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Revue de presse du 1er avril 2014

Retour de PISA - Retour sur le 2e tour - Retour ou non au ministère ?


Préparer une revue de presse un 1er avril relève de l’exploit. Entre les informations vraies qu’on a du mal à croire (la France bien classée à PISA), les mauvaises nouvelles mais vrais poissons, les vraies mauvaises nouvelles (être prof dans une ville désormais FN) et les paris sur l’avenir ou encore les bilans sur le passé peu impartiaux...

De bons résultats pour la France à PISA

J’ai bien évidemment cru au poisson d’avril. Mais que Le Monde, Le Figaro et Vingt minutes aient eu la même idée, ce n’était pas possible. C’est donc la bonne nouvelle du jour annoncée par Maryline Baumard dans Le Monde. « Les jeunes Français font preuve de sens logique, voire stratégique. A 15 ans, ils se placent en 13e position sur 44 pays dans le premier classement de l’OCDE consacré à la résolution de problèmes, dont les résultats ont été publiés mardi 1er avril. ». Caroline Beyer dans Le Figaro précise que « l’écart entre les bons élèves et les plus faibles est moindre. » ce qu’illustre Le Monde par quelques chiffres : « A l’intérieur de la classe France, la tête de classe est fournie et les cancres plus rares qu’en mathématiques ou en maîtrise de la langue écrite. Avec 12 % de bons élèves, les Français sont 1 point au-dessus de la moyenne OCDE. Avec 16,5 % de très faibles, ils sont 5 points au-dessous. » MAIS, car il fallait bien un "mais", il s’agit de résolutions à des problèmes non scolaires. La résolution de problème n’est certes pas une discipline scolaire, comme nous le rappelle Maryline Baumard. Pour Catherine Moisan, la directrice de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) au ministère de l’éducation nationale, citée par Le Monde, c’est même dans cette direction qu’il faut chercher les raisons du succès à l’épreuve. « Les élèves ne se retrouvent pas face à une discipline estampillée scolaire. Ce qui leur évite les a priori et les angoisses qu’on observe sur les mathématiques ».
Vingt minutes reprend les propos de Sophie Vayssettes, spécialiste de l’éducation française à l’OCDE qui évoque « un effet anxiogène beaucoup moins important, un manque de confiance et de motivation moins important » permettant aux lycéens français « de se désinhiber, d’être plus à l’aise, par rapport aux mathématiques où il y a une telle pression ». En résolution de problèmes, « ils peuvent tâtonner, s’adapter, oser essayer, apprendre de leurs erreurs ». Vu ces résultats, « il serait intéressant d’appliquer la manière dont les élèves interagissent à la résolution de problèmes à d’autres matières, comme les mathématiques, partir du concret et aller vers l’abstrait ».
« Apprendre aux élèves à apprendre par eux-mêmes, à essayer de trouver des solutions par eux-mêmes, tout en ayant les professeurs qui sont là bien entendu pour les aider, les conseiller et à la fin leur expliquer la solution ».

Un plaidoyer pour les tâches complexes, non ?

Claude Allègre nommé rue de Grenelle

Non là je n’y ai pas cru, trop flagrant. N’ai même pas cherché à croiser l’information.
On passe.

Retour sur le 2e tour.

Depuis ce matin je travaille dans une ville FN.... ça ce n’est hélas pas un poisson d’avril puisque l’article date d’hier. C’est signé Grégory Chambat, enseignant en collège à Mantes-la-Ville (78) sur le site Questions de classes. Il nous fait part de ses craintes, ses doutes, et ses analyses :« Quelle part de responsabilité portons-nous aussi dans ce qui se passe ? Ici, comme partout, s’enseignent la montée des fascismes dans les années 30, les boucheries nationalistes, les textes des résistants... Mais rien, effectivement, sur les mécanismes du chômage, sur la conscience sociale et la lutte des classes, sur les combats d’hier et d’aujourd’hui pour la dignité et l’égalité, sur la nécessité, pour tout un chacun, de comprendre le monde pour le changer et de le changer pour le comprendre... Au lieu de cela, les discours les plus réactionnaires sur l’école, sur les méthodes pédagogiques – ceux qui sont repris avec délice par le FN – se développent, pénètrent dans les esprits des familles et de certains collègues aussi. Ce n’est pas anodin. ». Le même Grégory Chambat a ouvert un blog "l’école de réacs-publicains" qui prolonge ses réflexions.

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Vincent Peillon, le dernier homme avant une femme rue de Grenelle ?

C’est Claude Lelièvre qui pose la question dans L’Express.fr. Et à le lire, on est tenté de croire qu’il connaît la réponse.
Son court article se termine en effet sur un rappel de la méthode et des idées de Ségolène Royal lorsqu’elle n’était que secrétaire d’Etat : « On notera que par rapport aux ’’modèles’’ contrastés offerts par les ministres de l’Education nationale François Bayrou d’une part et Claude Allègre d’autre part, Ségolène Royal est apparue plutôt proche du modèle ’’Bayrou’’ si l’on en juge par la façon dont elle a réagi à la consultation sur les collèges conduite par les sociologues François Dubet et Marie Duru-Bellat en 1999 (le seul espace- en dehors des ZEP- que lui a en fait concédé son ministre de tutelle Claude Allègre).
A l’instar de François Bayrou établissant un catalogue de 158 propositions dans le cadre de son "Nouveau contrat pour l’école" de 1994, Ségolène Royal a préconisé un catalogue de 40 mesures pour le seul collège. François Bayrou avait dit qu’il fallait "passer du collège pour tous au collège pour chacun", et Ségolène Royal a affirmé qu’il fallait passer "au collège pour tous et pour chacun". »

Dans Le Figaro Marie-Estelle Pech fait le bilan (forcément décevant) de Vincent Peillon. Elle nous rappelle que « c’était le ministre le plus verni du gouvernement Ayrault et l’un des mieux préparés » pour ensuite parler de « déconfiture ». Le bilan ainsi tracé semble sinon de mauvaise foi, au moins excessif. Si l’on en croit Le Figaro, ce bilan se résume à
- « l’épineuse question des rythmes scolaires » qui l’a fait trébucher
- les manifestations sur « le sujet clivant des classes préparatoires » qui l’ont fait reculer
- une réforme des statuts des enseignants dont le SNES a eu la peau
- des rumeurs sur l’enseignement de la théorie du genre (que le même journal a contribué à alimenter)

Trouvent seules grâce aux yeux de l’article la réforme des ZEP et la morale laïque car « plus consensuelles » (pour la dernière pas certain que ce soit le cas d’ailleurs...).

Demain finies les suppositions, la revue de presse devrait pouvoir vous offrir un panorama des commentaires des médias sur la nomination du nouveau ministre.
Laurent Fillion


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Des tâches complexes pour apprendre- Revue n°510 - janvier 2014
Les élèves ont besoin de maitriser des techniques, des procédures et des connaissances élémentaires, mais aussi de se confronter à la complexité de la vraie vie. Comment élaborer des situations stimulantes et qui permettent de transférer les acquis ? Est-ce possible avec les programmes, les examens ? Apprendre, ça ne peut pas être simple…