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Revue de presse du 20 janvier 2015

Hommages - témoignages - coéducation - et aussi


L’actualité dans l’éducation, comme le remarquait hier dans sa revue de presse Guillaume Caron, reste largement centrée autour des débats consécutifs aux attaques terroristes. Cependant, d’autres sujets commencent à apparaître.


Hommages

Différents hommages émanent directement d’élèves et d’étudiants. Ils ont certes des portées différentes mais répondent à ceux qui ces derniers jours se demandent ce qu’enseigne l’éducation civique.

Ainsi, le journal Le Monde nous informe que la promotion de l’ENA 2015-2016 a choisi de s’appeler George Orwell « à la suite de l’attentat du 7 janvier dans les locaux de Charlie Hebdo, qui a relancé le débat sur la liberté d’expression ». L’article poursuit sur les motifs de ce choix. Les futurs hauts-fonctionnaires français voulaient donc rappeler « en exergue du communiqué de la prestigieuse école, figure cette citation de l’écrivain : « Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux autres ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. » ». Cette affirmation de l’attachement de nos futurs hauts-fonctionnaires est un message intéressant de futurs dirigeants conscients de leur responsabilité et des valeurs qu’ils devront représenter tant en France qu’à l’étranger.

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Dessin de Geneviève Brassaud

Un autre hommage, indirect, dévoilé par le journal l’Humanité, celui des élèves du collège Jean Jaurès de Montfermeil. Certes, il pourrait paraître plus anecdotique mais il témoigne d’un travail de longue haleine et transdisciplinaire, ainsi que d’une volonté, tant des équipes enseignantes concernées que des élèves, d’associer école et citoyenneté. Les élèves ont peint, sur un mur d’entrée du collège le visage de Jean Jaurès, qui donne son nom à l’école. L’article évoque cette fresque comme une "réflexion à la fois sur l’histoire, la citoyenneté et la laïcité, l’œuvre a été dévoilée jeudi soir, non sans écho aux attentats de la semaine dernière et à leurs victimes.". L’auteur rappelle que non seulement l’attente et la bâche masquant le travail ont suscité la curiosité mais que la cérémonie était "d’autant plus émouvante qu’elle se déroulait au moment où les dessinateurs de Charlie Hebdo étaient portés en terre". Malgré peut-être un excès de lyrisme de la journaliste, on remarque encore que certains médias témoignent bien de la grande implication des enseignants et des élèves, y compris ceux montrés du doigt par d’autres, durant ces événements.

 


Témoignages

En plus de ces hommages, des voix, au sein du monde de l’éducation, interpellent les médias pour condamner le traitement médiatique des incidents survenus lors des minutes de silence et rappeler que l’école n’a pas failli à sa mission. C’est même le titre d’un témoignage dans Express yourself de Mourad Haddak, professeur d’histoire-géographie. S’il ne nie pas les incidents, il les replace dans un contexte scolaire d’adolescents, qui peuvent parfois s’exprimer par provocation, et rappelle qu’il faut sanctionner les cas graves. Il souligne qu’"il faut aussi parler des élèves qui, pour la plupart d’entre eux, ont partagé le sentiment d’effroi de la communauté nationale et manifesté majoritairement leur solidarité par des gestes forts : rédaction de poèmes, affichage de dessins et de caricatures, lecture d’extraits de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen de 1789, expositions, etc.". Il rappelle aussi la mobilisation en peu de temps des enseignants.
Ensuite, le témoignage devient réflexion politique et l’auteur exprime sa certitude que l’explication par la religion desdits incidents n’est pas la bonne et qu’il faut se garder de tout amalgame : "On touche ici aux limites d’une explication culturaliste qui enferme des individus dans des "communautés" fantasmées." Amalgame d’autant plus aisé dans les médias que M Haddak souligne qu’on n’a pas vu de témoignages d’incidents autour des établissements péri-urbain ou en centre-ville et souligne que le discours identitaire ou victimaire cache peut-être un échec scolaire mal vécu. L’auteur, se permet à ce moment de son témoignage quelques remarques sur l’administration non-argumentées. Dommage, lui qui propose une réflexion multi-focalisée, qu’il n’en fasse alors pas preuve.
Il s’exprime ensuite sur ce qui devrait être, selon lui, les moyens de l’école pour agir. En soi, un témoignage très pertinent et des pistes de réflexion larges. Un bémol, proposer d’étendre la philosophie au lycée professionnel est, certes, une bonne idée, mais pourquoi ne pas proposer de l’étendre à d’autres niveaux que le lycée ?

Sur les moyens de l’école pour agir, Sandrine Chesnel signe un article dans l’Express au titre un peu excessif pour son propos "Quelles sanctions pour les élèves qui ont perturbé la minute de silence ?". Elle y mentionne les différences entre punitions et sanctions et explique clairement ce que peut ou ne peut pas l’école contre les incivilités par exemple. Elle n’oublie pas de rappeler que l’école n’est pas chargée de punir les délits. En somme, un article clair, pertinent et nécessaire en ce moment, qui vaut mieux que son titre ne le laisse penser.

