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Revue de presse du 2 mars 2015

Décrochage - Valeurs - C’était mieux avant - Jeunes - Rubrique à vrac


Le mois de mars débute en douceur pour la météo ... de l’actu de l’éducation. De douceurs, mais qui n’ont pas grand chose à voir avec l’éducation, il est aussi question ici.
Pour démarrer cette première semaine de mars (et dernière semaine de vacances pour la zone B), je vous propose un peu de lutte contre le décrochage, deux ou trois bricoles à propos des valeurs républicaines, un zeste de nostalgie, des infos sur les jeunes et enfin quelques liens classés en vrac.


Décrochage

La lutte contre le décrochage scolaire est une priorité nationale. Il est difficile de ne pas être d’accord avec une telle priorité ! Par contre, il est souvent difficile de trouver des réponses adaptées.
Je vous conseille la lecture de la contribution, intitulée "décrocher du décrochage, changer de regard sur l’école", publiée sur le site d’Éducation et Devenir. Au delà des constats, les deux auteurs, Isabelle Klépal et José Fouque, témoignent d’expériences intéressantes au sein d’un lycée Eclair en lutte contre le décrochage. Certaines de ces expériences sont transférables au collège avec les adaptations nécessaires.
Sur contrepoints.org, c’est la prévention du décrochage chez les plus jeunes qui est abordée : "La plupart des jeunes qui seront en échec scolaire et illettrés sont repérables dès l’âge de 2 ans. S’ils sont pris en charge par des ateliers d’éveil, ils atteindront le baccalauréat pour la majorité d’entre eux".
Parmi les réponses possibles au décrochage, la différenciation pédagogique est souvent préconisée. Jean-Christophe Torres publie un article bien ficelé sur cette thématique pour le site cap-education.fr. Il y montre notamment que l’idée de la différenciation pédagogique n’est pas nouvelle ("une vieille lune") mais qu’elle demeure un enjeu majeur : "C’est par elle que saura advenir une école pleinement adaptée aux nouvelles exigences du monde et aux besoins des élèves, intégrant pleinement les technologies de son temps et ouverte aux différences multiples dont une société complexe est porteuse. Loin d’être une « vieille lune », elle porte donc une authentique lumière éducative sur la déréliction actuelle de notre institution : astre vivifiant éclairant les ombres d’un système éducatif trop rapidement massifié, incapable encore de s’adapter aux défis de son époque".


Valeurs

Un dossier regroupe plusieurs contributions sur le site de la Ligue de l’enseignement et pose la question : "Après Charlie, comment former aux valeurs de la République ?". Ariane Ioannides, rédactrice en chef, a choisi des angles de vue pertinents pour ce dossier. Y sont abordés les enjeux, l’enseignement moral et civique (EMC), la laïcité au travail, la formation, les pratiques et le numérique.
Sur cette épineuse question, on pourra lire aussi la chronique de Véronique Soulé, chez nos voisins du café pédagogique, intitulée "l’école et les valeurs de la République, un vrai casse-tête". Dans cet article, Véronique Soulé retranscrit les propos de "l’historienne Mona Ozouf, interrogée sur France Inter" et extrait ceux du sociologue Olivier Galland qui signe une analyse sur le site Telos.
Toujours sur la thématique des valeurs, Marie-Christine Tabet, sur le site du JDD, fait état d’un rapport confidentiel qui remet en cause l’enseignement des langues et cultures d’origine dispensé en primaire. Certains cours s’apparenteraient à des "catéchismes islamiques". "L’étude, restée totalement confidentielle, s’intéresse à un dispositif ancien, celui des enseignements de langue et culture d’origine (Elco). Il concerne 92.500 élèves dont 87.000 dans le primaire, selon les derniers chiffres du ministère de l’Éducation nationale".


C’était mieux avant !

Avec le "retour de l’autorité à l’école" (ah bon ? l’autorité était partie ? vous m’en direz tant ...), on assiste aussi au retour du bon vieux "c’était mieux avant".
Pour preuve, on pouvait lire ce week-end sur le site de l’Express : "pour 3 Français sur 4, les enfants sont moins bien élevés qu’à leur époque". "Selon cette étude publiée samedi, 74% des personnes interrogées jugent que "les enfants d’aujourd’hui sont en général moins bien élevés qu’à l’époque où ils étaient eux-mêmes enfants". Les sympathisants de droite sont plus sévères à cet égard (86%) que les sympathisants de gauche (61%)". Ce qui est rassurant, c’est que 1035 personnes seulement constituent l’échantillon de ce sondage. Ce qui est intéressant c’est qu’on y apprend aussi que l’histoire-géographie est la matière favorite de cet échantillon. Sur son blog, Claude Lelièvre, approfondit le sujet avec son savoir-faire habituel.
Le site lematin.ch propose quant à lui un article portant le titre évocateur : "Qui aime bien châtie bien ? La fessée divise toujours". On y apprend que "la France fait partie des pays les plus rétifs à une modification de leur législation sur le sujet, aux côtés de la Belgique, du Royaume-Uni, de l’Irlande et de la Russie". "Le Conseil de l’Europe doit" d’ailleurs "se prononcer mercredi sur une réclamation d’une ONG britannique qui reproche à la loi française de ne pas interdire totalement les châtiments corporels envers les enfants" nous rapporte l’Express.

