’exigence que tous les élèves parviennent à un niveau qui leur donne de l’autonomie.
N° 541 - Les tâches complexes à la loupe
Dossier coordonné par Christophe Blanc et Florence Castincaud
décembre 2017
Depuis l’instauration du socle commun et l’incitation des enseignants à mettre en œuvre des «  tâches complexes  » dans leurs classes, on assiste à un foisonnement de propositions, personnelles et institutionnelles. Un dossier pour poursuivre la réflexion et nous aider à faire des choix pédagogiques et didactiques plus pertinents.