Un autre professeur d’histoire-géographie, Bernard Girard, commente sur son blog, l’arrestation d’un lycéen de l’académie de Nantes pour un dessin « ironique » tombé sous le coup de la loi contre l’apologie du terrorisme. Son point de vue, quoi qu’émaillé d’excès de langage et de raccourcis saisissants, propose aux décideurs de l’éducation de revoir leur "bonne conscience républicaine" en révisant leurs priorités. Il évoque en conclusion et fort justement que « l’école » vécue – par opposition à l’école télévisée – aurait tort de se laisser troubler : aujourd’hui encore, dans 63 000 établissements scolaires, qui ne sont pas des bombes à retardement, 13 millions d’élèves, qui ne sont pas des apprentis djihadistes, ont été accueillis par 850 000 enseignants pas spécialement « déboussolés », pour faire leur travail habituel. ».

L’UNL lance un appel sur son site pour l’engagement des lycéens car « être citoyen c’est prendre part aux affaires de la cité, être un acteur des décisions qui régissent la vie de la communauté dans laquelle on évolue. » Nos jeunes élus lycéens montrent ainsi qu’ils ont, autant que nos futurs haut-fonctionnaires parfaitement compris ce qu’étaient les valeurs démocratiques. Ils y appellent de leurs vœux un apprentissage de la démocratie à l’école qui « doit trouver une application concrète dans nos établissements ». Un appel qui donne même une belle leçon de civisme en se concluant par « Or l’enjeu n’est pas la possibilité de voter mais bien le champ sur lequel le vote s’applique. Si le vote sert uniquement à choisir un nom plutôt qu’un autre et qu’on laisse s’installer le sentiment qu’il ne peut peser sur rien d’autre alors les gens s’en détourne avant même leur majorité. Il faut redonner son sens au vote... »

 


Coéducation

L’Ifé publie sous la plume d’Annie Feyfant un dossier de veille (n°98) sur les relations entre les parents et l’école. Tout en soulignant les représentations qui se cachent parfois dans les discours des uns envers les autres, l’article multiplie les points de vue pour montrer que chacun y va de sa vision différenciée. Il rappelle à juste titre que le rejet des difficultés scolaires par les uns sur les autres tient à la réception des messages de l’autre acteur de l’éducation comme une attaque de l’éducation d’un côté, du professionnalisme de l’autre. L’étude note que l’attitude des personnels d’éducation tient aussi à leurs représentations sociales, plus compréhensifs avec les milieux les plus diplômés. Tandis que « certaines attitudes tendent à infantiliser les parents des familles populaires ou étrangère. Les enseignants ont alors tendance à normaliser leurs relations avec les parents en délégant la communication aux enfants ».
L’article prend le temps de revenir sur les trois niveaux d’implication des parents dans l’éducation, coéducation, coopération et collaboration, en les hiérarchisant par le niveau d’implication mais sans en privilégier une.
Il développe ensuite des propositions d’intégration des familles dans l’école, notamment autour de l’accueil : « L’ouverture de l’école aux familles, selon un mode bienveillant, se traduit au quotidien par des lieux passerelles qui permettent d’accueillir les parents selon des horaires moins contraignants pour eux et pour les enseignants, à différents moments de l’année, dans des cadres moins contraints, autour d’activités périscolaires, sollicitant les compétences parentales, destinés à « 
construire un corpus commun de valeurs éducatives à l’école et aux familles » »
. Au final, un dossier très dense et très complet mais qui sait rester didactique.

 


Et aussi

C’est le moment d’y penser, les admissions post-bac (APB), les pages Campus du journal Le Monde offrent de bons conseils à leurs lecteurs, à la fois pour s’y retrouver sur le nouveau site, mais aussi pour avoir "les bons réflexes pour bien commencer sur Admission post bac". L’occasion pour les professeurs et les parents d’accompagner au mieux les futurs bacheliers sur le site et pour les plus autonomes de n’avoir oublié aucun document lors des inscriptions.

Sur Edcupro.fr on apprend que depuis la loi sur l’enseignement supérieur, "223 bacheliers "méritants" ont profité du droit d’accès en filières sélectives" et que ce sont surtout des élèves de lycée professionnel ayant pu intégrer un BTS.

Enfin, le site Tice-education.fr publie un article évoquant l’association Code.org dont le but est de favoriser l’apprentissage du code à l’école, notamment dans les programmes de sciences-physiques et de mathématiques.

Emilie Kochert

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Morale, laïcité et éthique à l’école, ici et ailleurs
Hors-série n°Cahiers d’Éducation & Devenir n° 20 - décembre 2013
Morale, ou plutôt éthique ? Quelle laïcité dans l’école de la République ? L’enseignement de ces notions a contribué à la constitution de la citoyenneté française ; mais dans les moments de tensions, elles sont souvent instrumentalisées. Comment garantir la neutralité des principes d’action et de jugement, les transmettre à tous les élèves ?

Aider et accompagner les élèves, dans et hors l’école
Hors-série n°22 - février 2011

Si la question de l’aide a déjà été beaucoup travaillée, l’utilisation du mot « accompagnement », très à la mode, demande à être précisée. De quoi parle-t-on exactement ? Pour quelles pratiques avec les élèves ?