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La fessée - Geneviève Brassaud

Jeunes

"La scolarité d’un étudiant français coûte 55.000 euros à l’État" pouvait-on lire sur le site du Figaro vendredi dernier. L’article souligne que "les dépenses d’éducation par élève ou étudiant en France sont dans la moyenne des dépenses des autres pays de l’OCDE".
En matière d’orientation, Claire Bouleau rappelle, pour les abonnés du Nouvel Obs, que les grandes écoles de commerce restent des valeurs sûres.

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Ecole de commerce - Jean-Marie Olaya

En ce qui concerne la santé des ados, l’Express nous apprend que "81% des victimes d’abus sexuels sont mineures". Ainsi, "une étude réalisée dans le cadre de la campagne "Stop le déni" montre que les enfants et adolescents sont les principales victimes de violences sexuelles, et courent de nombreux risques faute de prise en charge adaptée". Ces chiffres alarmants sont relayés par d’autres médias ; notamment par l’Humanité et par le Monde.
Toujours dans le domaine de la santé, "des médecins spécialistes du sommeil s’inquiètent de l’enquête qu’ils ont menée auprès de collégiens. Beaucoup continuent à envoyer des SMS ou à jouer au lieu de dormir". C’est ce que nous révèle cet article sur le Parisien.fr.
Enfin, le site strategie.gouv.fr, nous informe, par communiqué de presse, que "France Stratégie apporte sa contribution au comité interministériel du 6 mars sur l’égalité et la citoyenneté. Un premier document identifie d’importants obstacles à l’insertion économique des jeunes issus de l’immigration en matière d’éducation, d’emploi, de conditions de vie et de logement. Ces jeunes nés et résident en France, ayant au moins un parent immigré, représentent 1/5e de leur classe d’âge. Un deuxième volet, qui formulera des propositions, sera publié le jeudi 5 mars"


Rubrique à vrac

Pour terminer cette revue de presse, je vous propose quelques liens qui abordent différents thèmes de l’éducation.
On nous parle des congés de maladie ordinaire des profs dans l’expresso du café pédagogique. En effet, "la Depp (division des études du ministère de l’éducation nationale) publie la statistique annuelle des congés de maladie ordinaire des enseignants". "Selon la Depp, 43% des enseignants ont pris en 2012-2013 un congé maladie ordinaire pour une durée moyenne de 16,2 jours. Si l’on rapporte cette durée en moyenne par enseignant on obtient une absence moyenne de 6,7 jours". Je vous laisse découvrir la conclusion de l’article qui a le mérite de remettre ces chiffres en perspective avec ceux des autres ministères mais aussi avec ceux du secteur privé.
Sur son blog le Mammouthologue, M.C Missir nous indique qu’ "Alain Juppé candidat aux primaires de l’UMP pour 2017, organise une grande consultation sur le thème de l’école. Sur son site internet, « Agis pour la France », les enseignants pourront répondre jusqu’au 15 avril à une série de questions façon QCM, afin de définir les thèmes prioritaires pour réformer l’école – socle commun, évaluation, formation initiale et continue, autonomie des établissements et liberté pédagogique…- et améliorer leurs conditions de travail".
De son côté, Catherine Chabrun publie sur son blog un billet intitulé "Le calendrier scolaire, ce n’est pas pour les enfants !". Selon elle, "le calendrier scolaire suivra donc les desiderata des industriels, qu’importe l’intérêt des enfants. Que ce soit pendant les temps scolaires avec un rythme saccadé des départs et des reprises ou que ce soit pendant les temps de vacances avec les inégalités d’accès au départ et aux activités culturelles.
Sur l’Avenir.net, on peut lire que "l’enseignement à domicile est en plein boom" en Belgique, Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Les enfants concernés sont "de jeunes malades et hospitalisés, de handicapés mentaux ou encore d’enfants souffrant de phobie scolaire ou de troubles obsessionnels compulsifs (TOC). De nombreux parents ont en outre choisi l’enseignement à domicile pour des raisons spirituelles et religieuses".
Tiens ! Et puis si on virait les photocopieuses et les manuels scolaires papier ? Idée étrange ou saugrenue ? et pourtant. Je vous invite à lire ce billet de Michel Guillou sur le site Culture numérique. Chiche ?
Pour finir cette rubrique à vrac, je vous annonce les "Soirées de Fabrication Citoyenne sur l’Education au CRI avec Okoni et la Ville de Paris" qui auront lieu le mardi 3 mars et le mercredi 11 mars, de 18h30 à 20h30. Les détails se trouvent sur le site du CRI.


En conclusion de cette revue de presse finalement bien chargée, j’avais envie de partager cet article d’Emmanuel Davidenkoff sur le site de l’Express. Il pose la question en ces termes : "L’école, ce bouc émissaire". La conclusion est le reflet exact de ce que nous sommes heureusement nombreux à penser. Je vous la livre ici : « l’école est certes la matrice de la société, mais elle en est aussi le miroir. L’accuser de ne pas savoir prévenir des attentats, des actes islamophobes ou antisémites constitue un réflexe aussi vain que paresseux, qui n’a qu’un seul avantage : dispenser ceux qui clouent l’école au pilori d’affronter l’image que renvoie ce miroir. Celle d’un pays écartelé entre son messianisme humaniste et la tentation de la violence, du communautarisme et de l’exclusion ».

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L’école bouc-émissaire - Jean-Marie Olaya

Merci à Géraldine Duboz que vous retrouverez demain aux commandes de la revue de presse, mais aussi à Bernard Desclaux et à Ostiane Mathon pour leur aide précieuse dans la cueillette des liens. Merci aussi à Geneviève Brassaud et Jean-Marie Olaya pour leurs crayons affutés et pour leurs chouettes dessins.

Pascal Thomas


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